14.12.2009
Revenus des agriculteurs en 2009: -34%
Les revenus des agriculteurs français ont chuté de 34% en 2009 en raison du recul des prix agricoles, après avoir déjà baissé de 20% en 2008, année déjà difficile, selon les comptes prévisionnels de l'Agriculture publiés lundi par le ministère.
Le revenu annuel moyen des agriculteurs devrait se situer en 2009 à 14.500 euros, soit près de moitié moins que le record de 28.500 euros enregistré en 2007. Le niveau des revenus de 2009 est également en-dessous de celui du début des années 1990. La baisse des prix de la plupart des productions agricoles explique en grande partie cette dégringolade que le recul des coûts de production (énergie, alimentation animale...) n'a pas suffi à compenser.
Avec un recul de 16% des prix du lait et une production en diminution, les éleveurs laitiers figurent parmi les plus touchés. Leurs revenus s'effondrent de 54% par rapport à 2008. De même les arboriculteurs (-53%), ainsi que les producteurs de céréales et oléoprotéagineux (-51%).
Les exploitations maraîchères et horticoles décrochent pour leur part de 34% par rapport à 2008, selon ces prévisions. Elles atteignent un niveau de revenu inférieur à celui du début des années 1990.
(AFP, Lefigaro.fr)
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Dominique de Villepin ce matin : "l'identité nationale est un faux débat"
20:52 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
10.12.2009
Le clip des jeunes UMP est "dégoulinant de bêtise"
L'ancien ministre Luc Ferry qualifie de "ridicule" et "consternant" le clip musical des jeunes de l'UMP, qui met en scène plusieurs membres du gouvernement (Lagarde, Darcos, Yade, Devedjian...) se déhanchant sur du play-back.
Le gouvernement est décidément ten-dance. Comme toute bonne entreprise soucieuse d'améliorer l'entente entre ses salariés, plusieurs membres du gouvernement se sont prêtés à la réalisation d'un "lipdub", à l'initiative des jeunes UMP, et qui circule déjà sur internet, jeudi 10 décembre. Lipdub, comprenez un clip promo chantant, sous-forme d'une vidéo réalisée en plan séquence, et en playback.
"Plus de 250 jeunes, et 17 grandes personnalités du monde politique, artistique, sportif et associatif ont contribué à ce grand projet pour soutenir notre cause", nous vend le communiqué des jeunes UMP. Parmi lesquels : Rama Yade, Christine Lagarde, Xavier Darcos, Gilbert Montagné, David Douillet…
"Le show-biz le plus bête s'introduit dans la politique"
Les réactions n'ont d'ailleurs pas tardé à tomber, pas franchement emballées. Le premier, l'ancien ministre de la Jeunesse, de l'Education et de la Recherche Luc Ferry a jugé le clip "ridicule" et "consternant". Interrogé sur le Talk Orange-Le Figaro, il est d'abord incrédule : "Non ce n'est pas vrai, vous me faites une blague ? Ils n'ont pas fait un truc aussi nul, ce n'est pas possible".
Pour lui, ce clip est "dégoulinant de bêtise. Comment peut-on faire un truc aussi médiocre ?", demande-t-il, se disant "consterné" : "Pour le coup, cela me choque vraiment. Cela me fait de la peine que le show-biz le plus bête, le plus médiocre s'introduise dans la politique comme cela, c'est désespérant".
Bon plan com'
Le clip, présenté par les jeunes UMP sur leur site comme "le clip officiel des Jeunes Populaires pour l’année 2010", bénéficie en tout cas d'un plan com' de première main. Une soirée de lancement "en avant première et en exclusivité" est prévue à Paris le vendredi 11 décembre. En bons communicants, les jeunes UMP ont déjà mis en ligne sur leur site le teaser, destiné à nous vendre le clip. Un bandeau s'affiche sur fond noir, avec une accroche à la syntaxe douteuse : "Le pire risque, c'est celui de ne pas en prendre". S'ensuivent des flashs plus ou moins flous censés nous mettre l'eau à la bouche. Mais le clip dans son intégralité est circule déja sur internet en version piratée. Et vaut son pesant de cartes d'adhérents à l'UMP.
Sur un air rappelant les Enfoirés appelant à notre bon coeur au début de l'hiver, les ministres du gouvernement se succèdent, entourés de jeunes UMP, chantent en cœur un refrain qui a le mérite d'accrocher – voire de coller sacrément au crâne.
"Tous ceux qui veulent changer le mon-deu..."
C'est parti, sur les airs de "tous ceux qui veulent changer le mon-deu/Venez chanter, venez danser/ Tous ceux qui veulent changer le mon-deu/ Venez marcher z-à mes côtés". Préparez-vous à avoir la larmette à l'œil. Premier plan, apparaît Rama Yade chantant en play-back qui ondule au sein de rangées de jeunes UMP ; puis lui succède Christine Lagarde, qui se déhanche follement le doigt en avant perchée sur une estrade ; Patrick Devedjian, lui, part en solo en murmurant "dans un chant de fraternité" ; à prendre au premier degré ou pas, s'avance ensuite Rachida Dati qui murmure en play-back "j'entends la révolte qui gronde", puis monte d'un octave et s'élance en arrière et les bras en l'air sur un parterre de jeunes UMP .
"...Toujours l'avenir recommen-ceu"
Et ça continue avec Jean-Pierre Raffarin qui chante dans l'herbe, David Douillet contre un arbre, Laurent Wauquiez qui relance le refrain en promettant l'œil aguicheur "venez marchez z-à mes côtés" ; "laissez fleurir à la ronde les chemins de la liberté", chante, en crooner qui se tient, Frédéric Lefebvre, qui termine sa prestation en mettant ses mains en cœur ; Chantal Jouanno sur son vélo, Eric Woerth le pointé de doigt un brin coincé… jusqu'au final en beauté, Xavier Bertrand et Nadine Morano, qui passent en frétillant sous une haie d'honneur des jeunes. Il n'y a pas à dire, si le gouvernement voulait nous convaincre de ses qualités en matière de synchronisation de déhanchement et pointé du doigt, on est décidément convaincu. Ils sont en tout cas rodés pour la soirée de présentation du clip vendredi, car, promettent les jeunes UMP, " le son Dancefloor vous accompagnera jusqu’à la fin de la nuit !"
En attendant la sortie CD du tube du gouvernement, allez, encore un p'tit coup pour la route : "Mourir d'amooouuur et mourir d'espérance/ Toujours l'avenir recommen-ceu,/ Je viens te dire à mon tour / Tous ceux qui veulent changer le mon-deuuu/ Venez marcher z-à mes côtés…
(Sibylle Laurent - Nouvelobs.com)
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09.12.2009
Exclusif sondage Paris Match. Le sommet de l’État vacille
Dans l'enquête Paris Match – Ifop, le président Nicolas Sarkozy est désormais au plus bas, suivi dans sa chute par le Premier ministre François Fillon.
Record absolu de mécontents du président de la République depuis le début de son quinquennat (61 %). Plongeon du Premier ministre à 44 % d’approbation : soit son plus bas niveau depuis qu’il est à Matignon et 10 points de moins qu’il y a un an. Certains mettent cette soudaine impopularité de François Fillon sur le compte de sa meilleure visibilité (discours aux maires, sur la taxe professionnelle, sur l’identité nationale). Plus généralement, la majorité des politologues estime que le chef du gouvernement ne peut pas « garder la tête hors de l’eau quand le chef de l’Etat s’enfonce. A son tour il est happé vers le fond ». Entre l’opinion et l’exécutif, rien ne va plus. Pendant que ce dernier leur parle identité nationale, Grand Paris, régionales, les Français, eux, se soucient de l’emploi (52 %), de leur retraite et de l’avenir de leurs enfants.
Elisabeth Chavelet - Paris Match
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Les non-dits du "grand emprunt", par Michel Sapin, Bertrand Monthubert, Guillaume Bachelay
La lecture attentive du rapport Juppé-Rocard Investir pour l'avenir prouve combien la question fondamentale des grands investissements pour la France du futur méritait mieux que l'opération de communication baptisée "grand emprunt". Chacun sait bien – et d'abord au sommet de l'Etat – que, dans le contexte de déficit massif des finances publiques et d'endettement record, parler d'un emprunt supplémentaire est à la fois irresponsable sur le plan budgétaire et critiquable sur le plan politique. Contrainte de répondre malgré ses objections de fond à l'injonction présidentielle, la commission s'est trouvée prise au piège : dégrader un peu plus encore la situation de la maison France sans imaginer les solutions à la hauteur des enjeux.
Il en va ainsi de l'enseignement supérieur et de la recherche. Voilà bien un domaine qui fait consensus : tout le monde s'accorde sur le retard d'effort de la France accumulé au cours des dernières années et sur l'importance de ce pilier pour notre avenir. Les délibérations de la commission Juppé-Rocard, qui suggère d'affecter la moitié du grand emprunt à l'enseignement supérieur et à la recherche, sont l'aveu cruel de l'abandon dont ont fait l'objet ces deux secteurs. Il n'était pas nécessaire de mettre en place une commission pour découvrir que l'université, et les chercheurs sont les grands oubliés des budgets UMP. En 2008, la recherche représentait 2,02 % du PIB, en baisse constante depuis 2002 (2,23 %), alors que la stratégie de Lisbonne, adoptée voilà une décennie, fixe l'objectif des 3 % au sein de l'Union européenne.
Un effort massif dans ce secteur clé pour notre avenir est indispensable. Encore faut-il le faire de façon adaptée. Malheureusement, les propositions contenues dans le rapport Juppé-Rocard sont en décalage avec les besoins de notre pays et compromises par les engagements non tenus de l'actuel gouvernement.
L'objectif affiché du rapport est de faire entrer deux groupements universitaires dans les dix premiers du désormais fameux classement de Shanghai, et quelques autres dans les cinquante premiers. Comment ? En finançant les universités par des dotations en capital pour les universités et en privilégiant quelques établissements. Mais cela bénéficiera-t-il réellement à tous nos étudiants ?
L'objectif d'une politique d'enseignement supérieur est de permettre d'élever au maximum le niveau de formation à travers le pays. En France, les universités ont une mission d'accueil large, d'égalité. Elles contribuent à l'attractivité des territoires en formant des salariés qualifiés, en particulier dans les secteurs industriels (automobile, technologies de l'information et de la communication, biotechnologies et pharmacie, ingénierie de l'environnement…).
Que souhaitent les citoyens ? avoir quelques universités qui brillent dans le classement de Shanghai ou bien avoir accès à une bonne formation ?
Prendre comme référence les universités américaines, qui dominent ce classement, c'est oublier qu'il y a, à côté de Harvard et de Stanford, des centaines d'établissements universitaires américains où la qualité de formation est nettement inférieure à celle que nous délivrons dans les universités françaises. Est-ce cela que nous voulons ?
Quant au financement, le cadre imposé par l'emprunt rend les propositions pour le moins surprenantes. Le rapport prévoit la constitution d'une nouvelle strate, l'Agence nationale des campus d'excellence, dans un paysage dont la complexité n'est plus à démontrer. Cette agence serait chargée de gérer des fonds placés auprès du Trésor. Bref, l'Etat va emprunter, prétendument pour les universités, mais celles-ci ne bénéficieront que des revenus du capital qu'elles devront replacer auprès de l'Etat...
La proposition de faire reposer les financements universitaires sur des dotations en capital ressemble à une mauvaise farce à l'heure où la situation financière des universités américaines, qui reposent pour partie sur ce système, est très dégradée. Il n'est pas interdit de tenir compte des échecs de certaines expériences étrangères pour éviter de les reproduire en France.
Développer les industries du futur – biotechnologies médicales, écotechnologies – nécessite une vraie politique industrielle. Cela implique aussi d'augmenter très fortement le nombre de scientifiques. L'Union européenne avait évalué à sept cent mille le nombre de chercheurs supplémentaires nécessaires pour atteindre les objectifs de Lisbonne. Mais la politique conduite ces dernières années a produit une baisse importante du nombre d'étudiants intéressés par la recherche. Nous assistons impuissants à un effondrement des effectifs. Des laboratoires qui comptent parmi les meilleurs au monde ont vu le nombre de thèses délivrées divisé par deux. Notre tissu économique, en particulier nos PME innovantes, pâtiront de cette pénurie organisée.
En supprimant des emplois scientifiques dans les universités et organismes de recherche, en refusant de donner tous les moyens nécessaires à une vraie politique industrielle, Nicolas Sarkozy a sacrifié une génération de chercheurs et menace gravement la pérennité de notre outil industriel. A moins d'un changement complet de politique, la France risque de continuer à glisser sur la mauvaise pente. Oui, "investir pour l'avenir" est une priorité ; mais cela suppose de vrais crédits, de vrais emplois scientifiques et industriels, une vraie volonté politique. Une politique inscrite dans la durée a besoin d'un effort budgétaire constant. Apparaît ainsi en toute clarté l'absurdité du choix de l'emprunt, alors qu'existent d'autres solutions de financement plus efficaces et plus vertueuses. Nicolas Sarkozy a fait le choix d'accorder, dans la loi de finances pour 2010, 12 milliards d'euros de baisse d'impôts pour les entreprises par le biais de la suppression de la taxe professionnelle, et 3 milliards d'euros de baisse de TVA pour les restaurateurs, sans aucun effet ni pour le pouvoir d'achat ni pour l'emploi. Une somme dont la France aurait besoin année après année, dixit la commission Juppé-Rocard, pour financer une autre politique d'investissements et d'innovation. Cherchez l'erreur !
Guillaume Bachelay, secrétaire national du PS à l'industrie et aux nouvelles technologies de l'information et de la communication (NTIC)
Bertrand Monthubert, secrétaire national du PS à l'enseignement supérieur et à la recherche
Michel Sapin, secrétaire national du PS à l'économie
(lemonde.fr)
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08.12.2009
DV : " Le débat sur l'identité nationale est contraint et biaisé"
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07.12.2009
DV sur France-Info à 08h36 demain matin
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Identité nationale : à droite aussi, des voix s'élèvent contre le débat
Villepin, Juppé, Raffarin, Baroin ou encore Kouchner et Hirsch prennent leur distance avec la trop grosse ficelle de Besson.
Que restera-t-il du débat sur l'identité nationale ? Une célébrité malheureusement acquise pour le maire xénophobe d'un village de 40 habitants (« On va se faire bouffer ! Y en a 10 millions, qu'on paie à rien foutre ! »). Un déversoir de paroles haineuses et inquiètes déguisées en contributions « citoyennes ». Et à quelques mois des régionales, la conviction d'un débat mis en place à des fins électoralistes.
Le grand débat sur l'identité nationale, lancé par Eric Besson, n'est pas seulement rejeté par la gauche. A droite, de plus en plus de voix s'élèvent contre ce coup politique, au point que Nicolas Sarkozy donne l'impression de s'être retiré du débat.
Ce vendredi, alors qu'il devait discourir sur le sujet lors du colloque organisé par l'institut Montaigne, le président a préféré laisser la place à François Fillon. Lequel a plutôt bien tenu son rôle de démineur en prononçant un discours mesuré, sensé rassurer ses troupes :
« Ce débat n'est pas de circonstance. Il doit être permanent, inséparable de la constitution même de notre pays. La question de l'identité nationale est aussi vieille que la France et aussi plurielle que les Français.
Ici ou là, on a prétendu que le débat était dangereux, qu'il allait raviver les défiances. Mais le danger n'est pas de débattre ! Le danger, c'est de laisser monologuer les tenants du repli national, les nostalgiques qui sont prêts à emboucher le clairon de Paul Déroulède et de Vichy. »
Pas d'unanimité au sein du gouvernement
Pourtant, au sein du gouvernement même, les ministres dits d'ouverture ont fait part de leur désaccord. Bernard Kouchner, interrogé sur la question, a prudemment donné son avis :
« Je pense que les Français veulent bien en parler mais il ne faut pas que ce soit théorique, il ne faut pas que ce soit contraint, il faut que ce soit ouvert, propositionnel, dynamique, vivant.
Le débat à mener, c'est plutôt celui des propositions de la France, la proposition française de financement innovant pour le développement, des idées pour que l'Europe existe (…) Voilà le débat qu'on doit mener
indépendamment des valeurs de la France, que tout le monde connaît ou reconnaît. »Martin Hirsch a souligné l'opportunisme du gouvernement à quelques mois des régionales sans condamner le débat :
« C'est un débat 100% politique. Et ça ne doit pas occulter les autres. Il y a des débats dans lesquels on s'adresse à ses électeurs et je trouve ça normal en démocratie, qu'on s'adresse à ses électeurs, qu'on aille chercher ceux des uns, des autres, etc. Mais ça, je ne sais pas le faire, moi je m'adresse à des gens. C'est assez différent. Je trouve
que la France n'a pas de problème d'identité. »Deux ministres, anonymes, ont reconnu dans Le Monde être mal à l'aise avec ce débat :
»« On voit que l'identité nationale est un sujet dangereux. Il faut redonner au débat de la dignité et de la profondeur », s'inquiète un ministre, qui estime qu'on aurait dû faire d'abord une série de grands colloques.
Pour un autre membre de gouvernement, « ce débat est une opération purement politique depuis le début. Comme dans l'affaire Jean Sarkozy, les ministres appliquent tous la consigne du Président en même temps, cela devient lourdingue. » »
Un hippopotame électoraliste
Plus sévère, l'ancien ministre François Baroin estime de cette manœuvre politicienne qu'elle est inutile, voire dangereuse :
« C'est gros comme un hippopotame dans une mare asséchée (…) Mélanger identité nationale et immigration, c'est une faute ; lancer un débat sans objectif, c'est ouvrir la boîte de Pandore. »
Jean-François Copé alterne soutien et égratignures à Eric Besson. Alors même qu'il juge le débat utile, le président du groupe UMP à l'Assemblée a déclaré que si « c'est bien d'avoir lancé le débat, ça ne peut pas être un gadget qui dure trois mois ». Selon Le Canard Enchaîné, il aurait balancé, face à plusieurs journalistes :
« Le truc est loupé. D'abord, parce que, avant les élections, ça fait opération. Ça ne peut pas marcher. Ensuite, le débat risque de se résumer à des gadgets. »
Un débat inutile et dangereux
Sans critiquer directement l'existence même de ce débat, Yazid Sebag, le commissaire à la diversité et à l'égalité des chances a fait part de
ses réserves, sur Mediapart :
« Je déplore les termes de ce débat et je l'ai dit à Eric Besson. »
Trois anciens Premier ministres de droite ont également remis en cause l'utilité d'une consultation nationale sur la question de l'identité,
s'interrogeant également sur la pertinence de lier immigration et identité.
Dominique de Villepin, signataire de la pétition « Nous ne débattrons pas », s'en est expliqué :
« Il n'est pas besoin de grand débat sur la République, sur l'identité nationale. Il est simplement nécessaire de faire vivre les principes qui sont les nôtres : liberté, égalité, fraternité. »
Jean-Pierre Raffarin a fait observer que cette question était traitée au raz des pâquerettes par le gouvernement :
« La question de l'identité ça ne peut pas être une réflexion de comptoir. (…) Je pense que le gouvernement doit évoluer sur le sujet. Si on veut éviter le populisme, il aurait fallu sans doute qu'on pose intellectuellement la question à un certain nombre de responsables pour avoir une réflexion préalable. (…)
Notre identité est métissée, il faut bien aujourd'hui l'admettre, c'est une réalité. Il faut donc élargir le débat aux identités, au pluriel et d'autre part il ne faut pas mettre les élections régionales dans ce débat. »
Alain Juppé, ex-ministre de Nicolas Sarkozy, considère ce grand rendez-vous comme totalement superflu :
« Les définitions de la Nation sont nombreuses. Il me semble que celle qu'en a donnée Ernest Renan, dans sa très belle conférence du 11 mars 1882, reste indépassable. Une Nation est une âme, un principe spirituel. Deux choses qui, à vrai dire, n'en font qu'une constituent cette âme, ce principe spirituel.
L'une est dans le passé, l'autre dans le présent. L'une est la possession en commun d'un riche legs de souvenirs ; l'autre est le consentement actuel, le désir de vivre ensemble, la volonté de continuer à faire valoir l'héritage qu'on a reçu indivis. Tout est dit. A quoi bon relancer un débat ? »
Besson persiste, Lefebvre signe
En dépit de toutes ces voix hostiles à son projet, Eric Besson ne se décourage pas. Sur Europe 1, le ministre de l'Immigration et de l'Identité nationale a défendu son grand débat, estimant qu'il ne tournait pas mal. Et que les « réflexions de comptoir cela fait partie de l'identité nationale ». Quant au porte-parole de l'UMP, Frédéric Lefebvre, il s'est à nouveau distingué de ses collègues en prenant la défense du maire de Gussainville :
« Je ne partage pas les propos qu'il a tenus, mais en même temps, ce que je veux dire, c'est qu'il est maire d'une commune de 40 habitants. Il y a beaucoup de petits villages comme ça qui font la France. Il y a une
inquiétude en France. Ce que je n'aime pas, c'est la manière dont tout le monde lui tombe dessus. »Le chemin vers la dignité et la profondeur risque d'être long.
Par Zineb Dryef (rue89.fr)
22:14 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
"Les gaullistes ne répondent pas à l'appel de Bayrou"
Lors du congrès du MoDem à Arras, François Bayrou a appelé à la constitution d'un "arc central" de la gauche à la "droite sociale". Marie-Anne Montchamp, député UMP du Val-de-Marne et proche de Dominique de Villepin, fait part de son scepticisme.
Comment réagissez vous à l'appel du pied de François Bayrou aux proches de Dominique de Villepin?
C'était une proposition plutôt sympa, une bonne idée. Mais s'il veut parler aux gaullistes, les gaullisent ne répondent pas à son appel.
Nous avons deux points particuliers de désaccord. D'une part, sa vision de l'Europe. Aucun gaulliste ne défend une Europe fédérale. D'autre part, sur la question de l'Etat et de la régulation. C'est un peu court de se contenter de dénoncer le déficit budgétaire. Il faut plutôt associer une dette publique qui permette d'investir et une ouverture au marché.
François Bayrou avait voté la censure du gouvernement Villepin en 2006. Est-ce contradictoire avec sa proposition d'alliance?
François Bayrou est aujourd'hui dans la Realpolitik. Sa proposition est pertinente dans la situation actuelle face à un vide doctrinal de l'UMP. Mais son discours n'est pas encore au point, il n'a pas tranché sur les points que j'évoquais précédemment.
Aujourd'hui, vous vous situez toujours dans la majorité?
Personnellement, à l'heure où je vous parle, je me situe dans la majorité. Mais il faut une alternative à l'UMP, une alternative où les valeurs gaullistes seront le centre de gravité. Ce sont des idées qui ratissent large.
"Des idées qui ratissent large", jusqu'à la gauche?
On peut trouver des gens de gauche qui se rattachent au référentiel gaulliste. Un nombre non négligeable de députés PS sont prêts à se retrouver derrière ces idées. Je travaille avec eux tous les jours en commission des Finances à l'Assemblée. Si Dominique de Villepin réaffirme nos fondamentaux comme il l'a fait à la Maison de l'Amérique Latine, ça peut faire bouger les lignes.
(l'express.fr)
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Hervé de Charette claque la porte de l'UMP
L'ancien ministre de Jacques Chirac trouve le parti présidentiel trop à droite.
L'ancien ministre des Affaires étrangères de Jacques Chirac, Hervé de Charette, annoncera mardi 8 décembre qu'il quitte l'UMP, jugeant le parti trop à droite. Il sera l'invité de RTL à 7h50. Député du Maine-et-Loire, ce membre fondateur de l'UMP a longtemps été proche de Valéry Giscard d'Estaing.
"Ce départ n'est pas une surprise et c'est la confirmation de ce qui se tramait depuis quelques semaines", a déclaré le porte-parole adjoint de l'UMP, Dominique Paillé.
"M. de Charette prétend que l'UMP est 'trop à droite'. Chacun est évidemment libre de ses mouvements, mais en tant qu'ancien adhérent de l'UDF, je trouve que l'UMP fait aujourd'hui une part équilibrée à cette sensibilité", a expliqué Dominique Paillé.
Le départ d'Hervé de Charette, 71 ans, n'est que le dernier signe du trouble qui règne actuellement chez les ex-UDF passés à l'UMP. La semaine passée, l'ancien ministre de la Justice, Pierre Méhaignerie s'inquiétait de la tentative du Nouveau Centre de récupérer le nom de l'UDF, entre les mains du MoDem. Le député d'Ille-et-Vilaine manifestait à cette occasion une certaine grogne sur la façon dont les centristes étaient traités au sein du parti présidentiel. Signe de cette mauvaise humeur, Méhaignerie a boycotté le conseil national de l'UMP le 28 novembre...
(l'express.fr)
22:03 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
03.12.2009
Médiapart lance l'appel "Nous ne débattrons pas"
Le site internet Mediapart a lancé, mercredi 2 décembre, avec près de deux cents personnalités un appel à refuser le "grand débat sur l'identité nationale" d'Eric Besson, intitulé "Nous ne débattrons pas".
En ligne de mire notamment, le débat organisé avec l'Institut Montaigne et auquel s'associent Le Monde, Le Point, France Culture et I-télé. "Pour notre part, nous estimons que ce débat 'n’est ni libre, ni pluraliste, ni utile'", écrivent les signataires. "La République n'a pas d'identité assignée, figée et fermée, mais des principes politiques, vivants et ouverts. C'est parce que nous entendons les défendre que nous refusons un débat qui les discrédite. Nous ne tomberons pas dans ce piège tant nous avons mieux à faire : promouvoir une France de la liberté des opinions, de l'égalité des droits et de la fraternité des peuples.", concluent-ils.
Parmi eux, Martine Aubry, François Hollande, Michel Rocard, Dominique de Villepin, Olivier Besancenot, Daniel Cohn-Bendit, José Bové, Jean-Claude Mailly Marie NDiaye, Patrick Chamoiseau, Claude Lanzmann, Tahar Ben Jelloun, etc.
(Nouvelobs.com)
23:03 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Le « sale arabe » de Sciences-Po porte plainte contre la police
Insulté par des CRS au soir de la qualification de l'Algérie, son témoignage avait fait la Une de Libé. Interview.
Le ministre de l'Immigration et de l'Identité nationale, Eric Besson, s'étonnait que l'étudiant de Sciences-Po franco-marocain Anyss Arbib, qui affirme avoir été agressé et insulté par des CRS le 18 novembre après avoir célébré sur les Champs-Elysées la victoire de l'équipe de football de son ami algérien, n'ait toujours pas déposé plainte. C'est désormais chose faite, affirme ce mercredi Anyss Arbib sur Rue89.
L'histoire avait fait la Une de Libération le 24 novembre. Le même jour, dans une interview à Sciences-Po TV, le jeune homme indiquait qu'il venait d'être contacté par le cabinet d'Eric Besson. Ce que le ministre confirmait quelques jours plus tard au même média, tout en précisant qu'il ne s'agissait que d'une coïncidence :
« J'organise régulièrement ce que j'appelle des “dîners citoyens”. J'invite des Français d'origine étrangère, par pays. (…) Il se trouve que le 16 décembre prochain des Français d'origine marocaine sont invités au ministère. (…) Il était, parce qu'il doit être responsable d'une association ou il avait dû prendre déjà des responsabilités, sur la liste des invités. »
Eric Besson reconnaissait également que son témoignage paraissait « extrêmement sincère », mais le mettait en garde : « Dans un Etat de droit, on n'accuse pas la police, des CRS, sans preuve. » Et pointait ce qui, selon lui, « pose problème dans cette affaire » :
« Il n'y a ni plainte ni même saisine de l'Inspection générale. Moi, je trouve bien que ce jeune étudiant, s'il est sincère et je veux bien le croire, soit porte plainte soit au moins saisisse l'Inspection générale. »
Deux affirmations auxquelles Anyss Arbib répond sur Rue89. Après avoir pris comme avocat, Jean-Pierre Mignard, l'ex-président de l'association de Ségolène Royal Désirs d'Avenir, il s'est rendu mardi à l'Inspection générale des services, la police des polices :
« J'ai déposé plainte contre trois agents des forces de l'ordre, deux pour jet de gaz lacrymogène sur ma personne et un pour insulte raciste. Les policiers de l'IGS ont écouté mon récit et m'ont indiqué qu'une enquête allait être ouverte.
Ils m'ont aussi précisé que ce n'était pas la seule plainte déposée qui concerne ce soir-là, pour des violences plus graves encore, des fractures notamment. Je ne suis donc pas un cas isolé. »
L'IGS l'a d'ailleurs rappelé ce mercredi matin pour lui préciser « qu'ils avaient déjà vérifié des éléments de [son] récit, dont la course poursuite avec la BMW ». Ils ont retrouvé la trace de l'incident et de l'interpellation. Son ami « est également d'accord pour témoigner quand il sera convoqué », ajoute-t-il serein :
« J'ai vraiment confiance en cette enquête. J'espère que la justice va arriver à prouver que j'ai raison. Je n'ai pas filmé, je n'ai que ma bonne foi pour prouver mes dires. Personne ne peut prévoir d'être agressé par des forces de l'ordre. »
« Je n'ai jamais eu de relation avec ce gouvernement »
Quant à l'invitation à dîner dont parle le ministre de l'Immigration et de l'Identité nationale, l'étudiant de Sciences-Po « exclut la coïncidence », même s'il dit ne pas vouloir « entrer dans une polémique avec Monsieur Besson » :
« L'appel du ministère de Monsieur Besson est intervenu en fin de matinée, le jour de la publication de mon témoignage dans “Libération”. A quel titre serais-je invité à un dîner de personnalités franco-marocaines ? Je n'ai jamais été ni responsable ni membre d'une association qui s'occupe des liens franco-marocains.
Je n'ai jamais eu de relation ni avec ce ministère ni avec ce gouvernement. J'ai été invité par Dominique de Villepin pendant la crise des banlieues parce que j'habitais Bondy. Je suis également membre du Club Villepin. Mais à aucun moment, il n'avait été précisé mon origine marocaine. »
Contacté par Rue89, ledit cabinet maintient la version de son ministre et nie toute récupération : « On a invité plein d'étudiants de Sciences-Po et de grandes écoles. S'il vient, il le découvrira. » Et d'arguer que « si le ministre avait voulu le contacter suite à son témoignage, il ne l'aurait pas fait appeler par une secrétaire, comme cela a été le cas ».
« C'est beaucoup de fatigue, beaucoup de pression »
L'étudiant martèle toutefois : « Je ne veux pas politiser le débat. » Parce que « ça fausse le débat et ça met en arrière-plan le fond de cette affaire ». Alors, Anyss Arbib entend également rectifier la « rumeur » d'une instrumentalisation par Richard Descoings, le médiatique directeur de son école :
« En réalité, en sa qualité de directeur de Sciences-Po et en sa qualité d'être humain, il m'a simplement conseillé d'écrire mon témoignage sur ma page Facebook, il n'est aucunement responsable de la Une de Libération.
Il a ensuite repris mon témoignage sur sa page Facebook, comme d'autres de mes amis. Il se trouve que l'un d'eux était aussi ami avec le journaliste de Libération qui m'a appelé. Ça devait d'abord paraître dans les pages “Rebonds”, puis c'est monté en pages “Société” pour finalement arriver en Une au bout de quelques heures. »
Celui qui a également saisi le Comité national de déontologie de la sécurité, l'organisme indépendant chargé d'enquêter sur de potentielles bavures des forces de l'ordre, se dit aujourd'hui « fatigué mais décidé à continuer », malgré « les critiques et les pressions » :
« Beaucoup de gens voient dans mon témoignage une formidable opportunité de me faire connaître. Mais je ne veux pas m'imposer à n'importe quel prix en politique, même si je suis engagé. C'est beaucoup de fatigue, beaucoup de pression.
Les gens ne se rendent pas comptent de la difficulté à faire cette démarche. Je comprends mieux pourquoi les gens sont hésitants à porter plainte. Si je peux, à travers mon cas personnel, faire avancer les choses, j'en serai très heureux. »
Par Julien Martin | Rue89
23:00 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
02.12.2009
Robert Rochefort: «Le grand emprunt n'est qu'un saupoudrage»
Eurodéputé et président des commissions du Modem, Robert Rochefort a présenté hier au bureau exécutif le programme qui sera débattu au Congrès d'Arras. De la fiscalité aux banlieues en passant par la relance, il nous livre les grands lignes de ce programme.
Non : notre position reste la même, nous sommes contre le grand emprunt dans le sens où il aggrave la dette de la France et où il n'est qu'un saupoudrage. Tel que présenté par la commission Rocard-Juppé, il ne porte même pas sur le développement durable, qui est une priorité de notre programme. Nous sommes en revanche favorables à un grand emprunt européen.
Un grand emprunt européen augmente la dette des Etats qui y souscrivent, ce que vous dîtes vouloir combattre : quelle différence y a-t-il avec un grand emprunt national ?
Il y a d'abord un effet de levier que les Etats européens réunis peuvent obtenir et que la France seule ne pourrait avoir.
Ensuite, là où un grand emprunt français pourrait dégrader la « note » de la France sur les marchés, un grand emprunt européen amènerait une nouvelle signature, plus solide, celle de l'Union européenne. Cette sécurité pourra également permettre de négocier des taux plus avantageux, ce qui limitera l'endettement.
Quels investissements souhaiteriez-vous porter avec une opération européenne ?
Le grand emprunt perçu par Nicolas Sarkozy finance les dépenses courantes. Pour le Modem, il est essentiel de favoriser le développement durable en injectant des capitaux dans la recherche et le développement et la production des filières énergie, transport, construction... Ensuite, nous voulons investir dans une relocalisation viable de l'industrie en France : si nous décidons de relancer l'électronique grand public, il nous faut nous doter d'usines extraordinairement modernes pour être les plus pointus dans le secteur.
A ce titre, l'idée du rapport Rocard-Juppé de développer les partenariats public-privé est une bonne façon d'avoir l'avis des entreprises, afin de choisir les projets viables, ce que l'Etat ne sait pas faire. Enfin, nous voulons nous inspirer de la réussite allemande en nous appuyant sur les PME.
«Nous sommes favorables à l'abrogation des mesures de la loi Tepa socialement injuste.»
Nicolas Sarkozy a axé la campagne des élections régionales sur l'augmentation des impôts alors que, parallèlement, il souhaite supprimer la taxe professionnelle. Quelle est la position du Modem sur la politique fiscale en période de crise ?
Nous sommes contre la suppression de la taxe professionnelle car elle se fait à perte pour un Etat déjà trop endetté. Il n'a fait que tenir une promesse faite aux entreprises et que les gouvernements de droite se repassent depuis des années, ce qui n'était pas une priorité en temps de crise. De manière générale, nous souhaitons un moratoire sur toutes les baisses d'impôts, sauf nécessité sociale. A ce titre, nous sommes favorables à l'abrogation des mesures de la loi Tepa socialement injustes.
« Une entreprise qui joue le jeu de l'emploi et ne recourt pas trop à la précarité doit payer moins d'impôts. »
Vous êtes donc pour le statu quo fiscal ?
Non, nous sommes favorables à une autre assiette : nous voulons moduler la politique fiscale en fonction de la politique sociale des entreprises. Si une entreprise a de bon résultats mais licencie massivement, elle doit payer beaucoup d'impôt sur les sociétés, là où une entreprise qui joue le jeu de l'emploi sans recours excessif à l'intérim, au CDD ou autres formes de précarité, doit payer moins. Je défends également l'idée que les sociétés utilisant massivement le temps partiel soient sanctionnées fiscalement, car c'est une des sources du développement des « travailleurs pauvres » qu'il faut faire disparaître.
Quel mode de régulation serait pour vous préférable pour la finance ?
Nous sommes favorables à une séparation entre les banques de dépôt et les banques d'investissement. Quant à l'encadrement des bonus, malgré l'importance de certaines grandes banques françaises, le marché reste mondial.
C'est pour cette raison que nous militons pour la création d'un régulateur financier européen des banques et des assurances, ces dernières ayant également un grand rôle dans la crise depuis qu'elles sont devenues collecteurs et spéculateurs.
« La banlieue ne mérite pas un petit ministère de rien du tout : ce doit être une priorité interministérielle ! »
Comment le Modem se positionne-t-il dans le débat sur l'identité nationale ?
Tout a déjà été dit : le débat a été lancé d'une manière totalement politicienne. De la relance à l'éducation, tout notre programme tend vers une définition d'une identité nationale et d'une identité européenne.
Dans son discours de clôture des universités de rentrée du Modem, François Bayrou avait jugé que le sort des banlieues était une priorité. Comment proposez-vous concrètement de régler le problème de cette marginalisation ?
La banlieue ne mérite pas un petit ministère de rien du tout : ce doit être une priorité interministérielle ! Le premier problème, c'est le chômage des moins de 25 ans, la priorité est donc l'emploi : nous sommes favorables à la création de 100000 TPE et au lancement de 50 grands projets dans les quartiers bénéficiant de facilités administratives et fiscales.
Il faut également le retour d'une police de proximité mais qui soit une police humaine, en même temps qu'une restauration des services publics dans les zones difficiles.
« Une entreprise qui joue le jeu de l'emploi et ne recourt pas trop à la précarité doit payer moins d'impôts. »
Non, nous sommes favorables à une autre assiette : nous voulons moduler la politique fiscale en fonction de la politique sociale des entreprises. Si une entreprise a de bon résultats mais licencie massivement, elle doit payer beaucoup d'impôt sur les sociétés, là où une entreprise qui joue le jeu de l'emploi sans recours excessif à l'intérim, au CDD ou autres formes de précarité, doit payer moins. Je défends également l'idée que les sociétés utilisant massivement le temps partiel soient sanctionnées fiscalement, car c'est une des sources du développement des « travailleurs pauvres » qu'il faut faire disparaître.
Quel mode de régulation serait pour vous préférable pour la finance ?
Nous sommes favorables à une séparation entre les banques de dépôt et les banques d'investissement. Quant à l'encadrement des bonus, malgré l'importance de certaines grandes banques françaises, le marché reste mondial.
C'est pour cette raison que nous militons pour la création d'un régulateur financier européen des banques et des assurances, ces dernières ayant également un grand rôle dans la crise depuis qu'elles sont devenues collecteurs et spéculateurs.
« La banlieue ne mérite pas un petit ministère de rien du tout : ce doit être une priorité interministérielle ! »
Tout a déjà été dit : le débat a été lancé d'une manière totalement politicienne. De la relance à l'éducation, tout notre programme tend vers une définition d'une identité nationale et d'une identité européenne.
Dans son discours de clôture des universités de rentrée du Modem, François Bayrou avait jugé que le sort des banlieues était une priorité. Comment proposez-vous concrètement de régler le problème de cette marginalisation ?
La banlieue ne mérite pas un petit ministère de rien du tout : ce doit être une priorité interministérielle ! Le premier problème, c'est le chômage des moins de 25 ans, la priorité est donc l'emploi : nous sommes favorables à la création de 100000 TPE et au lancement de 50 grands projets dans les quartiers bénéficiant de facilités administratives et fiscales.
Il faut également le retour d'une police de proximité mais qui soit une police humaine, en même temps qu'une restauration des services publics dans les zones difficiles.
« 100% des enfants doivent sortir des classes élémentaires en maîtrisant la lecture, l'écriture et les mathématiques ! »
Notre priorité, c'est l'école maternelle et l'école primaire : 100% des enfants doivent sortir des classes élémentaires en maîtrisant totalement les fondamentaux de la lecture, de l'écriture et des mathématiques, il ne doit y avoir aucune exception ! Pour cela, il faut adapter le cadre d'apprentissage, en laissant les professeurs déterminer leurs cours, en faisant des classes plus réduites dans les banlieues difficiles...
La loi Hadopi continue de faire débat autour de la défense de la création artistique : quel est le programme du Modem pour le financement de la culture ?
Nous sommes favorables à un forfait illimité de consultation de contenus culturels de type licence globale. Par ailleurs, il nous semble essentiel de conserver un secteur non marchand dans la culture, notamment pour gérer les oeuvres libres de droit. Nous contredisons également l'idée selon laquelle les logiciels libres seraient une menace pour l'économie : nous sommes persuadés qu'ils peuvent favoriser la création d'emplois.
22:44 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
01.12.2009
Le pire s'avance à pas de loup
Quand, enfin, se rendra-t-on compte que le discours de bien des gouvernants, depuis des mois, sur le retour de la croissance, l’efficacité du G20 et la fin de la crise ne sont que des mascarades ? Non seulement rien n’est réglé, non seulement aucune mesure réellement sérieuse n’a été prise, mais encore la gestion de la crise n’a fait, jusqu’à présent, que grossir l’avalanche qui déboulera sur les générations suivantes.
D’abord les faits : la croissance, dans nos pays, ne repart pas et le chômage, considérable, réduit la capacité des gens à consommer et à rembourser leurs crédits. En France, 4, 7 millions sont en situation de ne pas avoir autant d’heures de travail qu’ils souhaiteraient, ou de ne pas en avoir du tout. Aux Etats-Unis, ils sont 17,5% dans ce cas, et ceux qui travaillent ne sont occupés en moyenne que 33 heures par semaine. La durée du chômage s’allonge partout. Le commerce mondial se contracte. La baisse des prix mondiaux et celles du dollar et du yuan fabrique du chômage et pousse encore plus les consommateurs à rechercher les produits à bas prix, ce qui détruit plus encore d’emplois.
Les banques, dont on a dit qu’elles étaient sorties d’affaire, ne pourront pas financer les investissements nécessaires à la reprise : beaucoup des plus grandes, des Etats-Unis à la Chine, en passant par l’Europe, manquent dramatiquement de fonds propres, au point que Jean-Claude Trichet leur a demandé de ne pas distribuer de dividendes. De plus, les gouvernements des pays industrialisés doivent trouver cette année et l’an prochain 12 Trillions de dollars pour financer leurs déficits ; leur dette dépassera bientôt 80% du PIB mondial, ce qui conduira les consommateurs à épargner plus encore pour se préparer à une inévitable hausse des impôts. De plus, les bons du trésor ne seront plus considérés comme des placements surs pour les banques ou les compagnies d’assurance, mettant en cause les retraites complémentaires ou par capitalisation. Enfin, les risques pris, sans transparence, par les banques centrales, sont vertigineux ; et les fonds souverains sont gravement touchés, comme le montre ce qui joue à Dubaï.
Les risques qui en découlent sont pires encore: Menacent à la fois l’interruption de services publics, les faillites de banques, d’entreprises et de nations, la ruine des salariés et des épargnants, en un jeu de domino conduisant à une spirale dépressive, suivi d’un rebond inflationniste. Et même si la reprise se consolidait, contre toute raison, tous les précédents historiques montrent que l’emploi ne retrouvera pas son niveau d’avant la crise avant au moins deux ans.
On ne peut se contenter d’accepter ces menaces sans réagir, ni laisser l’espérance d’une minuscule croissance artificielle reporter sur l’avenir des difficultés de plus en plus grandes. Il faut d’urgence engager les reformes de structure, au moins en France, permettant de retrouver les chemins d’une croissance forte. C’est parfaitement possible. Encore faudrait-il avoir le courage de la vérité, seule justification de l’effort, seul préalable au succès.
(lexpress.fr)
21:28 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
Le premier débat en région ne fait pas salle comble
Ce premier débat en région, qui s'est tenu à Verdun, ville symbole de la Première guerre mondiale, a réuni à peine une centaine de participants.
L'identité nationale ne mobilise pas en région. Pour le premier débat sur l'identité nationale qui a eu lieu à Verdun, dans la Meuse, une centaine de personnes, à peine, ont participé à la réunion, lundi 30 novembre. Dans cette ville symbole de la Première guerre mondiale, il a été souligné que "le sentiment national a connu son exacerbation ultime".
"Le temps du doute"
Dans la grande salle de l'ancien évêché qui abrite aujourd'hui le centre mondial de la paix, les échanges sur "la France métissée d'aujourd'hui" entre élus et public sont apparus timides sur les trois thèmes retenus : "Les valeurs nationales à l'épreuve des conflits", "Quelles dimensions pour la citoyenneté ?" et "Identité nationale et enjeux internationaux".
"Depuis le début des années 70, on est entré dans le temps du doute", a expliqué Gérard Domange, historien, en ouvrant le débat présidé par le préfet de la Meuse, Eric Le Douaron. "Toutes sortes de Français ne se sentent pas inclus dans l'Histoire de France", a-t-il ajouté.
Kamel Maad, Algérien résidant depuis 46 ans en France sans avoir pris la nationalité française, a confirmé. "Je prendrai la citoyenneté (française) lorsque le mot 'égalité' aura ici un sens", a-t-il dit.
"Je suis Français d'origine italienne et je sens que je redeviens un 'rital' parce que moins de travail est disponible", a poursuivi un autre intervenant alors que, pour son voisin, "les trois piliers de l'identité française figurent au fronton de toutes les mairies : 'Liberté, égalité, fraternité'".
Service civil et double nationalité
Parmi les propositions qui ont émergé, un participant a suggéré l'instauration d'un "service civil obligatoire pour ressouder notre pays" tandis qu'un autre a demandé "l'interdiction de la double nationalité". "Il faut savoir de quel côté on se trouve", a-t-il argumenté alors que les critiques sur l'opportunité du débat se sont multipliées au cours des derniers jours.
L'Europe doit accepter le multiculturalisme et "éviter les définitions étriquées des identités nationales", a ainsi recommandé lundi à Strasbourg le Commissaire aux droits de l'Homme du Conseil de l'Europe, Thomas Hammarberg.
Pour la gauche, le débat risque de stigmatiser les immigrés en opposant identité nationale et immigration. Le Front national a également éreinté l'initiative du gouvernement alors que le centriste François Bayrou y voit "une recette électorale".
Selon un sondage Ifop paru dans le dernier Journal du Dimanche, 72% des Français estiment que le débat constitue "une stratégie pour gagner les élections régionales".
D'après une circulaire ministérielle envoyée aux préfets, il s'agit "d'associer l'ensemble de nos concitoyens à une réflexion de fond sur ce que signifie, en ce début de 21e siècle, être français".
D'ici à la fin janvier, quelque 250 autres réunions seront organisées et présidées par les préfets et sous-préfets dans 70 départements. Une première synthèse de l'ensemble de ces forums est prévue le 4 février.
(Nouvelobs.com)
21:24 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
30.11.2009
Dans Newsweek : Les lacunes de la "sarkonomie"
Un temps masquées par la crise, les extravagances financières de Nicolas Sarkozy apparaissent chaque jour plus clairement.
> Cet article a été publié dans l'hebdomadaire américain daté du 28 novembre.
Nicolas Sarkozy, connu pour la façon dont il phagocyte ses opposants et saute de gauche à droite, est l’un des esprits politiques les plus fins de sa génération. On ne peut en dire autant de sa compréhension de la chose économique. L’an dernier, du fait d’un contexte un peu fou, le problème était passé inaperçu. Au paroxysme de la crise financière, les leaders de tous les pays du monde se livraient à une débauche d’interventionnisme, de transgression des règles, de plans de sauvetage, de dépenses incontrôlées — en bref, jouaient les Français. Et Sarkozy semblait alors exceller à la tâche.
Avec le retour progressif à la normale, chaque pays va devoir affronter un surcroît de pressions pour un retour à plus de discipline budgétaire, et l’adoption de réformes structurelles. Et cela pourrait constituer un problème pour Sarkozy, qui a pour habitude de soumettre l’économie aux caprices de ses propres impératifs politiques. La France fut l’un des premiers pays à émerger de la récession, grâce à son épais matelas de dépenses publiques. Mais ce faisant, le pays a accumulé une dette importante, et les modalités de son remboursement sont loin d’être claires. Paris a taxé les demandes de l’Union Européenne l’exhortant à ramener son déficit à 3 % du PIB en 2013, contre 8,5 % l’an prochain, d’objectifs "extraordinairement difficiles" et "hautement irréalistes". Aujourd’hui, les bonnes vieilles habitudes françaises avec lesquelles Sarkozy avait promis de rompre, et les astuces de campagne qu’il a concoctées, risquent d’alourdir plus encore la charge qui pèse sur la deuxième économie européenne.
Le Grand Emprunt
Premier souci : le Grand Emprunt, un super-emprunt d’Etat de plusieurs milliards d’euros destiné à financer des investissements de long terme, et qui doit être adopté en décembre. Selon Sarkozy, il doit aider à préparer l’économie pour l’avenir, dans un pays où le déficit chronique (qui court depuis 1974) laisse peu de marge pour préparer le futur. Pour les critiques, l’emprunt ne fera que creuser plus encore le trou du pays, sans clair bénéfice à espérer. C’est également un troublant rappel de ce que peut signifier le style peu orthodoxe de Sarkozy quand il s’applique aux finances de la France. Ce Grand Emprunt, qui a pris tout le monde de court à son annonce en juin dernier, a été introduit sans trop de précisions principalement dans le but de dérouter et de déstabiliser son opposition. La définition même de la "sarkonomique". Une doctrine qui pourrait engendrer de sérieuses entraves à la reprise en France.
En 2007, Sarkozy a remporté les élections en promettant une "rupture" avec le passé, par le biais de réformes jusque-là toujours différées du marché du travail et de la protection sociale. Il a semblé initialement qu’il disposait de l’énergie et du talent nécessaire à les faire aboutir. Quelques points d’interrogation subsistaient : Sarkozy était-il un néolibéral parangon de l’économie de marché ou un interventionniste dans la grande tradition française ? Tout en parlant de modernisation, ne s’est-il pas également vanté du sauvetage de grandes entreprises nationales à l’occasion de son passage au ministère des finances, en 2004.
Mélange gauche-droite
Initialement, le mélange gauche-droite opéré par Sarkozy passait pour du pragmatisme. Le problème dans ce pays où les contre-pouvoirs sont peu nombreux et la fonction présidentielle extraordinairement puissante, c’est que ce flou lui a permis d’assujettir les décisions économiques à ses besoins politiques. Sarkozy s’est joué de son opposition en recourant à une technique de déstabilisation qu’il appelle "ouverture" — consistant à débaucher personnel et idées sur tout l’échiquier politique. Il a rallié les électeurs de l’extrême droite au cours de la campagne en durcissant son discours, sur le thème de "la France on l’aime ou on la quitte", avant d’embarrasser les socialistes en prenant dans son gouvernement plus de personnalités issues des minorités visibles qu’ils ne l’avaient jamais fait. Il a même fait de vedettes du Parti Socialiste telles que Bernard Kouchner son ministre des affaires étrangères, et de Jack Lang un envoyé spécial. Le mois dernier, il a appliqué une recette similaire, adoptant à nouveau un discours musclé sur les immigrants illégaux et la burqa, afin de corriger les erreurs du mois d’octobre, au cours duquel son silence sur l’arrestation de Roman Polanski et la tolérance affichée envers les incartades sexuelles d’un membre de son gouvernement avaient suggéré de la permissivité chez le président.
Politiquement, c’est astucieux. Dans le domaine économique, cette fantasque indifférence aux conséquences à long terme constitue un danger. Le principal problème de Sarkozy, c’est l’absence de suivi. Il a su lancer des réformes à un rythme encore jamais vu en France. L’Institut Thomas More de Bruxelles a effectué un suivi des 490 promesses de campagne et des 732 mesures annoncées par Sarkozy depuis son élection. Il a ainsi constaté que 80 % d’entre elles ont connu un début de mise en œuvre — un chiffre impressionnant. Mais il a également constaté que nombre de ses initiatives ont été lancées à la hâte et n’avaient pas été conduites avec suffisamment d’énergie, "comme si l’envergure donnée à la réforme venait en contradiction avec sa profondeur". Les gros efforts entrepris avant la crise, pour réduire le gaspillage dans le secteur public, par exemple, n’ont rapporté que sept petits milliards d’euros d’économie. Et son fameux Plan Marshall des banlieues aux difficultés notoires, n’a pour l’essentiel jamais décollé. "Le président aime les surprises" rapporte l’institut, "et notamment lorsqu’il se trouve dans une situation délicate". Mais ces surprises signifient des coûts supplémentaires à long terme pour le contribuable.
Absence de véritables principes économiques
Le problème plus fondamental semble être l’absence chez Sarkozy de véritables principes économiques — l’opportunisme semble être à la base de la "sarkonomique". "Lorsque la gauche traite Sarkozy d’ultralibéral, elle se trompe", indique Jean-Thomas Lesueur, qui a dirigé l’étude de l’Institut Thomas More. "C’est un pragmatique. Mais le pragmatisme, c’est une bonne tactique, pas une stratégie". Lesueur considère que Sarkozy dispose de la souplesse qui permet de remporter les batailles, mais qu’il est dépourvu de la vision personnelle qui définit, ou fait remporter les guerres, à l’instar de Ronald Reagan ou de Margaret Thatcher.
Les critiques, comme les économistes Pierre Cahuc et André Zylberberg, auteurs du best-seller Les réformes ratées du président Sarkozy, affirment que la crise économique a rendu le résultat des réformes plus difficile à constater, mais "qu’elles sont entachées de nombreux défauts", selon les termes employés par Cahuc. Selon le livre, "ses premières décisions ont aggravé les problèmes qu’elles étaient supposées résoudre, tout en aggravant le déficit". Prenons la mesure phare du mandat, les restrictions apportées aux régimes de retraite spéciaux de certaines catégories du secteur public, par exemple le moindre nombre de trimestres de cotisation nécessaires, par rapport au secteur privé. Sarkozy a réussi à les imposer, mais uniquement au prix de concessions coûteuses d’autre part.
Réduire la bureaucratie pléthorique
Pour être juste, le président a fait de bonnes choses. Ses efforts, par exemple, en vue de réduire progressivement la bureaucratie pléthorique du pays ont permis au pays d’économiser quelque 500 millions d’euros par an. Mais comme c’est d’usage, après avoir lancé le programme en 2007, Sarkozy a annulé les gains obtenus avec l’annonce impulsive et soudaine en 2008 de la suppression de la publicité à la télévision publique, vieille antienne socialiste. Sarkozy en a fait l’annonce au cours d’une conférence de presse, à la suite des réprobations concernant ses luxueuses vacances avec sa nouvelle compagne top-model (la future madame Bruni-Sarkozy) — un moyen pratique de changer de sujet, dont le coût fut néanmoins estimé par la Cour des Comptes à 450 millions d’euros en 2009.
Ces caprices font peser sur le pays des charges d’un autre ordre. En dépit des récentes tentatives de Sarkozy visant à comparer sa gestion des finances publiques avec l’Allemagne —"un gage de sérieux" selon Laurence Boone de Barclays — le comportement de Paris a été plus problématique. Les nouvelles dépenses engagées par Sarkozy ont été planifiées à la hâte, et à la différence de Berlin, n’étaient pas accompagnées d’engagement sur leur compensation à terme. L’Allemagne a également entrepris de profondes réformes structurelles, alors qu’on attend toujours en France l’adoption de mesures énergiques, sur la question des retraites, par exemple. Ces divergences risquent d’entraîner sur la question de la politique économique de l’Union Européenne un "conflit budgétaire et monétaire" entre des Français dépensiers et des Allemands disciplinés, prévient Bob McKee, analyste chez Independent Strategy, à Londres.
Les sondages donnant à Sarkozy entre 30 et 40 % d’opinions favorables, les plus mauvais chiffres qu’il ait connu (ils s’expliquent par une série de faux pas, et notamment d’accusations de népotisme autour de son jeune fils Jean), de nombreux spécialistes redoutent qu’il soit tenté d’annoncer des mesures encore plus irréfléchies, à l’approche des élections régionales de mars et de la campagne présidentielle de 2012.
Projet du Grand Paris
Il est un signe inquiétant : le projet du Grand Paris, dévoilé en avril dernier. Le nom du projet, très approprié, comporte un double sens suggérant aussi bien la géographie qu’un pari sur l’avenir. L’idée est de dépenser au moins 35 milliards d’euros dans la région capitale. Mais ce à quoi sera consacré cet argent — à part construire de nouvelles lignes de métro, et permettre à Sarkozy d’imprimer sa marque — n’est pas clair. Puis vient le Grand Emprunt. Sarkozy avait suggéré de se tourner vers les particuliers pour une partie au moins de son montant — ce qui permet de donner l’impression d’une adhésion de la population, mais constitue une méthode très coûteuse de lever des fonds. Pendant plusieurs mois, le débat public sur les montants des investissements et leur affectation a constitué un bien pratique moyen de détourner l’attention de phénomènes plus inquiétants tels que la montée du chômage. Le mois dernier, la commission chargée par Sarkozy de définir les investissements potentiels a dressé une liste de secteurs prioritaire auxquels il a suggéré de consacrer 35 milliards d’euros : recherche, "société numérique", aéronautique et nucléaire. Rien que de très louable, mais l’OCDE a déjà averti que cette mesure risque "d’arriver trop tard pour aider à la reprise, et rendra d’autant plus difficile la tâche de l’indispensable retour à l’équilibre budgétaire".
Christian Saint-Etienne, délégué à l’économie au Nouveau Centre, allié de l’Union pour un Mouvement Populaire, est "pratiquement sûr" que Sarkozy sera à même de mener à bien les essentielles réformes structurelles à la suite des élections de mars — après le printemps prochain, la campagne présidentielle sera trop proche pour relever les impôts, sérieusement couper dans les dépenses ou risquer une crise de financement public.
Champion du monde des dépenses publiques
Au cours des derniers jours, Sarkozy a semblé revenir à l’idée de la discipline budgétaire. "La France doit cesser d’être le champion du monde des dépenses publiques" déclarait-il le 20 novembre, jour suivant l’annonce des propositions du Grand Emprunt. Le Grand Emprunt est également devenu un sujet de bisbilles internes au sein du parti de Sarkozy, et déclenché dans la population des inquiétudes sur le niveau de la dette. En privé, un économiste confie que cette subtile inflexion dans l’air du temps pourrait être la meilleure chose à sortir du Grand Emprunt. Les volte-face sarkozyste en matières de dépenses publiques ne sont pas sans arrière-plan partisan. Celui-ci concentre l’essentiel de ses critiques sur la gestion socialiste à l’échelon local, bien que leurs dépenses ne constituent qu’une infime fraction des problèmes du pays. Du point de vue économique il est hors sujet. Mais pas du point de vue politique. Hélas.
Par Tracy McNicoll
Traduit de l'anglais par David Korn (nouvelobs.com)
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Dominique de Villepin à la rencontre des agriculteurs
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25.11.2009
Dominique de Villepin à la rencontre des habitants de la ville rose
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Le cabinet de Besson contacte le « sale Arabe » de Sciences-Po (rue89.com)

« Dégage, sale Arabe ». Ces mots barrent la Une de Libération ce mardi. D'après Anyss Arbib, élève de Sciences-Po, habitant de Bondy et d'origine marocaine, ce sont ceux que lui ont adressé des policiers mercredi soir à Paris, alors qu'il fêtait la qualification de l'Algérie pour la Coupe du monde de football. Peut-être pour s'en expliquer, le cabinet d'Eric Besson vient de lui proposer un rendez-vous.
Encouragé par Richard Descoings, directeur de Sciences-Po, Anyss a d'abord raconté cette altercation sur sa page Facebook. Il y explique comment un ami algérien l'a convaincu de se rendre sur les Champs-Elysées pour célébrer la victoire de son équipe sur l'Egypte. Comment, arrivés sur les Champs-Elysées, les choses dégénèrent très vite :
« Des jeunes lancent des bouteilles et des pétards sur les forces de l'ordre. Les habituels casseurs profitent des circonstances pour briser des vitrines et se livrer à des larcins. […] Les forces de l'ordre répliquent, ce qui est normal. »
Les deux jeunes hommes décident de rentrer en voiture à Bondy. Ils stationnent Porte Maillot en attendant un ami. Des CRS sont présents. C'est alors que les choses dégénèrent :
« Des hommes descendent et commencent à donner des coups de matraque à toute personne en dehors de sa voiture. Ils cognent sans raison et sans ménagement sur des gens qui n'ont rien à se reprocher. Ils instaurent un climat de terreur. »
Suit le récit de nombreuses violences policières, auxquelles Anyss et son ami assistent médusés. Puis un CRS s'approche de leur voiture : « Qu'est-ce que tu regardes, dégage, dégage ! » Réplique de l'étudiant :
»« Je regarde devant moi, je connais mes droits, je suis étudiant à Sciences Po. » Réponse : « J'emmerde Sciences-Po ! » Je lui fais observer que je suis poli avec lui et qu'il n'a pas à utiliser un tel langage. Il coupe court : « Ferme ta gueule ! »
Son collègue me pulvérise sur le visage un gel lacrymogène. […] C'est une agression gratuite. […] J'ai la sensation d'agoniser. Mon ami est dans le même état. On me dit : « Dégage sale Arabe. » […] Quand il y a des manifestations de ce type on se retrouve comme un ennemi dans sa propre République. Or les seuls points communs entre un casseur et moi, c'est qu'on est tous les deux français et qu'on a tous les deux le teint bronzé. »
Le soutien de Dominique de Villepin
Suite à la publication de ce témoignage à la Une de Libération, Anyss a reçu par mail le soutien de Dominique de Villepin. Il l'avait rencontré à la fin de son année de terminale, comme d'autres jeunes de banlieue reçus à Matignon. Il avait dit au Premier ministre : « Comme vous, je veux faire Sciences-Po et l'Ena. » En quatrième année à Sciences-Po, passé par la convention ZEP, il fait aujourd'hui partie du club lancé par Villepin.
Plus étonnant, Anyss dit avoir été contacté par le cabinet d'Eric Besson, le ministre de l'Immigration et de l'Identité nationale ayant exprimé son souhait de le rencontrer. Il n'a pas encore donné suite.
Par son témoignage, Anyss espère lancer le débat sur la discrimination dont sont victimes les jeunes de banlieue :
« Changer le discours sur les personnes issues de l'immigration. Il y en assez que l'on parle de la burqa, du voile. Ce sont des phénomènes marginaux en banlieue qui concernent très peu de personnes. Les vrais problèmes sont la discrimination, le chômage en banlieue, l'égalité des chances […]. Il faut recentrer le débat sur l'identité sur les problèmes qui nous concernent vraiment ».
Le jeune homme envisage aujourd'hui de porter plainte. Il devrait être invité du Grand Journal de Canal + ce mardi soir aux côtés de Rachida Dati et des députés devraient interpeler le gouvernement jeudi à l'Assemblée. Conclusion tout de même positive de toute cette affaire :
« Ça m'a beaucoup motivé pour mener des combats politiques à l'avenir. J'ai toujours aimé la politique ce n'est pas aujourd'hui que ça va changer. »
Par Arnaud Aubron | Rue89
(rue89.com)
22:59 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
24.11.2009
Historique des visites de Sarko en banlieue, résultats : "Paroles et paroles !"
D'Argenteuil à Bobigny, les visites de Sarkozy en banlieue (lefigaro.fr)
Depuis les polémiques sur la «racaille» et le «Kärcher», les déplacements du chef de l'Etat dans les quartiers sensibles ont souvent été difficiles. Retour sur ses rares visites en banlieue depuis 2005.
A l'approche des élections régionales, Nicolas Sarkozy reprend son thème fétiche de l'insécurité. Toujours à l'aise sur ce type de sujet, le chef de l'Etat se rend dans trois villes de Seine-Saint-Denis et du Val-de-Marne pour annoncer un plan anti-drogue, un développement accru de la vidéosurveillance, et de nouveaux moyens d'enquête pour la police. «Ça va bouger beaucoup», annonce-t-il devant des journalistes.
• 18 mars 2009, fermeté à Gagny
Garder la main. Une dizaine de jours après une expédition punitive dans un lycée de Gagny (Seine-Saint-Denis), Nicolas Sarkozy fait son premier déplacement en banlieue depuis plus d'un an, le deuxième de sa mandature. «Notre pays doit enrayer les phénomènes de bandes et de haine dirigés contre deux piliers de la République, l'école et la police», martèle le président depuis le commissariat de la ville.
• 8 février 2008, sous les ors de l'Elysée
Ne pas prendre de risque. Contrairement à son engagement de présenter son plan banlieue à Sartrouville, le chef de l'Etat reste à Paris pour en détailler les grandes lignes. C'est sous les ors de l'Elysée qu'il dévoile l'une de ses principales promesses de campagne : un projet «extrêmement ambitieux» selon ses propres termes, visant à «donner une chance à ceux qui veulent s'en sortir».
• 22 janvier 2008, improvisation à Sartrouville
Huit mois après son élection à la présidence de la République, Nicolas Sarkozy surprend tout le monde en effectuant un déplacement dans une cité sensible de la banlieue ouest de Paris. Une visite qui se passe sans heurts. Devant caméras et micros, il improvise en pleine rue une discussion à bâtons rompus avec des jeunes du quartier (voir la vidéo). En réponse à un jeune qui l'interpelle, le chef de l'Etat répond : «On va vous donner une deuxième chance en vous offrant une formation qualifiante. En retour, je te demande une chose. Tu te lèves le matin et tu bosses. La vie, ce n'est pas glander.»
• 14 avril 2007, Sarkozy persiste à Meaux
En pleine campagne. Alors qu'on lui reproche d'être devenu indésirable en banlieue, Nicolas Sarkozy veut faire taire les critiques. Dans une petite salle de sports située au bas d'une tour de Meaux, le candidat à la présidentielle persiste et signe. «J'ai bien l'intention de continuer à appeler un voyou, un voyou, une racaille, une racaille. Ce n'est pas un mot qui est insultant, ce qui est insultant c'est de se comporter comme un voyou.» Poursuivant malgré les remous de la salle, Nicolas Sarkozy annonce que s'il est élu, un «plan Marshall 2» offrira «une formation, un emploi, une rémunération, un travail» à 250.000 jeunes des quartiers.
11 avril 2007, en catimini à Villepinte
Voyage éclair. Dans la dernière ligne droite vers l'Elysée, le candidat Sarkozy effectue un aller-retour «vite fait bien fait» à Villepinte, où il ne visitera rien d'autre que la mairie, le temps d'une cérémonie d'entrée dans la nationalité française (voir la vidéo). «La France vous donnera tout pourvu que vous sachiez la respecter, que vous sachiez l'aimer», lance-t-il à quatorze «nouveaux Français». Moins d'une heure après son arrivée, le ministre de l'Intérieur repart dans sa voiture aux vitres fumées.
• 25 octobre 2005, la racaille d'Argenteuil
Ambiance électrique. 22h30. Le cortège officiel arrive sur la dalle du Val-d'Argent. Entouré de caméras, dans la nuée des projecteurs de télévision, Nicolas Sarkozy - tenue vestimentaire détendue - fait face aux hurlements, sifflets et quolibets. Quelques projectiles fusent depuis les immeubles. Visage fermé, regard noir, le ministre continue d'avancer. Puis vient cette phrase : «Vous en avez assez, hein ? Vous en avez assez de cette bande de racaille ? Eh bien, on va vous en débarrasser !». Quelques mois seulement après «le nettoyage au Kärcher», la formule, captée par les caméras des journalistes, fait le tour des médias, et provoqué une vive polémique.
19 juin 2005, le «Kärcher» de La Courneuve
Action, réaction. Au lendemain d'une fusillade qui coûte la vie à un petit garçon de La Courneuve, Nicolas Sarkozy, ministre de l'Intérieur, se rend à la cité des 4.000. «Dès demain, on va nettoyer au Karcher la cité, lance-t-il. On y mettra les effectifs nécessaires et le temps qu'il faudra, mais ça sera nettoyé.» Des propos qui interpellent les habitants. «Maintenant ils veulent nous nettoyer, ça dit bien pour quoi on nous prend», témoigne une Courneuvienne.
(lefigaro.fr)
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