26.12.2011

Génocide arménien : la loi est "une erreur"

L'ancien Premier ministre a estimé sur Europe 1 que l'adoption de la loi n'était pas opportune.

"On ne légifère pas sur la mémoire". Dominique de Villepin a condamné dimanche sur Europe 1 lors du Grand Rendez-Vous l'adoption d'une loi pénalisant la négation du génocide arménien par les députés français. Selon lui, les "lois mémorielles" sont "une erreur". Le candidat à la présidence de la République a par ailleurs assuré qu'il n'avait aucun ressentiment envers l'actuel locataire de l'Elysée.

"Faire avancer les choses sur le bon terrain"

"Est-ce que nous serions heureux que le parlement algérien légifère sur la mémoire ?", a-t-il encore demandé. "Il faut être prudent et faire avancer les choses sur le bon terrain. Or la mémoire n'est pas le terrain de la loi". Il n'est pas question de remettre en cause, pour nous Français l'existence du génocide arménien, mais il s'agit de savoir si nous faisons progresser les choses en légiférant sur ce terrain", a-t-il précisé.

"La mémoire n'est pas le terrain de la loi" :

"Soyons prudents. On ouvre des querelles qui nous font régresser et pas progresser", a prévenu Dominique de Villepin. "Agir sur le terrain politique avec des arrières-pensées, qui en cette période électorale sont évidentes, est très malsain et c'est une erreur", a-t-il condamné. "Je souhaite qu'on revienne sur de tels agissements", a conclu l'ancien Premier ministre.

"Aucune forme de différend avec Sarkozy"

Dominique de Villepin est par ailleurs revenu sur sa candidature à la présidentielle de 2012. "Il n'y a dans ma démarche aucune forme de différend avec Nicolas Sarkozy", a-t-il assuré. L'ancien Premier ministre, qui a annoncé sa candidature à la présidentielle de 2012 début décembre, a affirmé qu'il n'avait aucun ressentiment envers l'actuel locataire de l'Elysée.

"J'ai tourné la page. J'ai pardonné à Nicolas Sarkozy", a déclaré Dominique de Villepin, qui a rappelé avoir été blanchi "par deux fois" dans l'affaire Clearstream. "Ceci n'entre pas en ligne de compte", a-t-il assuré. "Ne mélangeons pas les relations personnelles et l'ambition qui est la mienne", a demandé le candidat.

Dominique de Villepin a toutefois laissé entendre que des pressions avaient été exercées pour empêcher sa candidature. "Je ne suis pas dupe de tout ce qui a été fait pour me dissuader d'être candidat", a-t-il indiqué. Mais l'ancien Premier ministre s'est dit confiant "dans la capacité que nous avons, au cours des prochaines semaines, de rassembler plus de 500 signatures et mobiliser les moyens nécessaires pour une campagne".

Un président "arbitre"

Candidat indépendant, Dominique de Villepin a appelé la "France de Mitterrand, la France de Chirac et la France de Nicolas Sarkozy" à "avancer ensemble". "Nous ne sommes pas dans un temps de droite ou de gauche", a martelé Dominique de Villepin, qui souhaite que le prochain président de la République soit "un arbitre de notre vie nationale".

"Je vois se reconstituer République des partis" :

"Nous avons besoin d'un président qui rassemble. La France ne peut pas vivre avec un président de la République hémiplégique qui représente seulement la moitié des Français", a-t-il dit. Pour Dominique de Villepin, "ce n'est pas à l'UMP, au PS, au Modem ou au Front national de choisir le président". "Je ne veux pas que cette élection présidentielle soit kidnappée par les partis politiques", a-t-il ajouté.

(Par Marie-Laure Combes/europe1.fr)

23.12.2011

Parrainages: Villepin a écrit à tous les maires de France

Dominique de Villepin, candidat à l'Elysée, a adressé une lettre "à tous les maires de France" pour leur demander que sa "voix puisse être entendue dans le débat démocratique", a annoncé vendredi à l'AFP Jean-Pierre Grand, président de République solidaire.

"C'est à vous que je viens demander aujourd'hui de permettre que ma voix puisse être entendue dans le débat démocratique", écrit l'ancien Premier ministre dans un courrier dont l'AFP a eu copie.

"Monsieur le Maire, m'accorder votre parrainage, c'est une décision qui vous incombe en conscience, en toute indépendance de votre conseil et abstraction faite de toute préférence personnelle" affirme-t-il.

"Qui fera vivre le rassemblement national, sinon une voix indépendante, libre de tout appareil partisan ?", demande M. de Villepin.

Il présente sa candidature comme "une décision dont (il) mesure la gravité", venant de quelqu'un qui a "assumé toute (sa) carrière au service de l'Etat et connu après de Jacques Chirac, les exigences de l'exercice du pouvoir".

"Depuis toujours, j'ai à coeur, vous le savez, de défendre une certaine idée de la France (...). Le jeu politique confisqué par avance par les grands partis est contraire à l'esprit même de la République", poursuit-il, citant Gambetta, Clemenceau et Charles de Gaulle.

Il dit vouloir "porter dans cette élection une alternative et une refondation économique, sociale et politique de notre pays".

L'ancien Premier ministre termine avec une mension manuscrite: "Avec mes meilleurs voeux pour vous-même et votre famille".

Le député de l'Hérault Jean-Pierre Grand, interrogé par l'AFP vendredi, n'a pas souhaité donner le nombre de parrainages déjà acquis pour l'ancien Premier ministre.

Il a toutefois indiqué qu'il y avait "un bon accueil de la part des maires de France, qui estiment tout à fait normal que Dominique de Villepin puisse être candidat à l'élection présidentielle".

(lepoint.fr)

Le coup de gueule de Villepin


Le coup de gueule de Villepin - Rungis par clubvillepin

Déplacement de Dominique de Villepin à Rungis (22/12/2011)

Villepin : "Tous les hommes politiques ne sont pas égaux"

 

Depuis que, le 11 décembre, Dominique de Villepin a fait l'annonce de sa candidature à l'élection présidentielle, il est remonté sur son cheval. L'ancien premier ministre, qui avait mis sa campagne entre parenthèses depuis l'été, s'est remis à faire des déplacements. L'équipage est modeste, les horizons restreints, les moyens limités. Les effectifs de République solidaire, le mouvement qu'il a fondé en juin 2010 avant de s'en "libérer" un an plus tard, ne cessent de s'effilocher. Pourtant, lui fait mine d'y croire.

Jeudi 22 décembre, il effectuait une visite matinale au marché de Rungis. 6 heures : au milieu des crocs de boucher, des têtes de veau et des volailles chaponnées, M. de Villepin arpente les allées du secteur des produits carnés. Les grossistes sont habitués à ces expéditions politiques préélectorales. L'accueil est chaleureux. L'ancien premier ministre goûte ce genre d'exercice, chiraquien en diable. "Ici, il y a des gens dont la poignée de main ne ment pas, des gens qui aiment leur métier, insiste-t-il. C'est la France qui mérite d'être reconnue et récompensée, la France de l'excellence et du travail."

A 7 heures, il s'attable au Saint-Hubert en compagnie des présidents des syndicats professionnels. Il tape sans rechigner dans les assiettes de charcuterie et de fromage, avale goulûment un verre de bordeaux. Il se ressert, s'échauffe, s'enflamme, plaide avec véhémence pour le "courage". "Nous entrons dans une période de communication et d'image alors que nous avons besoin de décisions, déplore-t-il. A un moment, il faut du courage et savoir se placer sur le terrain de l'intérêt général. Il ne suffit pas d'avoir l'air courageux, il faut être courageux."

Il juge "grave qu'on ait consacré autant d'énergie en vain pour conserver ce triple A que nous sommes en train de perdre". "Il nous faut de la rigueur, mais pas une rigueur qui nous épuise, qui nous laisse exsangues. On a besoin d'hommes et de femmes qui disent la vérité aux Français." On a compris que l'actuel président de la République ne se range pas dans cette catégorie. "La politique, aujourd'hui, est dans la pensée magique, c'est du zozotement, poursuit-il. La question est : qui est capable de faire ?"

La réponse est contenue dans la question : qui d'autre que lui ? "Tous les hommes politiques ne sont pas égaux. Il y en a qui ont fait des choses (lui) ; il y en a qui n'ont rien fait (Bayrou) ; il y en a qui ont échoué (Sarkozy). Moi j'ai agi, j'ai diminué la dette, j'ai fait baisser le chômage. Face à la crise des banlieues, contre Nicolas Sarkozy, j'ai pris mes responsabilités, j'ai décrété l'état d'urgence."

Etat d'urgence

L'état d'urgence, son nouveau sésame. "La situation l'exige. Si cette campagne électorale ne sert pas à changer la donne, elle ne servira à rien, estime M. de Villepin. Soit on revient en arrière, soit c'est la fuite en avant en continuant ce qui ne marche pas. Ce sera totalement stérile. Le système est pervers. Je connais le pouvoir de l'intérieur. Je sais l'impuissance du politique, je sais que Nicolas Sarkozy n'a rien dans les mains. La machine politique est une machine d'illusions."

Il tape, mouline, reprend une rasade, engouffre une tranche de fromage, tonne contre ce "système d'irresponsabilité". François Fillon, qu'il avait qualifié de "premier ministre transparent", en prend pour son grade. "En 2007, il disait être à la tête d'un Etat en faillite. Qu'a-t-il fait ? Il a augmenté la dette de 700 milliards. L'irresponsabilité ne peut pas rester dans l'impunité. Ils ont menti aux Français et, ça, ça va se payer, promet-il. Croyez-moi, aujourd'hui, je suis peut-être seul. Dans deux mois, cela ne sera plus le cas."

A quelques jours de Noël, il semble habité par sa destinée, convaincu que son étoile brille toujours au firmament, qu'il est le sauveur qu'attend la patrie en souffrance. Il se lève d'un coup, salue, embrasse, lève les bras, conquérant, inébranlable, galvanisant la petite troupe qui l'accompagne. "On reviendra, promet-il à ses hôtes du jour. C'était roboratif et ça met en jambes."

Patrick Roger (lemonde.fr)

Villepin candidat à la présidentielle : il a tout à y gagner

 

LE PLUS. Pourrons-nous voter pour lui à la présidentielle de 2012 ? Rien de sûr. Mais d'ici, là, les Bayrou, Morin, Sarkozy et même Hollande feraient mieux de le prendre au sérieux. Et Dominique de Villepin compte bien en profiter

Tout s’annonçait mal

On lui prêtait près de 10% d’intentions de vote en juin 2010, lorsqu’il lançait le mouvement politique République Solidaire : 3000 personnes venues de toute la France s’étaient alors déplacées pour témoigner leur soutien au héraut de ce vieux pays qui avait dit "non", un soir de grand messe onusienne, où l’orgueil français avait alors un goût de panache. La droite voyait en lui un candidat faisant jeu égal avec le président. L’appétence médiatique était à son paroxysme pour celui qui inspirait, en ces temps-là, 49% d’opinions favorables, conduisant le futur porte-parole démissionnaire à évoquer une éventuelle création d’un groupe parlementaire villepiniste avant la fin de la mandature.

Dominique de Villepin, Paris, le 19 juin 2011 (FACELLY/SIPA)

Dominique de Villepin, Paris, le 19 juin 2011 (FACELLY/SIPA)

 

Dix-huit mois sont passés et le travail de sape orchestré depuis la rue du Faubourg-Saint-Honoré semble être parvenu à rendre l’ancien Premier ministre plus solitaire qu’un cow-boy morrisien. En vérité, Dominique de Villepin se révèle être un Icare des temps modernes : aimanté par l’astre élyséen, il avait préparé son solaire envol. Mais porté par des fidèles politiques trop infidèles (ses plumes étant tombées successivement), le concerné a fatalement plongé dans une mer où les sirènes judiciaires enchanteresses tentent, depuis, de le noyer sans relâche.

 

Lâché par ses proches

 

Après Bruno Lemaire, parti en 2009 pour l’Agriculture, Villepin s’est vu imposer les départs de Georges Tron, Hervé Mariton, Jacques Le Guen et Marie-Anne Montchamp. Remplaçant cette dernière au porte-parolat de République Solidaire, Daniel Garrigue lâche à son tour son mentor. Même son attachée Chantal Bockel s’est détachée.

 

L’ancien diplomate quitte alors la présidence de son mouvement le 18 septembre 2011 et l’un de ses derniers soldats lui succède à ce poste en la personne du député Jean-Pierre Grand. Les seuls revenus du mouvement viennent des cotisations des adhérents et les "modestes" 200.000 euros calculés par certains, forment un obstacle supplémentaire à l’entrée en course de DDV, lorsqu’on les compare aux 9 millions de Bayrou ou aux 7 millions du candidat frontiste lors de la campagne de 2007.

 

Candidat !

 

Tombé corollairement dans les abysses des intentions de vote, DDV arpente le dédale menant au chemin de la proclamation de candidature, qui semble chaque jour s’étendre : la relaxe dans l’affaire Clearstream, obtenue le 14 septembre, et l’atténuement de ses attaques médiatiques à l’encontre de Nicolas Sarkozy – qui vont jusqu’à l’amener à la résidence de la Lanterne – éteignent les dernières rumeurs lui prêtant des espoirs présidentiels.

 

L’innocenté explique avoir "pardonné" à son ancien ministre de l’Intérieur, mettant un terme à son Vendée Globe politique et à la raison d’être de son monocoque République Solidaire, qui réunissait jusqu’alors les déçus du sarkozysme et autres nostalgiques d’une certaine grandeur française devenue historique.

 

Mais fils spirituel, dit-il, du crieur du 18 juin, Villepin se rappelle que "la difficulté attire l’homme de caractère, car c’est en l’étreignant qu’il se réalise lui-même" (Charles de Gaulle, "Mémoires de guerre"). Alors, contre vents et marées, le navigateur solitaire, invité au JT de TF1 le dimanche 12 décembre 2011, se lance dans la conquête de l’Elysée. Si l’héritier autoproclamé du César de Colombey a ainsi franchi le Rubicon, c’est qu’il considère qu’il est paradoxalement aisé de passer de la roche Tarpéienne au Capitole. En effet, malgré les quolibets et persiflages qui ont accueilli cette annonce, Dominique de Villepin se lance dans une course dont, à bien y regarder, il ressortira gagnant à tous les coups.

 

Une première victoire médiatique

 

+133% d’augmentation dans les sondages, et pourtant, peu l’ont évoqué. Après que Villepin s’est déclaré candidat dimanche 11 décembre à la présidentielle (le poète voulait-il à sa façon célébrer le 201ème anniversaire de la naissance d’Alfred de Musset ?), sa côte a en effet explosé en passant de 1,5 à 3,5% d’intentions de votes. Il est certes essentiel de relativiser cette valeur absolue. Néanmoins, sur le web, sa campagne fait jeu égal avec les favoris.

 

Sur Twitter d’abord, son nom a résonné le 12 décembre bien plus que lors des annonces respectives d’entrée en lice des autres prétendants. Dans les quatre jours suivant sa candidature, Villepin a dépassé Hollande en terme de mentions sur Twitter. Mieux, sur la semaine de 12 au 18 décembre, il se classe deuxième, derrière Sarkozy. Illustration supplémentaire de cet impact numérique : un blog hébergé par "L’Express.fr" et tenu par un journaliste web et un communicant a établi son classement des top et flop politiques en 2011 : DDV et son come-back tiennent le haut du pavé avec un 3ème rang dans les tops, devançant notamment Mélenchon ou Le Pen.

 

Ainsi, alors que la presse écrite nationale a plutôt snobé son annonce, Villepin est tout d’abord médiatiquement gagnant car il fait à nouveau parler de lui autrement qu’en réagissant aux affaires (Clearstream définitivement réglée en septembre 2011, les affaires Takkiedine et Relais & Châteaux ont déboulé). DDV reprend de manière proactive la main. D’aucuns avancent également que l’abandon de Borloo et sa disparition conséquente ont fait craindre à Villepin une absence totale de vie médiatique jusqu’au printemps 2012, s’il décidait de ne pas se présenter ; l’équivalent d’une mort politique pour cet ancien Premier ministre flashotrope.

 

Une posture très Ve République

 

Ensuite, sa décision renforce l’image que les Français lui attachent et que certains souhaitent retrouver. Car Villepin est l’un des seuls à avoir encore ce rapport gaullien au fonctionnement de la Ve République. Épousant la lecture du mentor, faisant de l’élection présidentielle la rencontre de l’homme aux accents wébériens avec le peuple hexagonal, et non celle de l’adhésion d’un pavois partisan avec le plus grand nombre, DDV cherche à incarner à la lettre les devoirs transcendantaux dévolus à la fonction suprême (le fameux article 5 de la Constitution).

 

Sa "certaine idée de la France" n’est pas d’ailleurs sans rappeler la première phrase des "Mémoires" de Charles de Gaulle, appelant, si nécessaire, à une mise en place de l’état d’urgence auquel le Général (pendant 8 mois en 1961) et lui (crise des banlieues en 2005) ont déjà fait appel.

 

DDV, drapé dans une image d’homme audacieux au panache échevelé, en revient à une posture très présidentielle – incarnée sans interruption du Général de Gaulle à Jacques Chirac – avec beaucoup de solennité, tandis que Sarkozy (avec son langage familier) et Hollande (avec sa normalité) se sont rapprochés de l’électeur.

 

Jacques Chirac et Dominique de Villepin le 17 janvier 2007 à l'Elysée à Paris (P. KOVARICK/AFP)

Jacques Chirac et Dominique de Villepin le 17 janvier 2007 à l'Elysée à Paris (P. KOVARICK/AFP)

 

De nombreuses solutions au printemps 2012

 

Enfin, Villepin gagne aussi dans l'ampleur de l’éventail de solutions pré et post premier tour qui s'offre à lui. Avant le 22 avril 2012, deux scenarii de mise à profit de sa campagne peuvent ainsi se lire.

 

1. Bayrou fait très bonne figure dans les sondages, rappelant la période de 2007 où il flirtait avec la seconde place ; ce dernier lui propose un poste de premier plan pour gonfler son capital de voix espérant ainsi obtenir la qualification pour la finale.

 

2. Sarkozy est assez bas et préfère négocier le retrait de son ennemi juré en lui proposant Matignon ou le Quai d’Orsay.

 

Après le 22 avril 2012, une multitude de possibilités s'offrent à lui s'il sort honorablement du premier tour (5% et plus), car, comme le souligne Jean-Pierre Grand, "le potentiel de Villepin est énorme : il peut à la fois prendre des voix chez Sarkozy, Bayrou et Hollande". Tant et si bien que ces trois-là devront alors composer avec lui, chacun ayant besoin d’une manne électorale supplémentaire pour l’emporter.

 

En l'observant attentivement, cette dernière hypothèse (ralliement au socialiste) n’est pas si farfelue : souvenons-nous de la haine que DDV nourrit à l’égard du président, et rapprochons-la de celle de Marie-France Garaud à l’encontre VGE en 1981. Une haine interne à la droite qui avait conduit à la sortie du président sortant. Car enfin, le rejet observé de Sarkozy se situe également au sein de sa propre famille politique, la droite, qui semble plus que jamais chercher quelqu’un d’autre.

 

Une vraie alternative pour la droite

 

Quelqu’un d’autre, mais néanmoins de chez elle, vers lequel reporter ses voix. Or, elle n’avait jusqu’au 11 décembre personne de crédible à substituer à Sarkozy. Dominique de Villepin s’est alors annoncé et peut, en l’état, incarner une alternative réelle, notamment parce qu’il n’a pas souscrit à l’action gouvernementale à l’instar des candidats déclarés, Christine Boutin ou Hervé Morin. De plus, DDV demeure le candidat le plus idéologiquement proche et le plus personnellement éloigné du Président. Deux éléments susceptibles de rassembler actuellement le plus grand nombre de Français de droite déçus du sarkozysme.

 

La "culture, le style et l’idée" que lui reconnaissait Chirac dans ses "Mémoires" suffiront-ils à combler un contenu programmatique jusqu’ici quasi-inexistant ? Dans une campagne annoncée hargneuse, chaque favori surveillera ses arrières et aussi Villepin. Car, même sans argent et solitaire (DDV s’est payé le luxe de renvoyer son responsable web), l’ancien Premier ministre n’en garde pas moins une énorme puissance de nuisance. 

(lenouvelobs .com)

Arthur Beckoules

> Par Arthur Beckoules Tireurs d'irrévérence

Edité par Louise Pothier   Auteur parrainé par Amandine Schmitt

22.12.2011

Villepin n'est «pas sûr» que Sarkozy se présente

L'ex-premier ministre prédit des «surprises» en début d'année et prévient que, pour sa part, il ne s'arrêtera pas en chemin

Le message vaut pour tous ceux qui, après avoir dit que Dominique de Villepin ne se présenterait pas à la présidentielle, affirment aujourd'hui qu'il n'ira pas jusqu'au bout: «Quand on a du plaisir à faire ce que l'on fait, quand on a un sentiment de fierté et d'honneur de représenter les Français dans une bataille, on ne s'arrête pas en chemin.» L'ex-premier ministre, invité mercredi du «Talk-Orange-Le Figaro», refuse de se laisser démoraliser par les sondages, qui le créditent d'environ 2% d'intentions de vote. «Moi, ce qui m'importe, c'est d'être sur la ligne d'arrivée, ce n'est pas d'être en tête dans les sondages, a-t-il expliqué. Les conditions au début de l'année planteront un décor qui n'est pas celui d'aujourd'hui. Il y aura des surprises, beaucoup de surprises.»

« Recommencer la France »

«Où en sera Nicolas Sarkozy?», a-t-il interrogé. À ses yeux, le président a échoué sur toute la ligne. Concernant 2012, la question est moins selon lui «doit-il ou pas renoncer à se présenter?»mais «est-ce qu'il peut se présenter?». En clair, Dominique de Villepin n'est «pas sûr» que Nicolas Sarkozy se représentera. Il ne doute pas, en revanche, que les Français sauront distinguer au moment de faire leur choix «les vrais tempéraments, les tempéraments qui se sont façonnés au fil de l'histoire».

Cette prise de conscience devrait, selon lui, se faire à partir de «début février». «Il va faire froid, très froid au début de l'année, a-t-il prédit. Nous verrons qui résistera.» Dans l'esprit du fondateur de République solidaire, il n'y a pas de doute: «Je ne suis pas une bulle en politique, a-t-il affirmé. J'ai un parcours, une expérience. Je ne suis pas un candidat en sucre, je ne m'effrite pas avec le vent.»

L'ancien premier ministre assure qu'il ne «mène pas un combat» contre le chef de l'État. «Et je l'ai prouvé dans ma chair, a-t-il précisé, puisque pendant six ans Nicolas Sarkozy m'a accusé de choses que je n'avais pas faites, et que j'ai décidé de tourner la page. Mon objectif ce n'est pas d'en finir avec X ou avec Y, c'est tout simplement de recommencer la France.»

(Par Judith Waintraub lefigaro.fr)

20.12.2011

Villepin se demande pourquoi passer par le MoDem s'il y a ralliement au 2nd tour

Dominique de Villepin, candidat à la présidentielle, s'est demandé mardi pourquoi il faudrait

, candidat à la présidentielle, s'est demandé mardi pourquoi il faudrait "passer par la case ", puisque son champion a dit qu'il "se rallierait" à un candidat au second tour, ajoutant que lui-même ne prendrait pas ses électeurs "en otage".
Interrogé par 2 sur son choix entre les deux tours, l'ancien Premier ministre et fondateur de République solidaire a répondu : "Un candidat, celui du MoDem, a indiqué qu'il se rallierait à l'un ou à l'autre.

Mais pourquoi passer alors par la case MoDem au premier tour si d'emblée, on sait que le ralliement aura lieu ? Vous savez, les électeurs n'aiment pas qu'on les prenne en otage".
"Je ne prendrai pas les électeurs en otage, j'ai une idée de l'intérêt général, j'ai une idée de l'intérêt français et cette idée, je la défendrai jusqu?au bout", a réaffirmé M. de Villepin.
François Bayrou, candidat du Mouvement Démocrate, a indiqué qu'il exprimerait un choix au soir du 22 avril s'il n'était pas qualifié, ajoutant se battre pour "être au deuxième tour et l'emporter au deuxième tour".

 -leparisien.fr

17.12.2011

Villepin exclut un nouveau 21 avril

Dominique de Villepin ne croit pas qu'un 21 avril 2002 puisse se reproduire en 2012, même avec la multiplication des candidats à droite. 
 
Ses détracteurs à droite l'assurentLa candidature surprise de Dominique de Villepin fait courir à droite un risque de dispersion de voix qui pourrait être fatal.  Ce matin, invité sur Europe 1, l'ancien Premier ministre de s'est défendu contre ces attaques. Avec en toile de fond, le spectre de l'élection présidentielle de 2002, où la multiplicité des candidatures avait abouti à un second tour inédit sous la Ve République, avec un duel Jacques Chirac /Jean-Marie Le Pen. 

Le 21 avril 2002 a été «la rançon de la médiocrité»
Villepin, lui, «ne croit pas à un 21 avril dès lors qu'il y a une offre politique». 
«A l'endroit ou à l'envers (le 21-avril), c'est la rançon de la médiocrité, c'est le manque de courage politique», a déclaré le du mouvement République Solidaire, crédité de 3,5 % de voix dans le dernier sondage Ifop réalisé du 13 au 15 décembre. En 2002, le 21 avril a été la résultante d'une offre politique qui n'a pas su être à la hauteur des attentes des Français, explique-t-il. «C'est des hommes et des femmes politiques qui ne sont pas capables à un moment donné de défendre leurs convictions devant les Français et les Français se rendent parfaitement compte de cela et choisissent les extrêmes», a analysé l'ancien Premier ministre. Une situation, qui évidemment ne se reproduira pas et qui selon lui, alimente la légitimité de sa candidature. 

Villepin met en avant son «expérience»

«S'il y a un choix offert aux Français, qui est indépendant de cette surenchère sur les extrêmes, les Français choisiront des gens qui ont la compétence, l'expérience et la capacité de faire avancer les choses», croit savoir Dominique de Villepin. Celui qui se définit comme «un homme politique non professionnel» met en avant son «expérience». Il cite notamment «le patriotisme économique» qu'il a «mis en oeuvre» et taclé, au passage, le bilan de Nicolas Sarkozy : en s'interrogeant : «qu'est-ce qu'on a fait depuis 5 ans ?».

Posez vos questions à Dominique de Villepin.

«Le Parisien» - «Aujourd'hui en France» publie chaque vendredi la réponse d'un politique à la question programmatique, ou de stratégie politique, posée par un internaute.

Barotweet 2012 : Villepin crée la surprise

 

"Le Nouvel Observateur" publie, vendredi 16 décembre, son "Barotweet 2012", le baromètre mesurant la présence des candidats à la présidentielle sur Twitter. Le "Barotweet 2012" est publié chaque vendredi jusqu'à mai 2012. Il analyse le nombre de billets mentionnant les candidats, que la tonalité soit positive ou négative. Ce baromètre est réalisé par LH2 en partenariat avec "L'argus de la presse".

Dominique Villepin, que tout le monde y compris certains de ses proches croyaient voir renoncer a annoncé sa candidature à l'élection présidentielle dimanche soir sur TF1. Son intervention télévisée marque le pic de la semaine sur twitter avec près de 11.000 tweets. Un pic qui dépasse largement celui qu'avait engendré l'officialisation de la candidature de François Bayrou, la semaine dernière. 

( Par Estelle Gross nouvelobs.com)

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