27.05.2011
Clearstream : la décision de la cour d'appel sera connue le 14 septembre
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Clearstream: Villepin et l’impromptu de la place Dauphine
A l'heure du déjeuner, les restaurants de la place Dauphine sont une réserve d'avocats. Il n'est pas rare d'y voir deux parties adverses partager le même bout de trottoir à quelques tables de distance avant de retourner s'affronter à l'audience.
Mercredi 25 mai, Mes Eric Dupond-Morettti et Thierry Herzog sont déjà installés en compagnie de leur confrère Patrick Maisonneuve et d'une poignée de confrères, lorsqu'ils voient arriver Dominique de Villepin. L'ancien premier ministre est accompagné de ses avocats, Mes Luc Brossolet et Olivier d'Antin qui, avec avec Me Olivier Metzner, viennent de plaider sa relaxe dans l'affaire Clearstream.
Dominique de Villepin s'approche et salue Eric Dupond-Moretti, qu'il avait rencontré à Matignon après l'affaire d'Outreau, tandis que Thierry Herzog, l'avocat et ami de Nicolas Sarkozy, plonge aussitôt dans l'écoute affairée de la messagerie de son portable.
C'est peu dire que les deux hommes ne s'apprécient pas depuis le premier procès Clearstream où Me Herzog, qui représentait le président de la République, avait accablé Dominique de Villepin.
Me Dupond-Moretti, après les politesses d'usage:
- Vous vivez une épreuve, Monsieur le premier ministre...
- Non, Maître, en politique, on appelle cela un retour sur investissement.
Dominique de Villepin fait mine de s'éloigner puis se retourne brusquement et darde son regard sur l'avocat de Nicolas Sarkozy.
- Je ne peux tout de même pas entrer sans saluer Me Herzog.
Il sourit avec dureté.
- Bonjour, Maître.
Thierry Herzog se lève.
- Bonjour, Monsieur le premier ministre.
D'une voix forte, pour que tout le monde entende, Dominique de Villepin lance alors à l'adresse de son rival:
- Vous ne savez pas à quel point vous m'avez rendu service. Pendant des années, Nicolas Sarkozy a raconté une histoire. Mais un jour, vous verrez...
L'ancien premier ministre s'interrompt, fixe encore Me Herzog et répète avant de tourner les talons :
-Vous m'avez vraiment rendu service. Bonne journée, Me Herzog.
(Le blog Pascale Robert Diard, lemonde.fr)
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Clearstream: «relaxe franche» demandée pour Villepin

Ses avocats ont dénoncé mercredi un «complot politique» dirigé depuis l'Élysée.
Les rôles sont inversés : le tribun de l'ONU écoute son avocat plaider pour lui. Quand ce dernier a la gorge sèche, Dominique de Villepin s'empresse même de remplir son gobelet d'eau. La défense de l'ancien premier ministre occupe mercredi toute la matinée de la cour d'appel de Paris. Un trio d'avocats monte au créneau contre le réquisitoire réclamant lundi quinze mois de prison avec sursis contre leur client. Parmi ces «mousquetaires», c'est Me Brossolet, mèche rebelle, lunettes à la main et verbe haut, qui décrit ce «voyage au bout de l'incohérence» de l'affaire Clearstream, cette «rencontre incroyable entre un homme obsédé du complot (Jean-Louis Gergorin) et un général (Philippe Rondot) qui n'est pas au niveau de l'enquête qu'il voudrait mener».
Pour engager l'œuvre de démolition de l'accusation, largement bâtie sur les carnets de l'officier, il avertit d'emblée : «Ces notes ne sont pas l'Évangile du dossier.» Avant de proposer une tout autre lecture de l'affaire, où un «escroc au renseignement», Imad Lahoud, avide de s'attirer les bonnes grâces des services secrets, «vend» à ses interlocuteurs quelques pseudo-renseignements sur Ben Laden et beaucoup de faux listings. Ces derniers, Gergorin - très ménagé mercredi par les conseils de son coprévenu - et Rondot, se sont laissés appâter. De l'inconscience, peut-être, des aventures de Pieds Nickelés, sans doute, mais de «complot politique fantasmé par les juges d'instruction», point. Une heure et demie de plaidoirie, avec seulement quelques brefs coups d'œil au dossier : dans les rangs des jeunes collaborateurs de cabinets parisiens, venus mercredi matin, on salue la performance.
Listings truqués
À Me Olivier d'Antin de s'attaquer à la période charnière de juillet 2004, celle où, selon l'accusation, Dominique de Villepin savait tout du complot mais n'a rien fait pour arrêter la calomnie contre Nicolas Sarkozy, dont le nom apparaissait sur les listings truqués. Il lui faut convaincre la cour, dont la présidente, attentive, prend des notes, que «Dominique de Villepin n'a pas été passif mais plutôt plus actif que les autres» et ne peut donc se voir reprocher une complicité de dénonciation calomnieuse par abstention. Or, pour la défense, un paquet de membres du gouvernement, à commencer par Michèle Alliot-Marie, ministre de la Défense, avait entendu parler de l'affaire Clearstream mais ne s'étaient guère agités. Il est donc «temps de mettre un terme à cette affaire et de prononcer une relaxe franche et sans équivoque».
Voici le tour de Me Olivier Metzner. Il mord plus qu'il ne plaide, mais se ménage les magistrats dont il flatte l'indépendance, rappelant au passage que Nicolas Sarkozy les a traités de «petits pois». Selon lui, à peine la relaxe de son client obtenue en première instance, «un conciliabule s'organise à l'Élysée» le 28 janvier 2010. Et, dès le lendemain matin, le procureur Marin est envoyé sur Europe 1 expliquer que «la justice n'a pas encore été totalement rendue» et qu'il fait donc appel du jugement. «Un acte politique», tonne désormais Me Metzner. Dans l'après-midi, les avocats de Jean-Louis Gergorin ont également demandé la relaxe de celui qui «n'est pas le cerveau de la machination».
(Marie-Amélie Lombard, lefigaro.fr)
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25.05.2011
Clearstream : la défense de Villepin dénonce «fantasmes» et «mascarade»

Deux jours après le réquisitoire, où l'avocat général a réclamé 15 mois avec sursis contre Dominique de Villepin poursuivi pour complicité dans l'affaire Clearstream, la défense de l'ancien Premier ministre a tenté mercredi matin de démolir une à une accusations qui pèsent contre leur client.
Ils sont trois. Et se sont réparti le travail. Deux jours après le réquisitoire, où l'avocat général a réclamé 15 mois avec sursis contre Dominique de Villepin poursuivi pour complicité dans l'affaire Clearstream, la défense de l'ancien Premier ministre a tenté mercredi matin de démolir les unes après les autres les accusations qui pèsent contre leur client. Luc Brossollet s'occupera des faits, Olivier d'Antin de la complicité de dénonciation calomnieuse et Olivier Metzner du droit.
Virevoltant, cheveux en bataille, méthodique, Luc Brossolet entame la plaidoirie. L'avocat reprend un à un les rendez-vous, les lettres et cherche à détruire le « dogme rondosien » en pilonnant sans scrupule la crédibilité du vieux général venu témoigner au procès en appel. Les carnets du général Rondot sont au coeur du dossier. Le militaire a enquêté en 2003-2004 sur les listings Clearstream, sur lesquels avaient été ajoutés des noms, dont celui de Nicolas Sarkozy.
Les verbatims de Rondot ne sont pas « l'Evangile du dossier » .
« Le général Rondot a-t-il de la mémoire? », s'interroge-t-il faussement naïf et de rappeler une question que l'avocat à poser au militaire âgé de 74 ans, et auquel il n'a pas su répondre car assène l'avocat : « Si le général Rondot n'a pas de support papier, il n'a pas de mémoire ». Une manière de dire que la vérité des notes rédigées par le général une fois rentré à son bureau ou chez lui peut être « aléatoire ». Poursuivant son oeuvre de démolition de la crédibilité du militaire, il assène « j'ai lu tous les rapports du général Rondot, il n'y en a pas un qui soit fiable ». Bref, il ne faut pas considérer les verbatims du général Rondot, comme « l'Evangile du dossier ».
« L'accusation est un art schizophrène », assène Luc Brossollet totalement habité par son dossier, s'emportant, s'exaltant sur une date, sur un mot... Selon le parquet général, « ses verbatims sont tous exempts de critiques et c'est au nom de ce témoignage qu'on a sollicité la condamnation de Dominique de Villepin et Jean-Louis Gergorin ». Mais, a rappelé l'avocat, pour le général Rondot, « qui est le témoin cardinal », « il est pourtant hors de question d'envisager la culpabilité de M. de Villepin. Autrement dit, Rondot oui, mais pas Rondot jusqu'au bout ! Mieux, c'est Rondot contre Rondot ».
Il manque un adversaire
De la même manière il regrette que l'accusation n'utilise les déclarations de l'ancien vice-président d'EADS que lorsque cela l'arrange : « Quand la parole de Jean-Louis Gergorin permet de mettre en cause le Premier ministre, Jean-Louis Gergorin retrouve une crédibilité de premier communiant. On espérait un peu plus de décence, un peu plus de cohérence ».
Car en fait pour l'avocat le dossier n'aurait jamais dû exister, croit-il, si les juges d'instruction Jean-Marie d'Huy et Henri Pons n'avaient pas « vécu dans le fantasme du complot politique ». Une thèse chère à la défense qu'Olivier Metzner va continuer de filer au risque de se tromper de procès et refaire devant la cour d'appel le procès de 1er instance. Car cette fois-ci la défense est dans une impasse, il lui manque un adversaire : cette fois-ci, Nicolas Sarkozy n'est plus partie civile. L'audience d'appel ne peut donc être traitée comme un procès politique.
Un parquet « aux ordres »
Qu'importe, la défense trouve un autre chemin : l'affaire n'aurait jamais prospéré si Nicolas Sarkozy ne s'était pas impliqué dans le dossier. A l'origine plaide l'avocat, sans jamais citer le nom du président de la République, « un homme l'a présenté à la France entière comme coupable ! » et cet homme « mécontent que la justice vienne dire le contraire de ce qu'il attendait (Dominique de Villepin a été relaxé en première instance, NDLR) » aurait demandé au parquet de faire appel. Et l'avocat de flatter l'indépendance des juges du siège, très remonté contre le président de la République, par rapport à la hiérarchisation du parquet « aux ordres » : l'appel, dit-il, marque « un mépris pour les magistrats indépendants ».
Lundi, a dénoncé l'avocat, le parquet général a dit parler « au nom des victimes », mais il voulait en fait parler « au nom d'une victime », Nicolas Sarkozy. Car 82% de parties civiles qui se satisfont du jugement de première instance, « Ca s'impose, c'est mieux que les sondages ». « On cherche par tout moyen à condamner Dominique de Villepin, même si c'est au mépris du droit », s'emporte Olivier Metzner qui s'est ensuite livré à son jeu favori : le tir à vue sur les arguments de droit développé par l'accusation.
Peu de temps auparavant, Olivier D'Antin avait fait preuve d'ironie devant la cour en rendant « hommage à l'inventivité remarquable du parquet », pour un délit qualifié par l'avocat d' « imaginaire ». Selon l'accusation, a résumé l'avocat, Dominique de Villepin aurait été « un dissimulateur passif »: il « se serait délibérément abstenu d'intervenir auprès de Jean-Louis Gergorin » et l'aurait « encouragé tacitement (...) afin de nuire à son rival, Nicolas Sarkozy ». « Je suis persuadé, a-t-il plaidé, que la cour ne sera pas convaincue par cette fable ».
« Votre robe, ce n'est pas le tablier de boucher »
Bref pour la défense, qui en fait son fil rouge, le complot ne serait pas là où le dossier d'instruction a voulu le voir. « Il est temps de mettre un terme à ce dossier », à « cette mascarade », a plaidé Olivier D'Antin. « Vous ne manquez pas de moyens, pour qu'enfin on en finisse avec cette affaire », a-t-il dit aux trois magistrates de la cour. « Votre rôle, c'est d'y mettre un terme, par une relaxe franche et sans équivoque ». Car « votre robe, ce n'est pas le tablier de boucher », a-t-il ajouté, en faisant référence aux propos prêtés à Nicolas Sarkozy qui avait promis de pendre les coupables de la machination « à un croc de boucher ».
Lundi, deux avocats généraux s'étaient relayés durant cinq heures pour convaincre la cour que Dominique de Villepin, qui a été relaxé en première instance, était coupable de « complicité de dénonciation calomnieuse » dans l'affaire Clearstream. Faisant particulièrement attention d'éviter tout suspicion de politisation de leur accusation au risque d'être laborieux dans leur démonstration, les représentants du ministère publique n'ont cependant pas varié d'un iota de l'argumentation du parquet devant le tribunal. Pour l'avocat général Jean-Louis Perol, Dominique de Villepin est « complice par abstention » : il aurait dû dès juillet 2004 stopper Jean-Louis Gergorin, l'instigateur de la machination qui a consisté à ajouter des noms, dont celui de Nicolas Sarkozy, sur des listings bancaires afin de les discréditer.
VALÉRIE DE SENNEVILLE (lesechos.fr)
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Clearstream: la défense de Villepin demande la relaxe et ironise sur "l'inventivité" du parquet

La défense de Dominique de Villepin a demandé la relaxe de son client et a fait preuve d'ironie mercredi devant la cour d'appel de Paris en rendant "hommage à l'inventivité remarquable du parquet", qui cherche à faire condamner l'ancien Premier ministre dans l'affaire Clearstream, pour un délit qualifié par l'avocat d'"imaginaire".
"Je rends hommage à l'inventivité remarquable du parquet", a plaidé Me Olivier D'Antin, qui succédait à Luc Brossollet et précédait Olivier Metzner, pour défendre M. de Villepin, contre lequel le ministère public a requis lundi 15 mois de prison avec sursis en lui reprochant le délit de "complicité par abstention".
"Durant quatre ans d'instruction, jamais, jamais, cela n'avait été évoqué", a-t-il dénoncé.
"On était dans une impasse totale", et puis soudainement, le procureur de la République de Paris, Jean-Claude Marin, a opéré un "renversement radical" et "a su trouver cette idée de complicité par abstention": "On était sur un péché par action, en avril 2004, et on bascule, à 180 degrés, sur un péché par omission, en juillet 2004!"
Les trois avocats de Dominique de Villepin ont demandé à la cour d'appel de prononcer à l'égard de leur client, poursuivi pour "complicité de dénonciation calomnieuse" dans l'affaire Clearstream, "une relaxe franche et sans équivoque".
"Il est temps de mettre un terme à ce dossier", à "cette mascarade", a plaidé Me Olivier D'Antin. "Vous ne manquez pas de moyens, pour qu'enfin on en finisse avec cette affaire", a-t-il dit aux trois magistrates de la cour.
"Votre rôle, c'est d'y mettre un terme, par une relaxe franche et sans équivoque". Car "votre robe, ce n'est pas le tablier de boucher", a-t-il ajouté, en faisant référence aux propos prêtés à Nicolas Sarkozy qui avait promis de pendre les coupables de la machination "à un croc de boucher".
"Je vous demande de relaxer M. Dominique de Villepin. Je suis confiant, je sais que vous le ferez", a abondé son confrère Me Luc Brossollet.
L'affaire Clearstream est une vaste affaire de dénonciation calomnieuse au cours de laquelle des noms, dont celui de Nicolas Sarkozy, ont été ajoutés sur des listings bancaires afin de faire croire qu'ils trempaient dans des affaires de corruption.
Pour le parquet général, Dominique de Villepin était au courant de la fausseté des listings dès juillet 2004 et aurait donc pu stopper Jean-Louis Gergorin, qui répandait la calomnie.
Selon l'accusation, a résumé Me D'Antin, Dominique de Villepin aurait été "un dissimulateur passif": il "se serait délibérément abstenu d'intervenir auprès de Jean-Louis Gergorin" et l'aurait "encouragé tacitement (...) afin de nuire à son rival, Nicolas Sarkozy".
"Je suis persuadé, a-t-il plaidé, que la cour ne sera pas convaincue par cette fable".
(nouvelobs.com)
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Clearstream : la défense de Villepin à la manoeuvre

Après le réquisitoire de lundi, qui avait suscité l'ire de Dominique de Villepin, place à la défense : les avocats de l'ancien Premier ministre vont tenter de démonter les accusations qui pèsent contre leur client.
10h43 : "Clearstream, du cinéma !"
. "Cette affaire dans un siècle de com', dans un pays dirigé par un spécialiste de la com', est déjà devenue du cinéma", lance Me Luc Brossollet, haussant le ton. "C'est un film, il s'appelle 'le bal des menteurs' (...) M. Marin (ndlr le procureur qui a fait appel de la relaxe de Dominique de Villepin) s'est montré comme un véritable acteur de cinéma", estime-t-il. Me Luc Brossollet termine son monologue en demandant la relaxe de Dominique de Villepin. "Je suis cobfiant, je sais que vous le ferez", lance-t-il enfin.
10h36 : Pourquoi attendre pour soupçonner Lahoud ? L'avocat de Dominique de Villepin affirme l'existence d'un article de L'Express, daté 16 novembre 2004, qui révèle qu'Imad Lahoud pourrait être à l'origine des fichiers. "Je ne comprends pas pourquoi on doit attendre le printems 2006, et les perquisitions, pour que M. Lahoud soit inquiété", s'étonne Luc Brossollet, lors d'une plaidoirie passionnée.
10h23 : "Lahoud est l'homme qui invente Clearstream".Selon la défense de Dominique de Villepin, Lahoud "invente Clearstream", c'est "une escroquerie aux renseignements", affirme-t-il. Selon lui, on n'a pas voulu voir cela, car "si Jean-Louis Gergorin est innocent, il n'y a pas de ministre en cause". Et si on accuse Jean-Louis Gergorin, alors "la chasse au gros est ouverte".
10h13 : Le général Rondot "pas au niveau". "Cette affaire est la rencontre incroyable entre un homme obsédé par le complot (ndlr Jean-Louis Gergorin) et un général qui n'est pas au niveau de l'enquête. Comment Jean-Louis Gergorin aurait-il pu deviner qu'on ne l'empêcherait pas de continuer ?", s'interroge-t-il ?
10h06 : La défense charge Imad Lahoud. Me Brossollet évoque le fait que, dans les envois au juge van Ruymbeke, il est indiqué que 895 comptes ont été fermés le 12 mai 2004. D'après l'avocat, c'est Imad Lahoud qui a "intoxiqué", et "enfumé" tout le monde, voulant mettre fin à l'affaire.
9h54 : "Le général Rondot n'a rien fait". Me Luc Brossollet revient sur l'envoi des listings Clearstream au juge Van Ruymbeke, par Jean-Louis Gergorin. Selon lui, l'ancien numéro 2 d'EADS "s'adresse au juge van Ruymbeke parce qu'il est déçu du manque de vérification du général Rondot". Avant d'ajouter : "on doit admettre que le général Rondot n'a rien fait ou presque, il est juste allé dans un guichet pour voir si un compte au Crédit lyonnais étiat bon".
9h38 : Le rapport du 25 mars, pas fiable. L'avocat de Dominique de Villepin revient sur le 25 mars 2004, date de la garde à vue d'Imad lahoud dans une escroquerie présumée. Alors que le général Rondot affirme que Dominique de Villepin l'a appelé pour lui demander de faire le nécessaire pour qu'il soit libéré, l'ancien Premier ministre dément avoir donné cette instruction. "On pourrait continuer de croire q'un ministre de la République continue de demander au général Rondot de faire quelque chose qu'il ne peut pas faire, il sait qu'un général ne peut pas faire sortir une personne de garde à vue", lance Me Brossollet, avant d'ajouter : "j'ai lu tous les rapports du général Rondot, et il n y en a pas un qui soit fiable".
9h27 : Villepin taxé de mauvaise intention. Me Luc Brossollet fait référence à l'entrevue entre Dominique de Villepin, le général Rondot et Jean-Louis Gergorin le 9 janvier 2004, lors de laquelle Dominique de Villepin aurait demandé au militaire de continuer son enquête sur les listings Clearstream. D'après Me Luc Brossollet, l'accusation prête à Dominique de Villepin d'être "tellement mal intentionné" qu'il aurait voulu monter un coup.
9h17 : La mémoire du général Rondot mise en cause. "Il ne pas faire des notes du général Rondot ce qu'elles ne sont pas. Ce n'est pas l'évangile du dossier", affirme Luc Brossollet. D'après l'avocat, le militaire assure lui même qu'elles "sont impressionnistes et sommaires, puisque réécrites après un entretien". Il pose alors cette question : "le général Rondot a-t-il de la mémoire ?". L'avocat donne des exemples prouvant "l'absence de mémoire du général", qui "n'a pu pendant toute l'instruction que paraphraser les verbatims qu'on lui mettait en main". "Halte à la schizophrénie judiciaire", ajoute-t-il encore, avant de demander que ces notes soient "maniées avec la prudence d'un juge".
9h11 : Villepin "ne savait pas". D'après l'avocat de l'ancien premier ministre, le parquet n'a pas réussi à prouver que Dominique de Villepin savait que Jean-Louis Gergorin avait sciemment envoyé des fichiers qu'il savaient falsifiés au juge Van Ruymbeke, en 2004. "Il faudrait qu'il ait su que quand Jean-Louis Gergorin envoyait ces fichiers au juge alors qu'il savait qu'ils étaient faux, vous n'êtes pas allés jusque-là", assure-t-il, avant de demander : "en quoi en juillet, en août, en septembre, en octobre, le ministre aurait pu deviner qu'il y aurait d'autres envois et qu'il fallait les empêcher ?" Un argument qui, selon la défense, va à l'encontre de l'accusation de complicité de dénonciation calomnieuse par abstention.
9h05 : "L'accusation, art schizophrène". Me Luc Brossollet prend la parole pour la défense de Dominique de Villepin. "L'accusation est un art schizophrène", lance-t-il, faisant référence au réquisitoire de l'avocat général contre Dominique de Villepin lundi. L'accusation "dit tout et son contraire", ajoute l'avocat. "J'avais cru comprendre que selon le témoin, le général Rondot (ndlr qui avait été chargé en 2003 d'enquêter sur les listings Clearstream), avait jugé inenvisageable de condamner Dominique de Villepin", affirme-t-il, avant de demander "un peu de décence, un peu de tolérance".
9h02 : Ouverture de l'audience.
(europe1.fr)
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24.05.2011
Villepin critique le parquet, sous l'autorité de Sarkozy
Dominique de Villepin a estimé lundi que les 15 mois de prison avec sursis requis à son encontre dans le procès en appel de l'affaire Clearstream s'expliquaient par le fait que le parquet était placé sous l'autorité de Nicolas Sarkozy. "Après six années d'un lynchage politique, médiatique et judiciaire, après avoir été déclaré innocent en première instance, le ministère public persiste et signe", a dénoncé Dominique de Villepin en sortant de la salle d'audience à l'issue du réquisitoire.
"Tout ceci", a-t-il poursuivi, "serait incompréhensible si on oubliait que le ministère public est le représentant du garde des Sceaux, placé lui-même sous l'autorité du président de la République Nicolas Sarkozy". "Vous me permettrez", a conclu l'ancien Premier ministre, "dans ces circonstances, de vous réaffirmer mon souci de me battre pour la justice et la vérité, mais bien plus ma détermination à combattre au service des Français".
En première instance, le procureur de la République de Paris Jean-Claude Marin était lui-même monté à l'audience pour s'occuper du cas Villepin. Il avait requis contre lui 18 mois de prison avec sursis et 45 000 euros d'amende. Alors que Nicolas Sarkozy, partie civile en première instance, avait renoncé à faire appel, le parquet avait, lui, interjeté appel de la relaxe de Dominique de Villepin.
(Lepoint.fr)
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19.05.2011
Confidentiels : Villepin ira voir La Conquête

Samuel Labarthe incarne l'ancien Premier ministre à l'écran
CINÉMA « Cela n'a rien à voir avec la réalité de la politique », s'agace par avance Dominique de Villepin. Pourtant, il l'admet, l'ancien Premier ministre ira voir La Conquête. Surtout pour voir comment est traitée l'affaire Clearstream. Réalisé par Xavier Durringer, le film retrace l'ascension de Nicolas Sarkozy vers l'Elysée mais aussi la rivalité, parfois très crue, entre les deux hommes. C'est Samuel Labarthe qui incarne le personnage de Villepin : il sort du film nettement moins à son avantage que Sarkozy.
(francesoir.fr)
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16.05.2011
Villepin réaffirme n'avoir rien "occulté" à Sarkozy dans l'affaire Clearstream
Dominique de Villepin a réaffirmé lundi devant la cour d'appel de Paris n'avoir jamais rien cherché à "occulter" à Nicolas Sarkozy lors de l'explosion du scandale Clearstream. En juillet 2004, lorsque l'affaire éclate dans la presse, "je convoque le général Rondot", qui enquête sur le dossier depuis 2003 et "lui demande de se rapprocher de la DST et de lui dire tout ce qu'il savait", a expliqué l'ancien Premier ministre. Rien n'a été caché à Nicolas Sarkozy, "il n'y a pas alors de ma part de volonté d'occultation ou d'omission de quoi que ce soit", a assuré l'ancien Premier ministre. "Il y a eu transparence au sein de la maison." Une version confirmée par l'ancien patron de la DST, Pierre de Bousquet de Florian, entendu comme témoin par la cour.
Le 15 octobre 2004, lors d'une réunion avec Dominique de Villepin, alors à l'Intérieur, et Pierre de Bousquet, Nicolas Sarkozy avait accusé la DST de lui avoir caché un rapport éclairant la dénonciation calomnieuse dont il était l'objet depuis juillet 2004. Il avait alors appris que son nom, ainsi qu'une centaine d'autres, avaient été ajoutés sur des listings bancaires afin de le discréditer. "Il n'y a pas eu dans la chaîne du ministère de volonté d'occultation, c'est que nous n'avons pas disposé de preuve", a argué Dominique de Villepin.
Villepin pointe du doigt d'autres amis de Sarkozy
Et pourquoi ne pas avoir dit le 23 septembre à Arnaud Lagardère, le patron d'EADS, qu'il soupçonne alors son vice-président, Jean-Louis Gergorin, d'être à l'origine de la machination ? "On ne peut lancer comme ça des accusations, on ne peut dire votre directeur de la stratégie est éminemment dangereux !", s'est défendu Dominique de Villepin, en rappelant qu'interrogé par les juges sur ce point, Arnaud Lagardère avait pu ne pas tout dire, car Arnaud Lagardère, "c'est le frère de Nicolas Sarkozy" et "il dit ce qui l'arrange".
Dominique de Villepin en a profité pour rappeler que d'autres amis de Nicolas Sarkozy avaient été au coeur du secret et auraient pu intervenir. Ainsi le procureur de la République de Paris Yves Bot, qui, le 25 octobre 2004, convoque Pierre de Bousquet à la demande de Nicolas Sarkozy. "Pierre de Bousquet lui donne alors tous les éléments d'information. On veut m'accuser de complicité passive ? Mais le procureur de Paris a tous les éléments et il faut attendre deux ans pour qu'un juge d'instruction mette en examen M. Gergorin !"
(AFP-Lepoint.fr)
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13.05.2011
Clearstream : quand Villepin s'emporte

Avocats, magistrats du parquet, prévenus, ils n'avaient tous qu'un feuillet à la main jeudi : la photocopie des notes prises par le général Rondot le 19 juillet 2004. Et cette feuille blanche brûle les mains. Avant de plonger dans son contenu, il faut se remémorer le contexte. Depuis quelques semaines, le dossier Clearstream tourne au scandale nauséabond. Il paraît de plus en plus évident que les élucubrations sur une corruption dans laquelle tremperait un bon paquet de l'élite française ne tiennent pas la route.
Mais, désormais, elles n'agitent plus seulement les cerveaux surchauffés de l'informaticien Imad Lahoud, du vice-président d'EADS Jean-Louis Gergorin et du maître espion Philippe Rondot. Outre Dominique de Villepin, passé en mars du Quai d'Orsay à la Place Beauvau, Michèle Alliot-Marie, à la Défense, est au courant et le juge Van Ruymbeke reçoit depuis fin avril les missives du «corbeau». Aujourd'hui, Dominique de Villepin est donc soupçonné de s'être rendu coupable de «complicité de dénonciation calomnieuse» par abstention. Autrement dit de pas avoir stoppé une machination dont il aurait compris les secrets de fabrication.
Or qu'écrit donc l'officier de renseignement sur son entretien avec le ministre de l'Intérieur le 19 juillet ? «Mes vérifications ne sont pas venues étayer les thèses de Jean-Louis Gergorin. Doutes et interrogations demeurent. Risque que le président de la République soit atteint. Il y a sans doute une part de vérité. Demander à JLG (Jean-Louis Gergorin) de ne plus bouger.» Et, en marge, cette phrase attribuée à Dominique de Villepin : «Si nous apparaissons le PR (président de la République) et moi, nous sautons.»
«J'ai agi selon des principes»
Explications de ce style télégraphique par l'auteur de la note : «Je n'ai alors pas de doutes sur la fausseté des listings mais sur l'origine du montage. C'est ce que je dis à Dominique de Villepin. Lui me répond : “Il y a sans doute une part de vérité.”» Quittant sa chaise sans y être invité, l'ancien premier ministre s'empare du micro. Bien décidé à ne pas endosser ce rôle de pyromane : «Je veux bien qu'on fasse des hypothèses sur ce qui s'est dit (…). Est-ce que je saisirais la DST en juillet (comme il l'a fait) si j'avais la moindre connaissance de la fausseté des listings ? Dans quel but ? Je ne sais pas aujourd'hui ce qu'on me reproche dans cette affaire. J'ai agi selon des principes et je n'y ai jamais dérogé !». Le général Rondot, placide face à la colère qui enfle à son côté droit : «Cette mention “Si nous apparaissons le PR et loi, nous sautons”, ce sont les propos du ministre que j'ai entendus ce jour-là.» Me Olivier Metzner, défenseur de Villepin, ne veut pas en rester là : «Vous faites état à M. de Villepin de votre “certitude” sur la fausseté des listings ?»
«Oui !
- Pourtant, vous nous avez dit hier qu'en octobre M. de Villepin avait encore des doutes.
- Vous interprétez !»
Mais, quelques instants plus tard, le général l'admet, le 15 octobre, le ministre lui confie : «Maintenant, c'est sûr !» À Dominique de Villepin, maintenant, d'exposer sa thèse : «En juillet 2004, la rumeur court dans Paris que le président de la République et moi sommes responsables d'une manipulation (…). Dès l'origine, nous savons que Nicolas Sarkozy et son entourage mettent la pression pour désigner comme coupables Jacques Chirac et moi-même. Cela visait le sommet de l'État.» D'où, selon l'ex-premier ministre, cette retranscription de «l'esprit de la conversation» par Philippe Rondot. Le débit s'accélère, le ton monte encore d'un cran : «S'il n'y avait pas eu une véritable tentative d'instrumentalisation de la justice, nous n'en serions pas là !» Cette fois-ci, le prévenu n'a pas besoin de prononcer le nom de Nicolas Sarkozy. Tout le monde a compris.
Marie-Amélie Lombard (lefigaro.fr)
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