15.02.2009

Le 14 février 2003, le fameux discours de Dominique de Villepin à l'ONU !

Jean-Pierre Grand: "Merci à l'Hérault Républicain de considérer que le
discours de Dominique de Villepin à l'ONU est devenu une référence
historique. Il convient, plus que jamais, de rappeler cette date du 14
février 2003, avec d'autant plus de force que notre pays est à la veille
d'un retour dans le commandement intégré de l'OTAN avec tous les risques
que cela comporte et en particulier d'affaiblir la voix et la place si
particulières de la France. J'ai demandé que DDV puisse faire connaitre
aux députés du groupe UMP sa vision et son analyse en s'exprimant devant
notre groupe un mardi matin prochain. Si cela n'est pas facilité, avec
mes amis, nous organiserons une réunion, toujours à l'Assemblée
Nationale pour la force du symbole , mais ouverte à tous les
parlementaires de tous les groupes et à la presse. Je tenais à faire
cette annonce dans ce blog gaulliste et de grande qualité. De plus
j'estime indispensable, je ne suis pas le seul, que dans cette affaire
le parlement se prononce par un vote secret. Le groupe socialiste de
l'Assemblée et du Sénat ont demandé que le Premier Ministre engage, dans

cette affaire, sa responsabilité. Quelle erreur politique ! Si tel était
le cas aucun député UMP ne censurerait le Gouvernement. Aucun d'entre
nous ne souhaite en effet rajouter à la crise monétaire, économique et
sociale une crise politique. La presse et l'opinion publique
considèreront alors que notre majorité parlementaire est unanimemenft
favorable au retour plein et entier de la France dans l'OTAN. Ce qui est
naturellement faux. De plus cette nouvelle politique étrangère de la
France est d'inspiration entièrement élyséenne ; censurer le Premier
Ministre n'aurait donc aucun sens.

Jean Pierre Grand - Député de
l'Hérault -"

Commentaires

Au nom de la France, unissons-nous !
Pour commémorer le 60ème anniversaire de la création de l'Otan, le Président Sarkozy a décidé la réintégration de la France dans les organes militaires intégrés.
Ainsi, il confirme, une nouvelle fois et de manière définitive, une rupture irréversible avec l'héritage que nous a laissé le général de Gaulle.
Cette décision met un terme à 60 ans d'indépendance de la France ; "notre cher et vieux pays" ne sera plus en mesure de mener sa propre politique et, en conséquence, de défendre ses intérêts majeurs.

La leçon de Charles de Gaulle
"… tandis que se dissipent les perspectives d'une guerre mondiale éclatant à cause de l'Europe, voici que des conflits où l'Amérique s'engage dans d'autres parties du monde … risquent de prendre, en vertu de la fameuse escalade, une extension telle qu'il pourrait en sortir une conflagration générale. Dans ce cas, l'Europe, dont la stratégie est, dans l'O.T.A.N., celle de l'Amérique, serait automatiquement impliquée dans la lutte lors même qu'elle ne l'aurait pas voulu." précisait le général de Gaulle lors de sa conférence de presse du 21 février 1966 au cours de laquelle il a annoncé le retrait de la France de la structure militaire intégrée de l'OTAN. Cette déclaration historique garde aujourd'hui toute sa valeur avec la volonté exprimée par nos dirigeants de créer une armée européenne compatible et fongible avec celle de l'Otan.

Il faut réagir…
Il est des moments dans notre histoire de France où chacun de nous, ministre ou simple citoyen, détenteur d'un mandat électif ou libre de tout engagement contraignant, doit, en conscience, agir, réagir, refuser… résister.
Déjà, de multiples réactions surgissent. En premier lieu les gaullistes de conviction. Puis ceux qui, aujourd'hui, voient dans le gaullisme une voie d'avenir et non plus une nostalgie ringarde.
"François Bayrou passe de l'atlantisme à l'indépendance gaullienne" ose Sylvain Lapoix sur marianne2. Le président du Modem, en clôture de la conférence Nationale de son mouvement, propose même un référendum. Bravo !
Le toujours ardent député "gaulliste et républicain" Nicolas Dupont-Aignan lui signifie son appuie tout en regrettant que l'ex-candidat à la présidence de la République soit toujours aussi favorable au traité de Lisbonne.
Le PS et ses alliés, reprenant la formule usitée "allié mais pas aligné", ne vont pas aussi loin. Ils se contenteront d'un débat à l'Assemblée nationale. Il est vrai que le parti de Martine Aubry n'a pas la culture de la démocratie directe. Jean-Pierre Chevènement ira-t-il plus loin ?

Un leurre et une faute diplomatique, car on remet en cause cinquante ans d'indépendance de la France
Du côté de la majorité, Jacques Myard, toujours aussi "Français", ne se laissera pas engluer dans la nasse majoritaire : "ce serait une régression forte". Et de conclure : "L'Otan est une machine politico-militaire américaine, point barre". Daniel Garrigue dans un tonitruant "bonjour messieurs les traites" affirme haut et fort que "rien ne justifie le retour de la France dans l'OTAN et la remise en cause de l'un des rares consensus forts de notre pays". Jean-Pierre Grand et Georges Tron sont également sur le pont. "Dans le monde entier des pays qui attendent de la France qu'elle demeure une transition, une passerelle, et quelle ne s'aligne pas sur les États-Unis" affirme ce dernier. Seront-ils rejoints par Lionel Lucas, François Goulard, Hervé Gaymard, Guy Tessier… Michèle Alliot-Marie, Jean-louis Debré et même Jacques Chirac vont-ils se taire indéfiniment ?
La majorité UMP peut, conséquence de ce renoncement national orchestré par Nicolas Sarkozy et son gouvernement, se briser sur le récif de l'indépendance nationale. A moins de se soumettre une nouvelle fois !

Prendre de la hauteur…
Dominique de Villepin, ancien premier Ministre et ministre des Affaires étrangère, dont le discours du 14 février 2003 à l'ONU a redonné à la France son audience notamment auprès des pays les plus démunis, refuse fermement cette soumission.
Dominique de Villepin doit répondre à notre appel. Il lui appartient de prendre toutes les dispositions pour fédérer, dans un consensus national indispensable, les oppositions à la réintégration de la France dans les organes militaires intégrés de l'Otan. Il ne sera pas seul.

Alain KERHERVÉ
www.gaullisme.fr

Ecrit par : Alain Kerhervé | 15.02.2009

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