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15.06.2009
UMP: Le long chemin de Villepin
Par Nicolas MOSCOVICI
leJDD.fr
A demi-mots, Dominique de Villepin s'est dit intéressé par une candidature aux élections régionales de 2010. Une éventualité qui demande encore confirmation, mais qui fait déjà débat à l'UMP. Si les élus proches de l'ancien Premier ministre soutiennent l'initiative de l'un des plus énergiques contradicteurs de Nicolas Sarkozy, d'autres ne masquent pas leur opposition à ce projet.
Dominique de Villepin n'est pas encore candidat aux élections régionales de 2010. D'abord parce qu'il n'en a pas officiellement exprimé le voeu, fait remarquer son entourage, ensuite et surtout parce que l'UMP envisage plutôt d'un mauvais oeil un retour plein et entier de l'ancien Premier ministre dans l'arène politique. "Je crois que c'est effectivement une possibilité que d'envisager cette élection" avait très exactement indiqué, jeudi, sur France 2, l'ex-locataire de Matignon, qui possède la particularité -voire la carence- de ne s'être jamais frotté aux suffrages des électeurs. "Son projet d'être candidat à une élection est arrivé à maturation", analyse dimanche Hervé Mariton, député UMP de la Drôme, contacté par leJDD.fr. "Par ses déclarations, il indique simplement qu'il se trouve sur un chemin sur lequel il avance", ajoute celui qui, au côté d'une demi-douzaine de députés fidèles, représente la garde rapprochée de Dominique de Villepin.
Au sein du parti majoritaire, où le sarkozysme est roi, les velléités du "meilleur ennemi" du président de la République ont été accueillies, c'est un euphémisme, avec tiédeur. Vendredi, sur LCI, Patrick Devedjian s'était dévoué pour tenter d'éteindre ce début d'incendie à droite. "Si on veut être sur une liste UMP, on soutient la politique du gouvernement", avait rétorqué le ministre de la Relance. Avant d'ajouter, grinçant, que d'ici le scrutin régional de 2010, Dominique de Villepin doit honorer "d'autres rendez-vous", dans une évidente référence au procès de l'ancien bras droit de Jacques Chirac, qui doit s'ouvrir le 21 septembre prochain dans le cadre de l'affaire Clearstream (lire: Villepin en correctionnelle). Et si, ce dimanche, le principal intéressé a estimé sur Radio J qu'il était en droit d'attendre davantage "d'élégance et d'esprit républicain" de la part des responsables de la majorité, Dominique Paillé a lui jugé que Patrick Devedjian avait visé "assez juste".
Egalement contacté par leJDD.fr, le porte-parole de l'UMP a à son tour rué dans les brancards. "On savait que Dominique de Villepin avait quelque intérêt pour la présidentielle, voilà maintenant qu'il se dit intéressé pour les élections régionales, le tout en ayant dit qu'il n'avait pas d'affinité particulière pour présenter sa propre candidature au suffrage universel. Tout ceci manque singulièrement de constance", a asséné celui qui occupe également la fonction de conseiller du président de la République. Faux, lui a répondu Hervé Mariton qui défend au contraire "la constance" de son champion. "Aujourd'hui Dominique de Villepin souhaite rencontrer davantage de gens, révèle-t-il encore. D'où la multiplication de déplacements sur le terrain afin de présenter ses convictions et ses projets". Lesquels, malgré le mutisme de ses proches, semblent entièrement dédiés à l'échéance présidentielle de 2012 et qui, en tout cas, s'inscrivent dans la lignée de ses deux premières réunions publiques, remarquées, récemment tenues du côté de l'Assemblée nationale.
A l'UMP, on est bien évidemment loin de vouloir faciliter les hautes ambitions de l'ancien secrétaire général de l'Elysée. En pratique, souligne Dominique Paillé, les places à prendre pour les élections régionales sont rares. Sur les 22 régions métropolitaines, 18 -dont l'Ile-de-France- ont déjà trouvé leur chef de file. "Des procédures d'investiture sont encore en cours, qu'il présente donc sa candidature", conseille, railleur, le porte-parole. Mais que Dominique de Villepin se le dise, "nos procédures seront scrupuleusement respectées". "Mieux vaut s'enrichir en intégrant que s'appauvrir en excluant", tente pour sa part Hervé Mariton, à l'adresse du parti de la rue La Boétie. Sans aucune garantie d'être entendu. De là à penser que la meilleure issue pour "l'opposant de l'intérieur" reste de créer son propre mouvement, il n'y a qu'un pas que l'élu drômois ne consent pas encore franchir. "On n'en est pas encore là", préfère-t-il évacuer. "Dominique de Villepin fait partie de la majorité, qui est sa famille politique. J'espère qu'il sera accueilli avec enthousiasme", veut-il encore croire. "Si ce n'est pas le cas, ce sera une erreur à corriger", ajoute-t-il, un brin bravache.
(JDD.fr)
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