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16.01.2008

Chute

EST-CE parce qu'elle a l'impression qu'il n'y a qu'un petit moteur de résultats sous un gros capot d'agitation que l'opinion se lasse ? Allez savoir... En tout cas, le dernier sondage BVA a pour Nicolas Sarkozy des parfums qui ne sont pas ceux d'Arabie. Si l'astre pâlit, ce n'est pas l'effet du hasard. La magie du discours opère moins. La politique de civilisation reste un concept trop vague pour ceux qui espèrent des choses beaucoup plus terre à terre comme l'amélioration de leur pouvoir d'achat. Quant à la vie privée du Président, c'est en permanence « au théâtre ce soir ».
On imagine qu'après ce coup de semonce, le chef de l'Etat et ses conseillers vont phosphorer pour essayer de comprendre pourquoi la machine qui fonctionnait à merveille les premiers mois a maintenant des ratés. Car l'heure est au mea-culpa. Certes, il n'y pas lieu de sonner le tocsin mais pour Nicolas Sarkozy il est temps de faire son autocritique, avant que la crise ne le rattrape vraiment. Alors que les municipales pointent le bout du nez, le chef de l'Etat serait bien inspiré de redevenir un actif plus mesuré et plus sage. C'est-à-dire moins de mise en scène et plus de retombées concrètes. Plus de modestie et de sobriété style Fillon que de mousse et d'initiatives en rafales. Davantage de clarté dans les propositions et une ouverture mieux cadrée afin que le travail gouvernemental ne tourne pas au cafouillis style Christine Boutin et Fadela Amara. Il doit enfin oublier la fascination de son ego pour se souvenir qu'il a un Premier ministre et un gouvernement pour l'aider à sortir le pays de l'ornière.
Alors que l'air des sondages se rafraîchit singulièrement au-dessus de l'Elysée, Nicolas Sarkozy sait qu'il commence à payer la facture de ce qu'il a promis et pas tenu. D'où cette chute dans les sondages, qui fait du bruit mais ne claque pas encore comme une gifle. Pour se rétablir Nicolas Sarkozy a deux solutions : prendre du champ, de la hauteur ou rester aux fourneaux en se dispersant moins pour obtenir de meilleurs résultats. Connaissant son tempérament, on devine qu'il va choisir la deuxième solution. Mais il y a un problème. Comme la croissance ne se décrète pas, le chef de l'Etat va se heurter aux limites du volontarisme politique. Et ça, c'est mauvais pour la confiance.
Edito de Pierre Taribo (l'Est Républicain)

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