04.05.2008
Dominique de Villepin invité le mardi 06 mai à l'université Paris-Dauphine
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30.04.2008
Hémorragie de jeunes militants à l’UMP
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Le scandale Henri Guaino
On sait les remous qu'avait provoqué le discours du Président Sarkozy à Dakar le 26 juillet 2007.
On se rappelle les propos de Vincent Peillon, la semaine dernière sur iTELE :« Quand [Sarkozy] est venu parler devant le Parlement européen, c'est le seul Président de la République qui a failli se faire siffler, tellement son discours était absolument insensé, et nationalo-poujadiste - en donnant des leçons à tout le monde.»
Or on vient d'apprendre que Nicolas Sarkozy à prononcé les mots suivants, vendredi dernier, dans une allocution à Monaco :
« J'ai fait un rêve, c'est que les peuples de la Méditerranée du Nord comme du Sud soient aussi imaginatifs et courageux que les peuples d'Europe continentale »
(Nicolas Sarkozy, Monaco, 25/04/2008)
Source : "Les mots ont un sens"
Il suffit d'ouvrir les yeux ou de voyager un peu pour constater que le talent, le génie, et je ne sais quelle harmonie humaine, fleurissent naturellement chez les gens du pourtour méditerranéen (et pas seulement en Andalousie), il y a même là quelque mystère.
Celui qui a écrit cette phrase sur les "peuples de la Méditerranée", prononcée par le Président, est soit un ignorant manifeste, soit un être rongé par de putrides relents intérieurs (ces choses ne sont d'ailleurs pas strictement incompatibles) : il ne peut s'agir, encore une fois, que du consternant Henri Guaino, "plume" officielle du Président (la pensée de Sarkozy ne va pas sans doute pas si loin...).
Il est franchement grave de pouvoir écrire impunément de telles conneries stupidités (d'autant que celles-ci sont prononcées publiquement par rien moins que le Président de la République...), c'est absolument répugnant. Il existe en Andalousie des gens auprès desquels Guaino ne ferait même pas figure d'insecte.
« Et un "I had a dream" à la française, en plus ! Luther King a forgé ce discours, sur un célèbre discours de Lincoln "the Gettysburgh Adress". Lincoln, président abolitionniste, repris par un pasteur noir qui défend les droits des Noirs, ça a un sens. Faire référence à Luther King pour tenir un propos aussi raciste, est non seulement consternant, mais tellement typique de l'ignorance crasse de Guaino, on ne peut s'étonner d'une telle c....rie ! » (Chris79, ICI)
« Mais il devroit avoir quelque coërction des loix contre les escrivains ineptes et inutiles, comme il y a contre les vagabons et faineants. »
(Montaigne, Essais III, 9. "De la vanité")
Henri Guaino n'est pas "inepte et inutile" : il est nuisible (en ceci que ses élucubrations sont déclamées à la face du monde par rien moins que le Président de la République française).
Evidemment, la responsabilité de ces discours incombe au Président lui-même, qui est censé mesurer la portée des paroles qu'il prononce, et pour commencer prendre le temps nécessaire à cela. Mais peut-être est-ce trop demander ? Quand on pense au soin que Mitterrand apportait à ses discours, les corrigeant et les recorrigeant...
Interview, dans le journal Le Matin (Suisse), d'un journaliste français nommé... Jean-Michel Apathie.
Question : Le réalisateur Claude Chabrol a dit: « Sarkozy est un homme intelligent qui réfléchit peu. » Vous en pensez quoi ?
JMA : « Ce n'est pas faux. »
Mise à jour 29/04/2008
On apprend que le Président de la République française a prononcé aujourd'hui ces fortes paroles en Tunisie (qui, dixit Sarkozy, « développe sur tant de points l'ouverture et la tolérance » et où « l'espace des libertés progresse ») :
« Vous avez une main d'œuvre qui ne demande qu'à être formée. Nous avons beaucoup d'intelligence et beaucoup de formation. Ensemble, le Nord de la Méditerranée et le Sud de la Méditerranée, on peut créer un pôle gagnant-gagnant qui concurrencera l'Asie. »
(Nicolas Sarkozy, Tunis, 29/04/2008)
Tentative d'exégèse des écrits de Henri Guaino (lus par le Président de la République française).
Au « Nord de la Méditerranée », ainsi qu'au « Sud de la Méditerranée », on est pas très « courageux » ni très « imaginatifs » (comparés aux « peuples d'Europe continentale»).
Au « Nord de la Méditerranée », on a néanmoins (« beaucoup ») d'« intelligence » et de « formation ».
Par contre, au « Sud de la Méditerranée », on ne trouve principalement que de la «main-d'œuvre » ; pas très « courageuse » ni très « imaginative », donc ; et ayant, de plus, besoin d'« intelligence » et de « formation ».
source (bétapolitique)
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29.04.2008
Le moral des ménages français à son niveau le plus bas en 20 ans
PARIS (Reuters) - Le moral des ménages s'est encore dégradé en avril en France pour toucher un nouveau plus bas de ces 20 dernières années, selon l'enquête mensuelle de conjoncture auprès des ménages réalisée par l'Insee et publiée mardi.L'indicateur résumé de l'opinion des ménages en données corrigées des variations saisonnières recule d'un point à -37, un point bas sans précédent depuis que la série a commencé en janvier 1987.
Vingt-sept économistes interrogés par Reuters s'attendaient en moyenne à un indicateur à -37 en avril.Les ménages se sont montrés plus pessimistes sur les perspectives d'évolution du niveau de vie en France alors que leur opinion sur son évolution passée s'est améliorée par rapport à l'enquête de mars. Le solde sur l'opportunité de faire des achats importants est resté stable.
L'enquête a été réalisée du 1er au 22 avril.
Véronique Tison (Capital.fr)
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28.04.2008
Impopularité historique pour Nicolas Sarkozy
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PRIX DES ÉCRIVAINS DU SUD
Le Prix des Écrivains du Sud 2008
a été attribué à
Dominique de Villepin
pour son ouvrage "Hôtel de l'insomnie"(Plon, 2008, ISBN 978-2-259-20726-3)
Présidente du jury
Sylvie Durbet-Giono
Membres du jury
Paule Constant, Michel Déon, Michèle Gazier, Christine Jordis, Robert Kopp, Gilles Lapouge, Pierre Lepape.
Règlement.
Le prix littéraire des Écrivains du Sud récompense un auteur
à l’occasion de la publication d’une œuvre de langue française
remarquable pour sa mise en valeur de la littérature,
quels que soient le genre et la forme de cette œuvre :
roman, poésies, théâtre, essai, dialogues, récit, BD, biographie, thèse,
nouvelles, miscellanées, lettres, tableaux, documentaire, contes, soties,
mémoires, chroniques, carnet, dictionnaire, souvenirs,…
Proclamation
Le prix est proclamé au moment des Journées des Écrivains du Sud.
Dotation
Le prix est doté par la ville d’Aix-en-Provence.
Elle invite le lauréat à assister pendant une semaine
aux manifestations culturelles organisées à Aix
au moment du festival d’art lyrique.
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Le Prix des Écrivains du Sud 2006 a été attribué à
René de Ceccaty
pour son ouvrage "Le mot amour" (Gallimard, 2005, ISBN 2070775720)
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Le Prix des Écrivains du Sud 2007 a été attribué à
Stéphane Heuet
pour l'adaptation en bande dessinée de
"Un amour de Swann ", de Marcel Proust
Un amour de Swann - volume 1
(Editions Delcourt, 2006, ISBN 2-84789-321-0)
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24.04.2008
Clearstream : La justice aux ordres

On nous assène depuis trop longtemps que l'affaire Clearstream n'est que la simple trame d'une rivalité politique implacable, Dominique de Villepin (le très méchant) voulant absolument empêcher Nicolas Sarkozy (le très gentil) d'accéder à la Présidence de la République (ou à celle de l'UMP).
De plus en plus nombreux sont aujourd'hui les observateurs qui pensent qu'il faudrait sans doute inverser les rôles et faire que la justice française sorte vite des brumes honteuses de la procédure actuelle. Il est temps de poser enfin les bonnes questions et de diligenter les enquêtes essentielles.
En d'autres termes, qu'on cesse de nous enfumer.
Par Jean-Philippe Miginiac http://blog.jpmiginiac.com/post/2008/04/23/Reperes-23/04/...
Dominique de Villepin vient d'adresser une note s'opposant aux conclusions de l'enquête policière.
Dominique de Villepin dénonce une instruction à charge
Le dernier round de l'instruction judiciaire autour de l'affaire Clearstream se joue cette semaine. Après la clôture de l'enquête, en février dernier, les protagonistes du dossier ont jusqu'à vendredi pour réclamer aux juges de nouveaux actes «nécessaires à la manifestation de la vérité».
Dominique de Villepin, sous la plume de ses avocats Mes Olivier d'Antin et Luc Brossollet, vient d'adresser une «note aux fins de non-lieu» de 140 pages. S'opposant aux conclusions de l'enquête policière, y est souligné que «Dominique de Villepin n'a jamais donné à Jean-Louis Gergorin d'instruction de saisir un juge dans l'affaire Clearstream». Mais les critiques les plus notables visent les juges : «Tout dans l'instruction démontre qu'elle ne s'est poursuivie qu'à charge et contre un seul, Dominique de Villepin , écrivent-ils. L'information s'est focalisée sur une seule partie civile, Nicolas Sarkozy.» (Le Figaro)
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23.04.2008
Regard : Nicolas Dupont-Aignan
Gaulliste indépendant, Nicolas Dupont-Aignan joue le réseau local contre une élite coupée des électeurs qui ont dit « Non » au référendum. Acharné, cet « opposant professionnel » est le poil à gratter d'une droite en train de se réveiller.
Mais la grogne qui monte à droite, dans l'électorat comme chez les élus, est du pain béni pour lui, qui l'élève au rang de contestateur en chef du Président. Nicolas Sarkozy, NDA le connaît depuis son entrée au RPR, en 1993. A l'époque, Sarko et sa bande le regardait déjà de travers quand il avait ravi à Karoutchi le poste stratégique de secrétaire aux Fédérations.
Aujourd'hui, Nicolas Dupont-Aignan ne pardonne pas au nouveau président de la République d'avoir déçu « l'espoir qu'il a suscité à droite » pendant la campagne. « En juin 2007, il avait une légitimité fabuleuse pour remettre en cause la pensée unique sur l'Europe à Bruxelles, peste-t-il. Mais sa vanité l'a emporté sur la raison. »
Nicolas Dupont-Aignan n'est pas d'accord : « je ne me fie pas au raisonnement de la Salle des Quatre Colonnes. L'un de mes plus gros atouts, c'est mon réseau local. » Au moins une fois par semaine, le député-maire d'Yerres se rend en province : Lorraine, Bretagne, Centre… Cette semaine, c'est Marseille et Toulon, où il espère pouvoir renforcer son parti qui compte un peu moins de 10 000 adhérents aux profils variés - chevènementistes, anciens RPR ou encore villiéristes - qui l'animent dans 72 départements.
Ecole Saint-Exupéry, promenade Barbara, Cinéma Paradiso… A Yerres, « NDA » a marqué la ville de ses goûts. Faites le tour de la bâtisse rococo de la mairie, fouillez-en les couloirs et retournez chacune des chaises, vous n'y trouverez pas un seul drapeau européen !
Envoyé un peu par hasard dans cette commune des Yvelines pour se présenter contre un maire socialiste réputé imbattable, il est élu dès le premier tour en 1995. « Mon premier miracle », confie-t-il. Le second fut son élection comme député en 1997, au second tour cette fois et d'une courte tête (50,4%).
Il préfère de loin la gestion de sa ville aux intrigues de parti. Ses premiers problèmes avec le RPR remontent à 1999, quand il s'oppose au traité d'Amsterdam - attitude jugée par ses coreligionnaires indigne du secrétaire national qu'il est alors. Toujours au sein du parti, il soutient la liste Pasqua-Villiers aux élections européennes et devient secrétaire général adjoint de leur Rassemblement pour la France. L'aventure se termine au bout de trois mois et il revient au RPR, « la queue basse, pour assister au détricotage du parti gaulliste », se souvient-il.
Gaulliste : il défend bec et ongles cet adjectif que l'UMP lui dénie. Il faut dire que ses positions eurosceptiques lui attirent des voisinages un peu sulfureux. « Je suis un républicain, insiste-t-il. Je ne veux pas être amalgamé avec le souverainisme ringard de Villiers : je suis un progressiste ! »
Philippe de Villiers, lui, aimerait bien capter la nouvelle aura du président de Debout la République : « Nicolas Dupont-Aignan fait le même bon constat que nous sur l'impossibilité de faire de la politique en France quand tout se décide à Bruxelles », explique Patrick Louis, député européen MPF. Paul-Marie Coûteaux espère aussi ce rapprochement qu'il tente de favoriser en vue des élections européennes de 2009.
Bref, Nicolas Dupont-Aignan n'a jamais été aussi courtisé mais il préférerait choisir ses prétendants. Son objectif est simple : « survivre jusqu'en 2012. » « Aujourd'hui, je ne vois personne qui veuille reprendre le flambeau de mes idées », déplore-t-il. Un avis que partage François-Xavier Vilain, député-maire de Cambrai affilié à DLR : « Je me retrouve dans ce qu'il exprime et il est le seul à porter ces idées-là sur l'Europe à droite. Les électeurs commencent à le connaître ! », ajoute-t-il. « Sincère » pour beaucoup, il est, pour un journaliste qui l'a suivi toute la campagne durant, « trop gentil. » Mais, de l'avis général, c'est un véritable acharné.
Sa motivation ? Des pères de famille qui l'encouragent à la sortie de la boucherie. Pour lui, le non au référendum sur le TCE a été le signal : « on a une élite d'abandon qui n'aime plus le peuple et vous voudriez que je travaille avec cette élite ? » Qu'il se rassure : cette élite n'a pas l'intention de lui proposer le moindre job. Face à un Président qui remet en cause la laïcité, réintègre l'Otan ou reste passif face à l'euro fort, NDA voit venir la révolte. « Ca va finir dans la rue, toute l'histoire est faite de ça, dit-il d'un air d'évidence. Il y aura besoin d'une recomposition politique et j'espère modestement pouvoir y participer. » Pour l'instant, Nicolas Dupont-Aignan organise la résistance. Seul.
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22.04.2008
"Sarkozy manque de sincérité"
Quel bilan peut-on tirer de la première année de présidence de Nicolas Sarkozy ? Les mauvais sondages, relatifs à cette première année au pouvoir, sanctionnent-ils davantage sa politique ou sa personnalisation bien particulière de la fonction présidentielle ?
- Le bilan de la première année de Nicolas Sarkozy à l'Elysée, c'est d'abord un éloignement considérable de la tonalité, voire des propositions faites pendant la campagne présidentielle. Cela étant, c'est un grand classique français, ce n'est pas propre à Nicolas Sarkozy. La responsabilité est d'ailleurs partagée, puisqu'une majorité d'électeurs l'ont cru.
Les candidats, quels qu'ils soient, nous font toujours espérer que la politique pourra bousculer le monde. Or c'est le monde qui bouscule la politique et cela crée évidemment de la déception chez les Français.
Il y a une très mauvaise prise en compte de la situation financière. Quand il n'y a pas de sous, il faut en tirer les conséquences et, surtout, il faut l'expliquer. On ne comprend plus très bien la logique de l'action du gouvernement. Des choses ont été faites, c'est indéniable - le travail avec les syndicats est assez formidable, par exemple - mais aucun crédit n'est porté au gouvernement parce qu'il y a un déficit d'explications trop important.
Nous savons depuis des années que notre pays ne peut pas s'appuyer sur une croissance très significative mais cela fait pourtant quinze ans que les gouvernements successifs nous affirment que la dite croissance va régler tous nos maux. Il faut changer de discours.
Je pense qu'il faut adapter le fonctionnement de l'Etat aux moyens de la société française. Il nous manque, depuis trente ans, quarante milliards d'euros sur chaque budget, à récupérer dans des aménagements structurels, pour que le compte y soit. Tant que nous ne ferons pas ce travail, que les gouvernements précédents avaient également refusé de faire, la politique ne fabriquera pas de confiance.
Tant que nous n'aurons pas le sentiment que le pouvoir est sincère, qu'il nous dit les choses, qu'il nous explique qu'il ne pourra pas financer grand-chose dans la situation actuelle, il y aura une incompréhension. Et, pour le moment, des mesures très contradictoires sont annoncées. On nous dit que les caisses sont vides mais on veut faire le revenu de solidarité active (RSA). Nadine Morano [secrétaire d'Etat chargée de la Famille, ndlr] nous dit par ailleurs que sa politique familiale va coûter un milliard d'euros et on se demande comment elle va la financer. Il y a également le problème des enseignants. Tant que toutes ces questions ne seront pas tranchées, il y aura un problème.
Je pense que c'est essentiellement la politique de Nicolas Sarkozy qui est aujourd'hui remise en cause par ces sondages. Si sa politique avait donnée des résultats concrets, comme il l'avait promis, je pense que les sondages seraient bons, indépendamment de son incarnation très personnelle de la fonction présidentielle.
Le chef de l'Etat doit s'exprimer longuement jeudi soir lors d'une intervention télévisée, quelle en sera la teneur selon vous ? Comment va évoluer le Sarkozy de l'An II ?
- Je pense qu'il faut que son intervention ait une apparence de sincérité. Nicolas Sarkozy doit reconnaître, d'une part, que son action est loin de son discours de campagne. Il doit enfin prononcer l'acte de décès de sa campagne.
Ensuite, il faut qu'il dise que, dans les deux, trois, quatre ans qui viennent, l'Etat sera contraint de diminuer ses dépenses publiques. S'il ne dit pas cela avec un accent de sincérité, je crois que sa cote de popularité restera ce qu'elle est actuellement, c'est-à-dire basse.
Il faut de la sincérité dans l'action politique. Il n'y en a évidemment pas eu pendant la campagne électorale, ni d'un côté ni de l'autre. Aujourd'hui, c'est indispensable pour redonner confiance aux Français. Sinon, nous continuerons à déprimer tous en cœur et à ne pas croire dans la politique.
Je remarque, pour les seuls trois derniers jours, qu'il y a un rapport de la Cour des Comptes qui dit qu'à cause de l'accumulation de sa dette, la SNCF n'entretient plus son réseau ferré, entraînant des risques pour les usagers. Et hier, c'est le ministre de la Défense qui a annoncé que, probablement, nous ne construirions pas de second porte-avions. Non pas au terme d'une analyse stratégique mais parce que nous n'avons pas l'argent pour le faire.
Je ne sais pas s'il faut trancher dans la fonction publique, ni comment il faut le faire mais je sais que trente années durant la France a dépensé plus qu'elle n'avait gagné et cela ne peut plus durer. L'exemple du porte-avions est symptomatique.
Quand un pays, dont la défense est par ailleurs assurée, décide de ne pas construire un bâtiment militaire de ce type, c'est que la situation est grave. Et Nicolas Sarkozy doit avoir le courage de le dire. Sincèrement. Il doit trouver les mots. S'il ne prend pas tout le monde à témoin et s'il n'explique pas quels efforts il y aura à faire, il ne remplit pas son job.
Que pensez-vous des déclarations de Pierre Moscovici (député PS du Doubs) qui estime que Sarkozy a transformé l'or en plomb ?
- La formule est assez juste. Il avait effectivement de l'or dans les mains. Il a été élu assez brillamment et il a suscité un espoir. L'ambigüité, c'est que l'espoir qu'il a suscité reposait sur un volontarisme politique qui n'a, pour l'instant, pas été validé dans les faits. François Mitterrand et Jacques Chirac n'avaient cependant pas fait autre chose en 81 et en 95.
(Interview de Jean-Michel Aphatie par Nicolas Buzdugan, lundi 21 avril 2008)
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17.04.2008
Le même amour de la poésie
Aimé Cézaire est parti pour un nouveau voyage
| les deux hommes avaient beaucoup parlé de littérature, de poésie, d’André BRETON, de Senghor, de l’Afrique en particulier de la Côte d’Ivoire et du Sénégal. | |||||
| Une conversation qui fera remonter à la surface bien des souvenirs à l’ancien Maire de Fort-de-France : sa rencontre avec Léopold Sedar Senghor, avec Houphouët Boigny sur les bancs de l’Assemblée Nationale, ses combats, ses espoirs et ses attentes.
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14:41 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
16.04.2008
Georges Tron (UMP): la première année de Sarkozy, "année de déception"
PARIS (AFP) - Georges Tron, député UMP de l'Essonne, juge que la première année du quinquennat de Nicolas Sarkozy est une "année de déception", dans une interview parue mercredi dans France-Soir.
"C'est une année de surprise et finalement de déception", déclare l'élu villepiniste. "Une année en tout cas difficile pour notre majorité".
Il faut, selon lui, "redonner des repères politiques à nos électeurs que l'ouverture a troublés plus qu'il n'y paraît, accepter le débat d'idées au risque des critiques, avoir le courage enfin de s'attaquer aux blocages de l'économie française nettement au-delà des mesures proposées".
Interrogé sur la colère de députés de la majorité, il assure: "nous avons l'impression que nous ne sommes plus écoutés comme nous le devrions, et que l'Assemblée est transformée en chambre d'enregistrement. Le président de la République qui avait été si attentif aux parlementaires avant son élection devrait aujourd'hui se souvenir de sa méthode durant cette période".
"De quelle rupture parle-t-on? Finalement, je n'en vois pas vraiment hormis sans doute la façon de gouverner", observe-t-il également.
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15.04.2008
L'UMP et ses « problèmes de méthode »
Hervé Mariton, secrétaire national de l'UMP, relève à propos de l'épisode de la carte famille nombreuse, « un vrai problème de méthode de gouvernement », critiquant l'omnipotence de l'Elysée. Il ajoute qu'un ministre concerné lui a même confié « avoir découvert l'affaire au dernier moment ». A ces problèmes de méthode s'ajoute un problème de fond, selon lui. « Les convictions de la droite française sont aujourd'hui très fragiles. Aujourd'hui, le corps politique ne semble pas capable d'assumer pleinement ses valeurs. (Le Républicain Lorrain)
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Otan: l'armée française deviendra-t-elle américaine?
Par Jean-Louis Denier, journaliste. La présence française en Afghanistan au sein des forces de l'Otan préfigure ce que tout le monde craint : être embringué dans nombre de guerres non choisies, sur décision américaine.
Mais ce que les analystes ne disent pas, c'est que la guerre islamique a déjà commencé au Pakistan. D'abord parce que cet Etat lui-même a inventé et fabriqué les Talibans, groupe mis au service de ses ambitions et vues sur l'Afghanistan, Hinterland naturel dans la rivalité qui l'oppose à L'inde. Ensuite parce que cet Etat est miné par l'islamisme radical, les officiers supérieurs de l'armée pakistanaise (notamment ceux qui manient la force de dissuasion pakistanaise) étant susceptibles de livrer - notamment pour assoir un coup d'état - secrets et matériels aux partisans du Jihad. Dans cette dernière hypothèse, l'Otan ne manquerait certainement pas d'intervenir si la prise du pouvoir était offerte, même indirectement, à des islamistes radicaux. Et la France en serait...
Epouser une alliance, c'est épouser ses querelles
Il ne faut pas se leurrer. En cas d'intervention au Pakistan, la France participerait à une mission de rétablissement de la «souveraineté pakistanaise». Car, quand bien même les décisions de l'Otan se prennent à l'unanimité – ce qui permet aussi de dire non – la logique sarkozienne est celle de l'alignement sur Washington, et ce, particulièrement dans la logique américaine de la «global war against terror».
Or, le fait d'appartenir à une alliance politico-militaire induit des conséquences plus large. On l'a vu avec les attentats qui ont frappé Madrid et Londres, suite à la participation de l'Espagne et du Royaume-Uni à l'opération Iraqi Freedom. On pourrait le voir, demain avec la Turquie (membre de l'Otan et future membre de l'Union Européenne malgré promesse d'opposition à son entrée faite par un certain... Nicolas Sarkozy), en Irak et ainsi de suite.
A cet égard, la lecture d'une carte représentant le positionnement géographique des membres actuels de l'Otan est éloquente : frontière avec la Russie, frontière avec l'Irak, frontière avec la Syrie, frontière avec l'Iran. Que dire demain si, dans l'hypothèse de l'accueil de nouveaux membres (Inde ou Japon), la géographie atlantiste se déplaçait jusqu'à la Chine ? Ce, d'autant plus que chacune de ces frontières est problématique car riche de potentielles rivalités politiques, instabilités diverses et autres conflits ouverts ou larvés.
Adopter aujourd'hui les grandes vues stratégiques et «otaniques» de Washington, c'est, tôt ou tard, ajouter au grave problème de l'islamisme radical, celui de l'affrontement USA/Chine avec la Russie opportuniste en embuscade, chacune d'elles étant, on le rappelle, une grosse puissance atomique considérant le nombre de leurs têtes nucléaires.
La dissuasion française en question
Malgré un récent discours très flou sur les conditions et motifs d'emploi de la dissuasion française, on ne fera pas croire que le retour au commandement intégré de l'Otan n'impactera pas les choix – directs et indirects - en ce domaine comme dans d'autres : par exemple, fabriquer un second porte-avions, mi-français mi-Otan.
Mais le problème de l'appartenance à une alliance, c'est qu'il induit une subordination de fait au plus fort de ses membres. Par le passé, les Etats-Unis n'ont jamais été enthousiasmés à l'idée d'une dissuasion français indépendante. Avant l'entrée en possession de l'arme atomique par notre pays, ils nous avaient imposé l'humiliant retrait à Suez en 1956 au moment du coup de force de Nasser sur le canal. Quelles couleuvres risquons-nous d'avaler dans l'avenir ? Celui d'une autorisation américaine de se servir de notre dissuasion ? Celui d'une sous-traitance atomique : une bombe française ciblant un objectif politiquement sélectionné par Washington ?
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14.04.2008
Otages : terreur, corruption, misère et mensonge
J’ai assisté comme tant d’autres aux interventions médiatisées des enfants de Mme Betancourt et de M. Delloye, son ex-époux depuis 1990. (Il m’a d’ailleurs paru étrange sinon suspect qu’on évoque, convoque ou consulte si peu son mari, Juan-Carlos Lecompte).
Dès l’été 2003, M. de Villepin avait tenté, à la demande de la famille, une opération d’exfiltrage qui s’avéra désastreuse pour la diplomatie mais non pour la presse brésilienne avide d’éventer un secret, puis celle du monde entier qui renchérit. Le cours de l’otage s’est sans doute, dès lors, cruellement élevé. Et la Colombie compte aujourdh’ui encore près de 3000 otages. 3000 otages de la terreur.
Les valeurs d’humanité, l’émotion primaire qui animent la plupart des gens ordinaires n’ont déjà plus de sens pour les simples preneurs d’otages, que dire quand ils sont de surcroît soldats de terreur ! Dans ces conditions, à quoi peuvent servir de tels déballages, fussent-ils aussi compassionels, sinon à faire monter l’enchère ?
Négocier quoi que ce soit dans les chemins de traverse requiert me semble-t-il le plus grand secret. Et dès lors qu’il s’agit de vies humaines, il appartient aux gens de presse de le respecter. Mais c’est déjà un autre sujet, où les opinions ne sont pas étrangères.
Il est à craindre que Mme Betancourt ne revienne, si elle revient, totalement brisée.
Elle avait vécu dans le luxe à Bogota avant de découvrir, par la politique et son engagement, la misère colombienne. Corruption, guerilla, indigence du peuple, représailles. Cette misère, c’est à l’occasion de son enlèvement que son époux Juan-Carlos Lecompte l’a découverte à son tour, comme il le confiait en 2005 à La Croix ,avant de rejoindre la France, où il s’est lui aussi, engagé.
Les farcs quant à elles revendiquent aujourd’hui leur implantation dans presque tous les territoires sud-américains. Leur action est soutenue par certains courants de pensée et la baisse du dollar ne risque guère d’infléchir le cours ni le circuit des narcotiques qui fournissent leurs armes aux guerillas, aux terroristes et leur déchéance à tous les drogués, autres otages d’un monde sans foi, sans partage et sans espérance, un monde qui n’enchante plus.
Nous sommes devenus otages de la surenchère médiatique qui nous transporte en quelques instants d’un bout à l’autre le la planète et d’une de ses urgences à l’autre, souvent sans contrôle ni discernement.
Jean-Pierre Elkabach évoquait dans La Croix du 11-12 avril la création d’un comité d’éthique dans la station radio qu’il dirige, Europe 1, pour éviter cette surenchère et l’exploitation quasi systèmatique des rumeurs de tous ordres, le plus souvent délétères, diffusées sur internet et reprises par certains medias et organes de presse. Ce fut le cas du triste SMS adressé à notre Président, qui valut l’indignation salutaire de Jean Daniel vis-à-vis de son propre journal. Ce fut le cas pour Mme Betancourt elle-même. Quel bon sujet ! En matière de presse, l’investigation effective devrait être la règle.
Dans une très récente interview télévisée, la mère de Mme Betancourt indiquait que la santé de sa fille n’était pas ce qu’on en avait annoncé. Qu’elle était faible, certes, mais pas à l’article de la mort, et certainement pas suicidaire.
Nous pouvons prier pour que soient libérés TOUS les otages, car la Liberté et l’intégrité de la personne sont les premières valeurs humaines. Mais nous devrions prier aussi pour que les actions menées par les autorités responsables le soient dans le silence et la discrétion sans lesquels aucun succès n’est possible.
Dans ce domaine comme dans bien d’autres, il importe de veiller à ne pas devenir otages du mensonge. C’est toujours sur le mensonge que sont fondées les manipulations, et sur les manipulations les dictatures.
Publié par annotalim sur 12 Avril 2008
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11.04.2008
Les prix alimentaires risquent de rester élevés, prévient l'Onu
NEW DELHI (Reuters) - Malgré les mesures d'accroissement des stocks que les gouvernements s'apprêtent à lancer, la tendance mondiale à la hausse des prix alimentaires semble structurelle et risque d'être délicate à contrer, prévient le président du Fonds international pour le développement agricole.
Pétrole cher, hausse de la consommation de viande en Asie, réorientation de parcelles vers la production de biocarburants, climat déréglé et spéculations ont contribué à l'augmentation des prix alimentaires.
De violentes manifestations contre cette tendance apparaissent dans plusieurs pays pauvres: Haïti, Egypte, Burkina Faso, Mauritanie, entre autres.
"La majorité des experts estiment que les prix élevés sont là pour longtemps", prévient le Suédois Lennart Bage, président de l'agence onusienne Fida, dans une interview accordée à Reuters.
"Nous assisterons à une réaction sur l'offre, qui devrait, je l'espère, faire quelque peu baisser les prix", dit-il. "Selon les experts sur le terrain, les prix devraient rester plus élevés qu'autrefois, et nous sommes probablement les témoins d'une évolution structurelle à la hausse", tempère-t-il toutefois.
HAUSSE DE 65% DEPUIS 2002
Selon les données de l'Onu, les prix alimentaires ont globalement augmenté de 35% entre fin janvier 2007 et fin janvier 2008, accélérant une tendance amorcée en 2002. Depuis cette date, les prix se sont envolés de 65%.
Pour la seule année 2007, les chiffres de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) montrent une hausse de 80% pour les produits laitiers, de 42% pour les céréales.
Tous ces signaux, assure Lennart Bage, montrent avec force que la production doit augmenter. Il semble d'ailleurs déjà que davantage de semailles aient lieu dans le monde.
"Qu'il y ait une réaction sur l'offre ne fait aucun doute. Ce que nous ignorons encore, c'est dans quelle mesure cette réaction fera baisser les prix", poursuit-il.
Le rôle principal du Fida est la lutte contre la pauvreté dans les régions rurales. Selon son président, la communauté internationale doit présenter un front uni et prendre des mesures immédiates pour nourrir les populations menacées de famine. Une solution à long terme, qui passera par des investissements plus élevés dans l'agriculture, doit aussi être envisagée.
"L'intérêt des gouvernements pour les investissements agricoles a diminué dans de nombreux pays ces dix ou quinze dernières années. La part de l'aide internationale au développement consacrée à l'agriculture est passée de 20% au début des années 1980 à moins de 3% aujourd'hui."
A l'issue du sommet Inde-Afrique à New Delhi, les dirigeants des pays représentés ont fait voeu mercredi de lutter ensemble pour la sécurité alimentaire, et ont appelé les pays occidentaux à revoir leurs pratiques, notamment l'emploi de vastes stocks pour la production de biocarburants.
Cette dernière tendance a provoqué des pénuries et une flambée des prix dans plusieurs pays pauvres où, prévient la FAO, les émeutes liées au coût des aliments pourraient s'étendre à l'avenir.
Par Surojit Gupta Reuters - Version française Gregory Schwartz
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08.04.2008
JO : il y a le feu à l'Elysée
Tout avait mal commencé et ne pouvait que mal continuer et très mal finir. Une palinodie tragi-comique. A-t-on déjà vu des pompiers être requis pour empêcher une flamme d'être éteinte et barrer la route aux militants volontaires qui voulaient user d'extincteur ? Tout était ridicule, jusqu'à ces schtroumfs chinois en lunettes noires qui escortaient une flamme à éclipse comme le clignotant de l'histoire belge : « Ca marche, ça marche pas, ça marche pas, ça marche… ». Et ces policiers en roller plus habitués aux ballades des bobos qu'à la guérilla urbaine dans laquelle se croyaient certains « Robocop » qui tabassaient passants et journalistes au point d'émouvoir ce matin Jean d'Ormesson. Jean « d'O » s'indigne dans Le Figaro que « des jeunes gens aient été jetés à terre et traitaient comme des émeutiers ». Avec notre baladin des beaux quartiers, c'est toute l'Académie française qui s'insurgeait, c'est toute la France respectable et éternelle qui protestait avec solennité. Et dans son éditorial, le quotidien de la droite consonnait en stigmatisant « les pouvoirs publics qui ont été débordés ». Bref, le préfet de police va en prendre pour son grade mais il n'y aura pas que lui. La ministre de l'Intérieur, Michèle Alliot-Marie qui prétendait pourtant « avoir tout prévu » va se faire tancer pour avoir négliger… l'essentiel : les Droits de l'homme sont une cause sacrée qu'il faut protéger et non frapper. Elle avait préparé une réception comme pour un banal chef de l'Etat. Mais il s'agissait plus que de cela, de la flamme olympique captée par les défenseurs des Droits de l'homme. Une flamme qui est partie pour faire de grands brûlés jusqu'au sommet de l'Etat.
Il est en effet des ministres pour reprocher, en off évidemment, au président de la République d'avoir une diplomatie à la godille, en zigzag. Après avoir fait campagne pour la défense des Droits de l'homme qui devait être la colonne vertébrale de son action future, le président élu en est venu, lors de son périple chinois, à des positions plus traditionnelles, quasi chiraquiennes où les contrats deviennent prioritaires, pèsent plus en tout cas que les grands mots et les bonnes intentions initiales. D'où les contradictions avec Rama Yade, la secrétaire d'Etat des Droits de l'homme, alors même que le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, paraît passer son temps à bouffer son extrait de naissance politique droit-de-l'hommisme. En tout cas, son chapeau à plumes.
Nicolas Sarkozy aurait pu éviter l'expression désordonnée des contradictions internes au gouvernement s'il avait pris position nette et claire très tôt avec les Européens et d'abord avec Angela Merkel qui fait trois fois plus de commerce avec la Chine mais n'en reçoit pas moins le Dalaï Lama et ne participera pas à la cérémonie d'ouverture des JO qui est une manifestation plus festive et surtout plus politique que sportive. Après avoir prêché la patience et le refus d'ingérence, le président français, devant la pression de l'opinion, a fait part de sa préoccupation et affirmé qu'il « adapterait sa réponse aux évolutions ». Ce qui avait l'effet d'un appel à manifester pour les militants des Droits de l'homme qui ont parfaitement saisi les incohérences de la présidence française, d'un côté une volonté mercantile hyper réaliste, de l'autre une perméabilité totale aux pressions de l'opinion. L'Elysée ne craint rien plus que le feu médiatique. Et le voilà en plein milieu des flammes coincé entre ceux qui ne veulent pas du boycott tels les Anglais et les Droits-de-l'hommisme qui portent haut la flamme olympique. Il ne faut pas s'y tromper, ce n'est pas un brûlot sans lendemain. C'est l'heure des brasiers télés : même si les Chinois prétendent garder les yeux fermés, le monde est devenu un village médiatique. Une étincelle à Olympe devient sous la loupe grossissante des écrans un feu à Londres dont les flammes ont été attisées à Paris et le sont aujourd'hui à San Francisco. L'incendie se propage par satellite. Souvenez-vous qu'il avait même contribué à faire écrouler le Mur de Berlin. On dit que la télévision et le pape avaient été décisifs. Cette fois, ce n'est pas le pape, c'est le Dalaï Lama. Mais il y a beaucoup plus d'écrans et de chaînes de télévision qu'on ne pourra pas éternellement brouillés.
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07.04.2008
Dominique de Villepin fait vibrer la corde gaulliste
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«Le retour de la France dans l'Otan ne correspond pas aux intérêts de notre pays», a déclaré dimanche Dominique de Villepin.L'ancien premier ministre s'oppose encore une fois au chef de l'Etat.
L'occasion était trop belle pour Dominique de Villepin. L'homme du non à la guerre en Irak est monté en première ligne dimanche pour défendre la «singularité» de la France. Interrogé dimanche sur Canal +, l'ancien premier ministre a fait entendre sa différence gaulliste quelques jours après la décision de Nicolas Sarkozy d'envoyer des soldats supplémentaires en Afghanistan. «Nous ne sommes plus dans la logique du 11 Septembre. On voit l'échec en Afghanistan et en Irak», a-t-il souligné, déplorant l'absence de «stratégie politique». Selon lui, «le risque d'enlisement est extrêmement important». L'ex-ministre des Affaires étrangères a fait cette mise en garde : «Ne nous engageons pas dans des aventures militaires qui sont dépourvues de véritables stratégies globales.»
Mais Dominique de Villepin n'a pas limité sa critique à l'envoi de nouvelles troupes en Afghanistan, il a aussi dénoncé le retour de la France dans l'Otan envisagé par le chef de l'État. Un véritable procès de l'atlantisme de Nicolas Sarkozy. «Non seulement le retour de la France dans l'Otan ne correspond pas aux intérêts de notre pays, mais je crois aussi que c'est dangereux», a-t-il lancé. «Nous perdrions des marges de manœuvre, des marges d'indépendance» et «une possibilité d'agir seul, sans être embrigadé dans un ensemble», a-t-il répondu en rappelant que l'Otan est une «organisation sous domination américaine».
«Un président élu» pour l'UMP
Implacable sur la politique étrangère du chef de l'État, il n'a pas ménagé sa critique sur le front intérieur. La politique de réduction des dépenses publiques ? «Le non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux, c'est 500 millions d'économies, on est très loin de ce qu'il faut faire». Le remaniement de l'UMP ? «J'aurais préféré un électrochoc» pour tirer les leçons de la défaite des municipales. «L'UMP n'existe pas suffisamment depuis qu'il n'y a pas à sa tête de président élu par l'ensemble des militants», a-t-il regretté, avant de se dire favorable à l'organisation de courants à l'intérieur du parti. Villepin prépare-t-il la création d'un courant ? Il n'écarte plus pour le moment l'idée de se présenter à une élection. Ce ne sera pas à Paris. Mais on pourrait bientôt entendre parler d'une candidature Villepin. Pourquoi pas aux élections européennes en 2009 ? (Le Figaro)
10:31 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
04.04.2008
L'ancien Premier ministre Dominique de Villepin s'est prononcé vendredi contre le retour «plein et entier de la France dans l'Otan» qui «banaliserait notre diplomatie».
«Nous avons besoin d'expression forte et indépendante sur la scène internationale», a-t-il déclaré sur Europe 1.
«Le retour plein et entier de la France dans l'Otan banaliserait notre diplomatie et créerait un certain nombre d'amalgames qui ne me paraissent pas souhaitables», a dit M. de Villepin.
«La France a une position d'indépendance sur l'échiquier international et c'est pour cela qu'elle est respectée, c'est pour cela qu'elle est entendue», a-t-il fait valoir.
«Nous avons besoin d'expression forte et indépendante sur la scène internationale. La France est médiatrice entre l'Est et l'Ouest, médiatrice entre le Nord et le Sud, donc défendons cette voix originale», a poursuivi M. de Villepin.
Le président Nicolas Sarkozy a «posé deux conditions deux conditions à une évolution» de la position française dans l'Otan : «la rénovation de l'Alliance Atlantique. Il est clair que nous sommes encore très loin du compte d'une Alliance sortie de la bureaucratie dans laquelle elle est plongée, ayant clarifié ses missions et où la domination des Etats-Unis serait rééquilibrée par des prises de responsabilité européennes», a-t-il dit. «Deuxième condition, la création d'un véritable pilier de la Défense européenne, là encore nous sommes loin du compte», a jugé l'ancien chef du gouvernement.
Nicolas Sarkozy a programmé jeudi à Bucarest la réintégration complète de la France dans l'Otan pour 2009.
15:58 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
03.04.2008
Emmanuel Todd : «Si la France devient le caniche des USA, elle disparaîtra»
Selon Emmanuel Todd, le renforcement des troupes françaises en Afghanistan est une erreur diplomatique et stratégique, et dessine les contours d'une idéologie extrême-droitière à l'échelle mondiale. Interview.
Marianne2.fr : Le renforcement des troupes en Afghanistan vous paraît-il justifié ?
Emmanuel Todd : Je peux tout imaginer de Nicolas Sarkozy, même qu'il ne sache pas ou est l'Afghanistan. Mais je ne peux pas imaginer que les gens qui l'entourent ignorent ce que tout le monde anglo-saxon sait, à savoir que cette guerre est perdue.
Pour vous, cette guerre est sans espoir ?
E.Todd : L'organisation sociale des Pachtounes est faite pour la guerre, tout comme celle des clans somaliens : la guerre est l'état normal de ces sociétés, ce n'est donc pas un problème dans la durée. A partir du moment où les belligérants sont alimentés par des fournitures d'armes régulières venant de l'extérieur, il est évident que ces système sociaux vont venir à bout de quelques milliers d'hommes venus de loin et difficilement approvisionnés. On peut se demander, à la limite, si ça va se terminer par un Dien-Bien-Phû ou par un retrait paisible.
Du point de vue du gouvernement, il semble pourtant qu'il y ait des enjeux à ce conflit…
E.Todd : Pourquoi ceux qui nous gouvernent veulent-ils participer à une guerre perdue ? Voilà la vraie question. Et là, comme dans les débats sur la réintégration pleine et entière de la France à l'Otan, on touche au symbolique. Cette manœuvre a pour objectif de réaffirmer un lien avec l'Amérique. Je n'appellerai pas ça du néo-atlantisme. L'atlantisme était le lien de l'Europe occidentale avec les Etats-Unis à une époque où ils portaient les valeurs démocratiques face au totalitarisme soviétique. Ce n'était pas du goût des gaullistes, mais dans le contexte, cela pouvait se justifier. Aujourd'hui, l'Amérique est le pays du fric, du néo-libéralisme et des inégalités. Et ce qui se profile derrière cette nouvelle association, c'est de l'occidentalisme. C'est un lien fondé sur une nouvelle idéologie, une idéologie qui se construit dans le conflit avec l'islamisme.
Mais la France n'a-t-elle pas intérêt, pour des raisons de politique «réaliste», à s'associer avec les Etats-Unis plutôt que de rester repliée sur elle-même ?
E.Todd : La France n'a pas les moyens de s'engager en Afghanistan, c'est déjà un objectif démesuré pour les Etats-Unis. La France est une puissance moyenne et l'Amérique une puissance déclinante. Paris existait terriblement à l'époque de Villepin : après son discours à l'ONU contre l'engagement de la France en Irak, nous rayonnions! Mais sous Nicolas Sarkozy, il arrive à la France ce qui est advenu de l'Angleterre sous Tony Blair : si l'on devient le caniche des Etats-Unis, on disparaît. Si on s'aligne, si on perd son indépendance, on disparaît. De Gaulle l'avait compris : la France n'existe à l'échelle mondiale, ne peut justifier son siège au conseil de sécurité de l'Onu et sa possession de l'arme nucléaire, que lorsqu'elle représente un acteur autonome. Le monde n'a rien à faire de la France de Sarkozy.
La lutte contre le terrorisme légitime aussi l'engagement du gouvernement dans ce conflit.
E.Todd : Les occidentalistes se pensent en situation de légitime défense. Le terrorisme existe, il devrait être contré par le contre-espionnage et par des forces policières, mais sûrement pas par des guerres à l'étranger. La première attaque contre l'Afghanistan était légitime, il s'agissait de déloger Ben Laden; d'ailleurs, les Russes nous y avaient aidé. Mais l'irakisation de l'Afghanistan participe d'une agression du monde musulman par le monde occidental. L'occidentalisme est une doctrine d'extrême droite en émergence. La France va être du côté du mal : en exposant des troupes françaises et en participant aux bombardements de la population civile afghane. Et, grâce à Sarkozy, nous risquons même ce qu'ont subi la Grande-Bretagne et l'Espagne à la suite de la guerre en Irak.
Vous parlez des attentats de Londres et de Madrid qui ont eu lieu suite à l'engagement de nos voisins en Irak. Mais là, il ne s'agit que d'envoyer quelques centaines d'hommes dans un pays où la France a déjà des troupes…
E.Todd : Mais justement ! Rappeler leur faible nombre, comme le fait le gouvernement, c'est avouer qu'il s'agit bien d'une action symbolique ! Les quelques bateaux qu'on va mettre dans le golfe persique vont faire rire les Iraniens. Mais nous nous positionnons dans une construction idéologique, contre le monde musulman. Cette posture est d'ailleurs très cohérente avec le sarkozysme en politique intérieure.
Vous pensez que Nicolas Sarkozy est dans une logique de guerre avec le monde musulman ?
E.Todd : Ce qui a fait son succès dès le premier tour de l'élection présidentielle, c'est le ralliement d'une partie des électeurs du Front national. Il a pu avoir lieu à cause des émeutes en banlieues, qui ont été un facteur de traumatisme. Mais c'est Sarkozy, ministre de l'Intérieur, qui a provoqué cet évènement. Dans la logique du sarkozysme, il y a la combinaison d'une incapacité à affronter les vrais problèmes et à désigner des boucs émissaires. C'est classique : quand une société est en crise, elle a le choix entre résoudre ses problèmes économiques et ses pathologies sociales, ou créer des bouc-émissaires. Sarkozy recherche toujours un ennemi








