21.10.2009

Il est 18 h 04. La "dream team" de Villepin a frappé !

Maître Herzog est brisé sur son banc !

Dominique de Villepin (AFP)

11 h 05

C'est le gros morceau de la journée : la plaidoirie de la "dream team" de Villepin. C'est d'abord Maitre Brossolet qui va parler.

Maitre Brossolet : j'ai trop à vous dire. Ma première ambition est de vous montrer que l'accusation n'est pas construite très sérieusement. Les juges s'appuient sur la parole de trois personnes : celle de Gergoirn, de Lahoud et de Rondot.

D'abord celle de Gergorin. Gergorin ment continuement, dit l'ordonnance des juges d'instruction. Mais il lui arrive de dire la vérité : lorsqu'il dit que Villepin a donné une instruction, quand il dit l'avoir joint le 25 mars, quand il dit que Villepin connaissait Lahoud. Bref, le partage de la parole de Gergorin est simple. Il ne dit jamais la vérité. Sauf quant il s'agit de mettre en cause Villepin. C'est simple, voire simpliste. Lahoud est le menteur tous azimuths. Sauf quatre fois. Quant il charge Villepin. Même critère pour la parole de Gergorin

Rondot, c'est le témoin canonique qui dit toujours la vérité. Il ment tout le temps. Sauf une fois, une seule fois. Quand il charge Villepin. Là, il dit la vérité. Il y a quelque chose qui est la décence juridique. On ne peut pas faire cela. Le principe de l'accusation c'est le préjugé, les œillères, le plus court chemin vers l'injustice.

Rondot fait part de ses doutes, on oublie la demande de Villepin de vérifier. Dans un exercice de schyzophrénie juridique. Le 14 avril la remise de décoration. Un aparté. Ce qui m'intéresse c'est le surréalisme de la scène. Vous avez un auteur de l'infraction qui se présente auprès de son complice, Villepin, et qui ignore que c'est son complice car il se présente de bonne foi. C'est une curieuse de retenir cette scène en supprimant tout ce qu'elle détruit de l'accusation.

Il y a mieux. A l'automne 2003, l'ordonannce dit que Gergorin se rend coupable de dénonciation calomnieuse. Le 1er janvier, Gergorin voit le ministre. Il y a deux solution : soit il met le ministre au parfum. Soit il ne dit rien. Donc soit je suis de bonne foi, soit je suis complice. Voilà la logique de l'accusation. Dans l'ordonnance, on n'a pas voulu faire le choix. On dit, il est de bonne foi. Mais il est de mauvaise foi. Voilà l'équilibre incohérent. Il faut donc reprendre les faits et s'interroge sur le témoignage de Rondot.

C'est un homme bien, Rondot. Mais dans ce dossier, il a des raisons de mentir, en tout cas de ne pas dire la vérité. Dans l'affaire, Rondot refuse de témoigner. Il fait du chantage en demandant le statut de témoin assisté. Ses droits sont-ils menacés ? Non. Il n'est soupçonné de rien. On lui accorde ce statut qui lui permet d'accéder au dossier. C'est un témoin qui connaît toute la procédure. Qui prépare son témoignage. Vous en connaissez beaucoup des témoins qui témoignent en connaissant toute le dossier ? Ce n'est en aucun cas un témoignage !!

Rondot est un homme qui a détruit des preuves qui intéresse une instruction en cours. Il le sait. Drôle de témoin. Il écrit un rapport de couverture en 2005 à son ministre. Et il ne veut pas que ce rapport soit diffusé. Et vous avez un général qui affirme qu'il n'a pas fait de rapport. Vous avez un général qui ment. Lorsqu'il commente ses propres notes. Débarrassé du serment par son statut de témoin assisté. Rondot est un homme ambitieux en fin de critère qui est aveuglé par la capture de Ben Laden, c'est pour cela qu'il maintien des relations avec Lahoud.

Il y a des notes Rondot mais pas d'enquête Rondot. C'est un témoin qui a un rapport très singulier aux instruction qu'on lui donne. Il refuse contre les ordres donnés de faire intervenir la DGSE !!

11 h 26

Maitre Brossolet, dans une belle plaidoirie, poursuit son entreprise de démolissage de Rondot. Il marche dans le prétoire, porté par ses mots.

Maitre Brossolet : Il refuse de suivre des instructions pour des raisons qui sont les siennes. Cela donne à rire !!! C’est quant même singulier. Vous ne pouvez pas l’accepter. Il dit il me faut mes notes et ce qui n’est pas dans mes notes n’a pas existé. Prenons la note «si nous apparaissons, le PR et moi, nous sautons». C’est 15 lignes pour un entretien d’une heure !! Il faudrait en savoir plus sur cet entretien ! C’est cela la justice ? C’est cela faire la preuve d’une culpabilité ? Nous avons perdu l’esprit ! Ce n’est pas cela une preuve judiciaire !! Nous notons avec notre subjectivité. Ces notes ne sont pas le chemin de la vérité. Rondot d’ailleurs dit qu’elles sont impressionnistes.

Rondot poursuit trois buts : protéger le ministre de la Défense d’avoir connu trop tôt les comptes Nagy et Bocsa et de ne pas l’avoir dit. Le deuxième, c’est de faire croire qu’il a été un enquêteur sérieux, c’est dissimuler la vacuité de son enquête. Troisième objectif, c’est de dissimuler ce qui n’est pas Clearstream, sa relation durable profonde avec Lahoud au-delà du raisonnable. Il n’a pas enquêté sur Clearstream parce qu’il voulait continuer sa relation avec Lahoud. C’est beau comme des amours clandestines, la relation entre Lahoud et Rondot. Rondot c’est la vérité reconstruite. On dit qu’il savait que Lahoud est le faussaire alors qu’il lance une opération avec Lahoud et la CIA. On n’a pas beaucoup mis en doute Rondot dans l’instruction. A votre place, je me montrerais très circonspect avant de condamner un homme sur la foi de ses écrits.

Venons en à la réunion du 9 janvier. Vous pouvez relire. Jamais il ne dit qu’il a assisté à la naissance d’une conspiration. Jamais !!

11 h 39

Maitre Brossolet, les cheveux gris en pétard, agite ses lunettes pour scander ses mots. Il interpelle « mon ami Thierry Herzog », l’avocat de Sarkozy, fait un parallèle entre eux.

 Maitre Brossolet : Il y a une contradiction majeure dans l’ordonnance. Le 9 janvier, Villepin est informé par Gergorin et Rondot des informations en provenance de Clearstream. Comment je pourrais savoir qu’il y ait en cours autre chose ? Posez vous la question !! Où est la mauvaise foi ?? « Enjeu politique Sarkozy ». Et c’est Rondot qui le dit, c’est ce qui se dit dans la presse !!!!! Rondot indique que ses notes sont parcellaires. Tous ce qu’on a écrit sur la réunion du 9 janvier est un fantasme. La réunion n’a duré qu'entre 30 et 35 minutes, le ministre a été interrompu, écrit Rondot. Villepin n’a pas tout entendu. Il n’y a pas de demande de mission à l’issue de la réunion mais une demande d’être informé. Villepin aurait-il pu avoir la prescience que Rondot ne ferait rien et qu’il pourrait ainsi avec Gergorin monter la manipulation ? Il y a en 2002 et 2003 une multitude de réunions entre Villepin et Rondot, c’était normal, le CROS (NDLR : Rondot) est à l’intersection des ministres. Il y a une lettre en 2003, avant le début de l’affaire, où Rondot propose de venir parler à Villeoin d’une mission donnée par MAM. C’était la norme.

J’en viens au 25 mars. C’est formidable, C’est le mensonge du ministre, c’est la garde à vie de Lahoud. C’est l’instruction donnée à un homme, Rondot, qui n’a pas la capacité d’agir par un autre, Villepin, qui sait qu’il n’a pas la capacité d’agir ? Les deux se tutoient. Ils auraient pu parler. Rondot aurait pu dire qu’il ne peut rien faire. L’instruction de Villepin reste lettre morte. Et pourtant il en est question dans un rapport Rondot. Il y a deux problèmes à régler le 25 mars. D’une part, la fantaisie de Gergorin qui a donné un sauf conduit à Lahoud. L’autre problème, c’est la source Lahoud. Rondot dit : on n’abandonne pas une source. Preuve contraire : après six mois de relations, la DGSE coupe avec Lahoud et dit c’est dangereux ! Bien sûr, on peut rompre avec une source. Une source qui n’est pas perdue en Afghanistan, qui a un boulot chez EADS. Rondot est en délicatesse avec MAM depuis juin 2003. Rondot a pris sous sa coupe Lahoud. Il n’a pas à le faire. Et il n’en a rien tiré !

11 h 57

Maite Brossolet : j’en viens au cœur du dossier l’instruction donnée par Villepin à Gergorin d’informer un juge. Cet acte majeur ne prend que quelques lignes dans le dossier. Aucune question ne sera posée par les juges à Gergorin. La date n’est pas fixée par le témoin Gergorin. Il faut revenir au récit. La date d’un acte précis devrait être importante. On aurait dû essayer de cerner cette date. On ne le fait pas. On ne veut pas aller contre quelque chose de trop beau. Le week-end, c’est bien. L’emploi du temps d’un ministre est plus souple. Gergorin dit : c’est soit avant soit après sa décoration. L’auteur de l’instruction c’est aussi celui qui agrafe la décoration. On sait que celui qui donne la décoration c’est celui qui donne une instruction qui « impressionne » Gergorin. On se souvient de la date. On la connaît cette date. Sinon, on signe le mensonge. Il n’y a pas eu de réunion !!! Il n’y a pas eu d’instruction !!! Les juges n’ont posé pas une question sur cette affaire de réunion. Elle est pourtant capitale cette réunion ! Gergorin est un homme fiable !! on le croit sur parole !! Mais elle n’est pas digne cette instruction des juges !!! On traîne dans la boue un homme, Villepin, pour un fait qu'il n’a jamais accompli. Vous pourrez vous arréter là. Il n’y a pas eu d’instruction donnée à Gergorin.

12 h 10

Maitre Brossolet : J’en viens à la connaissance par Villepin de la fausseté des listings. L’ordonnance ne se soucie pas de fixer la date de cette connaissance. Et la note DDV, que je conteste, ne dit rien. Elle dit que Clearstream existe. Et le CD Rom destiné soi-disant à Chirac que contient-il . On ne sait !! Le ministère de la justice à dépensé des dizaines de milliers d’euros pour expertiser ce CD Rom où il y a des textes littéraire de Villepin ! Quel acharnement ! Et l’entretien avec Gergorin, c’est tout sauf une preuve que Villepin connaissait la fausseté des listings. En avril 2004, la connaissance de la fausseté n’existe pas. M. Le Procureur l’a dit, et parfois il dit la vérité. Et s’interroger sur la connaissance, c’est s’interroger sur la falsification. Qu’est ce qui est décidé entre Rondot et Villepin ? C’est d’aller en Suisse pour vérifier. Si Rondot connaissait la fausseté des listings, pourquoi aller en Suisse pour vérifier ? Et la République va affrêter un avion pour transporter Rondot, pas le train, pour poser une question aux Suisses.

L’ordonnance est muette sur le fait que cette affaire commence en 2003, lorsque Lahoud prétend avoir rencontré Ben Laden et connaître son environnement financier. Lahoud est le premier avoir voulu aller récupérer des listings et ils sont déjà falsifiés. Lahoud avait eu l’idée de falsifier avant Gergorin et ce dernier a pris le train. Comment expliquer que l’on n’en dise pas un mot ? « Antoine » (NDLR : l’officier traitant de Lahoud à la DGSE) a décrit l’affaire Clearstream avant qu’elle ne commence. Lahoud est viré. Il doit se trouver un nouveau mentor. Tel que Rondot ou Gergorin. Gergorin est le concepteur intellectuel de la dénonciation calomnieuse dans une construction une falsification progressive. C’était une entreprise d’intoxication des services, de Rondot et de Gergorin.

Lorsque Lahoud sent que son crédit auprès de Rondot faiblit, il fournit de la matière, des listes. En avril 2004, ce sera les dernières fournitures Mahdi (NDLR : Lahoud). Le juge Van Ruymbeke est saisi. Lahoud est alors inquiet. Car si Rondot n’enquête pas, Lahoud sait que le juge va enquêter et découvrir la supercherie. Gergorin est surexcité, il est comme un fou. Il redemande des listes. La simultanéité de la saisie du juge et de l’arrêt de la fourniture des informations par Mahdi (NDLR : Lahoud)...

Que fait un escroc professionnel lorsque ses mensonges sont découverts ? Il invente d’autres mensonges. Je suis un peu gerginophile. Quand Clearstream prend fin il va inventer une nouvelle affaire, c’est l’affaire Franklin (NDR : l’opération menée par Rondot et la CIA sur les informations Lahoud) pour maintenir le lien avec Rondot, le lien avec les services. Regardez les faits, regardez l’épisode Casanova. Cette instruction des juges très longue vise mon client. Cette enquête si longue n’a servi qu’a trouver un homme, un escroc : Lahoud. Je ne défends par Gergorin mais Gergorin a cru à tout cela. L’entreprise de falsification commence sans lui. On ne comprendra pas ce dossier si on ne comprend pas le rôle du fantasme. Celui de Gergorin, celui de Rondot, celui de Van Ruymbeke. C’est celui de croire qu’il y a des haines politiques.

Je veux rendre un hommage à Thierry Herzog, la partie civile de Sarkozy, qui a eu une logique : la vérité du dossier n’est pas sortie, je vais le faire pour démontrer que Villepin est coupable. Son but n’était pas de faire surgir la vérité mais de tuer un rival politique.

12 h 35

Maitre Brossolet : J’en viens à juillet 2004. J’en viens à cette complicité par abstention. Les juges ont accompli de mauvaise grâce un supplément d’information. A l’issue, aucun fait n’est trouvé contre Villepin. En bonne logique juridique, le réquisitoire aurait du être un non-lieu pour Villepin. C’était impossible. Car une personne à Paris ne le voulait pas. Il a fallu faire travailler son imagination juridique. Pourquoi pas une complicté passive en juillet ? pourquoi pas ? L’article 40 ? Il n’est pas possible par une construction de faire échec au fait que le manquement à l’article 40 n’est pas un délit. Mais tous les exemples que vous citez, ce sont des personnes qui n’agissent pas alors qu’elles auraient du agir. Mais moi ai-je la certitude que Gergorin, alors qu’il est désigné comme le corbeau, va avoir la folie de faire d’autres envois ?

Comment pourrait-on appeler un réquisitoire voué à l’échec ? A cet acte d’injustice, il faudra trouver un nom. C’est un réquisitoire de couverture ! Je suis injuste avec vous, M. le Procureur, trop injuste. Mais ce dossier porte l’empreinte d’un homme. Vous avez rappelé que cet homme s’était constitué partie civile seulement en 2006 comme si cela avait une importance à ce moment du procès. Pourquoi ? Vous voulez montrer qu’il n’a pas pesé sur le dossier. Mais c’est faux. Cette affaire porte la marque d’un désir quasi hystérique, un désir de prince capricieux sans qui ce dossier n’aurait jamais été celui qu’il a été si Sarkozy n’avait pas voulu être la victime, la seule victime

C’est un procès politique mais vous n’êtes pas un tribunal politique mais c’est un triste dossier. Je suis serein à l’heure à laquelle je conclus et je demande la relaxe d’une homme qui a subi une injustice.

Il est 12 h 52. Après cette brillante plaidoirie, l'audience est suspendue. Elle reprendra à 14 h 15.

14 h 06

Après la plaidoirie habitée de Maitre Brossolet, la défense de Villepin va aligner d’abord ses deux Olivier, maître d’Antin et maître Metzner et pour conclure la conscience des Droits de l’Homme, Maitre Leclerc. Avec ça, Sarkozy n’a qu’à bien se tenir.

14 h 16

C’est maitre Olivier d’Antin : ce que j’entendais hier de M. Le Procureur était bien réel. 42 tomes d’instruction qui accouche d’une complicité par abstention. Un délit improbable. Ceux qui ont pris la lourde responsabilité judiciaire, politique et humaine auraient bien dû être cohérents. Une accusation désemparée, divisée. Villepin est actif en juin, selon les juges , passif en juillet, selon le Parquet. L’accusation met elle-même en évidence l’extrême fragilité de son argumentation.

Je vais insister sur le motif retenu dans l’ordonnance de renvoi des juges d’instruction qui fixe le périmètre de votre saisine. Elle vise Villepin pour un seul fait : Villepin aurait donné une instruction présidentielle à Gergorin de s’adresser à un juge. L’intention délictueuse n’est pas prouvée, dit le procureur. C’est un euphémisme. Comment aurait-il pu l’être alors que l’enquêteur, Rondot, envisage jusqu’à tardivement le contraire ?

C’est aussi la matérialité même de l’acte de complicité qui semble inconsistante. Cette instruction, jamais Villepin ne l’a donnée à Gergorin. Le seul témoin, c’est Gergorin. Les juges en font un menteur patenté. Sauf à ce moment. Mais n’est-ce pas Gergorin qui de lui-même a pris la décision de saisir le juge ? Gergorin agit toujours seul : pour saisir Rondot, pour recruter Lahoud. Gergorin avait déjà pensé tout seul au juge Van Ruymbeke. En juillet 2003, prenant connaissance de documents, il veut saisir le juge, il le dit devant les juges. Pourquoi alors aurait-il besoin ensuite de l’avis de Villepin ? Tout au long du dossier, l’obsession de Gergorin, c’est la possibilité de prise de contrôle du groupe Lagardère par des mafieux russes. Dans cette période, les urgences sont celles de Gergorin pas celles de Villepin. Willing, le consultant en intelligence économique de Gergorin, n’a jamais entendu le nom de Villepin. Il y a une preuve matérielle : il suffit de prendre la lettre adressée à Van Ruymbeke juste après la supposée rencontre du 14 avril. Cette lettre ne reflète que les obsessions de Gergorin et rien les souçis de Villepin. Le nom de Bocsa et Nagy est déjà apparu dans le dossier en février et mars, selon les déclarations de Lahoud et Gergorin. Il faudrait alors que Villepin ait dit de ne surtout pas mettre les noms de Nagy et Bocsa. En revanche, Gergorin a besoin de Villepin pour préserver sa relation avec Rondot. Gergorin instrumentalise Villepin. Elle a pu continuer sur le terrain des rendez-vous. Gergorin doit stimuler un général qui ne fait rien. Le ministre de la Justice de l’époque Perben lui-même sur notre demande reconnaît qu’il n’ y a eu aucune demande d’immunité pour Lahoud.

Sur les rendez-vous, on a interrogé les 25 officiers de sécurité (NDLR : en fait 26), des gens assermentés, les 4 huissiers, personne n’a crédité la procédure de rencontre entre Villepin et Gergorin au ministère de l’intérieur. Seul témoin, le chauffeur de Gergorin. Qui a continué à travailler pour Gergoirn après son départ d’EADS, parfois même gratuitement. Et c’est sa parole contre celle de 25 officiers de sécurité et 4 huissiers ? C’est ensuite Gergorin qui dit à Rondot que Villepin veut le voir. Tous ces rendez vous sont éminement discutables. Votre tribunal ne pourra s’appuyer sur des bases aussi mine pour déclarer que Villepin est un complice passif.

J’ai le sentiment que Villepin est le moins passif de tous. Il a saisit la DST. MAM n’a pas saisi la DGSE, que je sache. Le 12 juillet dans une note confidentielle défense, la DGSE fait le rapport entre les notes publiée par le point le 8 juillet et les CD Rom remis pas Lahoud. C’est dommage que MAM n’ait pas saisi le juge à ce moment. Revenons à la DST, elle a été très prudents jusqu’en septembre. Le 19 juillet Villeoin convoque Rondot. Celui- ci rend compte des informations des services suisses sur la fausseté des listings. Villepin ne lui dit pas taisez-vous. Il lui dit allez voir la DST. Ce n’est pas rien. C’est capital. C’est Rondot qui reonnait qu’il ne va pas parler à la DST de sa propre initiative.

MAM savait tout. Elle n’a rien fait. C’est elle qui devrait se trouver ici.

Et pourquoi tout le monde s’est tu ? Parce que tout le monde avait peur d’avoir connu de ce dossier alors que Sarkozy fait pression. Tous ce dossir n’a aucun sens. Sauf que ce dossier est une affaire industrielle pour la présidence d’EADS. Sarkozy est impliqué : il connaît Arnaud Lagardère.

Je demande donc une relaxe.

15 h 08

Maitre Metzner, autre avocat de Villepin, se lève à son tour devant le micro : dans cette affaire que certains voudraient prétendre ordinaire, une instruction comme les autres (il fait trembler ses mains), si ordinaire que deux cabinets d’instruction n’ont travaillé que sur cette affaire, pendant 4 ans, la Justice va être endormie. Il y avait Clearstream. Peu importe l’affaire Vivendi, peu importe l’affaire Rhodia, peu importe l’affaire du CE d’EDF. J’apprends en liant le dossier qu’on a ouvert une instruction en 2002 sur un dossier Volter (NDLR : le fond de Lahoud). Il était plus important de rechercher Clearstream que les 42 millions de dollars de Volter. Il y avait un Premier ministre dans l’affaire Clearstream. On pourrait avoir aujourd’hui un semblant de vérité. Même pas. Il y a la vérité des juges, du parquet des parties civiles. On bâtit des hypothèses. On ne sait. Mais c’est un procès … comme … les … autres.

Comme dans tous les procès, le Procureur prend la parole à la radio pour dire que Villepin est coupable. C’est la négation du droit. Et il y a une partie civile …comme … les …autres. Je suis convaincu que chacune des parties civiles de France bénéficie de l’aide du Secrétaire général de l’Elysée, de l’aide du conseiller justice de l’Elysée. Ose-t-on le dire ? Et comme toute les parties civiles, c’est moi qui nomme les magistrats qui ont jugé. Qui nomme les procureurs. La petite Malika, violée hier soir dans les parkings d’une cité, bénéficie des mêmes droits.

C’est un procès comme les autres avec un Premier ministre et un président de la République. Un procès comme les autres où le président se cache derrière son immunité et fait procès lorsqu’il est attaqué.

Je vais éviter toute allusion politique. Je ne vais parler que du droit. Je vais oublier ce qu’a dit Villepin. Ce dossier a une autre originalité : on part du mobile pour arriver au départ. Dès lors qu’il y a Sarkozy, c’est qu’à l’arrivée, il y a Villepin. Cette rivalité ou pseudo rivalité entre les deux, plusieurs pages y sont consacrées dans l’ordonnance de renvoi. C’est la victime qui engendre l’auteur. Si l’un est écorché, c’est la faute de l’autre. On a une cible, un début d’origine on essaie de tracer un lien entre les deux. On construit cette toile d’araignée autour, on relie des faits qui créént de l’ambiance, une présomption de culpabilité. La preuve, c'est la note DDV, ce n'est pas marqué : note à DDV ou note de DDV. On ne sait pas. Pas très cohérent tout cela. Je n’y vois pas les noms de Bocsa ou de Nagy. D’ailleurs, je ne vois pas l’intérêt de cette note. Cette note a été extraite de l’ordinateur. Je ne savais pas que l’on pouvait extraire des notes manuscrites de l’ordinateur.

On va construire ce rendez vous du 25 mars. Je ne sais pas ce qui s’est passé le 25 mars. Lahoud n’a pas besoin de Villepin pour se protéger. Le fonds Volter ? Un fonds d’investissement. Agrément donné. 42 millions qui disparaîtront. La réglementation exige pour ouvrir un fonds qu’il y aît un fonds de dépôt. Cela n’a pas été fait. Qui a autorisé l’ouverture ? Celle qui va devenir Mme Pérol. Et les protections s’accumulent. Elles ne sont pas de Villepin. Qu’a-t-on besoin de Villepin ? Il aurait fallu rechercher les 42 millions de dollars.

Je choisirais de recevoir secrètement Gergorin place Beauvau, la place la plus surveillée de Paris. J’ai menti sur ces rendez-vous, donc forcément je suis coupable.

Qu’a-t-on dans le dossier ? Des faux listings comme élément matériel. Personne ne s’est posé la question de savoir si ces listings seraient juridiquement des faux. Il n'y a pas d’en-tête Clearstream, pas de date, pas de signature. La justice est passée. Ce sont des faux. Les blancs des RG ne peuvent pas être des faux, a jugé la chambre criminelle de la coiuyrde cassation. Des faux, les listings ? Ça ne répond à aucun critère de jurisprudence. Je vois Bocsa ou Nagy se présentant chez Clearstream et disant c’est marqué, j’ai de l’argent, donnez le moi.

Aucun vol aucun recel, bien évidement. Pas d’élément matériel. Ces listings que j’appellerai des non-être, des brouillons, est-ce que ces documents impute des faits à quelqu’un ? Ces listings n’imputent rien à personne. Rien d’illégal n’est retenu contre Bocsa et Nagy. Ces listings n’accusent aucune infraction. Mais il y a des lettres d’accompagnement. Trouvez vous au dossier quelque part une seule déclaration que Villepin a eu un jour entre les mains ces listings. Qu’il a vu les lettres anonymes ? Personne ne le dit. Il est receleur par procuration, dénonciateur par esprit. Ça fait quant même beaucoup. Villepin est accusé de vol comme s’il avait volé la mobylette du fils Sarkozy. Sur la base de quelle construction ? Sur quel élément matériel ? Aucun. Ah si : l’empreinte génétique de Villepin sur Sarkozy. Pas besoin d’un laboratoire pour la détecter.

On a tout vu. Même une partie civile qui a reconnu s’être trompée de procès. Un peu de décence. On se présente devant le tribunal avec des éléments. Certains viennent pour de l’argent. D’autres pour régler les comptes. Ambiel, il ne savait pas qui était le directeur de cabinet de Matignon où il était conseiller en communication. Pour un communicant c’est un problème de communication. D’autres pour se victimiser. Comme Gaydamak.

 Et l’avocat jouant de l’ironie démolit les partie civiles les unes après les autres. Il avance, se baisse, joue des mains. Pour quelqu’un qui se présente sans talent ….

 Maitre Metzner : et puis quant il n’y a pas de la matière on invente. Comme l’avocat de Madelin qui s’appuie sur un rendez vous qui n’existe pas. Et dire qu’il était ministre de l’économie et des finances ! La vraie partie civile la plus normale de toute qui par son omniprésence, pourquoi avoir besoin avant le procès de passer par l’extérieur si Villepin est si coupable ? Pourquoi vouloir le pulvériser ? On dit il sont tous coupable. Mais dans la plaidoirie de son avocat, on ne parle que de Villepin. Oh si ! on parle de Lahoud, mais il est si proche de la sphère sarkozienne …Un lapsus : coupable ? La cassette de l’interview de Sarkozy à New York a été revisionné par les conseillers en communication de Sarkozy. Herzog a eu besoin de quatre heures pour ne convaincre personne, même pas lui-même. On m’a appris quand j’étais jeune qu’une chose simple s’exprime simplement. Il n’a pas lu son dossier. On le lui a relu. Prenons le rendez-vous du 9 janvier selon les notes Rondot. Parfois, Herzog dit 4 parfois, il dit 14 fois, ça fait mieux. La partie civile cite Monod. Il a été mis en cause dans un déjeuner corrupteur à Bourg-en-Bresse. Le livre, je vous l’offre. La citation que vous avez prise ne figure pas dans le livre, jamais. Avant de tordre les vérités de dossier, les citations...

Maitre Metzner jette le livre sur le banc. Maitre Herzog est brisé sur son banc.

16 h 08

Maitre Metzner : Il faut inventer des abréviations : IB devient Ipaq. C’est tellement plus confortable. Voilà comment on fabrique une vérité. Comment on répand la paranoïa.

Alors, je vais faire du droit. Les juges d’instruction disent que Villepin en avril 2004 a donné instruction à Gergorin de transmettre à un juge. Alors pourquoi je mettrais courant 2004 ce qui s’est passé en juillet ? Pourquoi le procureur le fait ? Pourquoi faire des ordonnances pour les réécrire ? Le seul accusateur, c’est Gergorin, il n’y en a pas d’autres.

Vous ne pouvez que relaxer Villepin qui devait avoir connaissance de la fausseté des listings au moment où la dénonciation est commise pour être déclaré coupable. C’est cela qui est devant vous, une instruction à retardement. Villepin n’a même pas été au courant des envois à Van Ruymbeke, personne ne le lui dit, même pas Rondot, homme de grande vérité. C’est dommage que MAM ne soit pas là. Parce qu'en droit, que lui reprocher sinon de s’être elle aussi abstenue d’agir ?

L’avocat met le procureur en contradiction avec ses écrits passés où il ne traitait pas si mal Villepin.

Maitre Metzner : pour dur qu’un délit a été commis par abstention, MAM, Marland et Rondot, surtout Rondot, la DST, et peut-être quelqu’un là-bas à Bercy … si à Paris on connaît une chambre de compensation, c’est bien à Bercy. C’était Sarkozy qui était à Bercy. Est-ce que Sarkozy appelle Van Ruymbeke pour dire qu’il n’a pas de compte à Clearstream ? On attend 2006 pour le dire, on est prudent. Villepin s’est abstenu. MAM s’est abstenue. Sarkozy s’est abstenu. Or, s’il y avait quelqu’un qui savait qu’il n’avait pas de comptes chez Clearstream, c’est bien Sarkozy. Ces gens ne sont pas poursuivis et c’est bien normal. Il n’y a pas de délit.

On est passé par la doctrine. J’aurai souhaité faire citer le professeur de droit sur lequel vous vous êtes appuyé M. Le procureur. Il y a toujours un chapitre sur la complicité par abstention mais il est vide.

 Et l’avocat prend les arrêts cités par le procureur hier et les analyse. Il montre que dans tous les cas, les personnes ont pris des actions positives. Il n’y a pas eu abstention sauf dans le cas de non-assistance de personne en danger. On n’est pas dans ce cas. Ou dans les affaires de crime. Mais ici, nous sommes dans un délit. Quel est l’acte positif qu’a commis Villepin ? demande l’avocat. Toutes les références du procureur sont passés à la moulinette de ce pénaliste aussi fin que le procureur. Cette période est un régal pour n’importe quel juriste.

Maitre Metzner : Rien en France ne montre qu’il existe un délit de complicité d’abstention d’action. Jamais on n'a condamné en France quelqu’un pour avoir sciemment omis de faire quelque chose. Car après, c’est la privation des libertés. Pour finir je vais citer Bertrand, fin connaisseur des manipulations, mefiez vous dans le milieu du renseignement des affabulateur et des mythomanes, cela sont capables de vous envoyer dans les prétoires.

Il est 16 h 35. La "dream team" de Villepin a frappé. Elle va repartir à l'attaque dans quelques minutes.

16 h 51

C’est le doyen de la défense de Villepin, maître Leclerc, qui poursuit l’offensive pour l’ancien Premier ministre : je ne vais pas être très long. Je vais vous parler simplement. J’aime cette chambre où j’ai plaidé pour la première fois il y a cinquante ans. J’y suis venu si souvent sans micro, des petites et des grandes affaires dans cette salle chargée d’histoire. Je vais plaider sans micro. Et cette affaire entre dans l’histoire. Cette affaire est politique. Le président convoque les meilleurs avocats de Paris pour venir dire que Villepin est coupable.

J’ai été surpris lorsque Villepin est venu me demander de le défendre. Tant de chose nous sépare. Une chose nous rapproche : l’amour des principes. J’ai aussi voulu voir l’ordonnance de renvoi. Elle est longue. Elle est terrible. C’est une démonstration de la vilenie de Villepin. On en arrive à deux délits, il n’y avait qu’une infraction qui provenait d’un détournement. Va-t-on croire Gergorin lorsqu’il dit que Villepin lui a demandé de dénoncer Sarkozy ? Ça ne tient pas debout. Si je regarde l’usage de faux, il n’y a rien.

Je me trouve dans la même situation que celle dans laquelle je me suis trouvé toute ma vie. Quelqu’un qui est présumé coupable et on organise tout en fonction de cela. Nicolas Sarkozy est …. Euh, je veux dire, Dominique de Villepin est innocent.

Je découvre, je dis des choses simples. On sait que l’affaire commence en 2003, Rondot est saisit par sa source Lahoud et par sa hiérarchie. Rondot n’arrêtera pas de rendre compte à sa hiérarchie. Rondot a réussi à arrêter Carlos. S’il pouvait arrêter Ben Laden !!!

Il n’y a pas un seul mot à décharge dans cette ordonnance. C’est une instruction à charge. Ils auraient dû faire preuve de prudence ! Des juges ont accusé Dumas (NDLR : ancien ministre des affaires étrangères mis en cause dans l’affaire Elf), le tribunal l’a déclaré innocent ! Villepin est ébloui par le verbe de Gergorin. Et en même temps, Rondot dit ses doutes. Comment voulez-vous que Villepin n’adhère pas ? Il aurait pu dire ce n’est pas possible ! Mais Rondot disait le contraire. Et Van Ruymbeke, je l’ai bien connu, c’est un homme prudent, ce n’est pas un homme à croire sur pièce. Et il y a cru ! il n’a pas dit : ce n’est pas possible !

17 h 26

Maire Leclerc : Il n’y a rien dans le réquisitoire du procureur. Il cite un arrêt Mattei qui met en cause les réquisitions du procureur.

Le procureur répond de son fauteuil

 L’avocat, dans des effets de manche, fait entrer les grandes affaires du passé dans le prétoire, même si c’est au détriment de la précision de l’analyse.

 Maitre Leclerc : le problème de la complicité par abstention. C’est toujours un acte positif. Vous accusez Villepin de forfaiture. Pour porter une attaque aussi vilaine contre un homme, il faut une commande, car je vous connais bien M. le Procureur et ce n’est pas digne de vous.

17 h 58

Maitre Leclerc : on ne se soucie pas de Lahoud ou de Gergorin, c’est Villepin que l’on vise, c’est Villepin que l’on veut pendre à un croc de boucher. Patrick Ouart, le ministre de la Justice bis dit : Sarkozy veut garder la maîtrise du dossier. Il veut garder la maîtrise du dossier ! C’est sa fonction au service d’un intérêt particulier. Monsieur le président, mesdames les juges, vous avez quelque chose de formidable entre les mains : c’est l’honneur de la justice et depuis que je plaide j’ai toujours eu confiance dans les juges. Parce que vous jugez les hommes en votre âme et conscience. Défendez l’honneur de la République et vous ne pouvez le défendre qu’en acquittant Villepin !

L’audience est levée à 18 h 04

Pascal Junghans (La tribune.fr)

Commentaires

Remarquables plaidoiries des avocats qui -en âme et conscience- démontrent que l'on ne peut condamner sans preuve...

A qui profite donc le crime ...si ce n'est à l'accusateur ..

Si DDV etait condamné au nomde ces requisitions cela ne pourrait que rejaillir sur l'honneur et l'image bafouée de la France..

Le droit triomphera .. Allez DDV ..il nous reste si peu de temps pour preparer 2012 !!!!

Ecrit par : trcha92 | 21.10.2009

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