04.11.2009
Le "système Sarkozy" ébranlé
Habitué à jouer les divisions pour mieux contrôler sa majorité, Nicolas Sarkozy se trouve pris au piège de sa propre stratégie. Fronde des sénateurs à propos de la taxe professionnelle sur fond de compétition entre Jean-Pierre Raffarin et Gérard Larcher, cacophonie des députés sur les avantages accordés aux sportifs de haut niveau sur fond de concurrence entre Xavier Bertrand et Jean-François Copé, débat sur le montant du grand emprunt sur fond d'omniprésence des conseillers de l'Elysée, le "système Sarkozy" se fissure.
La journée du mardi 3 novembre restera, comme le relève un député, "dans les annales". A l'Elysée puis à l'Assemblée nationale, le couple exécutif a dû rappeler en urgence les troupes à l'ordre, mais sur un registre fort différent. Si Nicolas Sarkozy, tançant Jean-Pierre Raffarin, a insisté sur la nécessité, face aux "réformes difficiles", de "rester unis", l'intervention du premier ministre remet en cause le fonctionnement même de l'Elysée. Même s'il se dit "inénervable", François Fillon ne cache plus son irritation face aux interventions des conseillers de l'Elysée, en particulier d'Henri Guaino. "La plume" du président avait organisé la tribune de 63 députés dans Le Monde en faveur d'un grand emprunt à hauteur de 100 milliards. "Les conseillers du président ne font pas partie du pouvoir exécutif", a asséné le premier ministre à sa majorité. Depuis sa nomination à Matignon, M. Fillon est pris en tenaille par le quintette de conseillers élyséens : Claude Guéant, Henri Guaino, Raymond Soubie, Xavier Musca et Jean-David Levitte.
En dépit de sa chute dans l'opinion - en baisse de 6 points à 39 %, selon une étude IFOP du 29 octobre pour Paris Match -, M. Sarkozy n'a pas l'intention de changer de cap. Face à un "océan de fébrilité", assure-t-il, il restera "un îlot de solidité".
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