26.04.2011

Villepin "compte porter" son projet

Dimanche matin, sur Europe 1, Dominique de Villepin a fait un pas de plus vers 2012. Lançant qu'il n'avait "pas beaucoup de concurrents", il a glissé avoir déjà commencé à recueillir les 500 signatures nécessaires à une éventuelle candidature.

Dominique de Villepin sur Europe1

Invité du Grand rendez-vous Europe1/Le Parisien-Aujourd'hui en France, dimanche matin, Dominique de Villepin était en forme. Répondant à tous les sujets d'actualité, il a défendu son projet, tançant, dès qu'il le pouvait, Nicolas Sarkozy. Selon l'ancien Premier ministre, qui assure "être un bon observateur de la vie politique française", le locataire de l'Elysée est sur une mauvaise pente. Et de donner des conseils à son rival présidentiel: "Pour redonner une dynamique, il n’y a pas 36 solutions. La première, c’est de changer de gouvernement, la deuxième, c’est de changer de politique."

Depuis deux semaines, Dominique de Villepin ne cesse d'affirmer "sa vocation à incarner [son] projet politique". Dimanche, au détour d'une question piège de Jean-Pierre Elkabbach, la vocation s'est quasiment transformée en confirmation: "Je compte porter ce projet", a lâché le président de République solidaire. Un glissement de langage que l'intéressé a immédiatement nuancé. "Je ne me déterminerai que par rapport à l’intérêt de la France", a-t-il expliqué avant d'ajouter, sûr de lui: "Je constate aujourd’hui que je n’ai pas beaucoup de concurrents." Au passage, il a glissé avoir déjà commencé à recueillir les 500 signatures d'élus nécessaires pour se porter candidat à une élection présidentielle.

Confiant avant le procès Clearstream

Si le 19 mars dernier, l'ancien Premier ministre s'était félicité de l'initiative de la France en Libye dans les colonnes du JDD, il s'est montré dimanche plus mesuré, voire critique à l'égard de la politique étrangère de l'Elysée. "Nous sommes dans une période surréaliste sur le plan politique", a-t-il constaté avant de commenter deux faits d'actualité majeurs du week-end. Il a tout d'abord estimé que "Nicolas Sarkozy n'a pas raison d'aller à Benghazi", fief des rebelles libyens. "On voit bien qu’on est en train ou qu’on risque de rejouer la scénario de l’Irak", a regretté celui qui a porté en 2004, devant les Nations unies, le refus français de participer au conflit irakien. "Nous n’avons pas vocation à nous battre pour un changement de régime en Libye [et] je ne veux pas que dans dix ans, des soldats français [y] meurent", a-t-il encore déclaré.

Dominique de Villepin a également réagi à la possibilité, évoquée par la France, de sortir de l'espace Schengen. Il a jugé qu'il s'agissait d'"une erreur", d'"un mauvais signal" et d'"une fuite en avant" qui ne ferait que "reporter le problème". Il a préconisé le renforcement de Frontex, l'Agence européenne de surveillance des frontières, et la création d'un corps de gardes-frontières, évoquée par Claude Guéant, et que Dominique de Villepin avait déjà proposée lors de son passage au Quai d'Orsay. "Veillons, a-t-il encore déclaré, à ne pas donner le sentiment aux Français que la politique est impuissante." Presque un slogan de campagne.

Reste que le procès Clearstream lui barre encore la route de la présidentielle. Interrogé sur le sujet, il a botté en touche assurant que l'échéance judiciaire "ne pèserait pas sur son projet politique". "C’est un rendez-vous et je m’y rendrai avec beaucoup de sérénité", a-t-il assuré, regrettant toutefois "l'acharnement du parquet". Une dernière étape avant de pouvoir se lancer dans la course à l'élection?

G.V. leJDD.fr

22.04.2011

Villepin et ses 500 parrains

Bien que mobilisé par l'élaboration de son projet présidentiel, Dominique de Villepin n'oublie pas les 500 parrainages d'élus nécessaires à sa candidature en 2012. Il a mis pour cela la pression sur les députés qui lui restent fidèles.

"Pourquoi seulement 500 ? Ne soyons pas petits bras !", clame l'ex-premier ministre. (c) Afp

Mais quand on l'interroge sur les résultats de cette mobilisation, il fanfaronne. "C'est réglé !" assure-t-il, avant d'ajouter : "Pourquoi seulement 500 ? Ne soyons pas petits bras !"

(nouvelobs.com)

20.04.2011

Dominique de Villepin, vers un nouveau contrat social ?

La proposition de Dominique de Villepin, dans son programme pour l'élection présidentielle de 2012, de créer un revenu citoyen de 850 euros a eu l'effet d'une bombe.

Dominique de Villepin, vers un nouveau contrat social ?

La première réaction des internautes est une révolte : n'est-ce pas une porte ouverte à l'assistanat ?

Mais rapidement, on se pose une autre question : ne serait-ce pas la voie d'un changement en profondeur - jugé nécessaire - de notre société ? Totor est de ceux qui admettent le risque de dérive par abus d'assistanat, mais invite à réfléchir aux bienfaits potentiels d'une telle mesure : "Nous sommes tous des assistés. À claquer du pognon, autant le claquer dans quelque chose de révolutionnaire, et là, on n'en est pas loin."

Révolutionnaire, pourquoi ? "Il faut y aller franco, renverser totalement le système" (Plumedecib). Attention, prévient-on ici, pour entrer dans cette réflexion, il faut se libérer de ses ressentiments, car "on se trompe de colère" (Phil), ne pas se bloquer sur des chiffres : "Ça coûterait 30 milliards, semble-t-il. Pour info, en 2010, l'État assistant a fait cadeau aux entreprises de 172 milliards d'exonérations de charges sociales et fiscales" (Tristout). Ne pas s'enliser non plus dans un conservatisme : "Alors que le monde change en profondeur, on trouve toujours des gens pour défendre le statu quo et les modèles qui échouent" (Manu).

Remettre l'homme au centre

Dominique de Villepin ferait ainsi un pari social, en misant sur la bonté naturelle de l'homme. "Après une longue contrainte, de longues humiliations, des montagnes de rancoeurs et de dégoût accumulés, après d'immenses efforts consentis uniquement pour pouvoir vivre, l'homme aspire au repos, à la libération du joug exécré, tout à l'idée du plus jamais ça !" À court terme donc, parce que le rapport de l'homme au travail sera modifié, il convient d'être "optimiste" et de faire confiance au "besoin naturel de s'activer", au "plaisir qu'a l'être humain à faire fonctionner son corps, son esprit, ses facultés, éminemment dans un contexte non contraint, mais laissé à sa libre appréciation éclairée" (Fraternité élargie).

Et l'horizon d'une meilleure société s'ouvre alors : "Si l'on n'isole pas cette proposition de son contexte, afin de la caricaturer, on observe un projet global de changement de société vers plus de solidarité, qui semble assez visionnaire et pragmatique" (Anco).

Le projet en effet n'inquiète pas ses adeptes. Plusieurs arguments sont avancés pour défendre son caractère réaliste : il est "approuvé par de nombreux économistes" (Atan), son coût, pensez-vous, est modéré, car l'allocation unique se substitue à une série d'allocations existantes et la modicité de la somme ne peut décourager le travail - "comme on ne peut pas vivre avec 850 euros (seulement survivre), les bénéficiaires travailleront" (Pivoine). Enfin le projet inclut un échange, qui impose des devoirs à l'allocataire. Bref, "ce n'est pas de l'assistanat, mais bel et bien une responsabilisation dans la dignité. Du gaullisme social pur, dans ce qu'il a de plus pragmatique, toujours dans l'intérêt des Français" (Atan).

Défenseurs plus enthousiastes encore du projet, certains voient en lui un facteur potentiel de développement économique. Jacques Grenoble explique ainsi : "La mise en oeuvre de ces mesures entraînerait une redynamisation de l'économie, car, au lieu de coûter très cher (comme on pourrait le penser en première analyse), elles permettent en fait des économies colossales (par rapport à l'addition de l'ensemble des allocations attribuées en France et du coût de l'administration du système social), une simplification de ce système social, une visibilité de son coût réel et une réduction des charges des entreprises, et donc, à la clé, une compétitivité retrouvée de notre économie ! Tout en incitant les Français à travailler et à ne pas se satisfaire seulement de cette allocation universelle."

Une lutte contre "l'ennui, qui détruit petit à petit la joie de vivre et la créativité" (Fraternité élargie)

Autre motif d'enthousiasme : après des décennies d'échec de la lutte contre le chômage et la précarité, une idée novatrice est proposée, fondée sur une prise en considération de la détresse sociale qui n'apparaît plus comme une "fatalité" (Ksven): "DDV au moins est allé droit au but, il a regardé la peine des indigents, surtout celle des millions de chômeurs et de jeunes diplômés sans emploi pour lesquels il a promis un pécule, aussi infime soit-il..." (Petrus). Elle peut régénérer la confiance, en sollicitant de chacun qu'il fournisse un travail choisi : "La France peut redevenir un phare pour le monde, on va s'apercevoir que nous fourmillions de créateurs, d'inventeurs méprisés par les terre-à-terre. Nous avons énormément de gens qui travaillent gratuitement au RMI : sans eux, des projets collaboratifs comme Wikipédia ne pourraient pas tenir", souligne gf.delhomme. "L'homme, grand ou petit, aime s'oublier dans une activité gratifiante, car pleine de sens et valorisante. C'est ici qu'il est utile d'évoquer l'ennui dont se plaignent tant et tant d'ouvriers et de citoyens désoeuvrés, las qu'ils sont d'une journée de travail débilitante, ou encore fatigués de ne pas trouver d'occupation qui fasse sens, qui ne les effraie pas par ses supposées exigences auxquelles ils redoutent de ne pas pouvoir satisfaire" (Fraternité élargie).

Dans un monde où, notamment en raison de la récente crise économique, "travail et revenus sont de plus en plus dissociés", où "on ne cesse de nous répéter qu'on ne peut plus garder le même travail toute notre vie, l'idée d'une répartition plus équitable de la richesse nationale entre tous les citoyens (...) aurait pour conséquence de relancer la créativité" (lothi.118). Et de bâtir une harmonie sociale grâce au meilleur épanouissement des individus ?

(Alexandre Coste, lepoint.fr)

 

19.04.2011

Dominique de Villepin, seul et jusqu’au-boutiste

La Vie a accompagné l’ancien premier ministre dans sa visite de la maison natale de Charles de Gaulle, à Lille, et une fabrique de viennoiseries, à Marcq-en-Baroeul.

©  Patrick Kovarik / AFP

Rien ne semble pouvoir faire plier Dominique de Villepin. Ni le procès en appel de l’affaire Clearstream qui s’ouvre le 2 mai prochain à Paris. Ni les critiques qui fusent contre son projet présidentiel, présenté jeudi dernier. Ni les défections de ses amis. Dernier en date : Daniel Garrigue, porte-parole de République Solidaire, qui a claqué la porte la veille de la présentation du projet à la presse. Avant lui étaient partis Georges Tron et Marie-Anne Montchamp, que Nicolas Sarkozy avait appâtés avec un poste ministériel. Enfin, François Goulard a pris ses distances avec le programme villepiniste.

Ce lundi matin, sur le quai ensoleillé de la gare du Nord, Dominique de Villepin est tout sourire, aidant une maman à transporter sa poussette dans le wagon, saluant les contrôleurs et quelques voyageurs étonnés. Main tendue, un mot pour chacun, la bise aux dames, l’ancien premier ministre fait furieusement penser à Jacques Chirac auprès de qui il a passé de nombreuses années, comme secrétaire général de l’Elysée, ministre de l’Intérieur et enfin, premier ministre. Mais contrairement à l’ex Président, il est seul, de plus en plus seul. Même le maire de Marcq-en-Baroeul, Bernard Gérard, représentant départemental de l’UMP et soutien local de Jean-Louis Borloo, a fait savoir qu’il ne souhaitait pas le rencontrer… Une façon peu républicaine de lui signifier qu’à droite, il est un paria.

"Une révolution de la dignité"

Mais comme disait de Gaulle : "Plus on monte, moins il y a de monde." Voilà une citation qui sied à Dominique de Villepin, en ces temps de disette amicale. "Evidemment, les défections d’amis, ça fait toujours de la peine, confie-t-il alors que le TGV file vers Lille. Mais la solitude ne me pèse pas. De toute façon, une bonne idée n’est pas portée par le plus grand nombre." Hérissé par l’écart qui se creuse entre riches et pauvres dans notre pays, il prône une "révolution de la dignité". Deux mesures-phares ont fait bondir ses collègues, à droite comme à gauche. La première préconise la distribution, comme au Danemark, d’un "revenu citoyen" de 850 euros à tous ceux qui en ont besoin, à partir de 18 ans. En contrepartie, Dominique de Villepin veut instaurer un "service citoyen" - travaux d’intérêt généraux, réseaux d’entraide - et des règles de citoyenneté fortes comme le vote obligatoire. Coût estimé : 30 milliards d’euros. "Ce n’est pas finançable !" s’étranglent ses détracteurs.

La deuxième a provoqué une fronde massive chez les parlementaires… car elle révolutionne les institutions : il ne souhaite plus que dix ministres autour du Président, veut réduire d’un bon tiers députés et sénateurs et diviser la France en huit grandes régions. "Moi je casse les moules, se justifie-t-il. Je ne crois plus à la politique traditionnelle. On vit sous le joug politicien depuis trop longtemps. Il est temps que les Français s’affranchissent de leur classe politique." Alors ça ! Pour un peu, on croirait entendre Jean-Luc Mélenchon. "Je me place au-dessus des partis qui proposent des programmes sans audace et clientélistes", assène-t-il. Une démarche gaulliste.

"La France est une société de castes"

D’ailleurs, dès qu’il arrive à Lille, l’ancien Premier ministre fonce vers la maison natale de Charles de Gaulle qu’il n’avait jamais visitée. Lieu symbolique où il écrit sur le livre d’or : "A celui qui hier comme aujourd’hui montre le chemin du rassemblement des Français." Puis, il grimpe dans l’autobus où se presse une dizaine de fans, adhérents de République Solidaire. Direction : Marcq-en-Baroeul. Francis Holder, président de Château Blanc, fondateur des boulangeries Paul, une des plus grosses fortunes du Nord, lui fait visiter son usine de viennoiseries et de pâtisseries. Dominique de Villepin, charlotte sur la crinière poivre et sel, déambule, à l’aise, entre les rails de pâtes à pain et les tapis de macarons. Il défend son programme point par point face à Francis Holder, peu amène sur son programme présidentiel, notamment du revenu citoyen. "En France, la valeur du travail s’est perdue," regrette le boss. Mais Villepin persiste: "Nous sommes une société de castes. Je veux créer de nouveaux leviers pour corriger les inégalités du système."

Dans le train du retour vers Paris, il reste sur sa ligne : "Moi, je ne fais pas un projet pour plaire à la classe politique ou aux patrons, mais pour répondre aux attentes des Français." Séducteur, il félicite une jeune femme enceinte, "l’avenir de la France", distribue quelques macarons offerts par Francis Holder. "J’aime manger, j’aime les produits du terroir… s’enthousiasme-t-il. En France, un homme politique se doit d’avoir la culture du produit." Un tacle non-dit à son adversaire Nicolas Sarkozy, qu’on sait peu enclin à la gourmandise franchouillarde, qui se gargarise d’eau minérale et de yaourts blancs…

Ce déplacement a galvanisé Villepin. Et puis… Martine Aubry lui a fait livrer des chocolats en signe de bienvenue dans le Nord. Quant à Jean-Louis Borloo, il l’a appelé pour désapprouver l’attitude du maire de Marcq-en-Baroeul et l’assurer de son amitié. Dominique de Villepin n’est peut-être pas si seul… En tout cas, c’est sûr, sa capacité de nuisance reste intacte.

(Olivia Elkaim Lavie.fr)

Villepin, l'"ambitieux" en campagne

Pour son premier déplacement en province depuis l'annonce de son projet politique jeudi dernier, Dominique de Villepin s'est rendu dans le Nord ce lundi. A Lille, où il a pu (un peu) préciser ses intentions pour 2012, l'ancien Premier ministre a notamment fait escale dans la maison natale du général de Gaulle. Tout un symbole.

Dominique de Villepin Lille

Etrangement, Dominique de Villepin n'avait jamais visité la maison natale du général de Gaulle, transformée en musée dans le nord de Lille. C'est désormais chose faite depuis ce lundi matin où le président de République solidaire (RS) a assuré, sur le terrain, le service après-vente de son "

projet citoyen" dévoilé à la presse jeudi dernier. Un projet gaullien? "J'essaie de puiser de la force dans l'idéal qui est le sien", a-t-il déclaré. "Pour faire nation, pour faire peuple, nous avons besoin de ces grandes figures de l'Histoire (...) qui ont tout donné pour leur pays, de ceux qui ont su dépasser leur propre intérêt, les petites querelles, les petites chapelles, les ambitions personnelles", a-t-il ajouté, concédant toutefois ne "pas du tout être le seul" héritier politique du père-fondateur de la Ve République.

"C'est au peuple français de prendre le pouvoir"

Dans le Nord, Dominique de Villepin s'est défendu de mener campagne en vue de 2012 - une position qu'il a réitérée en soirée sur le plateau du Grand Journal, sur Canal+, en affirmant que "le temps de la présidentielle" n'était pas encore venu - mais il a profité des micros et caméras qui l'entouraient pour faire passer son message. "Je ne veux pas faire comme les grands partis aujourd'hui, un projet qui relève de l'aménagement, de l'ajustement ou de la promesse clinquante qu'on ne tient jamais", s'est-il distingué au cours de la visite d'une entreprise de boulangerie Holder, à Marcq-en-Baroeul, dans la proche banlieue lilloise. "Je ne veux pas participer à une aventure qui décevrait les Français. Ça implique d'être ambitieux, d'être capable de refonder notre vie politique, refonder notre vie économique et sociale (...). C'est aux citoyens de prendre le pouvoir, c'est au peuple français de prendre le pouvoir, et ça veut dire ne pas laisser les hommes politiques s'arranger entre eux", a-t-il poursuivi.

La veille au soir, l'ancien Premier ministre avait eu l'occasion de se justifier sur la mesure phare de son projet politique: le "revenu citoyen" de 850 euros qu'il propose à chaque Français sans ressource et jugé par certains comme relevant de la "préférence nationale" chère au Front national. En effet, ce revenu est soumis à un certain nombre de devoirs, dont celui de voter, une prérogative dont sont privés les étrangers extra-communautaires qui résident en France. "Je ne succombe pas aux sirènes de la préférence nationale", s'est défendu l'ex-locataire de Matignon sur BFMTV, en ce sens que ce concept brandi par l'extrême droite vise, de son point de vue, à "enlever des prérogatives et des droits à des étrangers". ", je n'enlève rien, je maintiens les allocations dont bénéficient les étrangers comme ils le font aujourd'hui, a-t-il poursuivi, tout en considérant que ceux-ci ne pouvaient pas, effectivement, "donner et apporter les contreparties (...) du revenu citoyen".

(lejdd.fr)

Dominique de Villepin cherche l'inspiration chez de Gaulle

Pour son premier déplacement depuis la présentation de son projet, Dominique de Villepin a choisi Lille, et la maison natale du général de Gaulle. "Je ne veux pas faire comme les grands partis aujourd'hui, un projet qui relève de l'aménagement, de l'ajustement ou de la promesse clinquante qu'on ne tient jamais", a-t-il déclaré à des journalistes pendant la visite en milieu de journée d'une entreprise de pâtisserie de Marcq-en-Baroeul. "Je ne veux pas participer à une aventure qui décevrait les Français. Ça implique d'être ambitieux, d'être capable de refonder notre vie politique, refonder notre vie économique et sociale (...). C'est aux citoyens de prendre le pouvoir, c'est au peuple français de prendre le pouvoir, et ça veut dire ne pas laisser les hommes politiques s'arranger entre eux", a-t-il poursuivi.

Dans la maison natale du général de Gaulle, où il se rendait pour la première fois, Dominique de Villepin a expliqué qu'il ne prétendait "pas du tout être le seul" de ses héritiers, ni "incarner ses valeurs". "Mais j'essaie de puiser de la force dans l'idéal qui est le sien", a-t-il dit. "Pour faire nation, pour faire peuple, nous avons besoin de ces grandes figures de l'histoire (...) qui ont tout donné pour leur pays, de ceux qui ont su dépasser leur propre intérêt, les petites querelles, les petites chapelles, les ambitions personnelles", a-t-il poursuivi.

Alors qu'un journaliste lui demandait s'il s'agissait d'un lieu pour déclarer sa candidature à la présidentielle, le président de la formation République solidaire (RS) a ri, avant de lancer : "Vous avez un certain sens de la profanation !" Il a regretté que le député-maire UMP de Marcq-en-Baroeul, Bernard Gérard, ait refusé de le recevoir, soulignant que l'accueil de tout responsable politique fait "partie des devoirs républicains d'un maire". Bernard Gérard, qui est aussi secrétaire départemental de l'UMP du Nord, a expliqué qu'il n'avait "pas à recevoir un candidat (...) qui a commencé sa campagne contre son propre camp".

(Lepoint.fr)

18.04.2011

Villepin précise son projet de "revenu citoyen", dément toute idée de préférence nationale

PARIS - Dominique de Villepin (ex-UMP, RS) a assuré dimanche que son projet de "revenu citoyen" ne relevait pas de la préférence nationale, même si lui est assortie l'obligation de voter, un droit dont sont privés les étrangers hors-UE.

"Pour toucher un +revenu citoyen+, il faut être un citoyen français (mais) je ne succombe pas aux sirènes de la préférence nationale", a affirmé l'ex-Premier ministre et président de la formation République solidaire (RS), interrogé par BFMTV.

Il a expliqué que le principe de "préférence nationale", défendu par le FN, consistait à "enlever des prérogatives et des droits à des étrangers" sur le territoire français.

"Là", a-t-il ajouté, "je n'enlève rien, je maintiens les allocations dont bénéficient les étrangers comme ils le font aujourd'hui. Mais n'étant pas citoyens, ne pouvant pas donner et apporter les contreparties (...) du revenu citoyen", comme "participer au service citoyen" ou "voter", ils n'en bénéficient pas.

"Le revenu citoyen, c'est un revenu dynamique qui va permettre à un Français de retrouver un travail, une activité, d'engager un projet", avec "un ensemble de contraintes", a aussi déclaré M. de Villepin.

"La citoyenneté, c'est des droits et des devoirs".

L'instauration d'un "revenu citoyen" de 850 euros par mois pour les personnes majeures sans ressources est la proposition phare du projet présidentiel qu'a présenté Dominique de Villepin jeudi dernier.

Le coût de la mesure, controversée au sein même de République solidaire, serait de 30 milliards d'euros. Elle s'accompagnerait de la création d'un "statut du citoyen" incluant l'obligation de voter et de payer un impôt même symbolique.

(20minutes.fr)

15.04.2011

PARIS - Villepin présente son projet de "refondation politique" pour 2012

PARIS - Dominique de Villepin (ex-UMP, RS) a présenté jeudi son projet de "refondation politique" basé sur un nouveau contrat de citoyenneté, qu'il entend "assumer et incarner" l'an prochain à l'élection présidentielle.

Le président de République solidaire (RS) n'a cependant pas annoncé sa candidature estimant que le temps n'était pas venu alors qu'il doit comparaître début mai en appel dans l'affaire Clearstream.

"On ne part pas à l'élection présidentielle la fleur au fusil mais avec une musette bien garnie", a-t-il dit devant la presse lors de la présentation de son projet.

"C'est une véritable refondation qui est nécessaire en 2012. Je veux offrir une alternative", a ajouté l'ancien Premier ministre en expliquant vouloir "assumer et incarner" un "projet collectif ambitieux avec des choix politiques forts" à l'opposé "des simples ajustements du projet du PS".

La mesure-phare de Dominique de Villepin est l'instauration d'un "revenu citoyen" de 850 euros par mois, ouvert aux plus de 18 ans n'ayant aucune ressource et, d'une manière dégressive, à tous ceux qui gagnent moins de 1.500 euros.

Cette mesure de "30 milliards d'euros, la seule nouvelle dépense" de son projet, est "essentielle" à ses yeux "pour débloquer le système".

Il s'accompagne d'un "statut du citoyen" fixant ses droits et ses devoirs, notamment l'obligation de voter et de payer un impôt même symbolique.

Mais la mesure ne fait pas l'unanimité à RS. Le porte-parole du parti, Daniel Garrigue, a ainsi annoncé jeudi qu'il démissionnait de ses fonctions et du mouvement en raison d'un "manque de concertation sur le projet".

"Sur +le revenu citoyen+, nous sommes plusieurs a lui avoir dit que nous étions très réservés", a-t-il dit à l'AFP, en mettant notamment en avant le coût de la mesure, "exorbitant au regard du déficit" de la France.

"Ou bien Dominique de Villepin cherche une aventure individuelle avec quelques inconditionnels qui, quoi qu'il dise, seront toujours à ses côtés, ou bien, il veut vraiment construire une alternative politique et cela suppose qu'il en débatte avec ceux qui l'ont rejoint", a lancé le député de Dordogne.

Devant la presse, M. de Villepin a expliqué que son projet était "le fruit d'une expérience et d'un bilan, une politique menée de 2005 à 2007 sur laquelle Nicolas Sarkozy a pu s'appuyer pour remporter la bataille présidentielle".

Ce projet, a-t-il dit, est également "le fruit de quatre années de combat". "Il s'est nourri d'un certain nombre d'alertes, de propositions que j'ai adressées à la majorité comme aux Français", a-t-il dit, faisant valoir son scepticisme "dès 2007" sur le paquet fiscal adopté l'été de cette année-là.

"Ce n'est pas un projet de rupture mais un projet de fracture. Une fracture sociale à resouder", s'est amusé le député villepiniste, Jacques Le Guen, dans une double référence à la rupture prônée en 2007 par Nicolas Sarkozy et à la fracture sociale que Jacques Chirac avait promis de réduire.

Parmi les autres mesures emblématiques, M. de Villepin propose "un grand impôt citoyen" et l'instauration d'une "TVA 3E (Environnement, Emploi, Exportation).

Au plan institutionnel, il prône "un gouvernement de dix ministres", un parlement resserré (400 députés, 200 sénateurs) ainsi que la création de 8 grandes régions en métropole (contre 22) et en matière d'éducation, la création de "cités scolaires" réunissant sous une même direction tous les élèves, désormais scolarisés de 3 à 18 ans.

Au total, son projet est évalué à 273 milliards d'euros sur cinq ans dont 90 milliards consacrés à la réduction des déficits.

(20minutes.fr)

14.04.2011

Villepin sort le grand "je"

Devant de nombreux journalistes, Dominique de Villepin a, ce jeudi, détaillé son projet pour 2012. Esseulé et à la tête d’un petit mouvement, Villepin propose une "société de dignité" et un programme qu’il a "vocation à incarner".

villepin

Seul, à la tribune, jeudi matin, Dominique de Villepin déroule son programme. Dans l’assistance, beaucoup de journalistes et une poignée de fidèles. Un dernier carré qui s’amenuise au fil du temps, des débauchages gouvernementaux et des départs divers, comme celui récent du porte-parole de République solidaire,

Daniel Garrigue. A l’aise derrière son micro, l’ancien Premier ministre martèle du "je". "Ce projet que je vous présente aujourd’hui, j’entends l’assumer et l’incarner. (…) En 2012, je veux offrir une alternative". "DDV" est en piste.

Bercé par ses "grands ancêtres", parmi lesquels il range Napoléon et de Gaulle, Villepin prépare son rendez-vous avec la France et les Français. Une sorte de rencontre entre un homme et un peuple pour laquelle on pourrait se passer des "grands partis" prisonniers, dit-il, d’une "logique d’ajustements liée à des habitudes, des intérêts, des clientèles". "Il y a beaucoup de distances entre les projets des grands partis et celui que nous proposons". Face à ceux qu’ils voient dans "l’ajustement" et "l’aménagement", l’ex secrétaire général de l’Elysée veut incarner "l’ambition" et s’atteler à une "refondation républicaine".

"Un gaulliste social", hors parti?

"Revenu citoyen" (un revenu garanti de 850 euros par mois), droit de vote obligatoire, nouveaux services publics, TVA 3E (Emploi, environnement, exportations), salariés siégeant en nombre dans les conseils d’administration et de surveillance: Villepin a présenté un programme très social loin du bouclier fiscal ou du contrat premier embauche qu’il a jadis défendus. Où se situe-t-il? "C’est un gaulliste social", tranche Brigitte Girardin. Fidèle à la tradition gaullienne d’homme au dessus des partis, la secrétaire générale de République solidaire ne veut enfermer son leader ni dans la case de droite, ni dans celle de gauche. Quand bien même tous les parlementaires qui le soutiennent sont de droite…

Pour être "à la hauteur des enjeux" , Villepin va jusqu’à mettre de côté son inimitié avec le président de la République. Les deux hommes se parlent, se sont vus deux fois récemment et se sont entretenu "plusieurs fois au téléphone". "On le fait dans le respect l’un de l’autre". De simples "relations républicaines", explique Villepin.

Kermesse et musette

A la fin d’un discours assez technique et sans grandes envolées lyriques, ne manquait que la déclaration de candidature. Celui qui moque la "kermesse" politique actuelle où l’on découvre "beaucoup de nouveaux visages", n’entend pas se dévoiler tout de suite. Grinçante, Giradin ironise sur les actuelles "pseudo candidatures" de "concurrents à des primaires."

Pour Villepin, le prochain rendez-vous est le 19 juin. A cette date, le congrès de son parti mettra une touche finale au programme. "Je veux faire les choses dans l’ordre. Ne pas mettre la charrue avant les bœufs". D’abord le temps du projet et de la rencontre avec les Français pour ce probable candidat qui n’a encore jamais été élu. Ensuite, le temps de l’éventuelle candidature de l’homme qui veut être une "alternative". "On ne part pas dans une bataille la fleur au fusil mais la musette bien garnie", résume-t-il.

N’empêche. "Pour porter ce projet, je ne vois que Dominique de Villepin", jure le député Jean-Pierre Grand. "Rien ne l’empêchera d’y aller", assène quant à lui le député Jacques Le Guen. "Nous sommes sur une longue distance. Seuls les marathoniens iront au bout", ajoute-t-il en référence aux activités sportives de son champion.

Arthur Nazaret - leJDD.fr

13.04.2011

Dominique de Villepin promet « une véritable refondation politique »

« Une véritable refondation politique économique et sociale » seule capable de répondre « à la souffrance » des Français ». C’est la proposition signée Dominique de Villepin, président de « République solidaire » (RS) qui doit livrer demain les grandes lignes de son projet.

Le leader gaulliste a placé la « citoyenneté » au cœur de son projet avec la création d’un « revenu citoyen » de 850 euros, ouvert aux plus de 18 ans n’ayant aucune ressource. « Une dépense de 30 milliards, essentielle pour débloquer le système ».

Dans le même esprit, il instaure dans son programme le vote obligatoire tout comme le paiement de l’impôt sur le revenu, même s’il est symbolique. Il entend également instaurer un service citoyen obligatoire pour une période d’un an fractionnable de 18 à 25 ans. Côté entreprises, il entend « changer la donne entre actionnaires et salariés » en proposant qu’ « un tiers des postes des conseils d’administration et de surveillance soient réservés aux salariés ».

En matière de libertés, il veut préserver l’indépendance des médias en interdisant leur propriété aux groupes vivant de la commande publique, et celle de la justice avec la création d’un « Procureur de la Nation », proposé par le Conseil supérieur de la magistrature et investi aux 3/5e par le Parlement.

S’agissant de la fiscalité, l’ancien ministre est favorable à un renforcement des tranches les plus élevées de l’impôt sur le revenu.

Dominique de Villepin, qui reste sous la menace du procès en appel de l’affaire Clearstream début mai, estime par rapport à la candidature Borloo que « Nicolas Sarkozy et Jean-Louis Borloo aient vocation à divorcer ». Lui dit avoir bâti son projet sur un engagement clair, « mûri, réfléchi », « contre la politique de Nicolas Sarkozy ».

(leprogres.fr)

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