« 2008-04 | Page d'accueil

16.05.2008

Les députés UMP déterrent la hache de guerre contre le grand sachem Sarkozy

Avec les coups de théâtre de la loi sur les OGM et de la réforme des institutions, de nombreux députés et sénateurs UMP affichent désormais clairement leur résistance à un système sarkozyste qui voudrait les réduire au silence. Copé, Renard ambitieux, maintiendra-t-il la cohésion de la tribu des députés autour de lui ?

Le dernier pow wow des députés UMP a donné le ton : pour défendre leur tribu, il faut déterrer la hache de guerre. Coincés entre le « brejnevien » Devedjian et les sentinelles sarkosytes Xavier Bertrand et Frédéric Lefèbvre au siège du parti, Copé et ses troupes revendiquent leur indépendance et sréclament plus de pouvoir pour les parlementaires ainsi qu'une refonte d'un parti de conquête qui a perdu toute raison de vivre. Entre déclarations chocs et votes critiques, ils dessinent ce qui pourrait bien devenir le nécessaire contrepoids au sarkozysme dans une droite française en crise.

Hervé de Charrette, Taureau centriste
Grand chef des centristes au sein de l'UMP, où il préside le courant Convention démocrate, le très écouté député du Maine-et-Loire a fait bruyamment connaître son opposition au projet de réforme des institutions : « le Président peut compter sur notre soutien mais ni sur notre silence, ni sur notre servilité », a-t-il déclaré à Libération.fr. Soutenant le principe de « coproduction législative » amené par Copé pour renforcer le rôle des parlementaires dans l'élaboration des lois, il est en première ligne pour la réforme de l'UMP comme un parti de courant… où il aurait toute légitimité pour faire vivre le noyau centriste.

Jean-François Le Grand, Mouette protectrice
Au Sénat, Le Grand est surtout connu pour son engagement anti-OGM, qu'il cultive par son appartenance à de nombreux groupes d'étude sur l'eau, les techniques agricoles, etc. Alors que le pro-OGM Jean Bizet, également sénateur de Normandie, est nommé rapporteur de la loi sur les semences génétiquement modifiées et introduit le « délit de fauchage », Le Grand prône l'activation de la clause de sauvegarde avant de dénoncer, le 2 avril, les « députés actionnés » par les groupes semenciers. Le vote défavorable en deuxième lecture à l'Assemblée a remis du baume au cœur à celui qui fut longtemps isolé : il fait aujourd'hui figure, à l'instar de Fabienne Keller et François Grosdidier, de fer de lance de la vigilance écologique à droite face à la tentation des lobbys!

 

Jacques Myard, grand chaman des gaullistes historiques de l'UMP Avec 7 membres présents, il fallait qu'au moins 3 des UMP s'associent au seul député d'opposition à la Commission des Affaires étrangères pour rejeter le projet de réforme des institutions dans la nuit du 14 au 15 mai : Jacques Myard était de ceux-là. « Si le groupe majoritaire colle à tout ce que dit le président de la République, le rôle du Parlement ne sera pas revalorisé ! », expliquait-il au Point.fr. Grognard en chef, qui avait dénoncé sur Marianne2 la lâcheté des députés qui n'avaient pas eu « de couille au cul » pour exiger qu'on les consulte sur l'envoi de troupes en Afghanistan, le député des Yvelines est souvent considéré par ses collègues comme le possible pilier d'un courant « gaulliste historique » au sein de l'UMP.

 

Jean-François Copé, Renard ambitieux
Applaudi par ses confrères quand il a pris la parole face à François Fillon sur « l'incident » du texte sur les OGM, Jean-François Copé est désormais légitimé comme chef indépendant du groupe UMP. Initiateur du principe de « coproduction législative » pour réintégrer les députés au débat sur les réformes, il n'a pas hésité à organiser la très polémique réunion UMP-PS dans les sous-sol de l'Assemblée, perçue à l'Elysée comme une haute trahison. Qu'importe, il ne manque pas de gardes du corps, comme Claude Goasguen, député de Paris, qui dénonçait les « quelques connards » de l'Elysée qui ont tapé sur les doigts de son patron. Déclaration vivement applaudie lors de la réunion du groupe parlementaire UMP où elle fut prononcée.

Christian Estrosi, Loutre opportuniste
Attention, faux ennemi ! Contrairement à ce que pourraient laisser penser les mots très durs du nouveau maire de Nice à l'attention de l'UMP, Christian Estrosi ne s'en va pas titiller Sarkozy. De même que sa sortie sur le manque de démocratie interne à l'UMP n'était qu'un message haineux à Patrick Devedjian, les nouvelles attaques contre son parti qui ne serait utile « ni à Sarkozy, ni à la vie politique » interviennent opportunément alors qu'une législative partiel va probablement le faire élire dimanche 18 mai député des Alpes-Maritimes. Avoir un député qui étrille un parti majoritaire « coupé de sa base », c'est toujours vendeur au niveau local.

 

Nicolas Dupont-Aignan, Hibou persévérant
Anti-sarkozyste historique, l'acharné député de l'Essonne revient tout doucement sur le devant de la scène parlementaire à mesure qu'élus et médias affichent de plus en plus leur désamour vis-à-vis de Sarkozy. Par ces temps de contestation, on se demande bien qui le rejoindra dans les listes qu'il compte monter pour les élections européennes.

Dominique de Villepin, Héron patient ?
profitera-t-il de la disposition des Esprits pour revenir chasser le bison sarkozyste ?
Grosdidier, Grand, Mariton… Ils sont de tous les coups et portent en eux l'espoir secret du retour sur scène de leur maître à contester. Resté silencieux depuis l'appel Républicain qu'il avait signé dans Marianne, Dominique de Villepin arriverait aujourd'hui comme chez lui dans cette droite en révolte. Peut-être, d'ailleurs, n'attendait-il que ça.

 

Sylvain Lapoix  (Marianne2.fr)

 

 

 

14.05.2008

Jacques Chirac retrouve ses anciens conseillers

.
Jacques et Bernadette Chirac ont été accueillis, mardi, au Centre Pompidou par son président Alain Seban, l'un des collaborateurs de l'ancien chef de l'État à l'Élysée.
Jacques et Bernadette Chirac ont été accueillis, mardi, au Centre Pompidou par son président Alain Seban, l'un des collaborateurs de l'ancien chef de l'État à l'Élysée.

L'ancien chef de l'État avait invité, mardi, au Centre Pompidou les membres de ses cabinets à l'Élysée.

Chacun son anniversaire. Mardi, un an presque jour pour jour après son départ de l'Élysée, le 16 mai 2007, Jacques Chirac avait invité, avec son épouse Bernadette, l'ensemble de ses anciens collaborateurs pendant les douze années de sa présidence pour une réception au Centre Pompidou. Au programme de ces retrouvailles, la visite de la prestigieuse exposition «Les traces du sacré», et un cocktail entre amis. Le lieu n'avait pas été choisi au hasard : le président du Centre Pompidou, Alain Seban, et le directeur de la communication, Laurent Glépin, sont deux anciens des cabinets Chirac à l'Élysée. Et Jacques Chirac a toujours soutenu ce haut lieu culturel, voulu par son mentor en politique, Georges Pompidou.

Dans une courte allocution prononcée après la visite guidée de l'expo, Chirac a exprimé sa «reconnaissance» et sa «gratitude» à ses anciens collaborateurs, qui ont «servi la France dans la plus belle et la plus prestigieuse de ses maisons, la présidence de la République» . Il les a invités à «être fiers du travail accompli» au service du pays et «dans la défense des valeurs de la République». Pour autant, il ne s'agit pas d'«entretenir quelque nostalgie : cette réception, c'est pour nous le rendez-vous du cœur», a-t-il dit.

«Servir autrement»

 

De fait, ce rendez-vous de Beaubourg avait été pris depuis quelques semaines et, insiste-t-on dans l'entourage de Jacques Chirac, ne constituait en rien une réponse aux critiques émises, la semaine dernière devant les députés UMP, par Nicolas Sarkozy sur son prédécesseur. Depuis qu'il a quitté l'Élysée, l'ancien président «s'est gardé de tout commentaire sur son successeur. C'est pour lui un principe républicain, et ce n'est pas aujourd'hui qu'il va y déroger» , soulignent ses proches.

Retraité de la politique, Jacques Chirac entend désormais «servir autrement». Il a affirmé mardi sa «combativité» et sa «détermination» dans les nouveaux défis auxquels il s'attaque à la tête de sa Fondation pour le développement durable et le dialogue des cultures, qui sera officiellement lancée le 9 juin au Musée du quai Branly. «Toutes les bonnes volontés qui voudront m'y aider seront les bienvenues», a-t-il dit.

Les parcours des anciens collaborateurs de Jacques Chirac ont été très divers depuis 1995. L'ancien secrétaire général Dominique de Villepin à qui la justice interdit de rencontrer l'ancien président a été premier ministre. D'autres conseillers ont été ministres Philippe Bas, Jean-François Lamour, Brigitte Girardin, Frédéric de Saint-Sernin et Catherine Colonna. Certains Jacques Toubon, François Baroin, Alain Devaquet, Roger Romani, Élisabeth Hubert, Renaud Muselier et René Lenoir avaient été ministres avant de rejoindre l'Élysée. Deux sont aujourd'hui membres du gouvernement Fillon : Valérie Pécresse, ministre de la Recherche, et Christine Albanel, ministre de la Culture.

Conseiller diplomatique des débuts du premier mandat Chirac, Jean-David Levitte exerce la même fonction auprès de Nicolas Sarkozy. Il avait répondu présent à l'invitation de Jacques Chirac. Contrairement à Jérôme Peyrat, ancien porte-parole adjoint de 1995 à 1998, et aujourd'hui conseiller politique à l'Élysée.

«C'était une réunion d'anciens très sympa, observait un participant. Comme dans la chanson de Bruel On s'était donné rendez-vous dans dix ans.»

(Le Figaro)

13.05.2008

Les chiraquiens au musée…

Par Nicolas Domenach. Ce soir, Chirac invite tous ses ex-collaborateurs au musée Georges Pompidou. C'est pas Sarkozy qui ferait ça!

Jacques Chirac est retiré des affaires… mais pas complètement. Il a soigneusement choisi la date et le lieu de ses retrouvailles avec ses anciens collaborateurs de 1995 à 2002. Le 13 mai, en effet, pour tous les gaullistes, c'est une date symbolique, magique, le chef de la France libre était alors rappelé au pouvoir. Se retrouver 50 ans après ensemble, c'est une manière toute chiraquienne de faire revivre une histoire épique à laquelle l'ex-Président du RPR s'est toujours rattaché, même de loin, tout en reprochant à Nicolas Sarkozy de trop y rester étranger. Et bien sûr, cet anniversaire se tient dans un lieu prestigieux, mythique quasiment et qui appartient à cette épopée : le musée Georges Pompidou, ce lieu de culture en plein centre de Paris qu'a voulu contre toute l'intelligentsia à l'époque ou presque, celui qui fut le vrai père en politique de Jacques Chirac. L'ex-chef de l'Etat prône la continuité des grands, au-delà des conflits de personnes ou d'idéologies. La rupture du fil historique est pour lui une erreur.

Enfin, ce n'est pas à n'importe quelle exposition que Chirac invite ses ex-collaborateurs, mais c'est à l'exposition « Les traces du sacré ». Tout un programme, dans la philosophie chiraquienne qui a toujours prôné le respect des cultures dans leur diversité comme dans leur temporalité dépassant, transcendant celle des hommes. On n'imagine pas la Sarkozye péleriner. Comme le dit un député chiraquien « ce n'est pas dans un musée que Sarkozy réunira les collaborateurs de son « clinquennat » pardon de son quinquennat, c'est chez Louis Vuitton sur les Champs-Elysées. Clinquennat, le mot est scintillant, tranchant…

De toutes façons, l'actuel chef de l'Etat en prendra pour son grade ce soir. Mais en off. Car Chirac s'est promis de ne pas se départir de la retenue qu'il s'est imposé depuis sa retraite. Mais les mauvaises manières en même temps que les incongruités et les changements de cap erratiques de son successeur l'ont navré parfois même blessé, sinon ulcéré. Certes il ne réagira pas officiellement. Il ne critiquera pas à haute voix l'homme aujourd'hui en charge des responsabilités suprêmes, « ce ne serait pas convenable », répète-t-il à ses proches. Mais il n'apprécie guère d'abord cette façon cavalière, lui l'ancien de Saumur, de l'ignorer, de l'enterrer vivant, de ne pas faire mine même de le consulter. Ainsi, contrairement à l'année dernière, Nicolas Sarkozy ne l'a pas associé aux cérémonies de commémoration de l'abolition de l'esclavage. Pourtant, souvenez-vous en mai dernier de la force de cette image des deux présidents ensemble au jardin du Luxembourg se transmettant le flambeau de la tradition, de l'esprit français de Liberté, d'Egalité, de Fraternité.

Mais comment Nicolas Sarkozy aurait-il pu le convier à ses côtés après avoir devant les députés UMP la semaine dernière ridiculisé son bilan en affirmant qu'en douze ans de règne, Chirac n'avait jamais réalisé qu'une réforme et demi (la professionnalisation du service militaire et les retraites). Et que le chiraquisme c'était l'immobilisme… Ce mépris public pour son bilan est mal passé, on s'en doute, et les chiraquiens font volontiers observer que les trois quarts des députés présents aujourd'hui à l'Assemblée nationale y ont été associés ainsi que douze ministres sarkozystes sur 37 - ils ont compté - et non des moindres puisque Sarkozy figure parmi eux ! L'ancien ministre de l'Intérieur et ministre d'Etat insistait d'ailleurs beaucoup à l'époque pour ne pas quitter les gouvernements Chirac dont il affirme aujourd'hui qu'ils n'ont rien accompli…

Quinquennat contre clinquennat

L'ancien président et ses derniers fidèles n'apprécient guère en outre certaines évolutions qui, pour être zigzagantes, n'en inquiètent pas moins. Ainsi de l'atlantisme, cette inclinaison pro américaine, cette américanofolie parfois dont fait preuve Sarkozy et qui restreint les marges de manœuvres, l'indépendance de la France. Ainsi des entorses multipliées envers la sacro-sainte laïcité qui cimente la paix spirituelle d'un pays si prompt à se déchirer. Ainsi encore du culte de l'argent, de la priorité donnée aux plus riches, du manque d'attention et de compassion pour les plus faibles. Le chiraquisme avait non seulement ses bonnes œuvres dans les mots et dans les actes mais il s'obligeait à une politique sociale mesurée. Qu'il avait recommandée à son successeur. Il l'avait aussi enjoint, et combien de fois, de ne pas bousculer une nation aussi fragile sinon tout exploserait. Il lui avait recommandé de ne pas monter les Français les uns contre les autres. Las…

Nicolas Sarkozy ne l'a pas écouté, prétendant remettre en cause les avantages acquis mais d'abord ceux de la France d'en bas et tout bousculer y compris une fonction qu'il révère davantage aujourd'hui, mais pour combien de temps ?

Certains chiraquiens en ont pris leur parti et préparent déjà la relève. Pour eux Sarkozy ne changera pas. Jamais. Ce successeur n'en est pas un. Il demeure illégitime comme Chirac l'était pour Balladur et les balladuriens dont Sarkozy... Il faut donc fabriquer un recours. Certains songent à Villepin, d'autres, plus nombreux, travaillent dès à présent au retour d'Alain Juppé ! Nicolas Sarkozy n'est plus leur président et s'ils veulent bien se rendre au musée, fut-ce celui de Georges Pompidou, c'est juste pour une soirée. Le gaullo-chiraquisme pour eux ne saurait être une nostalgie, il se veut un combat. Foi de gueule cassée.
Nicolas Domenach (Marianne2.fr)

04.05.2008

Dominique de Villepin invité le mardi 06 mai à l'université Paris-Dauphine

 Afficher l image en taille réelle

Discussion débat organisé à partir de 17 H

http://www.dauphinedebat.com/i
ndex.htm

Toutes les notes