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29.02.2008

Dominique de Villepin ce matin sur RTL

Thomas Legrand : Bonjour, Dominique de Villepin.

Dominique de Villepin : Bonjour.

Hier, au Cap, Nicolas Sarkozy a fait un discours qui entend marquer une rupture avec la politique traditionnelle de la France en Afrique. Le Président veut renégocier la présence militaire française dans tous les pays d'Afrique où elle se trouve. Rappelons qu'il y a 9.000 soldats français déployés dans une dizaine de pays. Il y a trois bases fixes. "La France n'a pas vocation à se maintenir indéfiniment en Afrique", a-t-il dit. C'est un discours salué par le Président Mbeki qui y voit la suite du processus de décolonisation. Et vous, monsieur de Villepin, qu'y voyez-vous dans ce discours ?

Il y a plusieurs composantes dans la politique de sécurité française en Afrique. Il y a d'abord, la protection de nos communautés. Et il y a ensuite l'application des accords de Défense et de Coopération qui, effectivement, datent d'un certain temps, des années 60...

Et qu'il faut revoir ?

... qu'il est important, effectivement, d'adapter au vu des situations nouvelles. Et puis, il y a enfin la politique de paix et d'appui à la paix dans tout le continent.

 De ce point de vue-là, force est de constater que nous avons beaucoup évolué. Depuis la guerre et les massacres du Rwanda, nous avons tiré un certain nombre de leçons, et en particulier en 1998 lors du Sommet du Louvre, en mettant en place le dispositif RECAMP. Cela veut dire que quand la France intervient en Afrique, elle le fait en liaison avec ses partenaires africains dans le cadre d'actions régionales et y compris, des interventions récentes.

Je citerai le cas de la Côte d'Ivoire qui a été fait en liaison avec l'Organisation régionale de l'Afrique de l'Ouest et en liaison avec les Nations Unies. C'est vrai aussi dans des interventions au Congo comme en Itouri. Nous sommes intervenus en partenariat avec nos partenaires européens.

Ce que vous voulez dire, c'est que ce n'est pas un discours de rupture ?

Ce que je veux dire, c'est que ça se situe dans le cadre de ruptures successives ou d'adaptations successives qui sont importantes parce qu'il faut constamment revoir nos dispositifs. Ce que je pense personnellement, c'est qu'il ne faut pas séparer notre politique de défense vis-à-vis de l'Afrique du reste de notre politique de sécurité dans le monde. Quelle politique pour l'Afrique ? Bien sûr. Mais aussi comment, pourquoi adapter nos dispositifs ailleurs. On a annoncé récemment que nous allions peut-être augmenter nos troupes en Afghanistan. Se pose la question de la création d'une Base à Abou Dhabi. Tout ceci doit participer d'une vision mondiale. Je crois qu'il faut se situer aujourd'hui dans le cadre mondial, donc ne pas séparer les théâtres.

Pour rester sur l'Afrique, est-ce que c'est la fin annoncée de ce qu'on appelle la France-Afrique ? Cette façon qu'a la France de par des réseaux un peu souterrains, de régler les comptes en Afrique.

Il y a deux choses différentes. Je ne crois qu'il ne faut pas mélanger. Il y a les structures de notre politique africaine par-delà de notre politique de défense, et puis il y a les mentalités. Les mentalités, ce ne sont pas les structures. Et il y a beaucoup à faire pour sortir de la politique ancienne qui reste très présente encore dans beaucoup d'esprits. Et ça, ce sont les liens anciens qui se sont noués avec l'Afrique. Il n'y a pas que du mauvais dedans, mais il faut certainement revisiter aussi notre façon d'être présents en Afrique. Le partenariat avec des générations nouvelles.

Mais vous sentez une volonté, là ?

 Je sens que c'est nécessaire. Est-ce qu'il faut et comment faut-il le faire ? Je crois qu'il faut le faire avec discernement. Il faut s'adapter à des situations nouvelles. Il faut prendre en compte la montée d'un certain nombre de nouvelles générations en Afrique.

Il y a ce qu'il faut faire. Mais qu'est-ce qui se fait en ce moment, le discours de Nicolas Sarkozy et sa pratique en Afrique, pas seulement sur le plan militaire, est une rupture avec la France-Afrique ?

Le discours, pour le moment, s'attaque aux questions de structures et d'adaptions, et je le redis, ça se situe dans une perspective longue. Il y a déjà eu un certain nombre d'adaptations de structures dans le Passé et d'adaptations de Politique. La question des mentalités, c'est un temps beaucoup plus long ; mais ce domaine, il y a encore beaucoup de travail.

On a compris, dans ce domaine on n'aura pas de satisfecit de votre part sur ce que fait Nicolas Sarkozy. A propos d'Ingrid Betancourt et au vu de l'urgence humanitaire confirmée par les témoignages des otages libérés ces derniers jours, pensez-vous que les négociations peuvent s'accélérer pour sa libération parce qu'on se dit, finalement les FARC n'ont pas intérêt à avoir un mort sur la conscience ?

Les choses bougent. Elles ne bougent malheureusement pas assez vite, et l'on voit bien la situation dramatique qu'est celle d'Ingrid Betancourt, aujourd'hui, qui justifie une mobilisation encore plus forte. L'assistance médicale immédiate. Quand on voit l'état de détresse dans lequel elle se situe, je crois que c'est très important. La possibilité en urgence d'une libération humanitaire d'Ingrid avec un engagement très fort de principe qui pourrait être donné par la Communauté Internationale à Alvaro Uribe, président colombien, d'appuyer tous les efforts pour permettre la définition d'un accord global de libération des otages. Je crois qu'il y a là, trois temps qui permettraient d'avancer encore plus vite.

Mais il se passe des choses importantes. La médiation d'Hugo Chavez, le travail qu'il a effectué, le sentiment que l'on peut avoir qu'aujourd'hui les FARC infléchissent leur position. Ils avaient dit très clairement qu'il n'y aurait pas de nouvelle libération. Quatre Parlementaires ont été libérés dont Luis Perez, ce Parlementaire qui a rencontré Ingrid Betancourt, il n'y a pas très longtemps.

Est-ce que c'est de bonne stratégie de dire, comme l'a fait le Président, hier : "Si ça fait partie de la négociation, s'il le faut, j'irais à la frontière la chercher" ?

Je pense que tout ce qui peut être fait va dans le bon sens ; et en tout état de cause, c'est la mobilisation internationale, nous le voyons, porte ses fruits.

On change de sujet. Le Contrat Nouvel Embauche : vous l'avez créé quand vous étiez Premier ministre. Il est mort, hier, de ne pas être conforme aux normes internationales. Tous les CNE seront requalifiés en CDI. C'est difficile de réformer ?

C'est difficile, mais c'est nécessaire. Ca demande beaucoup d'humilité et surtout beaucoup de détermination. Quand je suis arrivé à Matignon, j'ai engagé la bataille pour l'emploi. Nous avons vu les résultats. Au bout de deux ans, 20% de chômeurs en moins dans notre pays.

Aujourd'hui, le chômage monte.

Alors, il y a 13.200 chômeurs en plus dans notre pays au mois de janvier. Il faut espérer que ce soit qu'un mouvement saisonnier ; mais nous savons que la situation économique est difficile, voire très difficile pour 2008, avec une croissance en baisse, une augmentation des déficits, un contexte international extrêmement compliqué avec la hausse du prix du pétrole et la situation de l'euro par rapport au dollar. Tout ceci justifie, une fois de plus, que l'on se batte au quotidien et que l'on aille chercher effectivement les emplois. Ca veut dire : continuer à faire ce que fait le gouvernement en accélérant son calendrier. Le gouvernement a bien agi quand il a affirmé la nécessité d'avancer encore plus vite dans la réforme du service public de l'emploi, dans la réforme de l'université et dans la réforme du contrat de travail. Mais nous savons que ces réformes sont des réformes longues. Elles impliquent un travail long. Il faut donc essayer d'obtenir des résultats plus rapidement. Comment faire ? Le CNE, c'était un moyen, un dispositif permettant de répondre à la situation des petites et moyennes entreprises de moins de 20 salariés.

Mais c'est illégal.

Alors, je crois qu'il est important en permanence de travailler sur de nouvelles adaptations possibles. Il faut trouver pour les PME le moyen de répondre à leurs besoins. Elles sont inquiètes. Elles n'ont plus les instruments qui étaient nécessaires. Comment faire ? Nous voyons également que la situation des jeunes se détériore au mois de janvier comme la situation des femmes. Là aussi, il faut continuer à chercher de nouveaux instruments.

Pour qui allez-vous voter aux Municipales ?

Ah je l'ai dit, je voterai "local". Je vote dans le XVIIe arrondissement...

Oui, mais UMP ou... ?

Et comme vous le savez, le vote est secret. Vous savez, je suis fidèle aux engagements qui sont les miens. Donc de ce point de vue-là, il n'y a pas beaucoup de surprise ; mais je vote "local". Je pense que ce serait une grande erreur de vouloir politiser ce scrutin. Ce scrutin se fait pour élire les chefs de municipalité. Il faut être fidèle à cela.

Dominique de Villepin vote "local". On ne sait pas si ça veut dire UMP. Merci Dominique de Villepin.

Merci à vous.

Auteur : Thomas Legrand

28.02.2008

CNE-CDI: "Une mauvaise nouvelle pour l'emploi"

Tous les CNE vont être convertis en CDI: c'est le gouvernement qui l'a annoncé mercredi. Pour Jean-Eudes du Mesnil du Buisson, de la CGPME, c'est une "décision choquante". Il explique pourquoi.

Jean-Eudes du Mesnil du Buisson est secrétaire générale de la Confédération générale des petites et moyennes entreprises (CGPME).

Xavier Bertrand a déclaré que tous les CNE (créés sous le gouvernement de Dominique de Villepin) seront automatiquement transformés en CDI. C’est un coup dur pour les petits patrons?

C’est surtout une décision choquante si elle devait se confirmer. Les patrons de PME ont embauché des gens en CNE, en respectant la loi… et voilà que, rétroactivement, ils se retrouvent avec des employés en CDI. On savait, depuis la décision de l’OIT, que ce contrat n’était plus valable et qu’il allait mourir de sa belle mort. Mais, s’agissant de ceux qui avaient déjà été signés, il serait plus juste de laisser aux employeurs la possibilité de licencier dans les conditions initialement prévues. Or là, il risque de ne leur rester que quelques semaines pour le faire.

 Y aura-t-il des conséquences sur le marché de l’emploi?
On peut le craindre. Certains patrons avaient embauché des personnes en CNE parce qu’ils développaient des projets dont la viabilité économique restait incertaine, ce qui leur permettait d’avoir deux ans pour voir s’ils allaient réussir, ou non. Même si nous ne le souhaitons pas, ils pourraient désormais être tentés de se séparer tout de suite des salariés en CNE, par crainte d’une mauvaise surprise.

Pourquoi?
Même si, depuis la décision de l’OIT, il faut motiver tout licenciement de CNE durant la période d’adaptation, on sait très bien que mettre fin à un CDI normal reste beaucoup plus contraignant. Au final, une telle décision de Xavier Bertrand serait mauvaise pour l’activité: d’abord, parce que, à court terme, elle risquerait de provoquer des licenciements. Ensuite parce que le CNE était un contrat efficace. Je rappelle qu’il a permis la création nette de 80 000 à 100 000 emplois, sans aucun coût pour les finances publiques.

(L'express.fr)

Lionel Jospin dément avoir fixé son salaire de Premier ministre, récusant des propos de Nicolas Sarkozy

PARIS - Lionel Jospin dément jeudi des propos tenus cette semaine par le président Nicolas Sarkozy, selon lesquels le Premier ministre socialiste avait à l'époque fixé son propre salaire, soit 20.000 euros lorsqu'il est arrivé à Matignon en 1997."C'est faux", déclare M. Jospin dans une lettre adressée au "Parisien/Aujourd'hui en France" au sujet des affirmations du chef de l'Etat, parues mardi dans un entretien avec les lecteurs du même quotidien. "Mon traitement était fixé, comme celui des ministres, par décret du président de la République".M. Jospin a également démenti le montant avancé par M. Sarkozy, qui justifiait l'alignement de son propre traitement sur celui du Premier ministre."C'est encore faux. Celui-ci était, lorsque je suis arrivé à Matignon en 1997, de 59.000 francs net (indemnités comprises), soit 9.000 euros. Ensuite, et jusqu'à mon départ en 2002, ce traitement n'a progressé qu'au rythme des augmentations opérées dans la fonction publique", précise M. Jospin.Dans l'édition de mardi du "Parisien", Nicolas Sarkozy avait déclaré: "qui a fixé le salaire du Premier ministre? Lionel Jospin. Quand Lionel Jospin dit que le Premier ministre doit gagner 20.000 euros, il n'y a pas de polémique parce qu'il est de gauche". AP

26.02.2008

Des linguistes jugent l'usage de la familiarité par Nicolas Sarkozy

Nous avons interrogé plusieurs linguistes sur l'usage de la familiarité au sommet de l'État. Ils soulignent la nécessité d'adapter son langage à sa fonction

<>L’altercation entre un badaud (« Touche-moi pas, tu me salis ») et le président («Casse-toi alors, pauvre con, va »), au Salon de l’agriculture, a fait le tour du Net. Cet usage de la familiarité, voire de la vulgarité, au sommet de l’État, est à la fois « inquiétant » et « lourd de conséquence », estiment les linguistes.

Pour Alain Bentolila, le vif échange du Salon de l’agriculture illustre une « incapacité à adapter son registre de langage à sa fonction ». « Il y a deux façons de choisir un registre de langage, analyse le linguiste. S’adapter à une situation donnée et ouvrir la porte à l’émotion, ou avoir conscience de qui l’on est et des obligations liées à son statut. Un chef d’État ne peut pas se contenter du premier registre. »

"La fonction présidentielle déconsidérée"

En outre, tout registre de langue évolue en fonction du degré de connivence entre l’émetteur et le récepteur, poursuit Alain Bentolila. « Quand il y a peu de connivence, on utilise le vouvoiement, des mots plus rares, etc., poursuit le linguiste. Nicolas Sarkozy ne connaissait pas l’homme qui l’interpellait samedi, il aurait dû chercher des mots élaborés pour convaincre, donner une chance au dialogue plutôt que de choisir l’insulte. Le danger, c’est que le président n’accepte le dialogue qu’avec ceux qui sont en accord avec lui ou qui le flattent. »

Auteur d’un ouvrage à paraître en mars (Les Mots de Nicolas Sarkozy, Seuil), le linguiste Louis-Jean Calvet rappelle que Jacques Chirac, qui avait reçu un crachat en banlieue parisienne, avait fait mine de ne rien remarquer. « En choisissant l’insulte, son successeur déconsidère la fonction présidentielle », déplore-t-il.

« Stratégie de la vulgarité »

Le directeur de la revue Mots, les langages du politique, Paul Bacot, va plus loin encore, en estimant que Nicolas Sarkozy a adopté volontairement une « stratégie de la vulgarité ». « La vraie rupture est là, poursuit cet enseignant en sciences politiques. En brouillant les pistes et les repères, le chef de l’État finira par rendre acceptable ce qui ne l’était pas, et ce dans n’importe quel domaine, politique, économique ou social. Il s’agit d’un terrorisme symbolique. »

Le professeur de linguistique, Jean Veronis, ne dit pas autre chose : selon lui, la campagne présidentielle a inauguré « une séquence d’abolition des codes et des repères » fondateurs de la société. « Le policier ne doit pas parler comme le voyou, ni le président comme l’homme de la rue. Ce faisant, il affaiblit la fonction et s’affaiblit lui-même. Nul ne peut dire comment cette séquence va se terminer. »

Quoi qu’il en soit, les spécialistes s’accordent pour dire que l’exemple ainsi donné est « catastrophique ». « Le président met les enseignants et les parents dans l’embarras, affirme Louis-Jean Calvet. Comment ces derniers pourront-ils demander aux jeunes de tenir leur langage si le chef de l’État lui-même ne le peut pas ? » </>
Solenn de ROYER (La Croix)


 

25.02.2008

Dominique de Villepin en direct ce matin sur le Forum du nouvelObs.com

thème du forum :

La situation politique.

Aujourd'hui
de 10h00 à 11h00

Avec Dominique de Villepin, ancien Premier ministre UMP, auteur de "Hôtel de l´Insomnie" (janv. 2008, Plon)

 

Question de : Elsa

Bonjour M. de Villepin. J´ai beaucoup respecté votre attitude lors de l´intervention américaine en Irak et je m´adresse à vous en tant qu´ancien ministre des affaires étrangères et gaulliste de stricte obédience. Pensez-vous vraiment que Nicolas Sarkozy veut aligner la France sur les Etats-Unis ?

 

Réponse : Bonjour à tous. Je suis très heureux d´être avec vous ce matin pour répondre à vos questions dans une actualité chargée, tant sur le plan national qu´international. La France est un allié ancien des Etats Unis, et à ce titre, il est normal que nous cherchions à avoir les meilleures relations possibles avec ce pays. Je perçois néanmoins une tentation d´infléchissement de notre politique traditionnelle d´équilibre. Et c´est pourquoi je pense qu´il faut être vigilant, qu´il s´agisse d´un éventuel retour dans l´Otan, d´une augmentation de nos troupes sur certains théâtres extérieurs comme l´Afghanistan, ou d´un appui à la politique américaine au Moyen-Orient. Le monde a besoin d´une France fidèle à sa vocation d´équilibre et de médiation entre l´est et l´ouest, le nord et le sud. Fidèle également à sa défense d´un monde multipolaire et d´un multilatéralisme renforcé, par opposition à la tentation unilatérale américaine comme à la méconnaissance par les Etats-Unis de l´identité des peuples et de la diversité culturelle.

Question de : jean-louis

Bonjour M. de Villepin, Dans un appel publié par Marianne, vous avez affirmé votre "attachement au principe républicain" et votre "refus de toute dérive vers une forme de pouvoir purement personnel confinant à la monarchie élective". Le pouvoir actuel est-il un "pouvoir purement personnel"? Jean-Louis (Paris).

 

Réponse : Là encore, je veux souligner la nécessité de la vigilance face à un risque de dérive, qu´il s´agisse du déséquilibre des pouvoirs au sein de l´exécutif entre le président de la République, le Premier ministre et le gouvernement, ou encore de l´autonomie revendiquée par les conseillers de l´Elysée. Il me paraît important, tant du point de vue institutionnel qu´au plan de l´efficacité politique, d´être respectueux des principes d´équilibre et de bonne répartition des tâches. Cette exigence est d´autant plus importante que les problèmes sont complexes et qu´il faut satisfaire à une double exigence de bonne coordination et de continuité de l´action. Le Premier ministre et les ministres sont au contact direct et quotidien de l´administration, et ils doivent donc être en première ligne pour que l´Etat soit mobilisé dans la mise en oeuvre des réformes décidées et impulsées par le président de la République.

Question de : Internaute

Bonjour, A votre avis, le Nouvel Obs avait-il raison de publier le fameux SMS de Sarko à Cécilia? Si c´était vous le président, vous porteriez plainte au pénal? Et qu´est-ce que vous avez pensé des éditos sur le sujet dans l´hebdo? L´hebdo lâche son site?

 

Réponse : Je crois qu´il faut constamment, sur des sujets délicats, en revenir aux principes et en l´occurrence, au principe de séparation entre la vie publique et privée. Chacun a droit au respect de sa vie privée, de sa famille, de son courrier... Cela implique un effort de tous, de la part des responsables politiques qui ne doivent pas céder à la pente d´une pipolisation facile, de la part des médias, qui doivent se fixer des codes de conduite et des règles de déontologie strictes. Faut-il pour autant que le président de la République porte plainte? Je ne le crois pas, même si je respecte évidemment la décision de Nicolas Sarkozy, qui exerce son droit comme n´importe quel citoyen. Mais la tradition de la Ve République, qui est que les présidents ne portent pas plainte, me paraît doublement justifiée, d´une part pour éviter que le président de la République ne soit entraîné dans d´innombrables procédures, ce qui pourraient nuire à la fonction en lui enlevant de la sérénité et de la hauteur, d´autre part pour éviter cette situation incongrue d´un président qui pourrait ester en justice alors qu´il ne pourrait pas lui-même être attaqué devant la justice. Je crains que dans un certain nombre de cas, cela ne conduise à de véritables imbroglios juridiques. En ce qui concerne les réactions au sein du journal, je crois au principe de solidarité, même s´il doit s´accompagner à l´occasion d´une crise comme celle-ci, d´une introspection collective pour dégager à l´avenir les meilleures règles possibles de conduite.

Question de : Internaute

Le conseil constitutionnel qui censure la rétroactivité de la rétention de sureté: vous qui êtes un ancien ministre de l´Intérieur, qu´en dites-vous?

 

Réponse : Le Conseil constitutionnel est dans son rôle. Il doit avoir le dernier mot. Le risque existe avec la saisine du président de la Cour de Cassation d´un conflit entre l´ordre judiciaire et le Conseil constitutionnel, ce qui me paraît dangereux. Outre que la rétention de sureté pose d´énormes problèmes juridiques en découplant la durée de la peine de la durée de la rétention, elle modifie l´esprit de notre justice qui passerait, comme l´a très bien dit Robert Badinter, d´une logique de responsabilité à une logique de sureté. Qu´il faille se protéger contre de dangereux criminels sexuels, c´est l´évidence. Il existe à l´étranger des exemples qui peuvent utilement nous inspirer et des propositions intéressantes ont été faites, comme celle du Bâtonnier de l´Ordre des avocats. Encore faut-il être respectueux du droit. C´est l´honneur de toute démocratie.

Question de : Internaute

Le fait que Sarkozy saisisse le président de la cour de Cassation, est-ce que cela ne risque pas une fois de plus de porter atteinte à la séparation des pouvoirs?

 

Réponse : C´est la première fois, en effet, qu´une telle saisine est décidée. Il faut veiller à ce que cela ne porte pas atteinte au principe de séparation des pouvoirs qui est dans l´intérêt de tous.

Question de : jean-louis

Bonjour M. de Villepin, Trouvez-vous normal qu´un Président de la République dise "Casse-toi, pauvre con!" à quelqu´un qui refuse de lui serrer la main? Jean-Louis (Paris).

 

Réponse : La vie politique est faite de tensions et il peut arriver que l´on soit tenté de laisser percer son irritation ou que l´on perde son sang-froid. L´important est de se reprendre vite, d´en tirer les leçons et de s´excuser.

Question de : Internaute

Monsieur le Premier ministre, Pensez vous pouvoir représenter un recours pour la France aux présidentielles de 2012 ?

 

Réponse : Nous sortons d´une élection présidentielle et l´important, me semble-t-il, c´est le combat d´aujourd´hui pour permettre à la France d´avancer et de se réformer. C´est pour cela que je souhaite que le président de la République et le gouvernement réussissent. C´est pour cela que je crois important de tirer les leçons des difficultés et confusions des derniers mois. C´est dans ce sens que je n´ai cessé d´intervenir en proposant au président et au gouvernement de mieux expliquer et de mieux valoriser les réformes engagées, de clarifier également les priorités des prochains mois. C´est essentiel pour donner plus de visibilité et de sens à la politique menée alors que les défis à relever sont nombreux: compétitivité de notre économie, réduction des déficits publics, modernisation du marché du travail... Ce travail d´explication et de mise en perspective me paraît d´autant plus important que la conjoncture économique et sociale est difficile. Je veux croire que le président de la République finira dans les prochains jours par prendre en compte ces appels répétés. En politique, les meilleurs amis ne sont pas ceux qui s´écrient en permanence: "tout va bien, madame la marquise..." mais au contraire ceux qui attirent l´attention sur les difficultés et qui proposent des solutions. En l´occurrence, il faut clarifier le jeu et concentrer son énergie sur l´essentiel, c´est-à-dire la réforme économique et sociale, en rassemblant les Français et non pas en les divisant sur des sujets comme la laïcité ou l´immigration... Revenons-en à l´action et non pas à l´éparpillement, c´est la condition du résultat.

Question de : Internaute

Bonjour Monsieur Dominique de Villepin, Je voulais savoir si vous aussi comme des millions de Français vous avez été choqué par les propos du président lors de l´inauguration du salon de l´agriculture.

 

Réponse : Déjà répondu.

Question de : Internaute

Déclaration de Badinter: "Au terme de la Constitution, les décisions du Conseil constitutionnel s´imposent à toutes les autorités administratives et juridictionnelles et aux pouvoirs publics, par conséquent cela vaut aussi pour le président de la République", la République, "ce n´est pas l´ancienne monarchie où le principe était: ´si veut le roi, si fait la loi´". Vous êtes plutôt Sarkozy ou Badinter?

 

Réponse : Je crois comme toujours que Robert Badinter parle avec sagesse.

Question de : Internaute

Cher Dominique de Villepin, bonjour, M.François Goulard, votre ancien Ministre de la Recherche et Député UMP de Bretagne envisage de créer un mouvement voire un groupe parlementaire. Compte tenu de vos propos concernant l´UMP sur Canal ce dimanche 24 février, que pensez vous de cette initiative? A la vue de la dégradation très sérieuse de notre démocratie ici en France(recul des libertés, Test ADN, atteinte à la Laicité, sur-exposition des forces de répréssion....épisodes guignolesques de l´UMP à Neuily, du Modem à Lyon...etc...etc) et de l´attitude de nombre de Parlementaires UMP, je deviendrai pour un peu pessimiste. Heureusement, à la lecture des sondages thématiques, il semblerait que La France que vous chérissez tant comme nous tous ait encore des ressorts. Outre l´écriture, quels peuvent être vos moyens d´actions? Quel type d´avocat serez-vous? Comment éclairer les Fançais sans déclancher l´hystérie de la Sarkosie( surtout la jeune génération qui n´a pas encore souffert comme vous en 2005 et surtout 2006)? Voici, Monsieur le Premier Ministre, les quelques réflexions que je veux vous soumettre. Recevez, Cher Dominique de Villepin, depuis la Capitale des Gaulles mes plus chaleureuses et respectueuses salutations. Christine HOUBART ch.houbart@voila.fr http://christineh7.hautetfort.com/

 

Réponse : Je souhaite que l´UMP se ressaisisse. Il est très important pour l´action du président et du gouvernement de disposer d´une majorité exigeante et proposante. Dans ce contexte, le rôle du principal parti majoritaire est bien sûr déterminant. Je crois important, comme Nicolas Sarkozy l´a martelé au cours des dernières années, que l´UMP puisse agir en autonomie et avec responsabilité. C´est ce que l´UMP a pu faire jusqu´aux élections présidentielles avec un président élu. Je regrette donc pour ma part la situation actuelle et estime que parmi les leçons à tirer, il y a la nécessité d´un président élu de l´UMP, crédible, responsable, visible, capable de jouer tout son rôle dans notre jeu politique en protégeant notamment davantage l´exécutif par son propre engagement. On a besoin en politique d´acteurs forts et clairement identifiés. La question, pour le président de la République, n´est pas de savoir s´il y a des concurrents au sein de sa propre famille. Cela est absurde. Mais la question est de savoir comment la volonté de réforme peut être mise en oeuvre et démultipliée. Une majorité forte et une opposition forte, voilà bien des gages pour la démocratie comme pour plus d´efficacité.

Question de : Internaute

Bonjour M.le PM N´est il pas singulier pour un admirateur de Bonaparte de signer l´appel de Marianne ?! Francoise

 

Réponse : Bonaparte a été grand tant qu´il a voulu agir en s´appuyant sur des principes. Il a pu ainsi poser les bases de la France moderne, qu´il s´agisse du Code civil, du Concordat, de la création de l´institution préfectorale, de la légion d´honneur... Quand il s´est laissé aveugler par son ambition et par la soif de conquête, quand il s´est laissé impressionner par les jeux de la cour, il a alors marché vers sa perte et celle de notre pays. Il me paraît essentiel aujourd´hui d´en revenir encore et toujours aux principes. Et comme je l´ai toujours fait, je crois qu´il y a des grandes questions sur lesquelles il ne faut pas transiger. C´est vrai pour les principes républicains, comme la laïcité. C´est vrai pour l´indépendance nationale et l´équilibre de notre politique étrangère. C´est vrai pour notre équilibre institutionnel. J´ai moi-même parlé de l´exigence de vigilance républicaine. La vigilance c´est la conscience en action du citoyen et dans des temps difficiles comme ceux que nous traversons, elle me paraît indispensable, tout comme l´exigence de rassemblement. La France doit réussir sa réforme. Nous avons une chance de la faire aujourd´hui. C´est la responsabilité du président de la République et du gouvernement. C´est aussi notre devoir à tous. Chacun doit être dans son rôle. J´ai été très heureux d´être avec vous pour ce tour d´horizon de l´actualité. La liberté d´information est un bien précieux. Exerçons-la et préservons-la ensemble avec passion et responsabilité. Je sais que c´est le cas de l´immense majorité des internautes. A ciao bonsoir!

Villepin sur Clearstream: "Je veux un procès" car je "veux la vérité et la justice"

Je veux un procès" car "je veux la vérité" a déclaré dimanche sur Canal+ l'ancien Premier ministre Dominique de Villepin affirmant avoir été "sali" dans l'affaire Clearstream où il est mis en examen.
"Je veux un procès, pour la vérité et pour la justice. J'apporterai la vérité des choses, l'ensemble des victimes y ont droit" et "c'est un combat que je veux mener", a-t-il affirmé.

M. de Villepin a estimé avoir "été sali" et a mis en cause "l'instruction qui a été faite par la rumeur". Il a notamment cité "un DVD crypté" trouvé lors d'une perquisition à son domicile sur lequel "au terme d'une enquête extrêmement longue et coûteuse" on a trouvé "mes discours diplomatiques".

Il a également cité la découverte d'un ordinateur "dans les sables à Beyrouth". "Cet ordinateur devait m'accabler, il ne contient rien qui me concerne", a-t-il affirmé.

"Je veux savoir deux choses dans cette affaire, qui a falsifié les listings et pourquoi? et je veux savoir aussi qui a instrumentalisé le dossier, qui a fait pression sur ce dossier", a-t-il lancé.

"Ce n'est pas une affaire politique, c'est une affaire financière et industrielle" a-t-il assuré.

Les juges Jean-Marie d'Huy et Henri Pons ont notifié vendredi la fin de leur enquête sur l'affaire de dénonciation calomnieuse Clearstream, dans laquelle l'ancien Premier ministre est mis en examen. Ils le soupçonnent d'avoir participé à une tentative de déstabilisation en 2004 de l'actuel chef de l'Etat, Nicolas Sarkozy, partie civile dans le dossier. (AFP)

21.02.2008

Clearstream, fin de l'acte I

Les juges Jean-Marie d'Huy et Henri Pons s'apprêtent à clore l'instruction du dossier Clearstream. L'enquête avait démarré en septembre 2004 par une plainte en dénonciation calomnieuse d'un dirigeant d'Airbus, puis connu une accélération, en janvier 2006, avec la constitution de partie civile de Nicolas Sarkozy. Dans cette affaire sont mis en examen l'informaticien Imad Lahoud, l'ex-n° 2 d'EADS Jean-Louis Gergorin, l'ex-Premier ministre Dominique de Villepin, le journaliste et écrivain Denis Robert et le consultant Florian Bourges. Le procès ne devrait pas avoir lieu avant l'année prochaine.
Gilles Gaetner et Jean-Marie Pontaut  (L'express)

 Pour plus de détails,  http://2villepin.free.fr/index.php/2008/02/20/671-l-instr...

19.02.2008

Appel républicain : à vous de signer !

L'appel républicain publié dans Marianne n'a pas laissé indifférents les hommes du Président. Pur effet de cour, après que Nicolas Sarkozy ait laissé filtrer son dépit de constater que seule Rama Yade l'avait défendu après l'affaire du SMS de nouvelobs.com ? Quoiqu'il en soit, ministres et deputés sont montés au créneau durant tout le week-end pour dénoncer «la chasse au Président», selon le mot du Premier ministre François Fillon. Xavier Darcos a évoqué «cette affaire des Trois Petits Cochons qui sont 17 et qui se mettent à crier Au Loup !», ce qui lui apparaît «très dangereux parce que le jour où il faudra vraiment crier Au Loup ! plus personne ne les écoutera. Alors que François Bayrou ou que... » Roger Karoutchi lui, fidèle à sa réputation de super-godillot, a carrément épinglé l'initiative de Marianne «pour ses relents de la presse des années 30», oubliant sans doute que Carla Bruni a dû, la semaine passée, s'excuser pour avoir comparé le SMS de l'Obs avec la presse collaborationniste. Globalement, les avocats de la cause sarkozienne ne se privent pas d'amalgamer deux épisodes qui n'ont strictement rien à voir, l'article du journaliste de l'Obs Airy Routier sur le SMS imputé au président, qui ne concernait que sa vie privée, et un appel au contenu éminemment politique pour défendre certains principes de la République française.

En fait de chasse au président, c'est surtout la chasse au Villepin qui semble être repartie de plus belle. L'ancien Premier ministre a été accusé par Valérie Pécresse d'utiliser « la République à des fins personnelles ». La présence de Villepin parmi les signataires a également permis à Julien Dray de se démarquer de Ségolène Royal pour laquelle il a mené campagne en notant que cet appel pouvait brouiller les cartes à quelques jours du scrutin municipal : «Je ne vais pas parler de vigilance avec M. de Villepin, c'est quand même l'homme qui a exercé la plus mauvaise vigilance démocratique.»

Il reste à faire mentir les hommes et femmes du Président ainsi que ceux qui, dans l'opposition, doutent de l'intérêt de cet appel. Ils auront eu raison si cet appel reste sans lendemain. Ils auront tort s'il provoque un débat public appronfondi et pluariste sur les quatre points qui y sont évoqués : le pouvoir personnel, le pluralisme des médias, la laïcité et la politique étrangère. Mais commençons par le commencement : ceux qui le souhaitent peuvent déjà signer l'appel ci dessous.


Signez et faites signer l'Appel républicain ici

 Pour une vigilance républicaine

Les soussignés se réclament de sensibilités très diverses, et ils ont sur un certain nombre de sujets importants des positions très différentes, mais ils ont malgré tout en commun un certain nombre de convictions et de valeurs qu'ils entendent réaffirmer.



- Leur attachement au principe républicain et, en conséquence, leur refus de toute dérive vers une forme de pouvoir purement personnel confinant à la monarchie élective.

- Leur attachement aux fondamentaux d'une laïcité ferme et tolérante, gage de la paix civile.

- Leur attachement à l'indépendance de la presse et au pluralisme de l'information.

- Leur attachement aux grandes options qui ont guidé, depuis cinquante ans, au-delà des clivages partisans, une politique étrangère digne, attachée à la défense du droit des peuples et soucieuse de préserver l'indépendance nationale et de construire une Europe propre à relever les défis du XXI° siècle.



Au-delà de leurs divergences, les soussignés tiennent à rappeler leur engagement à défendre, séparément ou ensemble, ces impératifs, comme toujours cela fut fait au cours de l'Histoire de la République.

Pierre Lefranc, ancien chef de cabinet du Général de Gaulle
Dominique de Villepin, ancien Premier ministre
Ségolène Royal, ancien ministre, Présidente de la région Poitou-Charentes
François Bayrou, ancien ministre, député des Pyrénées-Atmantiques
Jean-Pierre Chevènement, ancien ministre
Corinne Lepage, ancien ministre
Nicolas Dupont-AIgnan, député de l'Essonne
Bertrand Delanoë, maire de Paris
Maurice Leroy, député de Loir-et-Cher
Nöel Mamère, député de la Gironde
Jean-Christophe Lagarde, député de la Seine-Saint-Denis
Marielle de Sarnez, conseillère de Paris
André Gérin, député du Rhône
Arnaud Montebourg, député de la Saône-et-Loire
Jacqueline Gourault, sénatrice du Loir-et-Cher
Jean-Pierre Brard, député de la Seine-Saint-Denis
Jean-Paul Bled, président des Cercles universitaires d'études et de recherches gauliennes

(Marianne2.fr)

18.02.2008

Dominique de Villepin devient la personnalité emblématique d'une majorité au bord de l'implosion

Dominique de Villepin est pris à partie par des ministres lors des traditionnelles émissions politiques du week end.


Le climat politique national change. Il change dans des conditions étonnantes. Les faiblesses de la droite créent l'alternative de gauche alors même qu'elle est toujours à la recherche de son leader. La multiplicité des territoires dans le cadre des élections locales permet de ne pas traiter cette question pour l'instant.

Chacun s'accorde à reconnaître que la gauche est toujours empêtrée dans des querelles internes profondes et sans programme clair rassembleur. Mais d'un seul coup, la droite semble lasser, inquiéter, bref passer de mode.

Depuis le printemps 2007, le paysage de droite connaît pour la 1ère fois sous la Vème République une absence de représentation du " gaullisme social ".

Nicolas Sarkozy incarne une énergie libérale matinée d'un volontarisme sécuritaire. Là sont les trois thèmes forts de son pouvoir d'évocation : énergie, libéralisme, sécurité.

Le " Villepinisme " n'existe pas encore. Mais deux modifications majeures sont intervenues. D'une part, le temps de la solidarité sans faille avec J. Chriac est fini. D'autre part, la fragilité actuelle de Nicolas Sarkozy ouvre des espaces à de Villepin.

L'appel lancé dans Marianne s'apparente à la réouverture d'hostilités manifestes pour montrer que l'actuel visage présidentiel est éloigné de la politique voulue par l'ancien Premier Ministre et que ce dernier constitue toujours une alternative au sein de la majorité présidentielle.

(Exprimeo.fr)

15.02.2008

"L'appel du 14 février " réunit Dominique de Villepin, personnalités de gauche, gaullistes et centristes

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Dix-sept personnalités de gauche, centristes ou d'inspiration gaulliste ainsi que l'ancien premier ministre Dominique de Villepin, ont signé "l'appel du 14 février pour une vigilance républicaine" rendu public vendredi 15 février par l'hebdomadaire Marianne. Outre l'ancien premier ministre de Jacques Chirac, figurent notamment parmi les signataires les gaullistes Pierre Lefranc, ancien chef de cabinet du général de Gaulle, le souverainiste Nicolas Dupont-Aignan, le député communiste André Gerin, Jean-Pierre Chevènement, plusieurs socialistes de premier plan (Ségolène Royal, Bertrand Delanoë, Arnaud Montebourg), représentants du MoDem (François Bayrou, Marielle de Sarnez, la sénatrice Jacqueline Gourault) et du Nouveau Centre (les députés Maurice Leroy, Jean-Christophe Lagarde). Corinne Lepage, ancienne ministre de l'écologie d'Alain Juppé et le député Vert Noël Mamère sont également présents.

Dans un court texte dans lequel Nicolas Sarkozy n'est pas cité, ils déclarent refuser "toute dérive vers une forme de pouvoir purement personnel confinant à la monarchie élective" et rappellent "leur attachement aux fondamentaux d'une laïcité ferme et tolérante" ainsi qu'à "l'indépendance de la presse".

 

Enfin, les signataires qui souhaitent prendre position "au-delà de leurs divergences" déclarent partager un attachement commun "aux grandes options qui ont guidé depuis cinquante ans, au-delà des clivages partisans, une politique étrangère digne, attachée à la défense du droit des peuples, soucieuse de préserver l'indépendance nationale".

Dominique de Villepin explique que son geste est une "démarche de conviction et non d'opposition".

(Le Monde)

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