Décidément, le thème de la démondialisation s'impose. L'idée popularisée par Arnaud Montebourg, qui en a fait son axe de campagne, taraude manifestement aussi Dominique de Villepin. "Démondialiser pourquoi pas?", se demande l'ancien Premier ministre qui, sans balayer cette solution d'un revers de main dédaigneux, préfère tout de même s'en écarter. Avec Notre vieux pays, Villepin signe sa rentrée politique et propose un autre chemin pour la France : "remondialiser".
26.08.2011
Villepin affirme avoir prévenu Sarkozy de sa médiation dans le conflit libyen
L'ex-premier ministre Dominique de Villepin a confirmé, vendredi 26 août, qu'il avait participé récemment à des discussions sur le conflit libyen. Il a dit qu'il avait agi "dans la transparence" et en avait prévenu le président Nicolas Sarkozy."Mon rôle est tout à fait particulier parce que j'ai répondu à la demande de certaines parties libyennes. Je ne souhaite pas entrer dans les détails. Mon objectif était de favoriser la réconciliation avec les Lybiens" a-t'il déclarer sur I télé.
Des pourparlers avaient eu lieu dans la semaine du 15 août entre les rebelles du Conseil national de transition (CNT) et des émissaires du colonel Kadhafi, en présence de l'ancien premier ministre français. Ces pourparlers, qui se sont tenus sur l'île tunisienne de Djerba, n'avaient rien donné.
A-t-il mis au courant le président de la République ? "Tout à fait !" "Je suis diplomate de carrière, j'agis dans la transparence et avec le souci d'apporter une aide et non pas de compliquer les choses", a ajouté M. Villepin sur i-Télé. Dimanche 21 août, l'Elysée affirmait pourtant au Monde que Dominique de Villepin "n'avait pas de mandat de la présidence" lorsque, dans une "initiative spontanée", il a pris contact avec des officiels libyens cet été, en Tunisie. L'ancien ministre "n'a pas vu grand monde", glissait cette source.
Interrogé sur certaines personnes avec qui il aurait agi, Dominique de Villepin a répondu: "Rassurez-vous, M. (Ziad) Takkiedine [marchand d'armes soupçonné d'être impliqué dans un volet du dossier Karachi] n'a rien à voir dans l'affaire. Ce sont des contacts qui ont été faits à l'échelon politique." M. Villepin a également mis en garde la France et les Occidentaux. "Gagner une guerre, c'est une chose, gagner la paix c'est beaucoup plus difficile (...) Ça va demander à la diplomatie française des initiatives, par exemple une conférence à Paris, mais aussi des trésors de savoir-faire pour éviter que cette révolution libyenne ne se retourne contre ceux qui les ont hier aidés."
Le Monde.fr, avec AFP
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25.08.2011
Villepin veut "remondialiser" la France
Le livre du renouveau. Dans Notre vieux pays, qui paraît ce jeudi, Dominique de Villepin souhaite "recommencer la France", comme on reconstruirait une maison en ruine. Vaste programme. Réconciliation des Français, reconnaissance de la citoyenneté, refondation des pouvoirs et remondialisation de la France. Un concept qu'il développe dans une partie de son livre.

"Aux questions brûlantes que pose la mondialisation à la France, pour l'instant les seules réponses formulées viennent des extrêmes", avance Dominique de Villepin. "Partout ailleurs sur l'échiquier politique, c'est le silence". Partant du principe que "cette mondialisation-là n'est pas viable", qu'elle ne profite qu'à "une élite qui s'[en] accommode très bien", Villepin, s'étant déjà fait remarquer en proposant un revenu citoyen, cherche à nouveau faire entendre sa voix.
Lutter contre "le mur de la dette"
Sa "remondialisation" suppose, écrit-il, "le choix de la gouvernance, de la régulation, de l'initiative, dans la fidélité à la véritable vocation de la France et une stratégie économique de reconquête de nos marges de manœuvre." Un concept un peu flou qui mérite donc encore d'être précisé mais qui s'accompagne déjà d'une priorité : exporter davantage. En fixant des "priorités" car "nous ne serons pas champions en tout". "Remondialiser", poursuit Villepin, "c'est créer un cadre protecteur pour permettre à chacun de se tourner vers le monde".
Volontiers alarmiste sur la situation française,Villepin voudrait "recommencer la France "puisque "le pronostic vital de la nation est engagé"."Recommencer, recommencer, voilà le mot d'ordre de toujours des amoureux de la France"; écrit celui qui trop attaché à son histoire de France ne veut pas une rupture avec le passé, mais ne souhaite pas non plus "figer la [France] dans le marbre". Pour l'ancien Premier ministre "recommencer", c'est reconstruire la France en renouant avec certains principes qu'il juge abandonnés, comme la citoyenneté, ou le sens de l'Etat. Et pour redonner de l'air à celui-ci, Dominique de Villepin livre quelques pistes pour combattre le mur de "la dette". Un enjeu "profondément politique" qui n' "est pas une question pour les techniciens de Bercy". Partisan de la règle d'or
pour garantir une solution dans la "durée" et non pas "une cure d'amaigrissement express pour que la France soit belle sur les plages, quitte à reprendre quelques kilos l'hiver venu", Villepin préconise aussi une hausse des impôts -sans toutefois dire lesquels. Enfin, parmi ses autres pistes, il se dit "favorable à une logique d'emprunt national citoyen qui permettrait d'éponger une part de notre dette nationale colossale". Voilà Villepin en campagne, en tout cas jusqu'à septembre et la décision de la cour d’appel dans l'affaire Clearstream.
(Arthur Nazaret - leJDD.fr)
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