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27.12.2007

Nicolas et Carcilia par Serge Hefez (Psychiatre)

Diderot soulignait dans Le Paradoxe sur le comédien que rien ne réclamait plus d’artifice que l’expression de l’authenticité. Ségolène Royal, en son temps, a largement fait les frais de n’avoir pas assez travaillé sa diction et sa mimique, apparaissant injustement fausse et guindée dans ses moments de plus grande sincérité.

Cette expression d’une authenticité émotionnelle ne semble jamais faire défaut à notre fringant président, le cœur en bandoulière, l’œil humide et la voix vibrante de passion contenue.

Il pourrait incarner à merveille l’homme contemporain qui s’investit tout autant sur le terrain de l’intime que sur celui de la sphère publique, qui entremêle avec virtuosité vie privée et exercice du pouvoir, à l’aise en jogging comme en smoking, chez Disney ou à l’Elysée.

L’individu moderne se doit en effet d’être habité par une intelligence émotionnelle, il refuse les codes et les étiquettes, il explore toutes les facettes de lui-même. Les hommes accomplissent ainsi à rebours le destin de ces femmes qui depuis un demi-siècle ont su enrichir la palette des rôles prescrits, épouses, mères et amantes, pour investir le monde de la politique, de la connaissance et de la décision.

A cet égard, Nicolas Sarkozy est un modèle : papa poule ému et protecteur de son petit dernier qu’il dépose à l’école le matin, beau-père irréprochable d’une famille recomposée idéalement affichée lors de son investiture, mari transi d’amour qui nous émeut aux larmes avec ses déboires conjugaux, il se transmute instantanément en play-boy flamboyant qui fait craquer une starlette. Sans oublier le super-héros qui libère les infirmières bulgares en laissant sa gloire rejaillir sur sa compagne, qui sue sang et eau pour sauver l’équipage de l’Arche de Zoé ou qui s’empoigne virilement avec les marins pêcheurs.

Je vous parie une bouteille de champagne que dans un mois il sera à nouveau marié et dans trois ans divorcé, son modèle tient davantage de la série que du roman, du feuilleton télévisé que du film d’aventure, il faut à chaque épisode relancer le scénario, et pour l’instant, pas de grève en vue chez les scénaristes de l’Elysée. A ce jour, le décor de ce spectacle permanent tient tout à la fois du show-biz que de la cour de Louis XIV : les courtisans se succèdent et sont bannis ou congédiés à un rythme échevelé, les favorites dévoilent leurs appas…

On peut ironiser longtemps sur ces scénographies et ces effets d’annonce, le prisme vertigineux des personnages du président finit par susciter un réel malaise. Tous les chefs d’Etat, Mitterrand et Chirac en tête ont menti comme des arracheurs de dents ; certains, tel Berlusconi, se mettent en scène avec un cynisme si évident qu’ils en deviennent grotesques et pathétiques. Mais pour ceux-là, la vérité transparaît toujours derrière la dissimulation. Le vrai et le faux se devinent car les mensonges affectent la fonction et non la personne. Une fausse note fait à coup sûr dérailler la musique.

Sarkozy a ceci de particulier qu’il semble toujours chanter juste, que ses mots jaillissent de l’âme, que sa vérité est à fleur de peau. Au point de faire surgir cette inquiétante question : sait-il au moins lui-même où sont ses vérités, ses convictions profondes, son centre de gravité, ce qui au plus profond de lui « sonne juste » ? Que cherche-t-il à dissimuler derrière cet étalage hyperréaliste de ses vies publiques et privées ? Une insécurité fondamentale, une rivalité inassouvie, un insondable besoin de réassurance, une soif d’amour qui aspire tout dans un gouffre béant… ?

Que Carla succède à Cécilia (avez-vous remarqué à quel point elles se ressemblent ?), qu’elle soit elle-même une bête de spectacle, une croqueuse de stars, qu’ils se redorent réciproquement leurs blasons n’y change rien : c’est l’homme Sarkozy qui occupe la scène, c’est l’individu président qui nous envahit sur un tempo obsédant.

Au nom d’une modernité, d’une efficacité et d’une authenticité affranchies des codes et des rituels désuets du pouvoir, c’est la fonction de représentation du pays qui se réduit à l’incarnation d’un destin personnel, c’est le bien commun et collectif qui se dissout dans un individualisme démonstratif et conquérant.

 Serge Hefez

26.12.2007

Ce n'est pas une surprise, il l'avait dit !

Dominique de Villepin nous avait prévenu : "Attendez vous à voir sortir dans la presse de nouveaux articles distillant des informations éhontées et orientées !"

Eh bien c'est fait !  à l'image de l'article du JDD de dimanche.

Et comme dit Frédéric http://2villepin.free.fr/, l'hallali continue !!

Est-ce un hasard ????

Extrait :

Dominique de Villepin de nouveau contredit. Selon les informations du JDD, les juges en charge de l'affaire Clearstream viennent de recevoir une note faisant état de rencontres fréquentes entre Jean-Louis Gergorin et l'ex-ministre début 2004, au moment où les listings ont été falsifiés. Un point que Villepin a toujours nié, mais que plusieurs témoignages corroborent.

Les juges de l'affaire Clearstream viennent, selon nos informations (JDD), de recevoir un rapport embarrassant pour Dominique de Villepin. Il s'agit d'une commission rogatoire exécutée et retournée récemment par les policiers de la Division nationale des investigations financières (DNIF). Passant au tamis les nombreux documents qu'ils avaient saisis lors de leurs perquisitions, les enquêteurs ont déniché une petite pépite. Il s'agit d'une courte note, rédigée en juillet 2004 par un responsable de la sécurité d'Airbus, Marc Deparis, dans un style télégraphique proche de celui du général Rondot.

Selon cette note, Jean-Louis Gergorin se rendait trois fois par semaine Place Beauvau en juin-juillet 2004. Or le ministre de l'Intérieur d'alors, Dominique de Villepin, a toujours assuré aux juges qu'il ne voyait que très peu son ami Gergorin à cette période dangereuse, celle où les listings Clearstream envoyés à la justice se sont révélés être des faux grossiers. Dominique de Villepin répète, en outre, que ce dernier ne lui a jamais remis de document relatif à cette affaire.

Reste une question, centrale: quel sort les juges d'instruction entendent-ils réserver à l'ancien Premier ministre ? Rien ne les empêche, à terme, de le renvoyer devant le tribunal correctionnel en compagnie des autres mis en examen (Gergorin, Lahoud, Bourges et Robert). Sauf que si Dominique de Villepin arrive à convaincre la justice qu'il a agi de bonne foi, les poursuites pénales ne tiennent plus. Pour l'instant, il oublie ses soucis... et passe ses vacances en famille aux Seychelles. (source : JDD)

21.12.2007

Henri Guaino demande à "regarder la vérité en face" sur "les racines chrétiennes de la France" évoquées par Sarkozy

PARIS - Henri Guaino s'est indigné vendredi qu'on ne puisse plus "regarder l'histoire en face", en réaction à des questions sur les déclarations de Nicolas Sarkozy la veille au Vatican rappelant les "racines chrétiennes de la France".

"Qu'est-ce c'est que ce monde dans lequel on ne peut plus jamais dire la vérité, plus jamais regarder l'histoire en face?", a lancé sur Canal+ le conseiller spécial du président, qui faisait partie du voyage à Rome.

"Dès lors que vous êtes français et que vous vous reconnaissez dans la France, la France a des racines chrétiennes, ça n'a rien à voir avec la question de la laïcité", a-t-il ajouté, rappelant que "l'histoire de la France, la culture de la France, la civilisation française, comme la civilisation européenne d'ailleurs, ont des racines chrétiennes".

"C'est comme (...) si vous faisiez l'impasse sur huit siècles de monarchie française. Ce serait ridicule. Ce n'est pas être monarchiste de dire que la France a été faite pas les Capétiens", a observé Henri Guaino.

Fait "chanoine honoraire" de la basilique Saint-Jean-de-Latran, le président de la République a estimé au cours de la cérémonie jeudi qu'il fallait "assumer les racines chrétiennes de la France, et même les valoriser, tout en défendant la laïcité parvenue à maturité".

"Face à l'effacement des repères, face aux bouleversements que connaissent nos sociétés, je veux dire aussi par ma présence que nous avons besoin de la contribution de l'Eglise catholique, comme de celle des autres grands courants religieux et spirituels, pour éclairer nos choix et construire notre avenir", a ajouté le chef de l'Etat, qui a rencontré le pape Benoît XVI à l'occasion de sa première visite au Saint-Siège depuis sa prise de fonctions. AP

20.12.2007

Et pendant ce temps là, la France s’enfonce dans la faillite !

Personne n’est vraiment dupe, mais tout le monde se laisse prendre. Vous-même, amis internautes, vous rechechez plus souvent Cécilia, Rachida, Laurence ou Carla (Sarkozy, Dati, Ferrari ou Bruni) - merci à Guy Birenbaum d’avoir noté la belle allitération - plutôt que récession, taux d’intérêts, pouvoir d’achat, ou luttes sociales.

C’est la comédie du pouvoir, c’est la grimaldisation de la vie politique française, c’est une vieille ficelle : j’apprenais en cours d’histoire que Louis XIV avait utilisé le spectacle de la Cour et de ses petits commérages pour mettre au pas les grands seigneurs féodaux. Je me souviens qu’alors je me demandais comment les seigneurs avaient pu être assez bêtes pour s’y laisser prendre.

C’est donc la séquence Carla qui commence et occupe toutes les unes et tout le net. Et pendant ce temps là ?

Pendant ce temps là, la France s’enfonce dans une crise d’une ampleur sans équivalent.

Le Monolecte soulève le voile : curieuse année, sans recettes de Téléthon, sans spectateurs dans les salles obscures... sans pouvoir d’achat, en fait. Les classes moyennes s’appauvrissent, dans l’indifférence générale.

La bourse ? Ca va mal. Pour la première fois depuis 2001, on va assister à une année sans profits. Ca va peut-être enfin faire réfléchir les imbéciles de financiers qui pensent qu’on peut gérer des entreprises en ignorant qu’il y a des hommes, des talents, des savoir-faire et des consommateurs. En tous cas, ce n’est pas là que les choses redémarrent.

Commerce extérieur ? Ca cartonne pour les Allemands, ca va très bien pour la zone euro, mais la France, avec un déficit de 3,6 milliards, fait la pire année de toute son histoire.

L’inflation ? Elle repart à la hausse, diminuant encore plus le pouvoir d’achat des Français.

La croissance ? En berne. On chipote pour savoir si Lagarde a raison d’annoncer 2 %, et tout le monde sait qu’il en faudrait au moins trois.

Marges de manoeuvre ? Il n’y en a plus. le gouvernement a tout dilapidé avec ses 15 milliards d’euros (par an) de cadeaux fiscaux aux plus riches, et Bruxelles, ulcérée, a la France dans le collimateur.

Sarkozy est l’homme fort depuis 5 ans. la France va super mal. La cocotte minute chauffe, chauffe. Les pires méthodes ressurgissent : bouc émissaires, répression policière, écrans de fumée, chiffres trafiqués.

Déficit de la sécu ? Endettement de l’Etat ? Arrêter, il y a de quoi pleurer !

Il faudra bien qu’un jour la France constate la gravité de la situation. Il faudra bien aussi que les médias, les blogs, les citoyens trouvent une riposte à l’instrumentalisation de la peopolitique par un pouvoir qui ne sait plus comment dissimuler ses turpitudes.

(source : Betapolitique)

Clearstream : MAM entendue demain

             La ministre de l'Intérieur, Michèle Alliot-Marie, sera entendue demain après-midi en tant que témoin pour la seconde fois par les juges de l'affaire Clearstream qui souhaitent préciser son degré de connaissance de ce dossier de dénonciation calomnieuse.

Le Conseil des ministres avait autorisé le 21 novembre Mme Alliot-Marie à répondre à la demande des juges Jean-Marie d'Huy et Henri Pons qui souhaitaient l'entendre à titre de "simple témoin".

Michèle Alliot-Marie avait déjà été entendue le 9 novembre 2006 sous le même statut pendant plus de onze heures par les deux magistrats alors qu'elle était ministre de la Défense et numéro trois du gouvernement de Dominique de Villepin.

Les magistrats cherchent à déterminer le degré de connaissance qu'elle a eu, en 2003 et 2004, de l'affaire Clearstream dans laquelle M. de Villepin a été mis en examen le 27 juillet.

Source : AFP

17.12.2007

Goulard attaque Sarkozy

"Aucune réforme décisive" n'a été adoptée depuis sept mois sous la présidence de Nicolas Sarkozy, estime le député UMP (villepiniste) François Goulard dans un article publié par la revue "Acteurs de l'économie" dans son numéro de janvier.

"Pour l'instant, si beaucoup de sujets ont été abordés, si la plupart des mesures annoncées vont dans le bon sens, aucune réforme décisive, aucun changement majeur, aucune orientation nouvelle vraiment significative n'ont été adoptés", estime l'ancien ministre délégué à la Recherche dans le précédent gouvernement de Dominique de Villepin.

Le service minimum dans les transports voté en juillet est "une simple obligation de négocier". L'autonomie des universités "ne résout évidemment pas tous les problèmes de notre enseignement supérieur". Quant à la réforme des régimes spéciaux de retraite, "avec 200 millions d'euros d'économie sur cinq milliards de coût pour la collectivité, nous sommes loin du compte", estime François Goulard.

Le député UMP du Morbihan craint donc que le quinquennat de Nicolas Sarkozy soit "une suite d'annonces tonitruantes et de demi-réformes présentées comme des révolutions". "Dans la plupart des domaines abordés, la réflexion a été courte et dans beaucoup d'autres, c'est le vide", juge-t-il en mentionnant l'assurance-maladie, l'éducation, l'
organisation
territoriale et la politique fiscale.

Source : AFP

 

14.12.2007

Constat de désaccords entre Villepin et Gergorin

Dominique de Villepin a exprimé des divergences sur plusieurs points avec Jean-Louis Gergorin.

Dominique de Villepin a exprimé des divergences sur plusieurs points avec Jean-Louis Gergorin.

La réunion judiciaire de trois des principaux protagonistes de l’affaire Clearstream a permis de faire apparaître des divergences de plus en plus prononcées. Elles opposent principalement Jean-Louis Gergorin, mis en examen pour dénon­ciation calomnieuse et Dominique de Villepin, mis en examen pour complicité.

Mardi, celui qui était au mo­ment des faits ministre des Affaires étrangères a été confronté à l’an­cien vice-président d’EADS, en compagnie du général Philippe Rondot, témoin assisté. L’audition simultanée des trois hommes par les juges d’Huy et Pons a plusieurs fois placé l’an­cien premier ministre en désaccord avec ses interlocuteurs.

Le nombre de rendez-vous. Après la réunion de 40 minutes des trois hommes, le 9 janvier 2004 au Quai d’Orsay, Jean-Louis Gergorin affirme qu’il a rencontré Dominique de Villepin une nouvelle fois à la fin du mois de février 2004. L’ancien premier ministre s’inscrit en faux.

La médaille de Gergorin . Un autre différent de date oppose les deux hommes. Le vice-président d’EADS affirmait jusque-là qu’il avait été décoré de l’ordre national du Mérite par le ministre le 6 avril 2004. Dominique de Villepin a toujours affirmé, dans ses notes, que la date était fausse. Mardi, Jean-Louis Gergorin est effectivement revenu sur ses déclarations, mentionnant cette fois le 14 avril. Au cours de cette seule journée, le vice-président d’EADS aurait donc tenu le matin «  une réunion de mise au point  » avec le général Rondot qui aurait fait part de ses « doutes » sur les listings. Il aurait ensuite rencontré l’avocat Thibault de Montbrial dans la perspective de faire parvenir les listings au juge Van Ruymbecke. Le soir, ensuite, avait lieu la cérémonie de décoration.

L’intervention en faveur d’Imad Lahoud. Pour la première fois, mardi, Jean-Louis Gergorin a affirmé que Dominique de Villepin était intervenu en mars 2004 pour faire libérer l’informaticien alors que celui-ci était en garde-à-vue dans une affaire d’escroquerie totalement étrangère au dossier Clearstream.

Les policiers avaient découvert dans les affaires de leur suspect un document signé de la main du vice-président d’EADS et évoquant une mission antiterroriste. Averti par la police, Jean-Louis Gergorin avait prévenu à son tour Dominique de Villepin qui aurait alors réclamé au général Rondot de faire le nécessaire. Cet élément milite pour l’existence d’un lien entre Imad Lahoud et Dominique de Villepin. Ce lien n’a pourtant pas été consigné par le général Rondot dans ses carnets.

La réunion du 19 juillet 2004. Cet épisode concerne Dominique de Villepin et le général Rondot. Ce jour-là, le conseiller pour le renseignement et les opérations spé­ciales du ministère de la Défense est convoqué par celui qui est devenu entre-temps ministre de l’Intérieur. Le ministre donne alors mission à la DST d’intervenir sur le dossier mais sans l’avertir de l’enquête alors lancée depuis sept mois par le général Rondot. Deux semaines plus tard, le militaire a la conviction que les listings sont faux. Cela ne stoppera pas la manipulation présumée.

Lors de la confrontation entre les trois hommes, Philippe Rondot a affirmé qu’il était «convaincu de la bonne foi de Jean-Louis Gergorin». Si tel est le cas, l’hypothèse d’une action conjointe entre Dominique de Villepin et Imad Lahoud serait à envisager. Mais l’informaticien, qui sera entendu mercredi prochain, a toujours affirmé qu’il n’avait pas tenu ce rôle. (Le Figaro)

13.12.2007

Clearstream: confrontation entre Villepin et Rondot

Dominique de Villepin et le général Philippe Rondot ont confronté mercredi, devant les juges, leurs versions sur le contenu de leurs rencontres dans le cadre de l'affaire Clearstream, selon des sources proches du dossier.

Les deux hommes avaient déjà participé mardi une confrontation plus générale avec l'ex-vice président d'EADS Jean-Louis Gergorin.

Entamée vers 14H00, la nouvelle confrontation a pris fin peu avant 19H30.

L'ancien Premier ministre, mis en examen dans cette affaire, était accompagné par ses avocats, Me Olivier d'Antin et Luc Brossolet, et le général Philippe Rondot, témoin clef du dossier, par son conseil Eric Morain. Aucun n'a fait de déclaration.

Les juges Jean-Marie d'Huy et Henri Pons enquêtent depuis septembre 2004 sur cette affaire de dénonciation calomnieuse visant des personnalités industrielles et politiques, dont l'actuel chef de l'Etat Nicolas Sarkozy, par le biais de faux listings bancaires de la chambre de compensation financière Clearstream.

Dominique de Villepin est soupçonné d'avoir voulu utiliser ces listings pour déstabiliser l'ancien ministre de l'Intérieur et lui barrer la route vers l'Elysée.

C'est le 9 janvier 2004 au quai d'Orsay que M. de Villepin, alors ministre des Affaires étrangères, et le général Rondot, spécialiste du renseignement, évoquent ensemble pour la premières fois ces fameux listings, en présence de M. Gergorin.

M. de Villepin affirme avoir demandé à l'officier de le "tenir informé" de l'enquête qu'il menait à ce sujet pour le ministère de la Défense mais, selon l'officier, la mission confiée était bien plus large et portait sur les titulaires présumés des comptes.

Les deux hommes se sont revus six mois plus tard, le 19 juillet, à l'initiative de M. de Villepin. Mais ce dernier, devenu entre-temps ministre de l'Intérieur, avait saisi début juillet la Direction de la surveillance du territoire (DST) d'une autre enquête sur les listings.

Le ministre et le général se reverront ensuite à six reprises au cours du deuxième semestre 2004, selon une source proche du dossier.

Le général, qui a pris des notes sur chaque entretien, affirme avoir alerté M. de Villepin dès le 19 juillet, puis à chacune de leurs rencontres, sur le fait que les listings étaient un montage et qu'il ne fallait pas donner suite à cette affaire.

"Le général Rondot s'est contenté, de façon vague, de me faire part de ses doutes, mais sans me fournir de preuve tangible", affirme M. de Villepin dans une note remise aux juges.

Lors de la réunion du 19 juillet, il explique avoir renvoyé le général Rondot vers la DST et dit n'avoir ensuite évoqué l'affaire avec le militaire qu'"en marge de brefs entretiens" consacrés à "l'affaire de nos otages en Irak". (L'Express)

11.12.2007

Affaire Clearstream: confrontation Villepin, Gergorin et Rondot au pôle financier

PARIS (AFP) - La confrontation entre Dominique de Villepin, Jean-Louis Gergorin, mis en examen dans l'affaire Clearstream, et le général Philippe Rondot, témoin clef de ce dossier de dénonciation calomnieuse, a débuté mardi vers 10H00 au pôle financier du palais de justice de Paris.

Jean-Louis Gergorin et le général Rondot, accompagnés de leurs avocats, sont entrés dans les locaux du pôle financier de Paris par la grande porte devant laquelle les attendaient de nombreux journalistes. Philippe Rondot, regard fixe, vêtu d'un imperméable vert et portant une petite mallette, est arrivé le premier à 9H37 avec son avocat Me Eric Morain.

Jean-Louis Gergorin, souriant, enveloppé dans un grand manteau bleu, l'a suivi à 9H48 escorté de ses deux avocats Mes Paul-Albert Iweins et Thierry Dalmasso.

Arrivé entre-temps en voiture, Dominique de Villepin a pénétré à 9H44 directement dans cette annexe spécialisée du palais de justice de Paris en empruntant le parking. Il a été rejoint par ses deux conseils, Mes Olivier d'Antin et Luc Brossollet. Aucun des trois hommes n'a souhaité faire de commentaire avant la confrontation qui, selon une source proche du dossier, pourrait se prolonger jusque dans la soirée.

Leur réunion du 9 janvier 2004 à l'origine de l'implication de l'ex-Premier ministre dans l'affaire Clearstream. devrait être évoquée lors de cette confrontation. C'est la première fois que l'ancien Premier ministre, l'ancien vice-président d'EADS, - tous deux mis en examen -, et l'ancien conseiller du ministre de la Défense pour le renseignement et les opérations spéciales - témoin assisté dans le dossier - sont confrontés depuis cette rencontre.

Les juges Jean-Marie d'Huy et Henri Pons, qui soupçonnent Dominique de Villepin d'avoir participé à une tentative de déstabilisation de Nicolas Sarkozy, datent à ce 9 janvier son implication présumée, dans cette affaire de dénonciation calomnieuse: la réunion s'était tenue au Quai d'Orsay dans le bureau du ministre des Affaires étrangères qu'était alors M. de Villepin.

Quelques jours auparavant, Jean-Louis Gergorin remet au général Rondot un listing bancaire de la chambre de compensation Clearstream pouvant compromettre une série de personnalités, dont Nicolas Sarkozy, et s'en ouvre auprès de M. de Villepin. Ce listing et ceux qui suivront s'avèreront faux.

Ce dernier convoque alors le 9 janvier les deux hommes. Dominique de Villepin assure avoir alors chargé le général Rondot, qui enquêtait déjà sur ces listings pour le ministère de la Défense, d'une "mission d'évaluation pour éclairer les aspects internationaux" de cette affaire. Il dit n'avoir "à aucun moment demandé d'enquête sur des personnalités politiques" ni "participé à une quelconque manoeuvre".

Dans une note écrite dans les jours qui suivent et saisie par les juges, le général Rondot mentionne que le nom de Nicolas Sarkozy a été évoqué au cours de la réunion. Il affirme depuis qu'il n'a pas reçu l'ordre de "cibler Sarkozy". Jean-Louis Gergorin soutient lui que Dominique de Villepin "a fait état d'instructions" de Jacques Chirac mais que le nom de Nicolas Sarkozy n'a été évoqué que dans le cadre de la tension qui l'opposait à Jacques Chirac.

Au cours de cette confrontation, les juges devraient également interroger les trois hommes sur la remise au juge Renaud van Ruymbeke des faux listings Clearstream au printemps 2004. M. Gergorin a reconnu avoir transmis de manière anonyme le fameux listing au magistrat, affirmant l'avoir fait à la demande de M. de Villepin.

Dans une note exhumée de son ordinateur, le général Rondot évoque quant à lui une conversation avec Jean-Louis Gergorin le 4 mai 2004: "J'ai appris que, après avoir selon lui reçu des instructions de Dominique de Villepin huit jours auparavant, il avait été décidé de +parler au juge van Ruymbeke+", écrit-il.

L'ancien Premier ministre nie pour sa part avoir demandé à Jean-Louis Gergorin de saisir le juge. Cette confrontation, "c'est l'acte d'instruction ultime", estime sous couvert d'anonymat l'avocat de l'un des protagonistes, qui doute cependant de son intérêt car "chacun va rester sur sa position". Pour le conseil d'un autre participant, "ce type de confrontation indispensable pour la procédure a surtout pour vocation de boucler le dossier".

Les juges d'Huy et Pons ont entamé les confrontations à la mi-novembre. Ils ont à nouveau convoqué Dominique de Villepin et le général Rondot pour une nouvelle confrontation mercredi. Selon plusieurs sources proches du dossier, les deux magistrats tentent de boucler leur enquête avant février, date du possible départ du juge Pons pour la Banque mondiale à Washington.

10.12.2007

Dominique de Villepin: "juste" de recevoir Kadhafi

L'ancien premier ministre Dominique de Villepin a jugé aujourd'hui qu'il était "tout à fait juste" de recevoir le dirigeant libyen Moammar Kadhafi, tout en notant qu'il faut être "vigilants" et "responsables".

"La diplomatie est un art compliqué, toujours compliqué", a constaté l'ancien ministre des Affaires étrangères sur France-Info. "Je n'oublie pas toutes les victimes de l'attentat du DC10 d'UTA, je n'oublie pas l'épisode dramatique des infirmières bulgares, je crois qu'il faut garder tout cela en tête", a-t-il assuré. "Il faut donc être vigilants, être responsables, en même temps accompagner l'ouverture de la Libye".

"Il y a des enjeux importants, c'est vrai qu'il y a des enjeux économiques, il y a des enjeux diplomatiques aussi", a-t-il reconnu, tout en jugeant qu'ils ne devaient "certainement pas" l'emporter sur des scrupules éthiques qui "doivent nous conduire à faire preuve d'esprit de responsabilité, de décence et de prudence".

"Je crois qu'il est tout à fait juste de le recevoir, il est tout à fait juste de le recevoir dans cet esprit de responsabilité que j'ai indiqué", a-t-il conclu.

Source : AP

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