02.11.2009

Sarkozy sans concurrent à droite?

Parvenu à mi-chemin de son quinquennat, Nicolas Sarkozy n'a, malgré une popularité en berne, pas de challenger déclaré de droite, où son emprise sur l'UMP lui permet de contenir de potentiels rivaux, en embuscade pour 2012. Dans son entourage, on fait mine de ne pas s'inquiéter du retour tonitruant de Dominique de Villepin, son seul concurrent affiché jusqu'ici pour un éventuel duel fratricide. A condition d'échapper à une condamnation au procès Clearstream, l'ancien Premier ministre, qui dénonce la "personnalisation du pouvoir", risque pourtant d'être un caillou dans la chaussure de son ennemi. "Sarkozy se préoccupe plus de la droite que de la gauche. C'est pour cela qu'il faut achever Villepin. S'il est libre de ses mouvements, il va se présenter à la présidentielle et peut nous faire perdre 3 à 4 points", lâche un poids-lourd du gouvernement. La mi-mandat coïncide avec le plus bas niveau de popularité de l'année du président (42% de bonnes opinions selon un sondage BVA). "Sarkozy a réussi à faire le vide dans son camp et semble pour l'instant incontournable pour la prochaine présidentielle", affirme à l'AFP Frédéric Dabi, responsable de l'Ifop. Le lancement du comité de la majorité, ralliant le souverainiste Philippe de Villiers et les chasseurs, a démontré "sa volonté de tenir sa droite" jusqu'à l'extrême droite en proposant un débat sur l'identité nationale, selon ce politologue. Pour Jean-François Copé, le patron des députés UMP : "Personne n'imagine qu'il y aura des primaires à droite en 2012", qui ne fait pas mystère de ses ambitions élyséennes pour 2017. Les villepinistes pensent au contraire que ce "verrouillage" du parti conduira à la candidature présidentielle de leur mentor, à l'image du député François Goulard qui fustige "une UMP monolithique, mono-discours, avec un seul responsable de tout". "C'est vrai qu'il y a toujours eu un espace au centre-droit mais le problème, c'est qu'il faut encore quelqu'un pour l'incarner", explique à l'AFP le politologue Philippe Braud, qui pointe le "style trop élitiste de Villepin" et "l'absence de charisme" du patron du Nouveau Centre, Hervé Morin. Pour ce chercheur du Centre d'Etudes Politiques de Sciences-Po (Cevipof), il faudrait "une situation catastrophique pour déboucher sur une révolte à droite". Et au petit jeu de la politique fiction, le recours ne serait pas forcément là où on l'attend. "Si le manque de sang-froid de Sarkozy s'aggrave, la droite ira plutôt chercher son opposé", prédit-il, en pariant sur François Fillon. "Toujours calme dans la tempête", le Premier ministre est "peut-être le meilleur présidentiable de secours, du moins tant qu'il n'apparaîtra pas comme tel".

(lesindiscrets.com)

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