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31.01.2008

Clearstream : nouvelle audition de Dominique de Villepin

C'est la quatrième fois que l'ancien Premier ministre est entendu par les juges d'Huy et Pons dans cette affaire de dénonciation calomnieuse.

Nouvelle audition de Dominique de Villepin dans l'affaire Clearstream. L'ancien Premier ministre est arrivé, jeudi 31 janvier peu avant 14h30 (13h30 GMT), au Palais de justice de Paris, pour être entendu par les juges Jean-Marie d'Huy et Henri Pons.
C'est la quatrième audition de l'ancien Premier ministre depuis sa mise en examen, en juillet dernier, pour "complicité de dénonciation calomnieuse, recel de vol et d'abus de confiance et complicité d'usage de faux".
Selon une source proche du dossier, Dominique de Villepin devrait être interrogé sur un nouvel élément apparu lors de la confrontation le 11 décembre 2007 avec Jean-Louis Gergorin, un ancien vice-président d'EADS lui aussi mis en examen, et le général Philippe Rondot, témoin-clef de l'affaire.

(Challenges.fr) 

30.01.2008

Villepin déplore le brouhaha médiatique sur la Société générale

Dominique de Villepin estime que l'emballement médiatique à propos de l'affaire de la Société générale...

PARIS (Reuters) - L'emballement médiatique à propos de l'affaire de la Société générale confine à l'hystérie et ne contribue pas à éclairer les citoyens, estime Dominique de Villepin.

L'ancien Premier ministre, qui était interrogé sur Europe 1, a dit voir dans cette affaire des éléments révélateurs "d'une crise générale de notre société", une société qui, dit-il, justement ne progresse que par crise.

Pour Dominique de Villepin, "on ne prend pas suffisamment le temps du diagnostic" dans cette retentissante affaire lancée par la révélation d'une perte de 4,9 milliards d'euros que la Société générale impute à un jeune trader, Jérôme Kerviel.

"De quoi parle-t-on ?", s'est interrogé l'ancien chef du gouvernement. "Combien d'experts se déversent dans les radios, dans les télévisions pour expliquer des choses contradictoires".

"Il y a une sorte d'hystérie, la recherche de bouc émissaire, on commence pas vouloir pendre ce jeune trader puis maintenant c'est au tour du président de la banque".

Dominique de Villepin, qui avoue avoir du temps depuis son départ de Matignon en mai dernier, temps qu'il consacre en partie à l'écriture, a jugé que le temps était justement "un élément métaphorique intéressant dans cette crise".

"Ce jeune homme ne prenait pas de vacances", a-t-il fait remarquer à propos de Jérôme Kerviel. "Quand on ne prend pas de vacances, quand on ne prend pas le temps de respirer (...), votre vie est envahie, débordée, vous faites des bêtises".

Gilles Trequesser

29.01.2008

Mercredi matin sur Europe 1 !

Dominique de Villepin est l'invité de Jean-Pierre Elkabach demain matin à 08h20 sur Europe 1 !

25.01.2008

Rapport Attali… Retour vers le XIXième siècle

Bon, cela va vous faire un énième article sur le rapport Attali ou Attila… mais ce n’est pas grave… le mien est forcément bien meilleur que ceux de mes éminents collègues bloggeurs (vous aurez une liste de liens sur des thématiques spécifiques en fin de papier)… ben quoi… Je ne vais pas rentrer dans le détail de ce catalogue à la Prévert qu’à défaut de bond en avant, je qualifie avant tout de un grand bon en arrière.

Je préfère m’attacher à découvrir la philosophie générale qui sous-tend à cette bouse de suffisance, constellées d’affirmations gratuites.

Premier constat… si arriver à un point de croissance en plus d’ici 2012 constitue un objectif ambitieux… pour moi, je qualifie cela d’au mieux d’une montagne qui accouche d’une souris et au pire d’une baudruche vide jamais gonflée… pour rappel… Le gouvernement Jospin parvenait à une croissance supérieure à la moyenne européenne… d’accord, nous étions loin de la croissance chinoise…. Et je m’en félicite… Ah oui… c’est vrai le contexte international s’y prêtait, y a t il eu une récession mondiale depuis que la droite est arrivée au pouvoir ?...

Deuxième constat… sa suffisance Attali semble vouloir se substituer à toute légitimité démocratique… dans ces derniers opus, on sentait bien l’ancien sherpa de Mitterrand en proie à une certaine perplexité face aux manants que nous sommes… Là, il a tranché, son plan est excellent et non amendable car il EST Cohérence… et par conséquent, nul besoin des politiques et encore moins des citoyens.

Troisième constat : une affirmation vaut démonstration… de la suppression des départements, à la fin des professions réglementées, en passant par le haut débit, la destruction du petit commerce (autorisée la vente à perte plus l’ouverture des magasins le dimanche ça risque de donner ça), la fin du principe de précaution ; j’en passe et des meilleurs, tout cela doit donner de la croissance… enfin, ce fameux point en plus, nouveau graal de notre Penseur global, universel et… civilisateur. Pourquoi… ben c’est écrit. Pourquoi se justifier… Attali Est justification.

Quatrième constat : faire disparaître les classes moyennes. Depuis deux décennies, vous, moi, nous subissons de plein fouet une crise non inscrite dans les statistiques mais bien réelle. Quelque soit le continent, les classes moyennes payent un tribu important au veau d’or capitaliste… alors, certes les PIB ne cessent de progresser mais sans que jamais ces foutues classes moyenne n’en voient la couleur… ce qui est logique puisque la répartition travail/capital a vu son curseur se déplaçait au profit du second. Outre une hausse courante et régulière des biens de consommations, dans le même temps, les prestations héritées des « trente glorieuses » sont rognées un peu plus chaque année. A bien sur, c’est pour le bien de l’économie mais comme les dés sont pipés (cf répartition travail/capital), pas de danger que leur sort s’améliore…. Bien au contraire puisque papa Attali exige qu’on augmente encore la franchise médicale accompagné d’un déremboursement progressif de la sécu (ben oui ça veut dire ça l’arrêt de la progression des dépenses de santé et pour couronner le tout, il faut augmenter la TVA et la CSG… en un mot… appauvrir les classes moyennes afin qu’elles soient encore plus malléables à l’économie pour l’avenir… pour le plus grand bénéfice d’une poignée de privilégiés (c’est quoi la loi TEPA d’ailleurs…)…. Je crois qu’ils sont à Davos en ce moment… ils réfléchissent à notre bonheur…

Cinquième Constat : entretenir l’illusion d’une histoire finie. Dans la lignée de l’historien Fukuyama, Jacques Attali veut, du fait sa supériorité naturelle, nous asséner une autre évidence… la politique n’est plus une question de choix mais uniquement fondé sur l’expertise, réservée cela va de soi à quelques uns. En ce sens, il est significatif la première phrase de ce rapport « Ceci n’est ni un rapport, ni une étude, mais un mode d’emploi pour des réformes urgentes et fondatrices. Il n’est ni partisan,ni bipartisan : il est non partisan. ». Bref, l’histoire est finie et les clivages appartiennent à cette vieille histoire.

Sixième constat : au bonheur de la fluidité. En néoconverti à l’économie mondialisé, des flux de données à l’être humain, rien ne peut désormais plus être pensé sans le prisme de cette fameuse fluidité. Dans son monde parfait, Jacques Attali fluidifie tout et partout… et le résultat ne peut être que bénéfique pour la sacro-sainte croissance… des taxis, au marché de l’emploi en passant par les individus… l’homme sédentaire est donc désormais un frein, un conservateur… il ne participe pas à ce fameux chapitre sur « la croissance, l’affaire de tous ».

Septième constat : la nature… elle s’adaptera. Alors même que Bush commence à s’interroger sur les questions environnementales et sur le réchauffement climatique ; Attali et sa horde d’experts ne se soucie pas ce problème. Au fond notre environnement naturel, notre biosphère si elle n’est en mesure de s’adapter, est, malgré tout, sommée de s’adapter à notre ambition « fluidificatrice ». Même si cette dernière est particulièrement coûteuse en matière de bilan environnemental… développer les taxis, les compagnies aériennes low-cost ne semblent pourtant pas aller dans le sens de l’histoire de la gouvernance…

Huitième constat : dialogue social si et seulement si. Grand Jacques, dans une infinie bonté, veut bien dans son rapport accorder une certaine place au dialogue social et donc à ses représentants syndicaux. Seulement, il y a comme une légère injonction qui flotte dans l’air ; oui il faut au préalable être en adéquation TOTALE avec ses mesures… n’oublions pas que son n’est pas « un inventaire dans lequel un gouvernement pourrait picorer à sa guise, et moins encore un concours d’idées originales condamnées à rester marginales. C’est un ensemble cohérent, dont chaque pièce est articulée avec les autres, dont chaque élément constitue la clé de la réussite du tout ». On prend ou on prend… ça laisse au final peu de place au dialogue social.

Neuvième constat : Sarkozy n’a déjà pas tout compris. Aux dernières nouvelles, notre président Sarkozy partage 313 des 316 propositions… Halte là… la cohérence de son éminence rapporteuse est déjà mise à mal… La France ne mérite pas décidemment pas Jacques Attali.

Dixième constat : Certains lecteurs seront probablement dubitatifs sur la sonorité globale de cet article et de son caractère subjectif.. Hélas non, adoubé par notre sainteté présidentielle, son arrogance a déjà commencé à se déverser dans les médias…

Marc Vasseur (Betapolitique)

24.01.2008

PPDA et Chabot trop «datés» pour Sarkozy

Selon le site de l'Express, Nicolas Sarkozy ne veut plus être interviewé par le tandem formé par Patrick Poivre d'Arvor (TF1) et Arlette Chabot  (France2).
Le 29 novembre, à peine terminée la dernière prestation de ce duo -qui avait déjà interrogé le chef de l'Etat le 20 septembre- les commentaires des collaborateurs de Nicolas Sarkozy ont fusé: trop daté, trop mou et, surtout, trop vu sous Jacques Chirac.

Au palais présidentiel, on réfléchit donc au nouveau casting de journalistes qui pourraient mener le prochain entretien télévisé.

Parmi les solutions envisagées: les présentateurs des 20 Heures de TF 1, France 2 et France 3 ( ce qui sauverait PPDA, à qui se joindraient David Pujadas et Audrey Pulvar), ou ceux des JT du week-end (Claire Chazal, Laurent Delahousse et Catherine Matausch), voire les jokers des stars de 20 Heures ( Harry Roselmack et Françoise Laborde).

 Mot d'ordre élyséen: «Nous voulons des présentateurs avec qui les Français ont rendez-vous tous les soirs.»

L'Elysée ne semble pas en revanche s'interroger sur l'anachronisme qu'il y a pour le chef de l'Etat à choisir lui-même ses intervieweurs, ni pour les médias français à tolérer cette pratique d'un autre âge... ou d'autres régimes.
(Libération)

22.01.2008

Sarkozy ridiculisé par la presse étrangère

La presse étrangère, reprise par Courrier International, se lâche sur Sarkozy avec une férocité jubilatoire ! Extraits choisis pour illustrer à quel point notre Président est désormais la honte de la France.

logomayor"Sur l'échiquier politique mondial, il ne semble pas y avoir de chef d'Etat plus satisfait de l'être, d'homme qui tire un meilleur parti de l'exposition médiatique qu'implique sa charge, de mâle plus exultant sur le trône de ses conquêtes. Nicolas Sarkozy s'amuse beaucoup et veut montrer à quel point le pouvoir le remplit d'énergie pour mieux désirer et être désiré, pour faire de son mandat une fête permanente, une ivresse de lui-même, une érection. En somme, après avoir appris que Sarkozy apprécie comme personne le bonheur et le plaisir que procure le pouvoir, nous venons de découvrir qu'il n'a aucun sens du ridicule. Les Français se demandent à bon droit ce que va leur coûter le voyage de Sarko en Egypte, avec ses vingt chambres louées dans un hôtel de luxe et ses avions de chasse escortant le jet présidentiel. Parce qu'à l'aller Sarkozy et Carla ont voyagé à bord d'un jet privé appartenant à Vincent Bolloré, l'homme d'affaires à la tête d'un institut de sondages [il détient 40 % de CSA] qui continue de placer Sarkozy au premier rang des personnalités préférées des Français. La première place : la seule qui vaille pour un homme qui s'agite comme une marionnette, avance comme un char d'assaut et aime certainement comme une machine à sous. Car enfin, seuls les chanceux gagnent le gros lot. Les autres regardent Nicolas Sarkozy triompher à la télévision" : Antonio Morales Riveira, Terra Magazine (Argentine), dans un article titré Sarkozy, la politique de l'érection permanente.

i5961the_times"Pour son plus grand malheur, Sarkozy semble toujours frôler la "cool attitude" sans jamais l'atteindre. Il lui manque au moins 5 centimètres pour pouvoir porter des lunettes de soleil aviateur à verres réfléchissants ; grassouillet, il a tout juste 5 kilos de trop pour faire comme Poutine et tomber la chemise en public ; à 52 ans, il est trop vieux de cinq ans pour être pris en photo enlaçant la taille dénudée d'une femme de 39 ans. (...) Ce n'est pas un hasard si Nicolas Sarkozy est désormais affublé du surnom américanisant de "Président Bling-Bling". Il évolue dans un monde tapageur, fait de paparazzi, de micros tendus et de jets privés mis à disposition par des amis milliardaires. (...) De ce côté-ci de la Manche, les maladresses du chef de l'Etat français, son côté "nouveau riche" et ses faux-pas nous paraissent tout bonnement comiques, voire rafraîchissants après la pompe empesée des années Chirac. Mais pour beaucoup de Françaises et de Français, et pas forcément les plus traditionalistes ou les plus âgés, le "Sarko show" a des allures de soap opera mortifiant, une énième preuve du fait que la pipolisation à l'anglo-saxonne est en train de phagocyter les valeurs de la France éternelle. L'économie française est dans une situation alarmante, et alors que le président part en vacances au soleil avec un cortège de 26 véhicules et une belle héritière italienne, les Français ne se sont jamais sentis aussi pauvres depuis le début des années 1990. (...) Alors que son histoire d'amour avec l'opinion française commence à tourner au vinaigre, Sarko devrait revoir son scénario et, cessant de porter son coeur en sautoir, comme il le fait, le passer au poignet, avec sa montre au luxe clinquant" : Ben Macintyre, The Times (Angleterre), dans un article titré De l'élégance, que diable !

logo_home"A Paris, on s’est beaucoup gaussé des Italiens mais, à vrai dire, le coeur n’y est plus ; quand un Parisien rencontre un Italien, le nom de Carla Bruni ne tarde pas à être lâché, puis on repense à Berlusconi, enfin on commente les dernières pantalonnades de Sarkozy pour conclure fraternellement : “Chacun son tour !” A eux maintenant de se dépatouiller avec un leader embarrassant. A Paris et en France, la cote du “président people” est en chute libre ; et, à propos du “Sarkoshow”, depuis l’annonce des noces prochaines, les blagues vont bon train, du genre “trois mariages et un internement” et autres joyeusetés du même acabit" : Maria Laura Rodotá, Il Corriere della Sera (Italie), dans un article titré : C'est Berlusconi au carré !

tcuk_400x82_normal"Il n’y a pire imbécile qu’un vieil imbécile mais rien ne surpasse un vieil imbécile français, surtout quand il dirige le pays. Regardez Nicolas Sarkozy qui, transi d’amour, rêvasse dans Paris en faisant les yeux doux à Carla Bruni pendant que le reste du pays brûle des voitures ou se met en grève. Il suffit de voir Sarkozy sortir des eaux avec son top-model-devenu-chanteuse de treize ans sa cadette pour en avoir le rouge aux joues. (...) En d’autres termes, la France a réussi à élire un ado attardé à la présidence. (...) Et tout ça quelques jours après avoir rencontré Sa Sainteté le pape Benoît XVI, une rencontre au cours de laquelle Sarko a passé l’essentiel de son temps à loucher sur son portable pour voir s’il avait reçu des SMS, de la Bruni sans doute. C’est tout à fait le genre de chose que Paris Hilton ou Britney Spears, par exemple, pourraient faire, sauf que, pour leur rendre justice, aucune d’entre elles ne dirige la sixième économie du monde*" : Bryony Gordon, The Daily Telegraph (Angleterre), dans un article titré Quelque chose en lui de Britney Spears.

(Olivier Bonnet)

21.01.2008

Dominique de Villepin à nouveau convoqué chez les juges de Clearstream le 31 janvier

L'ancien Premier ministre Dominique de Villepin, mis en examen dans l'affaire Clearstream, sera à nouveau...L'ancien Premier ministre Dominique de Villepin, mis en examen dans l'affaire Clearstream, sera à nouveau entendu le 31 janvier par les magistrats chargés du dossier, a-t-on appris lundi de source proche du dossier.

Il s'agira de sa quatrième audition depuis sa mise examen en juillet 2007 pour "complicité de dénonciation calomnieuse, recel de vol et d'abus de confiance et complicité d'usage de faux".

M. de Villepin s'est également rendu à deux reprises dans le bureau des juges pour des confrontations, le 11 décembre 2007 avec Jean-Louis Gergorin, un ancien vice-président d'EADS lui aussi mis en examen, et le général Philippe Rondot, témoin-clef de l'affaire, puis le 12 décembre 2007 avec le général Rondot.

Lors de la confrontation du 11 décembre, M. Gergorin avait pour la première fois rejoint le général Rondot pour dire notamment que Dominique de Villepin était intervenu en mars 2004 pour faire libérer Imad Lahoud - falsificateur présumé des listings - alors placé en garde à vue dans une affaire d'escroquerie.

Si des liens entre les deux hommes étaient établis cela renforcerait la thèse de l'implication de M. de Villepin dans cette affaire de dénonciation calomnieuse.

M. de Villepin a toujours nié être intervenu en faveur de M. Lahoud. Les deux hommes affirment ne pas se connaître.

Les juges Jean-Marie d'Huy et Henri Pons enquêtent depuis septembre 2004 sur cette affaire de dénonciation calomnieuse visant des personnalités industrielles et politiques, dont l'actuel chef de l'Etat Nicolas Sarkozy, par le biais de faux listings bancaires de la chambre de compensation financière Clearstream. (AFP)

Villepin, mes nuits d'encre

Une fois n'est pas coutume, ce n'est pas d'animal politique qu'il s'agit, ni d'homme embourbé dans les méandres politico-judiciaires. Dominique de Villepin, ex-Premier ministre et nouvel avocat du barreau de Paris, se distingue par un nouvel écrit, Hôtel de l'insomnie. Une oeuvre réussie, où transparaît son goût du romantisme, incarné dans les poètes dont il se fait le laudateur.

Les tempêtes. Ceux qui ne l'aiment pas affirment qu'il les provoque; ceux qui l'aiment soulignent qu'il les affronte. On s'accordera à dire qu'il n'observe pas la grêle dévaster des champs de vie entière derrière une fenêtre à double vitrage. Dominique de Villepin, Premier ministre de la France de 2005 à 2007, ne sait pas vivre les bras croisés. Il est ainsi fait. Orgueilleux, singulier, excessif, tourmenté. La victoire l'exalte (comme tout le monde); la défaite l'exhorte (comme personne). C'est sa faille et sa force. Un goût du romantisme hors cadre. On sent bien qu'il accepterait d'être mis à terre mais uniquement par un désastre tombé du ciel. Il est entré dans le monde politique, certain de tutoyer grands hommes et hauts faits. Il a découvert avec fracas, à force de croiser valets et pantins dans les allées du pouvoir, que les êtres de chair et de sang se rencontraient avant tout en littérature. Il revient donc, aujourd'hui, avec Hôtel de l'insomnie. On n'y trouve aucun propos sur ses désastres (la dissolution de l'assemblée nationale en 1997), ses réussites (la baisse du chômage), ses échecs (la crise du CPE), ses gloires (le discours antiguerre à l'ONU en 2003), ses orages (l'affaire Clearstream). Mais, en même temps, tout est là. L'auteur du Soleil noir de la puissance (Perrin, 2007) y parle, à travers Borges, Bataille, Baudelaire, Pascal, Césaire, Kafka et beaucoup d'autres, de la littérature comme d'une poigne intérieure.

"Pour rester vivant, il faut se transformer"

Dominique de Villepin, assis dans son bureau du Centre de conférences internationales, converse avec les mains. Comme tous ceux dont une courtoisie d'adulte peine à éteindre une colère d'adolescent. Il évoque son lien fou et fort avec la littérature. "Je ne mets pas la beauté et le talent sur une étagère. Les grands auteurs sont au rendez-vous des moments importants de notre vie. J'ai écrit Hôtel de l'insomnie durant ma deuxième année d'exercice à Matignon, en début de nuit. C'est une année de questionnement. J'ai voulu établir une continuité humaine avec mon action d'homme politique. C'est-à-dire rester sur un travail de conscience. Je serais incapable d'écrire un livre d'anecdotes politiques pour distribuer les bons et les mauvais points. Je ne l'ai jamais fait; je ne le ferai jamais. Ce n'est pas mon rapport à la littérature. Hôtel de l'insomnie est un livre de nécessité. J'avais besoin de l'écrire pour être capable d'aller au jour suivant."

Hôtel de l'insomnie, bien loin du trop pompeux et trop fougueux Eloge des voleurs de feu (Gallimard, 2003), se révèle une réussite. Dominique de Villepin y raconte, à voix haussée et à voix cassée, des vies et des oeuvres d'écrivains soudées par le courage. Comment affronter la peur de soi et des autres dans un monde déchiré? Chacun des auteurs choisis aide à rester à vif. "Il faut être une conscience qui réfléchit et qui agit. Ne pas s'installer. Etre dans la prise de risque. Savoir dépasser les frontières dans lesquelles on est enfermés. Pour rester vivant, il faut se transformer. Je veux montrer, dans mes livres, comment un homme arrive à changer et comment, quand il ne peut plus changer, il dépérit. Le mauvais sort peut parfois être une bonne chose. Les épreuves permettent d'aller au bout de soi-même."

"La poésie est une manière de se désinstaller"

On croise sans surprise, dans Hôtel de l'insomnie, Rimbaud, Darwich, Artaud, Char. Les plus belles pages sont celles consacrées à Fernando Pessoa. L'auteur du Livre de l'intranquillité, aux multiples noms d'emprunt, incarnation de la "grandeur obscure". Dominique de Villepin, homme aux visages contrastés, complexes, contrariés, contradictoires, saisit avec fulgurance ce que c'est que d'avoir plusieurs personnalités en une seule. Une paix intérieure toujours au bord de la guerre extérieure. L'amour de la littérature aide à être mais pas forcément à faire.

Bruno Le Maire, ancien directeur de cabinet de Dominique de Villepin, raconte les années Matignon 2005-2007 dans Des hommes d'Etat (Grasset, 2008). Il y a cette scène où Nicolas Sarkozy (trop de son temps) somme, sur le mode humoristique, Dominique de Villepin (pas assez de son temps) de choisir entre la poésie et la politique. Ça sera la poésie parce que la beauté peut être l'affaire d'une vie entière. Dominique de Villepin nie, bien sûr, avoir à choisir entre les deux. "Je ne vis pas dans la nostalgie d'un ailleurs. Je veux vivre mon siècle et mon pays. La poésie est une manière de se désinstaller. Comment éviter, lorsque l'on est au pouvoir, d'être son propre objet d'ambition? La politique est pleine de miroirs. On devient vite prisonnier du regard des autres avec le risque de ne plus s'appartenir. Il faut se ressourcer. Etablir une pudeur, un silence, un mystère. On se retrouve sinon coupé de sa réalité: on n'est plus qu'un reflet."

Hôtel de l'insomnie ne contient aucun règlement de comptes. C'est presque pire. Le livre tout entier, par les auteurs vénérés, définit une conduite de vie. "J'ai été marqué, dès la cour de récréation, par tout ce qui touche à l'ironie et à la dérision. Je suis porté par le partage. J'ai choisi, dans Hôtel de l'insomnie, des êtres rugueux, ancrés dans la réalité, courageux, qui ne jouent pas avec les idées et les mots. Des êtres qui paient comptant."

"Je ne m'aime pas, je me suis assumé"

Dominique de Villepin y cite le télégramme de l'explorateur Jean Charcot envoyé à l'Académie des sciences: "Avions rêvé davantage. Avons fait du mieux possible." Hôtel de l'insomnie n'est pas un adieu à la politique. "On peut vivre de mille regrets. Mais j'ai poussé à l'extrême ce que je pouvais donner, j'ai eu la conscience tragique de l'action que je menais. La politique a des travers. Car parfois, pour atteindre un but, il faut prendre des chemins détournés." Dominique de Villepin, qui vient de prêter serment pour devenir avocat, se retrouve à un tournant de sa vie. Mais il donne l'impression de s'aimer beaucoup trop pour ne pas penser que seuls les autres ont tort. "Je ne m'aime pas. Je me suis construit à partir d'épreuves et de déchirures. Je me suis assumé, dès enfant, dans ma différence. On n'est pas tous pareils. Je peux paraître hautain parce que je ne me donne pas d'emblée. Mais, pour employer un mot que je déteste, je ne deale jamais. Je mets du poids dans ce que je fais."

On n'entend pas tout et le contraire de tout sur lui. Il se lie et se délie dans l'éclat. De la meilleure amie (la réalisatrice Danièle Thompson) au meilleur ennemi (le journaliste Franz-Olivier Giesbert). On dit Dominique de Villepin fidèle et rancunier. "Mes rancunes ne bronchent pas. Mais comment est-ce qu'on réinvente une relation avec quelqu'un, quand on a le sentiment d'avoir été trahi? C'est difficile mais pas impossible."

Hôtel de l'insomnie est écrit pour éloigner rancunes et amertumes. Dire son admiration (René Char); faire partager (Paul Celan). Dominique de Villepin jure ne pas (ne plus) avoir besoin de reconnaissance. "C'est un des fossés entre Nicolas Sarkozy et moi. Je lui ai dit, dès le premier jour, que je ne serai pas candidat. Il ne m'a pas cru. Il n'a jamais voulu comprendre que je ne voulais rien." Dominique de Villepin assure que l'on peut vivre une vie d'homme sans aucune gloire. "La discrétion est une qualité essentielle. Je regrette de ne pas avoir été plus discret par le passé." On ne sait s'il dit faux, s'il dit vrai, s'il a changé, s'il a encore changé. Il a découvert de nombreuses fois de petites plaquettes de poètes inconnus aux mots bouleversants. Il a vu de nombreuses fois des plaques de résistants morts pour la France dont on ne sait plus rien aujourd'hui. On passe sa vie sans laisser de trace et ça n'a aucune importance. Ça ne se joue pas comme ça. Dominique de Villepin dit que les raz de marée assumés et regardés bouleversent en profondeur un homme. On rencontre d'autres gens; on entend d'autres voix; on voit d'autres paysages. Car c'est uniquement ça qu'il ne faut pas: que la vie passe sans laisser de trace.

Marie-Laure Delorme (JDD)

18.01.2008

CSA : conseil supérieur de l'arbitraire

Alors que le chef de l'Etat s'implique personnellement dans la campagne pour les municipales et totalise avec ses partisans jusqu'à 70% du temps de parole à la télévision, le CSA refuse toujours de comptabiliser ses interventions. Une entreprise de propagande sans précédent dans la République française.

070126_csa_boyonMichel Boyon, Président du Conseil Supérieur de l'Audiovisuel, a osé affirmer que le président de la République "était un acteur institutionnel qui ne relevait pas du débat partisan". Par conséquent, il refuse que son temps de parole dans les médias soit comptabilisé, comme le lui demandait à nouveau hier François Hollande, Premier secrétaire du PS. Aujourd'hui en effet, l'opposition parlementaire dispose d'un tiers, un autre tiers étant dévolu à la majorité et le dernier tiers au gouvernement. Ce qui fait déjà deux tiers pour la droite ! Mais en plus de ça, Sarkozy peut se répandre dans les médias tout son soûl sans que ça ne compte ? L'argumentation de Hollande est ainsi on ne peut plus irréfutable : "Comment accepter que le chef de campagne de l'UMP puisse intervenir à tout moment à la télévision, et sans ouvrir droit à la réponse du PS ?" Chef de campagne de l'UMP ou Président en dehors du débat partisan ? La réponse coule de source si l'on se base sur un simple fait : Sarkozy s'est rendu en personne devant le Conseil national de l'UMP lançant la campagne des municipales ! Du jamais vu. Il en convient du reste lui-même : "On me dit, et c’est une première rupture que je souhaite, qu’un Président de la République ne va pas parler devant les militants du parti où il a milité toute sa vie politique durant." Forcément, sinon comment préserver la fiction d'un Président au-dessus des partis ? On a donc à la fois un CSA qui justifie ainsi son immobilisme : "les temps de parole du Président de la République n'ont jamais été pris en compte pour l'application des règles relatives au respect du pluralisme", et un Sarkozy qui explique clairement qu'il change la pratique présidentielle ! Ce qui impose de modifier en conséquence la règle, c'est évident : la thèse du Président en dehors des partis ne tient plus lorsqu'il s'en va lancer la campagne des municipales pour le compte d'un parti, justement. La malhonnêteté intellectuelle de Boyon confine donc au foutage de gueule intégral. Mais pouvait-on attendre autre chose de la part de l'ancien directeur de cabinet du Premier ministre UMP Raffarin ? Comment dès lors ne pas conclure avec Hollande que le CSA est "le conseil supérieur de l'arbitraire" ?

medium_IMG_0953pubFace à cette situation scandaleuse, un autre socialiste, Laurent Fabius, réagit en créant une "pétition populaire pour l'égalité audiovisuelle". Quoi que l'on pense de la personnalité de l'ancien Premier ministre, la cause est juste : "Les médias audiovisuels ont pris une place décisive dans l’équilibre de notre démocratie. Actuellement, cet équilibre est bafoué puisque le temps de parole considérable du Président de la République et de ses conseillers dans les médias n’est pas comptabilisé. Il n’est légalement pas prévu pour les forces démocratiques de lui répondre d’une façon égale. C’est d’autant plus inquiétant qu’une partie des médias audiovisuels et de presse écrite est la propriété de groupes industriels et financiers proches du pouvoir". Et quand on parle de "temps de parole considérable", c'est un euphémisme ! Acrimed, s'appuyant sur les chiffres officiels publiés par le CSA, relève ainsi l'Omniprésence chiffrée du clan Sarkozy, suivant l'exemple des mois de juillet et août derniers : "les téléspectateurs ont donc eu droit, en tout, à 31 heures et 46 minutes de parole présidentielle (et très certainement beaucoup plus en images et en commentaires journalistiques). Si l’on y ajoute les 1 heure et 14 minutes de ses collaborateurs (Henri Guaino, David Martinon...), les médias télévisuels ont octroyé au discours élyséen 22% du temps politique total."  Rupture là encore, puisque les prédécesseurs de Sarkozy étaient loin d'une telle présence télévisuelle : "si le CSA garde jalousement les données les plus essentielles (celles qui, concernant les journaux télévisés, permettraient de réaliser des comparaisons quantitatives entre Présidents), il a néanmoins publié les temps de parole du chef de l’Etat «toutes émissions confondues» entre 1989 et 2005. Ceux-ci révèlent que, sur la totalité des périodes hors actualité électorale et sur les trois premières chaînes, les présidents François Mitterrand et Jacques Chirac arrivaient en moyenne à 7% du temps de parole politique total", expose Acrimed. Faites le calcul : Sarkozy squatte les écrans trois fois plus ! "C’est pourquoi nous exigeons, conclut la pétition fabiusienne, qu’une disposition constitutionnelle soit adoptée, qui impose désormais le respect d’une vraie règle des trois tiers pour les temps de parole audiovisuels : un tiers pour le Président de la République, ses collaborateurs et le gouvernement, un tiers pour la majorité, un tiers pour les forces d’opposition. Seule cette règle sera de nature à freiner la saturation et la propagande actuelles, et à amener un meilleur équilibre indispensable à notre démocratie".

Noam2Oui, aujourd'hui, la télé "dégouline de sarkozisme", suivant la formule de Fabius : pour reprendre les derniers chiffres disponibles, qui concernent donc juillet et août, les partisans de Berluscozy, à savoir lui-même, le gouvernement, les membres de l'UMP et ceux du Nouveau centre, totalisent ensemble 69,9% du temps de parole ! Lorsque s'exprime un politique sur nos écrans, c'est donc ainsi 7 fois sur 10 pour répandre la propagande du pouvoir. "La propagande est aux démocraties ce que la violence est aux dictatures", écrit Noam Chomsky. Cette analyse du linguiste américain ne pourrait mieux coller à la réalité de "la France d'après".

Olivier Bonnet

17.01.2008

«Ce que Dominique de Villepin vit est profondément injuste, l’histoire lui donnera raison», certifie Bruno Le Maire.

Le Maire proclame sa fidélité à Villepin. «Je lui dois tout.» En 1997, c’est à lui, secrétaire général de l’Elysée, que le jeune énarque a proposé ses services. Séduit par la passion gaullienne de cet esthète capable de détourner un cortège officiel pour aller saluer dans un cimetière berlinois les tombes de Hegel et de Brecht. Le Maire a été le plus ardent supporteur de cet homme «ombrageux, solitaire, jaloux et prisonnier de son immense liberté». Il a aimé sa manière de «faire de la politique en corsaire».

En juillet dernier, les juges ont interdit au mis en examen Villepin de rencontrer, entre autres, son ancien directeur de cabinet. Le Maire juge cette situation «surréaliste». Sur Clearstream, il ne sait «rien». Rien ? Mais alors, il n’y aurait pas d’affaire Clearstream ! Car comment imaginer qu’un Villepin coupable ait pu laisser dans l’ignorance celui qui fut son conseiller de tous les instants ? «Ce que Dominique de Villepin vit est profondément injuste, l’histoire lui donnera raison», certifie Bruno Le Maire.

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