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02.07.2008
Carolis : les propos de Sarkozy sur la TV publique sont "faux et stupides"
De mémoire de chroniqueur médias, on n'avait jamais vu un président de France Télévisions défendre aussi courageusement son entreprise face aux tentations interventionnistes de l'Élysée. Patrick de Carolis n'a pas mâché ses mots mercredi matin sur RTL : "La télévision, c'est un métier qui est fait par des professionnels [...] Il est bon de laisser travailler les professionnels [...] Jamais je ne soumettrai mes grilles de programmes à un quelconque visa de l'extérieur de l'entreprise."
Lundi soir sur France 3, Nicolas Sarkozy avait justifié la réforme de France Télévisions en estimant que ses programmes ne se distinguaient pas encore assez de ceux des chaînes privées. Un jugement qualifié de "faux, stupide et profondément injuste", par Patrick de Carolis, qui engage totalement sa responsabilité, en toute lucidité. "Je ne suis pas d'accord avec lui, je le lui ai dit [...] Je ne suis ni usé, ni fatigué. Je défends une entreprise et son personnel, inquiet à juste titre," a-t-il rétorqué quand Jean-Michel Apathie, son intervieweur, lui a demandé s'il avait bien conscience de la portée de ses propos. Les oreilles de Nicolas Sarkozy ont sifflé très fort.
D'ailleurs, Patrick de Carolis se défend d'en faire une affaire de personne : "Je ne rentre pas dans une vision affective. Je ne suis pas dans le Je t'aime, moi non plus . Je défends une entreprise et j'y mettrai toute mon énergie [...] La télévision, c'est un métier. Il faut qu'on laisse travailler les professionnels Depuis trois ans, nous nous efforçons de faire une télévision respectable, et j'entends qu'elle soit respectée."
"Si je n'ai pas la possibilité de faire mon travail, je dirai stop"
S'agissant des finances de France Télévisions, bousculées par la suppression programmée de la publicité, Patrick de Carolis n'y est pas non plus allé par quatre chemins. Nicolas Sarkozy l'a dit sur tous les tons : "Je compenserai le manque à gagner jusqu'au dernier centime d'euro." Mais les analyses financières du dispositif prévu par l'Élysée ne satisfont pas Carolis : "Pour l'instant, le compte n'y est pas." Le président de France Télévisions annonce qu'il engage une négociation financière avec l'État et que si, "courant septembre", la pérennité financière de France Télévisions n'est pas assurée, il en "tirera les conséquences". "Si je n'ai pas la possibilité de faire mon travail, d'avoir les moyens de nos ambitions, je le dirai, je dirai stop", a-t-il dit, n'excluant donc pas de démissionner.
En fait, les calculs de la commission Copé n'ont pas pris en compte un certain nombre de paramètres : l'attribution d'une seconde coupure publicitaire aux chaînes privées et les assouplissements publicitaires résultant de la directive européenne SMA. La commission Copé n'a pas non plus envisagé la politique commerciale mise en place par les régies pub des chaînes privées eu égard au fait que la pub restera sur le service public seulement avant 20 heures. Afin d'éliminer France Télévisions du marché, TF1 et M6 vont donc baisser leur tarif en journée, et les augmenter très fortement après 20 heures.
En combinant tous ces facteurs, il manquerait entre 150 et 250 millions d'euros pour permettre à France Télévisions de se développer et d'assumer, entre autres, 1 h 20 mn de programmes en plus par jour, du fait de la suppression des spots de pub... Sinon, France 2 et France 3 seront obligées de rediffuser des programmes dès 23 heures. Est-ce vraiment l'ambition du président Sarkozy pour le service public ?
Lundi soir sur France 3, Nicolas Sarkozy avait justifié la réforme de France Télévisions en estimant que ses programmes ne se distinguaient pas encore assez de ceux des chaînes privées. Un jugement qualifié de "faux, stupide et profondément injuste", par Patrick de Carolis, qui engage totalement sa responsabilité, en toute lucidité. "Je ne suis pas d'accord avec lui, je le lui ai dit [...] Je ne suis ni usé, ni fatigué. Je défends une entreprise et son personnel, inquiet à juste titre," a-t-il rétorqué quand Jean-Michel Apathie, son intervieweur, lui a demandé s'il avait bien conscience de la portée de ses propos. Les oreilles de Nicolas Sarkozy ont sifflé très fort.
D'ailleurs, Patrick de Carolis se défend d'en faire une affaire de personne : "Je ne rentre pas dans une vision affective. Je ne suis pas dans le Je t'aime, moi non plus . Je défends une entreprise et j'y mettrai toute mon énergie [...] La télévision, c'est un métier. Il faut qu'on laisse travailler les professionnels Depuis trois ans, nous nous efforçons de faire une télévision respectable, et j'entends qu'elle soit respectée."
"Si je n'ai pas la possibilité de faire mon travail, je dirai stop"
S'agissant des finances de France Télévisions, bousculées par la suppression programmée de la publicité, Patrick de Carolis n'y est pas non plus allé par quatre chemins. Nicolas Sarkozy l'a dit sur tous les tons : "Je compenserai le manque à gagner jusqu'au dernier centime d'euro." Mais les analyses financières du dispositif prévu par l'Élysée ne satisfont pas Carolis : "Pour l'instant, le compte n'y est pas." Le président de France Télévisions annonce qu'il engage une négociation financière avec l'État et que si, "courant septembre", la pérennité financière de France Télévisions n'est pas assurée, il en "tirera les conséquences". "Si je n'ai pas la possibilité de faire mon travail, d'avoir les moyens de nos ambitions, je le dirai, je dirai stop", a-t-il dit, n'excluant donc pas de démissionner.
En fait, les calculs de la commission Copé n'ont pas pris en compte un certain nombre de paramètres : l'attribution d'une seconde coupure publicitaire aux chaînes privées et les assouplissements publicitaires résultant de la directive européenne SMA. La commission Copé n'a pas non plus envisagé la politique commerciale mise en place par les régies pub des chaînes privées eu égard au fait que la pub restera sur le service public seulement avant 20 heures. Afin d'éliminer France Télévisions du marché, TF1 et M6 vont donc baisser leur tarif en journée, et les augmenter très fortement après 20 heures.
En combinant tous ces facteurs, il manquerait entre 150 et 250 millions d'euros pour permettre à France Télévisions de se développer et d'assumer, entre autres, 1 h 20 mn de programmes en plus par jour, du fait de la suppression des spots de pub... Sinon, France 2 et France 3 seront obligées de rediffuser des programmes dès 23 heures. Est-ce vraiment l'ambition du président Sarkozy pour le service public ?
Le Point.fr
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