30.10.2009

Il faut sauver le soldat Jacques: villepinistes et chiraquiens serrent les rangs

En réaction au renvoi en correctionnelle de Jacques Chirac, Villepinistes et fidèles de l'ancien Président font front commun contre un «régime politique spécial» et un procès retardé. Cette décision judiciaire va-t-elle jouer le rôle de ciment dans l'opposition à Sarkozy ?

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ne sorte de mauvais film, de mauvais remake de règlement de compte à OK Coral». La verve de Jean-François Probst rejoint le scepticisme des partisans de Jacques Chirac et de Dominique de Villepin : il y a quelque chose qui cloche dans le renvoi en correctionnelle de l'ancien président de la République.

«Je ne suis pas sûr que ce renvoi s'imposait : c'était aussi l'opinion du parquet», s'étonnait Hervé Mariton sur France info. Même si chacun des villepinistes prend bien soin d'affirmer son respect de la justice, la décision du juge de renvoyer Jacques Chirac est perçue comme un traitement particulier.

«Le juge ne suit pas le parquet, ce qui est de plus en plus courant, mais il le fait toujours dans le sens d'une plus grande sévérité, expliquait le villepiniste Georges Tron à Marianne2. Aujourd'hui, les politiques font l'objet d'instructions qu'on ne tient pas pour le reste de la société : qui est capable de se projeter 25 ans en arrière dans le contexte des supposés emplois fictifs ?»

Sérénité chez les villepinistes, détermination des chiraquiens

Parmi les membres du Club Villepin, certains parlent en privé «d'acharnement», tandis que Henri Cuq, proche de l'ancien président, déplorait sur RTL qu'on ne laisse pas Chirac en paix. Mais les chiraquiens comme les proches de l'ancien Premier ministre tiennent à signifier leur sérénité : «il affirme cette condition de justiciable, énonçait calmement François Baroin sur France info. Ce qui était, au départ de l'instruction, 500 contrats pour monter un système hors norme entre le RPR et la ville de Paris se résume à une vingtaine de contrat pour lesquels il y a des points d'interrogation.»

«Déterminés», Chirac et ses proches le seraient. «Cleastream, l'Angolagate et maintenant ça... L'ambiance est lourde !», confiait un d'eux. Néanmoins, personne ne lâche le père spirituel, certains villepinistes se félicitant même que Ségolène Royal évoque le risque, pour l'image de la France, que l'ancien Président soit traduit pour des faits si anciens. Des arguments partagés par François Hollande et, moins ouvertement, par André Vallini.

Grand silence en Sarkozye

Du côté de l'UMP, grand silence. Difficile de commenter une affaire qui pointe si clairement le chef de l'Etat. Seul le porte-parole Dominique Paillé avoue sa «surprise» et concède que l'affaire n'est pas très positive pour l'image de la France. Le silence est de mise, d'autant plus que la ministre de la Justice elle-mêle, Michèle Alliot-Marie, est plus proche de Chirac que de Nicolas Sarkozy, dont le nom transpire sans jamais apparaître dans tous les arguments présentés.

Ce règlement de comptes en plein contexte électoral serait-il si profitable que prévu au clan sarkozien ? Quelques jours après la réunion du Club Villepin et les derniers soubresauts de l'affaire Clearstream, le retour des affaires de la mairie de Paris et le renvoi de Chirac en correctionnelle offrent à ses partisans une nouvelle tribune où ils affichent la plus grande cohésion et une sérénité totale face à une justice que même la gauche juge sévèrement. Une justice réformée par le Président et que beaucoup perçoivent comme à ses ordres. Et si, à vouloir punir Chirac, le magistrat avait tendu le bâton pour battre Sarkozy ?
(Sylvain Lapoix - Marianne)

Jacques Chirac sera jugé

Pour la première fois en France, un ancien président de la République devra faire face à des juges. Jacques Chirac a en effet été renvoyé, vendredi, devant le tribunal correctionnel de Paris pour détournement de fonds publics dans le cadre de l'affaire des chargés de mission de la Ville de Paris.

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On était suspendu à ses lèvres. Xavière Simeoni a parlé. Vendredi matin, la juge d'instruction a décidé de renvoyer Jacques Chirac devant le tribunal correctionnel de Paris pour détournement de fonds publics dans le cadre de l'affaire des chargés de mission de la Ville de Paris. La magistrate a également renvoyé neuf autres personnes, dont l'ancien ministre Michel Roussin, l'ancien patron du syndicat FO Marc Blondel et l'ancien député Jean de Gaulle. Xavière Simeoni n'a donc pas souhaité suivre les réquisitions du parquet, qui avait demandé un non-lieu général.

Le soutien de Ségolène Royal

C'est une première pour un ancien président de la République française. Absent des débats dans l'affaire Clearstream, très largement mis en cause par Charles Pasqua dans l'affaire des ventes d'armes à l'Angola ces derniers jours, Jacques Chirac n'échappera donc pas à la justice dans le cadre des emplois fictifs de la mairie de Paris. Avant de prendre ses nouvelles fonctions à la cour d'assises de Paris, Xavière Siméoni a frappé fort. C'est elle qui avait mis Jacques Chirac en examen en novembre 2007. Entendu de longues heures, l'ancien chef de l'Etat avait assumé les embauches controversées mais avait nié toute malversation. La justice lui reproche d'avoir créé 35 emplois et d'en avoir fait bénéficier des proches, comme un ancien préfet soupçonné d'avoir bénéficié d'un chauffeur payé par le cabinet du maire de Paris. Au total, le montant des sommes indues se situerait entre 3,5 et 5 millions d'euros. Partie civile dans cette affaire, la mairie de Paris demande d'ailleurs le remboursement de cette somme. Jacques Chirac se dit toutefois "serein et décidé à établir devant le tribunal qu'aucun des emplois qui reste en débat ne constitue un emploi fictif", a expliqué vendredi son entourage, qui précise par ailleurs que "cette décision prononce un non-lieu pour le chef de faux en écriture publique".

Dominique Paillé, porte-parole de l'UMP, s'est dit "surpris" de cette information sur iTélé, mais aussi "triste", tout en affirmant que "cette décision prouve l'indépendance de la justice dans notre pays. Personne n'est au-dessus des lois." Avant même l'annonce du renvoi de Jacques Chirac devant la justice, l'ancien chef de l'Etat avait reçu un soutien inattendu en la personne de Ségolène Royal. L'ancienne candidate à l'élection présidentielle a ainsi estimé vendredi sur Europe1 que Jacques Chirac "mérite d'être tranquille". L'ancien Président de la République "a donné beaucoup au pays" selon la présidente de Poitou-Charentes qui considère que son renvoi ne serait "pas bon pour l'image de la France." Raté.

(Benjamin Bonneau - leJDD.fr)

Identité nationale : un débat électoraliste pour les Français

64% des Français estiment que l'objectif principal du avec le débat sur l'identité nationale correspond «avant tout» à une «volonté de mobiliser les électeurs de droite en vue des élections régionales», selon un sondage BVA pour Canal +.

Les autres, 36%, jugent à l'inverse que l'objectif poursuivi par le gouvernement est «de parler d'un sujet majeur qui faisait partie des thèmes de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007».

(leparisien.fr)

29.10.2009

Villepin part à l'assaut de Sarkozy sans divisions (ou presque)

Une poignée de députés, un embryon de réseau militant, quelques relais médiatiques : pour son retour l'ex-Premier ministre part de loin.

Dominique de Villepin face aux journaliste devant le palais de justice de Paris le 26 octobre (Gonzalo Fuentes/Reuters)

Lorsqu'il quitte Matignon en 2007, Dominique de Villepin est usé. L'échec du CPE, les premiers soubresauts de l'affaire Clearstream, l'écrasante victoire de Nicolas Sarkozy ; tout cela le laisse en petite forme et à un journaliste qui l'interroge sur sa volonté de devenir un recours, il répond : « Un recours ? Les étagères sont pleines de recours qui prennent la poussière. »

L'anecdote est rapportée par Bruno Lemaire dans son livre, « Des hommes d'Etat ». Deux ans et demi après, il ne fait aucun doute que l'ancien Premier ministre ambitionne d'être un caillou dans le pied de Nicolas Sarkozy en 2012.

Mardi soir, Dominique de Villepin a rassemblé plus de 1 000 personnes à la Maison de l'Amérique latine, à Paris. Dans un discours très applaudi, il a plaidé pour la construction d'une « force alternative », pour un « retour à l'esprit de la Nation, d'une France républicaine, solidaire et indépendante ».

Mais sur combien de divisions peut compter cet homme, qui ne s'est jamais frotté au suffrage universel ? Elles sont pour le moins maigres. Passage en revue.

Des soutiens politiques dispersés

Les soutiens politiques de Dominique de Villepin sont-ils « trois ou quatre connards qui existent seulement à la salle des Quatre Colonnes  » (la pièce de l'Assemblée où les députés rencontrent les journalistes), comme le persifle Patrick Balkany ?

Le noyau dur : une dizaine de députés

Ils affichent haut leur opposition aux projets de Nicolas Sarkozy (tests ADN, loi constitutionnelle, réintégration de la France dans l'Otan, Identité nationale…) mais le noyau dur des villepinistes ne compte qu'une dizaine de députés -François Goulard, Hervé Mariton, Georges Tron, Jacques Le Guen, Jean-Pierre Grand, Guy Geoffroy -dont le soutien à Villepin, sans failles, agace depuis le début de la législature au sein de l'UMP.

Tous les quinze jours, ces historiques se réunissent autour de Dominique de Villepin pour discuter, débattre et affûter leurs armes, comme le raconte François Goulard :

« Quand on organise des dîners, on peut être une vingtaine. Beaucoup de députés et de sénateurs, sans être des partisans de Dominique de Villepin, viennent par sympathie pour lui. »

Ou par dépit. De nombreux élus, déçus par Nicolas Sarkozy, pourraient être enclins à revoir leur jugement sur ces députés jusque là un peu moqués.

Opposé au CPE de Dominique de Villepin en 2006, Nicolas Dupont-Aignant, président du très gaulliste Debout la République, était présent mardi soir au rassemblement autour de Dominique de Villepin à la Maison de l'Amérique latine. Daniel Garrigues qui a claqué la porte de l'UMP en 2008 était également de la partie.

Les villepinistes n'excluent pas la création d'un groupe parlementaire ; le seuil minimum requis est pourtant fixé à 20 membres. Concernant les ambitions de fonder un parti, les avis sont partagés. L'enthousiaste François Goulard y croit :

« Une alternative, ça veut bien dire quelque chose. »

Pour Hervé Mariton, c'est exlu :

« Non, il ne s'agit pas d'opposition. Nos programmes politiques sont juste différents. »

 Mardi soir, Dominique de Villepin a également rendu un hommage appuyé à l'autre meilleur ennemi de Nicolas Sarkozy, Jean-François Copé, chef de file des députés UMP. Il l'a qualifié d'« ami » et a affirmé :

« C'est quelqu'un qui a une capacité à agir, un pragmatisme tout à fait essentiel dans le jeu politique ».

Les chiraquiens

Les chiraquiens (le député Jean Ueberschlag, l'ex-secrétaire d'état Marie-Anne Montchamp, le sénateur Auguste Cazalet) ont fait acte de présence en début de semaine à la Maison de l'Amérique latine.

Absents, Henri Cuq, député et président de l'association « Avec le président Chirac », et Jean-Louis Debré regardent eux-aussi d'un très bon oeil la création du Club Villepin, présidé par Brigitte Girardin, une proche de l'ancien Président.

Jacques Chirac lui-même reste en retrait. Selon un proche, l'ancien président, empêtré dans ses ennuis judiciaires, ne tient guère à se brouiller avec Nicolas Sarkozy :

« Entre eux, ce n'est pas l'histoire d'amour que l'on raconte. Il y a énormément de respect mais beaucoup de désaccords. Chirac ne veut pas prendre parti avec ce qui lui tombe dessus et Bernadette qui multiplie les louanges pour Nicolas Sarkozy alors qu'elle ne le supportait pas !

Avec ça, il ne s'intéresse plus vraiment à grand chose depuis qu'il est parti. »

Des bienfaiteurs discrets : le « Club Villepin »

Officiellement lancé en septembre, le Club Villepin, dont les membres actifs sont tous bénévoles, se veut ambitieux. Sa présidente, Brigitte Girardin, a annoncé la création de comités départementaux pour l'année 2010.

Conçu par ITNetwork, ce site, animé par Christophe Carignano, proche d'Hervé Mariton, a été financé par Dominique de Villepin lui-même.

Pour le reste, l'équipe du Club Villepin revendique un fonctionnement encore artisanal. Les locaux de l'association, rue des Blancs-Manteaux dans le IVe arrondissement de Paris, consistent aujourd'hui en un sous-sol. Petits, mais coquets, ils sont prêtés par un « bienfaiteur », patron de PME viticole du Sud de la France.

La soirée, chic et arrosée, organisée à la Maison de l'Amérique latine a été financée en partie par l'association, assure Brigitte Girardin. Une salle pouvant accueillir 500 personnes a été louée à l'étage. Les amis de Dominique de Villepin ont également été mis à contribution ; un ami antillais a offert le planteur.

S'il n'a pas encore son Pierre Bergé, millionnaire mécène de Ségolène Royal, le Club Villepin dispose du réseau d'amis tissé depuis de longues années par l'ancien Premier ministre dans les milieux culturels, diplomatiques, d'affaires (« pas encore sollicités, ça viendra », souligne un proche) et des « PME d'excellence ». Une grande amitié le lie également à Jean-Louis Beffa, ex Saint-Gobain.

Les relais médiatiques

Cinq semaines de procès Clearstream n'ont guère entamé les ambitions de Dominique de Villepin. L'ancien Premier ministre a su tirer profit de cette surexposition médiatique. D'abord, en multipliant les déclarations face aux caméras.

Sa tentative de ravir la position de victime à Nicolas Sarkozy a porté ses fruits. Selon un récent sondage OpinionWay-Le Figaro, Dominique de Villepin est considéré comme le « meilleur opposant » à Nicolas Sarkozy devant Ségolène Royal, Martine Aubry et François Bayrou.

Un proche de Dominique de Villepin confie que ce procès a joué comme un « tremplin » pour son retour en politique :

« Alors qu'il était présenté comme un coupable au début, il en sort davantage avec une image de victime. Je dirais presque que l'inverse est vrai pour Nicolas Sarkozy. »

La stratégie médiatique de Dominique de Villepin est simple : occuper les médias. Depuis le début de l'année 2009, l'ancien Premier ministre a donné son avis sur tout à la télévision et à la radio. Il n'y a guère de sujet sur lequel il ne s'est pas exprimé, irritant ainsi considérablement Nicolas Sarkozy et sa majorité et gagnant au passage ses galons de premier opposant du Président.

En revanche, peu de médias ont défendu Villepin durant le procès Clearstream qui n'a apporté aucune preuve de son implication dans la machination. Dans un coup de gueule sur l'affaire Frédéric Mitterrand, Jean-François Kahn écrit :

« C'est à Pierre Bérégovoy, à Edith Cresson et même à Jacques Chirac, à François Bayrou, et, aujourd'hui, à Dominique de Villepin, dont tous les journalistes qui l'accablent savent parfaitement, s'ils ont étudié le dossier Clearstream, qu'il est innocent, non pas en soi, mais de ce dont on l'accuse, qu'on aurait dû ou qu'on devrait demander ce que c'est exactement un lynchage. »

 Edwy Plenel, partie civile au procès Clearstream, s'était défendu dans Rue89 d'être l'« avocat » de Dominique de Villepin, ainsi que l'avait laissé suggéré plusieurs journaux. Contacté par Rue89, il s'est à nouveau expliqué :

« Je suis journaliste, libre et indépendant. Je ne suis dans l'entourage d'aucun homme politique, pas plus que je ne suis un homme de réseau.

Mes actes sont publics : j'ai soutenu les positions de Dominique de Villepin, ministre des Affaires étrangères, sur le rapport de la France au monde, je l'assume totalement. Ensuite, j'estime qu'il doit être relaxé parce qu'il est victime d'un procès politique. Ce qui doit troubler, c'est que je suis un homme de gauche, mais je ne suis pas sectaire. »

Il prépare un article pour préciser tout cela.

Des militants très connectés

Présidé par Brigitte Girardin, le Club Villepin revendique plus de 4 000 membres et s'est fixé pour objectif d'atteindre 100 000 adhérents fin 2010 :

« A la Maison de l'Amérique latine, nous avons enregistré plus de 200 adhésions. Et 312 le lendemain ! Il y a un vrai mouvement. »

Contactée par Dominique de Villepin, cette ancienne ministre « au temps très libre » a accepté de prendre en charge l'organisation d'un mouvement autour de lui :

« On a senti que quelque chose se passait, que les Français étaient en attente d'autre chose. Le club compte des Français très divers, hors clivages. »

Ceux qui étaient à la Maison de l'Amérique latine, pourtant, sont majoritairement issus des rangs de l'UMP. C'est le cas de Pierre et Rémi, informaticien et étudiant, déçus par Nicolas Sarkozy

Afin de rassembler le plus largement possible, le club annonce la création de relais départementaux et de rencontres régulières avec Dominique de Villepin.

Pour ratisser large, le club s'appuie fièrement (« on s'est inspiré d'Obama ») sur son réseau social, Villepincom, créé en septembre. 10 000 connexions par jour sont revendiquées et les promesses pleuvent : des chats-vidéos avec Dominique de Villepin tous les quinze jours, des débats fréquents avec de grands intellectuels, une plate-forme technique performante pour favoriser les échanges entre les groupes de travail…

Pour l'heure, Dominique de Villepin n'a conversé qu'une seule fois avec les internautes. Bilan mitigé. Conseillé par Christophe Carignano sur le net, l'ancien ministre des Affaires étrangères rencontre régulièrement des blogueurs villepinistes. Ce jeudi, ils sont 30 à être attendus pour leur deuxième débat. Deux médias seront présents.

(Par Zineb Dryef | Rue89) 

Dominique de Villepin fait bon usage de sa médiatisation

Son nom s’affiche sur toutes les lèvres et occupe de nombreuses pages des journaux de notre pays...

 

Dominique de Villepin a fait son come-back sur la scène médiatique, dans des circonstances qu’il aurait sûrement préféré éviter.
Entre le procès Clearstream et sa grande conférence de presse mardi, l’ancien Premier Ministre a su utiliser l’attention portée sur lui pour lancer un appel à ses troupes et se présenter comme l’alternative au Président de la République actuel, Nicolas Sarkozy.

- Pour Sylvie Pierre-Brossolette, "c’est très frappant, on a l’impression qu’il s’est saisi de son procès pour, tout d’un coup, émerger sur la scène politique [...]. Moi je pense en fait qu’il y a pris goût et qu’il a une telle détestation et un besoin de revanche contre Nicolas Sarkozy que s’il peut être un caillou dans sa chaussure, il le fera avec grand plaisir."

- Laurent Joffrin, de son côté, pense que "l’environnement politique de cette affaire ne doit pas faire oublier le procès [...]. Ce qui me paraît clair, c’est que sa situation, autant sur le plan politique est plutôt bonne, elle est meilleure qu’avant en tout cas, il profite du procès pour se faire voir, sur le plan judiciaire, je ne suis pas sûr."

Pour en débattre :

- Sylvie Pierre-Brossolette, du Point,

- Laurent Joffrin, de Libération.

(Nicolas Poincaré - 08:55, france-info.com)

28.10.2009

Goulard: "Villepin comble un manque"

Au lendemain du discours de Dominique de Villepin à la Maison de l'Amérique latine, signant ainsi sa rentrée politique après la parenthèse du procès Clearstream, le député UMP François Goulard, villepiniste, précise au JDD.fr les ambitions de l'ancien Premier ministre. Sans ambages, le député du Morbihan explique que Dominique de Villepin n'a qu'une seule ambition politique: la présidentielle de 2012.

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Quel est votre sentiment après le discours très offensif tenu par Dominique de Villepin mardi à la Maison de l'Amérique latine?
Ce qui ressort c'est une attente. Une attente dans une partie de l'électorat dans un spectre assez large, de la droite classique jusqu'à des déçus du PS. Et il est remarquable de constater que c'est un mouvement très spontané. Nous n'avons aucun moyen de mobiliser et mardi on a vu presque un millier de personnes se mobiliser. La simple annonce de la réunion a provoqué cet afflux. Il y a une véritable attente aujourd'hui dans l'offre politique. Il y a des gens qui sont en manque. Et les thèmes de Dominique de Villepin, ses principes, sa personnalité comblent un manque actuel.

Dominique de Villepin est-il aujourd'hui le meilleur opposant à Nicolas Sarkozy?
Le meilleur opposant, non. Bon, je ne vais pas vous raconter d'histoires sur les sentiments qu'ils se portent réciproquement, mais on ne peut pas le considérer comme un opposant au même titre qu'un dirigeant du PS. Tout simplement parce que sur beaucoup de sujets les positions sont les mêmes, ou en tout cas compatibles. Dire que c'est un rival, peut-être, un opposant, non. On est dans une situation somme toute assez classique. C'est plutôt la période depuis 2007 qui ne l'était pas, c'est-à-dire avoir au centre et à droite un seul leader sans qu'il y ait une autre personnalité qui apparaisse ou se maintienne à côté. On est habitué à droite à avoir plusieurs champions. Je dirais que l'on revient dans une certaine normalité de la tradition politique française.

"Il s'inscrit dans une perspective présidentielle"

Dominique de Villepin a adopté une véritable posture de chef d'Etat. Difficile de ne pas y voir des ambitions pour 2012.
Lui ne vous le dira pas alors je vous le dis très simplement. Personne ne sait comment cela se passera mais il est clair que tout cela s'inscrit dans une perspective de présidentielle. Et pour dire les choses autrement, il ne lance pas cette démarche politique pour être candidat à une élection cantonale. Cela ne veut pas dire qu'il sera contre vents et marées candidat mais simplement c'est la perspective, voilà ce que l'on peut dire aujourd'hui.

Il n'a jamais connu le suffrage universel. Ce serait un saut dans l'inconnu.
Ce n'est pas unique que d'avoir une personne arrivée aux responsabilités par une autre voie que celle de l'élection et de se présenter ensuite à une élection. Il y a au moins trois précédents avec Pompidou, Barre et Balladur. Sans doute ont-il été d'abord candidats aux législatives avant de l'être à la présidentielle mais ce sont des gens qui ont d'abord été nommés et ont ensuite affronté le suffrage universel. Ce n'est pas un parcours inédit sous la Ve République.

Le verdict du procès Clearstream peut-il plomber son ambition?
Non, bien sûr, quel que soit le verdict. Les Français ont été témoins de cette affaire. Les faits sont là, et pour le moins pas très clairs en ce qui concerne l'accusation et les Français en savent autant que les juges. Ce que je crois c'est que le verdict a autant d'importance pour Nicolas Sarkozy que pour Dominique de Villepin. Car s'il y a relaxe, ça rend l'acharnement du président de la République un tout petit peu ridicule. Mais pour Dominique de Villepin ça ne change strictement rien. Et rien n'est moins établi que sa culpabilité. Pour lui, cela appartient désormais au passé.

"La volonté de dépasser tout sentiment personnel"

C'est difficile d'être villepiniste aujourd'hui quand on est un homme politique français?
On est peu nombreux c'est vrai mais ce n'est pas quelque chose de rare de démarrer peu nombreux. En ce qui me concerne, avec mes convictions, ce serait plus difficile de ne pas l'être. Je suis plus à l'aise dans cette position là que si je répétais sans trop y croire les slogans de la direction actuelle de l'UMP. Est-ce que c'est facile politiquement? Quand on est minoritaire c'est toujours plus difficile mais on vit avec, ce n'est pas un drame.

Bientôt un parti politique?
C'est un mouvement. Après c'est une question de statut juridique, on verra. Pour l'instant c'est un mouvement.

Dominique de Villepin s'est déclaré sans haine à l'égard de Nicolas Sarkozy. Y croyez-vous réellement et pensez-vous que cela soit réciproque?
Vrai ou pas vrai, je ne suis pas dans le secret des âmes. Ce qui est vrai, c'est qu'il a désormais placé les choses sur un terrain qui est politique. Il y a une réelle volonté chez lui, je peux en témoigner, de dépasser tout sentiment personnel qui n'est évidemment pas très amène mais cela n'est pas nouveau. Cela remonte à un certain nombre d'années. Aujourd'hui, la bataille est sur le terrain politique avec de réelles divergences qui sont explicites. Ce n'est plus sur un terrain personnel. Du point de vue du président de la République je suis un des moins bien placés pour vous le dire, je ne le vois jamais.

(Jérôme Guillas - leJDD.fr)

Dominique de Villepin: «Le temps des réponses est venu»

Dominique de Villepin à France Inter le 28 octobre 2009.

POLITIQUE - Au lendemain d'un rassemblement de soutien, l'ex-Premier ministre est plus que jamais déterminé à relancer sa carrière politique...

La veille, il prenait un bain de foule à la Maison de l'Amérique latine. Ce mercredi matin, Dominique de Villepin se montrait offensif au micro de France Inter. A peine sorti de cinq semaines de procès dans l'affaire Clearstream, l'ex-Premier ministre semble plus que jamais déterminé à relancer sa carrière politique. «Le temps des réponses est venu», a-t-il lancé, fustigeant un manque d'action au sein du gouvernement actuel. «Mais quand va-t-on agir? Pendant la campagne pour 2012?»
«Plus gaulliste que jamais»
 
Interrogé sur une éventuelle candidature à la présidentielle, Dominique de Villepin s'est montré moins disert. En se rasant le matin, il dit penser avant tout «aux préoccupations des Français». Il compte bien, toutefois, être une force de propositions, voire une alternative à la politique de Nicolas Sarkozy, qu'il juge trop axée sur «la peur» et une «personnalisation du pouvoir».
 
Pourquoi ne pas créer un groupe politique avec des députés de la majorité? «Ce serait possible, mais ce n'est pas d'actualité», répond Dominique de Villepin. Est-ce qu'il se sent toujours proche de l'UMP? Tout en éludant la question, l'ancien diplomate indique qu'il se sent «plus gaulliste que jamais». Epoque résistance à Londres?

(C.F., 20minutes.fr)

Dominique de Villepin veut "conjurer le mal français"

La maison de l'Amérique latine, à Paris, ressemblait à une étuve, mardi 27 octobre, et les 800 participants à la première rencontre des clubs Villepin ont dû prendre leur mal en patience pour approcher leur icône. Lorsqu'à 19 h 20 Dominique de Villepin s'est frayé à grand-peine un passage jusqu'à la petite estrade qui allait devenir sa tribune, la foule compacte a frémi. Une longue salve d'applaudissements a accompagné son apparition. D'un geste ample, il a remercié ses fidèles. Et leur a parlé de "l'esprit de la nation", de "l'esprit de mission"

Dominique de Villepin (sipa)

De cette réunion avec les siens, sa première apparition politique après les quatre semaines qu'a duré le procès Clearstream, l'ancien premier ministre a voulu faire "un choix fondateur" afin de "conjurer le mal français". "Notre pays ne peut vivre avec une concentration du pouvoir, une personnalisation du pouvoir qui nuit à son efficacité, a estimé M. de Villepin. Nous le voyons avec l'esprit de cour. Quand nous vivons à l'ère d'une démocratie d'opinion où, jour après jour, ce sont les polémiques qui font l'actualité, nous ne répondons pas aux préoccupations des Français."

Pour surmonter "l'engrenage des espoirs et des déconvenues", il veut que "la politique retrouve ses lettres de noblesse, sa crédibilité" et propose "une alternative républicaine". "La République est en danger, la cohésion du pays est menacée", s'est exclamé M. de Villepin en soulignant le taux de chômage des jeunes et l'ampleur des déficits et de la dette publics. "Nous ne pouvons pas remettre à demain ce qui doit être fait aujourd'hui, a-t-il insisté. Or, les Français ont le sentiment que le temps passe et que rien ne change."

Il n'est pas un domaine où l'action du président de la République, Nicolas Sarkozy, ait trouvé grâce aux yeux de M. de Villepin, qui a appelé à "refuser certaines dérives". Après avoir fustigé le déséquilibre des institutions, l'ancien premier ministre n'a pas manqué de plaider pour "l'indépendance du judiciaire, sans laquelle il n'y a pas de justice".

"HUMILITÉ"

Construire "une France républicaine, solidaire et indépendante", suppose, selon lui, "une exigence et des devoirs". "Il n'est pas besoin de grand débat sur l'identité nationale, a-t-il appuyé. Il est simplement nécessaire de faire vivre les grands principes qui sont les nôtres: liberté, égalité, fraternité. La France, ce n'est pas celle qui choisit de stigmatiser. Ce n'est pas celle qui choisit d'accuser. La politique, ce n'est pas se battre contre quiconque. C'est parfois se battre contre soi-même, se battre contre des tentations." Chacun a reconnu sans peine à qui s'adressait cette mise en garde.

"Quand une politique ne tient pas ses promesses, il faut lui adjoindre une alternative. Une alternative ne se construit pas en un jour. Cela demande du courage", a lancé M. de Villepin à des fidèles qui buvaient ses paroles. Certains ont cru déceler dans le portrait qu'il a dressé de l'homme providentiel, comme une esquisse d'offre de service.

"Encore faut-il accepter de reconnaître des erreurs. Encore faut-il accepter de changer, de se changer. L'entêtement n'est pas de bon conseil", a-t-il souligné, sans que l'on sache s'il parlait de lui-même ou non.

"La politique, c'est aussi affaire d'humilité, a ainsi tenu à préciser M. de Villepin. En politique, on peut connaître des hauts et des bas. Mais tant qu'on est entouré, tant que l'action est au rendez-vous, les idées cheminent. Il suffit d'un peu de patience. Et de l'audace !"

Les fidèles étaient aux anges, transportés de bonheur et d'exaltation, certains d'avoir pris date avec l'Histoire qui retiendra que la longue marche de M. de Villepin a commencé dans la chaleur suffocante de cette soirée d'octobre.

(Patrick Roger, lemonde.fr)

Villepin : «La République est menacée»

Dominique de Villepin, mardi, à la Maison de l'Amérique latine.

Devant ses partisans, l'ex-premier ministre a dénoncé «la personnalisation du pouvoir».

Jusqu'à vendredi dernier, la lumière était posée sur le prévenu de l'affaire Clearstream. Cette semaine, elle se tourne vers le politique. Et le principal opposant à Nicolas Sarkozy au sein de la majorité. Accusé de « complicité de dénonciation calomnieuse » et dans l'attente du verdict qui doit être rendu le 28 janvier, Dominique de Villepin n'a pas l'intention de laisser les projecteurs se détourner de lui et entend bien goûter de toute sa liberté de parole.

Tous ont pu le constater mardi soir à l'occasion d'une réunion organisée à Paris par l'ancienne ministre et président de clubvillepin.fr Brigitte Girardin. «Nous avons lancé ce club en juillet et nos sites Internet le 15 septembre. En un mois et demi, nous avons été rejoints par près de 4 000 personnes», se réjouit-elle. Et encore ne compte-t-elle pas les quelque 800 adhésions enregistrées mardi soir à la Maison de l'Amérique latine. «Nous attendions 500 personnes et nous voilà plus d'un millier», se félicite le député de l'Hérault Jean-Pierre Grand. «Nous serons 100 000 dans un an», lance-t-il, «en gars du Sud», aux «militants de la République» qui suivent le discours depuis le jardin en contrebas faute de place dans le salon.

«Certains expliquent que tu es un homme seul, ils se trompent, assure Brigitte Girardin à Dominique de Villepin arrivé sous les acclamations. Voici le moment privilégié où nous allons pouvoir t'aider.» Autour de la tribune, une dizaine d'élus jouent des coudes. Les grognards du villepinisme (Georges Tron, Jacques Le Guen, Hervé Mariton, François Goulard…) ont été rejoints par des élus en rupture avancée avec l'UMP, comme Marie-Anne Montchamp, ou consommée, à l'instar de Daniel Garrigue ou de Nicolas Dupont-Aignan. Devant son épouse, Marie-Laure, et son père, Xavier de Villepin, l'ancien premier ministre a présenté pendant une demi-heure «l'alternative à la politique menée» qu'il souhaite incarner.

 Conjurer ce «mal français»

 «La République est menacée», a-t-il scandé en s'alarmant du déficit de la Sécurité sociale, du chômage des jeunes ou du désengagement des services publics sur le territoire. «Les Français ont le sentiment que le temps passe et que rien ne change», a-t-il estimé à quelques jours du mi-mandat de Nicolas Sarkozy en déplorant «l'incapacité à corriger sa copie au jour le jour». Contre la «politique du laisser-faire et de la fuite en avant», Villepin propose de «renouer avec l'esprit de nation» : «il n'est pas besoin de grand débat sur la République ou sur l'identité nationale», a-t-il ajouté dans une critique visant le ministre de l'Immigration Éric Besson.

«Notre pays ne peut plus vivre avec une concentration du pouvoir et une personnalisation du pouvoir qui nuit à son efficacité», a-t-il poursuivi, fustigeant dans un même élan «l'esprit de cour» et les «polémiques qui font l'actualité». «On l'a vu avec un certain nombre d'affaires qui ont occupé le devant de la scène récemment, a-t-il expliqué. Une fois le rideau de fumée dissipé, qu'en est-il des préoccupations de nos compatriotes ?»

Pour conjurer ce «mal français», Villepin préconise un retour à «l'équilibre des pouvoirs au sein de l'exécutif entre le président, le premier ministre et le gouvernement», «l'équilibre entre l'exécutif et le législatif» et plaide, sous les applaudissements, pour «l'indépendance du système judiciaire sans laquelle il n'y a pas de véritable justice». Cela sera d'ailleurs la seule allusion, à peine voilée, à l'actualité judiciaire. «Nous avons tous le désir de fermer la parenthèse du procès», explique ainsi Georges Tron. Selon le député de l'Essonne, il n'y a d'ailleurs «jamais eu d'interférences entre le procès qui suit son cours et l'action politique que Dominique de Villepin n'a jamais cessé de mener.» Et qu'il entend poursuivre au-delà de cet «acte fondateur». Ses derniers mots invitaient à prendre date : «Merci pour aujourd'hui et merci pour demain», a lancé Villepin à son auditoire. 2012 n'a jamais semblé si proche.

(lefigaro.fr)

Dominique de Villepin suscite la curiosité et l'espoir

L'ancien Premier ministre, Dominique de Villepin, parmi ses supporters rassemblés par le "club Villepin" à la Maison de l'Amérique latine, à Paris le 27 octobre 2009.

REPORTAGE - Mardi soir, le rassemblement autour de l'ancien Premier ministre a mobilisé supporters de la première heure, soutiens indéfectibles et simples curieux...

On en attendait à peine 750, finalement ils étaient près d’un millier. Mardi soir, les supporters de Dominique de Villepin se sont rassemblés à la Maison de l'Amérique latine, à Paris, à l’occasion d’une soirée organisée autour de l'ex-Premier ministre par le «Club Villepin». Et ils étaient si nombreux que l'ancien locataire de Matignon a dû réitérer son discours, pour ceux qui avaient été laissés à la porte, faute de place.

Après avoir discouru pendant près de 40 minutes dans une grande salle du premier étage de la Maison de l'Amérique latine, Dominique de Villepin est descendu saluer les fidèles qui étaient restés à l’attendre patiemment, dans les jardins, les yeux levés vers les fenêtres ouvertes de l’étage, espérant entendre ne serait-ce que des bribes de son discours. Après un rapide laïus reprenant les grandes lignes de ce qu’il avait dit auparavant, il a pris un bain de foule parmi ses supporters, souriant et serrant les mains.

Tous sont subjugués par l’ancien locataire de Matignon

Parmi ces mains tendues, celle de Bessma, «venue de Tunis pour voir ce que Dominique de Villepin dégage de près». «Il m’a serré la main, en me regardant droit dans les yeux. C’est rare. S’il fallait miser, je miserais sur lui. Maintenant que je l’ai vu, je pourrais convaincre les gens de le suivre.» Mais ce soir, elle n’aura pas à convaincre grand monde. Tous sont déjà acquis à Dominique de Villepin: Ali est venu avec sa femme et sa petite fille de 7 ans et demi parce que «dans la famille on est de droite, gaulliste et pour de Villepin». Sori n’est pas adhérent à l’UMP, mais «apprécie le personnage, ses valeurs, son verbe, sa cohérence politique», et attend «qu’il soit présent dans la vie politique, nationalement, parce qu’il a une envergure, une stature, une vision».

Isabelle, qui a fait comme tous les autres la queue à l’extérieur, considère qu’il «représente la politique telle qu’elle doit être», et attend de lui «qu’il crée un élan, mais tout sera lié au verdict du mois de janvier», explique-t-elle en faisant allusion au procès Clearstream. Selon ses soutiens, Dominique de Villepin a eu à subir un «procès injuste», comme dit Antoine, un autre supporter, mais il doit s’en servir pour rebondir, renchérit Philippe, qui attend que Villepin «remette la France sur les rails comme l’a fait le général de Gaulle». De l’avis de tous, l’affaire Clearstream n’était qu’une «cabale», qui a empêché l’ancien Premier ministre d’atteindre ce qu’il aurait pu faire politiquement. «Mais ce n’est que partie remise», espère Mirantchu, qui est venue ce soir «boire ses paroles comme quand il était Premier ministre, en espérant qu’il soit plus prochainement».

Candidat en 2012?

Et, comme elle, la plupart des supporters présents prend déjà date pour les prochaines échéances électorales. Ainsi, Asmahane, soutien de la première heure de «celui qui incarne le mieux les valeurs de la France» à ses yeux, «espère sincèrement qu’il va se relancer en politique». «Pour moi le plus vite sera le mieux. Le discours de ce soir est un avant-goût, et je suis prête à m’investir dans sa campagne pour qu’il soit là en 2012». D’autres, comme Henri, sont plus calculateurs pour leur poulain, et proposent déjà une éventuelle élection aux législatives, afin de «le recrédibiliser auprès des électeurs pour qu’il puisse éventuellement se présenter à la présidentielle.» Peu importe ce que choisira Dominique de Villepin, de toute façon, ils seront là.
(Bérénice Dubuc, 20minutes.fr) 

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